Skip to main content

Full text of "Journal des savants"

See other formats


Google 


This  is  a  digital  copy  of  a  book  thaï  was  prcscrvod  for  générations  on  library  shelves  before  it  was  carefully  scanned  by  Google  as  part  of  a  project 

to  make  the  world's  bocks  discoverablc  online. 

It  has  survived  long  enough  for  the  copyright  to  expire  and  the  book  to  enter  the  public  domain.  A  public  domain  book  is  one  that  was  never  subject 

to  copyright  or  whose  légal  copyright  term  has  expired.  Whether  a  book  is  in  the  public  domain  may  vary  country  to  country.  Public  domain  books 

are  our  gateways  to  the  past,  representing  a  wealth  of  history,  culture  and  knowledge  that's  often  difficult  to  discover. 

Marks,  notations  and  other  maiginalia  présent  in  the  original  volume  will  appear  in  this  file  -  a  reminder  of  this  book's  long  journcy  from  the 

publisher  to  a  library  and  finally  to  you. 

Usage  guidelines 

Google  is  proud  to  partner  with  libraries  to  digitize  public  domain  materials  and  make  them  widely  accessible.  Public  domain  books  belong  to  the 
public  and  we  are  merely  their  custodians.  Nevertheless,  this  work  is  expensive,  so  in  order  to  keep  providing  this  resource,  we  hâve  taken  steps  to 
prcvcnt  abuse  by  commercial  parties,  including  placing  lechnical  restrictions  on  automated  querying. 
We  also  ask  that  you: 

+  Make  non-commercial  use  of  the  files  We  designed  Google  Book  Search  for  use  by  individuals,  and  we  request  that  you  use  thèse  files  for 
Personal,  non-commercial  purposes. 

+  Refrain  fivm  automated  querying  Do  nol  send  automated  queries  of  any  sort  to  Google's  System:  If  you  are  conducting  research  on  machine 
translation,  optical  character  récognition  or  other  areas  where  access  to  a  laige  amount  of  text  is  helpful,  please  contact  us.  We  encourage  the 
use  of  public  domain  materials  for  thèse  purposes  and  may  be  able  to  help. 

+  Maintain  attributionTht  GoogX'S  "watermark"  you  see  on  each  file  is essential  for  informingpcoplcabout  this  project  and  helping  them  find 
additional  materials  through  Google  Book  Search.  Please  do  not  remove  it. 

+  Keep  it  légal  Whatever  your  use,  remember  that  you  are  lesponsible  for  ensuring  that  what  you  are  doing  is  légal.  Do  not  assume  that  just 
because  we  believe  a  book  is  in  the  public  domain  for  users  in  the  United  States,  that  the  work  is  also  in  the  public  domain  for  users  in  other 
countiies.  Whether  a  book  is  still  in  copyright  varies  from  country  to  country,  and  we  can'l  offer  guidance  on  whether  any  spécifie  use  of 
any  spécifie  book  is  allowed.  Please  do  not  assume  that  a  book's  appearance  in  Google  Book  Search  means  it  can  be  used  in  any  manner 
anywhere  in  the  world.  Copyright  infringement  liabili^  can  be  quite  severe. 

About  Google  Book  Search 

Google's  mission  is  to  organize  the  world's  information  and  to  make  it  universally  accessible  and  useful.   Google  Book  Search  helps  rcaders 
discover  the  world's  books  while  helping  authors  and  publishers  reach  new  audiences.  You  can  search  through  the  full  icxi  of  ihis  book  on  the  web 

at|http: //books.  google  .com/l 


Google 


A  propos  de  ce  livre 

Ceci  est  une  copie  numérique  d'un  ouvrage  conservé  depuis  des  générations  dans  les  rayonnages  d'une  bibliothèque  avant  d'être  numérisé  avec 

précaution  par  Google  dans  le  cadre  d'un  projet  visant  à  permettre  aux  internautes  de  découvrir  l'ensemble  du  patrimoine  littéraire  mondial  en 

ligne. 

Ce  livre  étant  relativement  ancien,  il  n'est  plus  protégé  par  la  loi  sur  les  droits  d'auteur  et  appartient  à  présent  au  domaine  public.  L'expression 

"appartenir  au  domaine  public"  signifie  que  le  livre  en  question  n'a  jamais  été  soumis  aux  droits  d'auteur  ou  que  ses  droits  légaux  sont  arrivés  à 

expiration.  Les  conditions  requises  pour  qu'un  livre  tombe  dans  le  domaine  public  peuvent  varier  d'un  pays  à  l'autre.  Les  livres  libres  de  droit  sont 

autant  de  liens  avec  le  passé.  Ils  sont  les  témoins  de  la  richesse  de  notre  histoire,  de  notre  patrimoine  culturel  et  de  la  connaissance  humaine  et  sont 

trop  souvent  difficilement  accessibles  au  public. 

Les  notes  de  bas  de  page  et  autres  annotations  en  maige  du  texte  présentes  dans  le  volume  original  sont  reprises  dans  ce  fichier,  comme  un  souvenir 

du  long  chemin  parcouru  par  l'ouvrage  depuis  la  maison  d'édition  en  passant  par  la  bibliothèque  pour  finalement  se  retrouver  entre  vos  mains. 

Consignes  d'utilisation 

Google  est  fier  de  travailler  en  partenariat  avec  des  bibliothèques  à  la  numérisation  des  ouvrages  apparienani  au  domaine  public  et  de  les  rendre 
ainsi  accessibles  à  tous.  Ces  livres  sont  en  effet  la  propriété  de  tous  et  de  toutes  et  nous  sommes  tout  simplement  les  gardiens  de  ce  patrimoine. 
Il  s'agit  toutefois  d'un  projet  coûteux.  Par  conséquent  et  en  vue  de  poursuivre  la  diffusion  de  ces  ressources  inépuisables,  nous  avons  pris  les 
dispositions  nécessaires  afin  de  prévenir  les  éventuels  abus  auxquels  pourraient  se  livrer  des  sites  marchands  tiers,  notamment  en  instaurant  des 
contraintes  techniques  relatives  aux  requêtes  automatisées. 
Nous  vous  demandons  également  de: 

+  Ne  pas  utiliser  les  fichiers  à  des  fins  commerciales  Nous  avons  conçu  le  programme  Google  Recherche  de  Livres  à  l'usage  des  particuliers. 
Nous  vous  demandons  donc  d'utiliser  uniquement  ces  fichiers  à  des  fins  personnelles.  Ils  ne  sauraient  en  effet  être  employés  dans  un 
quelconque  but  commercial. 

+  Ne  pas  procéder  à  des  requêtes  automatisées  N'envoyez  aucune  requête  automatisée  quelle  qu'elle  soit  au  système  Google.  Si  vous  effectuez 
des  recherches  concernant  les  logiciels  de  traduction,  la  reconnaissance  optique  de  caractères  ou  tout  autre  domaine  nécessitant  de  disposer 
d'importantes  quantités  de  texte,  n'hésitez  pas  à  nous  contacter  Nous  encourageons  pour  la  réalisation  de  ce  type  de  travaux  l'utilisation  des 
ouvrages  et  documents  appartenant  au  domaine  public  et  serions  heureux  de  vous  être  utile. 

+  Ne  pas  supprimer  l'attribution  Le  filigrane  Google  contenu  dans  chaque  fichier  est  indispensable  pour  informer  les  internautes  de  notre  projet 
et  leur  permettre  d'accéder  à  davantage  de  documents  par  l'intermédiaire  du  Programme  Google  Recherche  de  Livres.  Ne  le  supprimez  en 
aucun  cas. 

+  Rester  dans  la  légalité  Quelle  que  soit  l'utilisation  que  vous  comptez  faire  des  fichiers,  n'oubliez  pas  qu'il  est  de  votre  responsabilité  de 
veiller  à  respecter  la  loi.  Si  un  ouvrage  appartient  au  domaine  public  américain,  n'en  déduisez  pas  pour  autant  qu'il  en  va  de  même  dans 
les  autres  pays.  La  durée  légale  des  droits  d'auteur  d'un  livre  varie  d'un  pays  à  l'autre.  Nous  ne  sommes  donc  pas  en  mesure  de  répertorier 
les  ouvrages  dont  l'utilisation  est  autorisée  et  ceux  dont  elle  ne  l'est  pas.  Ne  croyez  pas  que  le  simple  fait  d'afficher  un  livre  sur  Google 
Recherche  de  Livres  signifie  que  celui-ci  peut  être  utilisé  de  quelque  façon  que  ce  soit  dans  le  monde  entier.  La  condamnation  à  laquelle  vous 
vous  exposeriez  en  cas  de  violation  des  droits  d'auteur  peut  être  sévère. 

A  propos  du  service  Google  Recherche  de  Livres 

En  favorisant  la  recherche  et  l'accès  à  un  nombre  croissant  de  livres  disponibles  dans  de  nombreuses  langues,  dont  le  français,  Google  souhaite 
contribuer  à  promouvoir  la  diversité  culturelle  grâce  à  Google  Recherche  de  Livres.  En  effet,  le  Programme  Google  Recherche  de  Livres  permet 
aux  internautes  de  découvrir  le  patrimoine  littéraire  mondial,  tout  en  aidant  les  auteurs  et  les  éditeurs  à  élargir  leur  public.  Vous  pouvez  effectuer 
des  recherches  en  ligne  dans  le  texte  intégral  de  cet  ouvrage  à  l'adressefhttp:  //book  s  .google .  coïrïl 


J  0  U  R  N  A  J 

DES         ^ 

SÇAVANS 

POUR 

VANNÉE  M.  DCC.  IXXXf. 

JUILLET. 

appris;     ™ 

Au  Bureau  du  Journal  ie  Paris,  rue  ie  Gren 
S.  Honoré,  prés  celle  du  Pélican. 

M.  DCC.  LXXXI. 

AVEC  FRiyiLl.QE  DU  B.OU 

\  '\  •■                      t^ 

AVIS. 

C/iir  ^abonne  four  le  Journal 

DES  SçAVÀks  au  Bureau  du  Jour^ 

9^14$  Pam 3  me  de, Crénelle  S. 

^,  "jToiîofi;'^  \\fi  à  thdrejfe  du  Di^ 

re3çur  de  ci'Joiir^l  qu^il  faut  en^ 

^  ^t^tr  Us  ebfUs  relatifs  à  celui  des 

.t*  Sfavans^  Le  prix  de  la  Soufcription 

'  '"  4e  tannin  efide  i^  liv^  pwr  Paris  , 

&de  zo  liv.  /^f  pour  la  Province  , 

foit  in-i X  jou  i|i-4^*  te  JourNaz 

DES  SçAKM^S  ififiùmpofé  de  qua^ 

ior^e  Cahiers  |  il  #9  parait  un  cha^. 

que  mois ,  6*  deu?f  en  Juin  ^  en  27^ 

nmbre. 


.  \     .  »    . 


y*^    A^y    AW     ^w         y  ^n     ^r.    ^'"     »* ^^ 

LE 

J  O  U  B  ISP  A  L 

DES 

SÇ  AV  ANS. 


JUILLET.  M.  DCC  LXXXI. 

Histoire  de  V Académie  RoyaU 

.  des  Infcripiions  &  Belles^ LeUHt^ 

:  avec  les  Mémoires  de  Lictéxatui^ 

k  tirés  des  Regiftres  de  cette  Ac&m 

demie  9  depuis  Tannée  1773  î^^- 

ques  &  comfrs  Tannée    iyjf. 

Tom.  XL  &  XLL  A  Paris,  éc 

.  l'Imprimerie  Royale.  1780.  Deux! 

Troisième  ExtraiXi. 

.  »•• 

Remarques  fur  quelques  Médailles  de  l 
t Empereur  Antonin ,  frappées  en 
Juillet.  LIU\ 


I 


d*0*  ^*  «Vc  i'W»»*'      ,  un  foc  ^'* 
^'^^i-  nue ,  a^^^f  ?     Se  aivin«^  ^ 

les-teû»**^  ,  u  tète  ûi  ïP'^  .      ^  jt, 


,       JuiUee  lyit.        i|49 

friande  quel  peut  être  le  motif  qui  a 
déterminé  à  les  frapper  toutes  à  la 
huitième  année  d*Ântonin  ;  rel  eft 
jTobjet  de  fon  Mémoire  dont  nous 
allons  donner  un  court  extraité 

M.  TAbbé  B.  obferve  que ,  fUH 
vant  Firmicus  ,  qui  compofa  un 
Traité  d*Aftrologie  d'après  les  prin- 
cipes des  Egyptiens  &  des  Œal-, 
deens ,  chaque  Agne  du  Zodiaque 
étoi<  c^nfé  être  dans  la  dépendance 
particulière  de  Tune  des  fept  plané* 
tes  ;  que  chaque  planète  y  avoit  fou 
domicile  naturel ,  &  qu  ellcy  exet« 
çoit  fon  empire.  Ainii  le  domicile 
du  Soleil  étoit  le  Lion  ;  celui  de  la 
Lune ,  TEcreviffe  ;  celui  de  Saturne  j 
le  Capricorne  &  le  Verfeau  ;  Jupi- 
ter ,  le  Sagittaire  &  les  Poiffons  ; 
Mars,  le  Bélier  &  le  Scorpion;  Vé- 
nus, la  Balance  &  le  Taureau;  Mer- 
cure ,  les  Gémeaux  Se  la  Vierge, 
Cette  diftribution  étoit  relative  à  la 
naiiTance  du  Monde;  on  iuppofoic 
que  la  Lune ,  qui  fe  leva  la  pre- 
mière^ ctoit  alors  dans  TEcreviiTe  ^ 


»P?*V  «««  ^^'"icc  Vais  àotnv 

cône  dc^H^  on  GS'^*.  T  u  t»a^^^ 
^S  Son  iifc^*''** 


ccuruty  isoiidfenirspccsV  avec  lit 
îour  aimivnfimt  lia  mobeie^  pUcè 
fat  les  £ey*pcicBS  aa  là  mt  11  île 
juilke  ;  elle  cooeonfoic  encore  a?ec 
la  fin  d'un  cf  de  qui  anriaiiç^t  phis 
{^attkltyèrealent  te  RtfoovcUement 
dtt  monde;  c*eft  k  gtande  mmét 
égyptienne  de  1461  ,  oui  étoix 
fur  le  point  d^eacpirer  lorfqa  Amonin 
monta  fin  le  uotat  le.  to  JuiUet  Jk 
lan  138.  L'aiffîér  d'après^  le  10 
JuiUer  i39i^on  vit coonnencer nà 
nouveau  cyck  >  une  noixveUE^  sévo«' 
lucton  >  iKDc  renatâaoce  du  monde  ^ 
dans  laquelle  chaque  plaaète  tevc* 
noit  à  (ba  anôenne  fie  pcemièfc 
pofitîoo» 

Un  règne  conMOcncè  feus:  de jpap 
teils  aufpkes  diofi  firapper/les  Ro^ 
mains ,  &  ceft  ce  <}ui  les  détermina 
à  rappcUtr  lut  des  Médailles  des 
rapports  fi  fenfibies»  Ils  voulurent 
encore  exprimer  pàr-U  les  vceiiz 
u*ils  fatfoient  pour  la  confervarion 
e  l'Empereur.  M.  TAbbé  Barthe*' 
Icmy  développe  Ici  routes  les  i 

LUW 


3 


335^  Joutnàt des» Sçw^MS i 
fiipetflitieufes  des  Romains  reltdTCs 
à  TAflrologie  >  &  y  joint  des  exem- 
ples DU!  plutôt  des  faits  qui  prou- 
vent ce  qu'il  avance.  Ceft  d  après 
oes  idës  qu'on  a  repréfcnté  fur  une 
foule  de  monumeni  ks  planètes  & 
conftcUations  ou  féparément  ou 
combinées  entre  elles. 

Les  Médailles  d'Antonin  reprfî- 
fentent  les  planètes  dans  leurs  domi- 
ciles, c'eft-^à-dire  dans  le  lieu  de 
leur  plus  grande  puiflknce  &  où  elles 
ont  plus  de  force.  Comme  on^  étoit  * 
peiriuadé  qu'où  pouvoit  adoucir  la 
rigueur  de  leurs  décrets  par  des 
hommages  9  on  fc  propofa  d'implo- 
rer leur  affifiance  ,  &  d'exprimer , 
par  ces  Médailles,  la  même  prière 
que  Firmicus  leur  adreffa  depuis  en 
faveur  de  Conftantin  y  &  que  M'« 
l'Abbé  Barthélémy  rapporte.  Faute 
d'avoir  remonté  à  ces  principes ,  1er 
Antiquaires  n'ont  point  entendu  plu» 
£eurs  Médailles  Ù  plufîeurs  monu- 
^nens  cliax^és  de  quel^ques  (ignés  d 
:^odiaqùe.  . 


JuîlUi  1781.  135} 

.  Ce  Mémoire  »  fur  lequel  nous  ne 
pouvons  nous  étendre  autant  que 
nous  le  deHrerions ,  cfl:  terminé  pas 
Texplication  d'un  monunient  pré<^ 
cieujç,  découvert  autrefois  dans  U 
ville  de  Milet ,  &  publié  par  Spon  , 
Whelcr  &  Chandlcr.  Ccft  une  inf- 
çription  divifée  originairement  en 
fcpt  colonnes^  dont  la  7^  a  difpa* 
ru.  Elle  commence  fur  chaque  co- 
lotme  par  une  double  combinaifoa 
des  fepc  voyelles  de  Talphabet  grec  » 
&  finit  par  ces  mots  :  Saine ,  con* 
fcrvt  la  ville  dt  Miltt  &  iousjis  hom 
piians.  Il  efl  évident  que  te  .mot 
Saine  le  rapporte  à  quelque  puî(* 
fance  célcftc  dont  on  implore  la  pro- 
teâion  j  &  qui  eft  désignée  pat  les 
voyelles  dont  il  eft  précédé.  Autfi 
Spon  &  "Wheler  avoient  -  ils  (bup-r 
çonné  qu'elles]contén oient  une  invo- 
cation ;  mais  aucun  Antiquaire  n*a- 
voit  entrepris  jufqu'à  pré(enc  d'eâ 
pénétrer  le  fens.  , 

Pour  y. parvenir  «  il  fallait  déter? 
miner  U  valeur  qu*aflignoient  à  chat 


i  J  Ç  4  Journal  des  Sfavans  J 

^uc  voyelle  ceux  qui  admcrtoicnf  le 
culte  des  aftres.  Il  eft  certain  qu'ils 
dilignoient  Saturne  par  ïomega  , 
Jupiter  i^^xYupJilon ,  Mars  par  Vomi* 
tîon ,  le  Soleil  par  ïiota.  Les  An- 
ciens ne  s*accordenr  pas  fur  le  rap« 
port  des  autres  planâtes  aVcc  les  trois 
autres  voyelles*  M.  l'Abbé  fiarthe-^ 
lemy  ,  d'après  de  fortes  raifons  , 
montre  que  la  lettre  caraâériftique 
de  Vénus  étoit  \!heîa  *  celle  de  Mer- 
cure  ïtpfilon ,  celle  de  \k  Lune  IW- 
pha.  Ainfi  la  fuite  des  voyelles  y  à 
comnfiencer  par  ï alpha ^  correfpond 
à  laTûitedes  planètes  ^  à  commen- 
cer j>ar  la  Lutie. 

Ubfervons  maintenant  que  dans 
les  prières  qu'on  adreflbit  aux  Dieux , 
on  fubftituoit  fouvent  >  par  rcfpeél 
aux  noms  des  planètes  j  les  lettres 
qui  leur  étoient  confacrées.  Pronon* 
cer  a',  E ,  H ,  &c.  c'étoit  dire  tacite- 
ment :  ô  Lune  ,  6  Mercure ,  o  Vénus* 
Nous  en  avons  la  preuve  dans  TOu* 
vrage  d'un  ancien  Médecin ,  nommé 
Nicolaus  Mirepfos»  It  rear  que  la 


tbmpofition  des  remèdes  ^  dont  il 
donne  les  formules  ^  fôit  accdttipa* 
gnée  de  cenaibes  prières  ^  &  qiie  (va 
un  certain  médicament  oh  prononce 
les  fcpt  voyellei^  cc^f,  ty  9  ^'v  y  mi 
C*cft  en  effet  comme  s*il  avoir  prêt» 
crit  d'implorer  fucceffivement  les 
fept  planètes^ 

Dt*li  naît  Texplication  d'une  ef* 
pèçe  d'Abraxas^  au  revers  duquel  on 
voit  les  féj^t  voyelles  combinées  de 
fept  façons  difi^entes^  La  première 
combinaifon  préfente  les  voyelles 
dans  leur  ordre  naturel  :  a  £  H  l  O  T  a» 
Dans  la  dctncième,  on  commence 
»ar  la  féconde  voyelle  9'en  rejenant 
[a  première  après^  toutes  les  autres: 
E  H I  o  Y  n*  Dans  la  troifiènre  com* 
btnaifon ,  -  on  commence  par  la  troi* 
£ème  voyelle  »  &  ain(r  de  (bite/ 
D'après  les  pri tidpes  établis  ci«def« 
fus,  il  eft  vifrblcqae  chaque  ordre 
de  lettres  s*adre(Ibit  fpécialement  à 
la  planète  dé%née  par  fa  première 
de  ces  IttSrfef  ,*  *ê  qu'il  ch  réfnltoit 
différentes*  ^foimàm  ^  d'iBVocatioiK  ' 


c 


135^  Journal  des  Sçavans  J 

Par  exemple  ,  les  voyelles  de  la  prc-^ 
iniére  ligne  flgnifioieq^  :  ô  Lune  , 
fui  êtes  À  la  tête  des.  autfes  planhes  , 
Mercure  ,  Vénus ,  Soleil ,  &c.  Celles 
de  ia  féconde  ligne  :  6  Mercure ,  qtd 
marches  à  la  tête  de  Venus  ^  du  So* 
leilj  &c  C'eft  ainfi  .qu'en  aflignanc 
à  chacune  tour  à  tour  le  premier 
rang ,  on  leur  décernoic:à  toutes  les 
mêmes  honneurs. 

Revenons  à  Tinfcription  de  Miler» 
Chaque  colonne  offre  deux  combU 
naifons  de  voyelles.  On  parlera  tan- 
tôt de  la  première.  La  féconde  pré- 
fenreie  même  arrangement  de  ?oyel« 
les  que  la  pierre  gravée  de  Spon ,  & 
Ton  en  doit  conclure  que  dans  çha* 
que  colonne  on  .imploroie  en  parti- 
ticulier  une  des  planètes,  &  voilà 
pourquoi  ces  voyelles  font  fuivies 
du  inot/aint  Se  du  mot  con/irve, 
tous  deux  au  (ingulier.  Nous  lirons 
en  conféquence  fur  la  première  co- 
lonne :  ô  Lune  y  qui  êtes  à  la  tête  de 
Mercure ^  de  Venus ^  du^  Soleil,  &c^ 
ajlre/aint  ^  conferyç  la  vUU  d^Milet 


Juiltet  178 1.         1357 

&  fis  habhans  :  (ur  la  féconde  >  ^ 
Mercure ,  &c. 

Il  lefte  maintenant  à  expliquer  la 
première  combinaifon  des  voyelles 
tracées  fUr  chaque  colonne*  Elle  eft 
plus  difficile  à  pénétrer  que  la  fe« 
conde  ^  parce  qu'elle  ne  préfente  pas 
un  ordre  régulier.  M.rAbbé  Barth6r 
lemy  prouve    clairement  que   les 
Egyptiens  ôc  les   Pythagoriciens^ 
dont  les  Auteurs  du  monument  de 
Milet  avpient  emprunté  Jes  idées, 
prétendoient  que    chaque    planète 
rendoit  uu  foû»  que  toutes  enfenw 
ble  formoient  un  heptaçorde  y  &  que 
Us  voyelles  deftinées  i  défiener  les 
planètes  étoient  atfèâées  des  mê- 
mes fons  eue  la  lyre  célefte.  Sui- 
vant ce  fyfteme ,  la  Lune  &  fa  lettre 
caraâériftique  A ,  répondoient  au 
y^;:  Mercure  dt  la  voyelle  £  5  à  l'utj 
a^n(i  des  autres  planètes  &  des  au- 
tres voyelles, 

Dç4K.  remarques  eflentielles  mon-^ 
treront  que  dans  la  pratique  on  fai« 
foie  ûfiigc  de  CCS  deux  notons  :  i^« 


1)5^  Journal  dts  Sçavans  i 

ftiivatot  Démccrius  de  Phalcrc ,  les 
Prêtres  égyptiens  >  dans  leurs  bym^ 
ftcs  3  empioyoienc  les  fept  Toyelles 
&  les  faifpient  téfonner  (ucceflive-^ 
ment;  &^  (uivant  le  Muficien  Ni-* 
convaque^  les  Theniniens  învo'f 
quoient  la  Divinité  par  des  fons  inar^ 
tkul^s  :  1^.  dans  les  cérémonies  re-^ 
ligieufes  des  Grecs,  après  que  les 
inftrumens  avoienr  préludé  >  les  voix 
faifoient  entendre  les  louanges  des 
Dieux  &  les  vœux  qu^ls  leur  adreC- 
Ibient  ;  enfuite  les  inftrumens  &'les 
▼oix  ferépondoientaltemarivemenr. 
Chez  les  Egyptiens ,  o«  les  noms  des 
Divinités étoient  ineffables,  lésions 
des  voyelles  étant  lubftitués  à  ceux 
des  inftrumens ,  ils  dévoient  formet' 
une  certaine  mélodie. 

Arrêtons  •  nous  à  la  première  co* 
lonne  de  Tinfcription  de  Milef.  La 
prenûèf^  ligne  eft  compoiée  dès  fepe- 
voyclIcsl^E,  G,  r,  A,H,n*îleii 
rét'ultoic  cette  modulation ,  /^^Înt ^ 
fiiyfoly  fi,  H^  la.  Ce  rfétoft  kl 
qu^in  prélude  j    qu*on    luHÎi^agt' 


JuitUt  1781  1359 

tendu  en  général  à  toutes  les  planè- 
tes. La  deuxième  &  la  croifième 
ligne  nous  oflFrcnt  les  fept  Yojrcllcs 
&  les  fepc  tons  de  Theptarorde  dans 
leur  ordre  naturel ,  A,  £,  H,  l,  O,  T,  n« 
Ici  Tinvocarion  sadreflc  fpécialc- 
inent  à  la  Lune ,  (uffifamment  dé* 
fîgnéc  par  la  ptcmière  vx>yeUc.  Cette 
invocation  étoit  fuivre  de  la  prière  : 
aftrc  faint ,  conftrvc  la  ville  dt  Mi^ 
Ut  i  &e.  La  féconde  colonne  8c  les 
fui  vantes  préfentent  de  même  un  pré- 
lude 9  une  invocation  &  la  mçme 
formule  de  prières* 

M.  TAbbé  B.  obferve  que  parmi 
les  modulations  qu'il  croit  appçrce* 
voir  dans  lapremière  ligne  de  chaque 
colonne  >  il  en  eft  qui  ne  âattero^ent 
pas  nos  oreilles  y  mais  il  prie  cens 
'  qui  lui  feroient  cette  objedion^  ^  dt 
fcttet  les  yènx  fur  les  firagmens  qot 
M.  Burette  a  publiés  fur  la  Mnfique 
des  Grecs. 

M.  FAbbé  B.  remarque  i  la  fin  de 
fon  Mémoire  que  le  mot  i An ,  iao  -, 
quWaroitprisjttfqu'à  préfent'poot 


VJ^O  Journal  des  s ç avant  j 

une  altération  du  mot  Jchova ,  pouf* 
roic  bien  ne  x!é(igner  que  la  puiC* 
fance  du  Soleil.  £n  effet,  TI  dé(î« 
gnanc  cet  aftre  ^  Ta  étant  la  pre- 
mière des  voyelles  &  Tn  la  dernière  » 
il  eft  très-probable  que  le  mot  entier 
fignifioit ,  SoUii ,  fin  &  principe  de 
toutes  chofes. 

Mémoire  concernant  la  Religion  & 
la  Philofophie  des  Chinois.  Par 
.    M.  de  Guignes. 

L*examen  que  M.  de  Guigpes  a 
fait  des  anciens  caraâères  chinois  & 
de  leur  rçflèmblance  avec  ceux  àc% 
Egyptiens  9  Ta  conduit  à  croire  que 
ia  Chine  a  voit  été  policée  par  quel* 

aue  Colonie  égyptienne.  Il  a  fait 
epuis  beaucoup  d'autres  recher* 
ches,  non-feulement  fur  ces  mêmes 
caraâères  ,  mais  encore  fur  la  Reli- 
gion &  fur  les  mœurs  des  Chinois  ^ 
&c  toutes  tendent  à  confirmer  fon 
fentiment*  Celles  qu  il  préfente  dans 
ce  Mémoire  ont  pour  objet  la  Plu- 


Juiltee  ijZi.  130 

fSïofophic  &  la  Religion  de  Tan  &  de 
"^l'autre  peuple  :  nous  allons  eflayer 
d*en  donner  une  idée. 

I.  La  Religion  chinoife  y  en  gé- 
néral ,  diffère  peu  des  autres  Reli- 
gions païennes  ;  les  Chinois  rccon-. 
noifTent  des  Divinités  qui  président 
au  ciel,  à  la  terre  ^  aux  clé  mens,  au 
tonnerre 9  aux  vents ,  aux  pluies,  aux 
montagnes  &  à  routes  Its  parties  de 
Ja  nature.  Telle  étôit  également  la 
Religion  égyptienne  ;  mais  comme 
des  rapports  de  cette  efpèce  neprou« 
vent  rien ,  M.  de  Guignes  ne  s'atta- 
che y  dans  ce  Mémoire ,  qu'à  des 
traits  fînguliets. 

II.  Le  nombre  des  élémens  a  été 
réduit  à  quatre  aflez  généralement* 
Les  Egyptiens  &  les  Chinois  en  ad« 
mettent  auflî  quatre  ;  mais  ce  qui 
eft  abfplument  particuliet  à  ces  deux 
nations  9  c'efl;  que  dans  une  autre 
difpofition  de  ces  mêmes  élémens , 
ï\%  en  comptent  cinq»  &  enfin  huiti 
&  par  une  fingularitc  qu'on  ne  trouve 
que  chez  ces  deux  peuples,   c'cft 


-3 


t}€i  Joli  mai  des  Sçavans , 

qu'ils  les  font  mâles  &  femelles  > 
que  ce  €^\  eft  mâle  chez  Tun  Teft 
également  chez  Tautre  ;  c*eft  ce  qu'il 
prouve  d'après  un  paflàge  de  Sene* 
que  qu'il  ezamine, 

m.  Quel  que  foie  TAuteur  de  la 
Nature  ^  ces  peuples  y  dVprès  leur 
Y  king  y  prétendent  qtie  le  premier 
Principe  de  Tunivers  dHtrtbaa  )a  ma* 
tière  fuivant  des  proportions  expri* 
mées  par  de^^  rrombres.  On  erttrc» 
voit  déjà  le  fyftême  que  Pyth^ore 
emprunta  Ats  Egyptiens. 

Il  7  a  deux  fyftèmes  à  la  Chine 
lur  l'ordre  que  doivent  tenir  en- 
rre  eux  les  iiuit  élémens  Le  plus 
ancien  eft  attribué  à  Fo  bf ,  qui 
fégnoit  9  dit-on  ,  3461  ans  av.  J,  C« 
Le  fécond  eft  celui  de  Veii*vang  ^ 
Prince  qui  flociffbit ,  à  ce  que  Ton 
peniê^  vers  le  12*.  fîécle  avant  l'Ere 
ehrétie^nne. 

'Dans  ces  deux  fyftèmes  les  nomt- 
bres  qui  les  accompagnent  font  im« 
portans.  Confucius  a  dit  que  lef 
nombres  impairs  i,  3^  5,  7dc9 


JuitUt  l'jtl.  13^3 

étoient  îles  nombres  céUfiis;  qu'ils 
écoicnt  les  fymboies  des  élémens 
émanés  du  premier  principe  fecon* 
da^rc  maie.  Les  Chinois  les  nom« 
ment  encore  des  nombres//fii»i.  Les 
nombres  femelles  2,496&8) 
font  des  nombres  ternfires  8c  vuiJiS. 
Voilà  des  idées  qui  doivent  paroirre 
fingiiliêres  ;  &  il  faut  avouer  que  fi , 

{>ar  hazard  ,  deux  Philofophes  vou- 
oient  appliquer  \z%  nombres  ï  U 
Phyfique ,  il  feroit  difficile  ,  qu'en 
partant  de  ces  mêmes  principes  ,  ils 
le  renconcraflent  exaâement  dans 
les  dévcloppemens.  Pourquoi ,  chez 
les  Chinois  ,  les  nombres  impairs 
font  ils  céUftei  &  pleins?  Rien  ne 
détermine  à  donner  de  telles  qualités 
à  ]*impaîr  plutôt  qu'au  pair.  J'ajoure 
encore  que ,  dans  leur  fyflême ,  lc% 
nombres  impairs  font  mMes  ,  éc  les 
•nombres  p^ltsfimeUts. 

Ici  les  Egyptiens  &  Pythagore  (e 
réunifient  aux  Chinois  :  c'eft  Pla« 
tarque  qui  nous  en  inftruit ,  en  di« 
faut  que  ^  f uivant  les  Egyptiens  Si 


13^4  Journal  des  Sçavans  j 
les  Pythagoriciens  ^  le  monde  éroic 
compofé  des  quatre  premiers  nom- 
bres pairs  &  des  quatre  premiers 
nombres  impairs  :  voilà  donc  huit 
élémens  comme  chez  les  Chinois  ^ 
&  ces  élémens  (ont  également  déH- 
gnés  par  les  nombres  1,1,3»  4 1 

5  >  6 , 7  ,  8  ,  parrrii  lefqucls  il  y  en 
a  néceiTairement  quatre  pairs  &  qua* 
tre  impairs  ;  &  pour  completter  le 
rapport  «  Plurarque  ajoute  que  les 
impairs  font  uUJitSymdUs  èc  pleins  ; 
c^e  les  pairs  font  terrcjlrcs  yftmtlUs 

6  vuidiS  y  qualités  qui  lont  les 
mêmes  que  celles  que  les  Chinois 
ont.  attribuées  à  ces  nombres^  Après 
ces  obfèrvations  générales  il  patoïc 
prouvé  que  l'une  des  deux  nations  a 
emprunté  (on  fyftême  de  l'autte. 
Mais  M.  de  Guignes  va  plus  loin. 

Piutarque  dit  encore  que  le  ^nar- 
ttnairt ,  chez  les  Pythagoriciens  , 
étoic  369  compoié  des  quatre  pre- 
miers nombres  pairs  &  des  quatre 
premiers  nombres  impairs  :  que  ce 
nombre  36  repréfentoic  le  monde  y 


Juillet  1781.  136J 

Se  que  le  plus  grand  ferincnr  que 
l^>n  pue  faire  écoit  de  jurer  par  ce 
nombre.  Que  veut  dire  tour  ce  lan- 
gage myftérieux  )  Pourquoi  ce  noni<- 
bre  36)  Et  pourquoi  le  monde 
écoît-il  com'poie  des  quatre  premiers 
nombres  pairs  &  des  quatre  premiers 
nombres  impairs  ?  Aucun  autre  peu- 
pie  que  les  Egyptiens  n'a  imaginé  un 
tel  langage.  Mais  dans  le  cas  où  le 
bazard  auroit  produit  cette  première 
reflemblance,  il  e(l  peut-être  impof* 
fible  que  l'on  fe  rencontre  dans  Ici 
réfultats.  Or ,  les  Chinois  font  par* 
ftitement  d'accord  avec  le  lèçic  de' 
Plurarque. 

Dans  U  table  du  fyftème  attribué 
à  Fo-hi  9  lès  huit  élëmens  marchent 
avec  les  nombres  qui  en  font  les 
fymboies  :  Us  impairs  ou  \ç%  ciUfies 
Se  malcs^  font  i  »  3  >  5  &  7  9  qui , 
additionnés,  produifent  i^.  Lés 
pairs  y  qui  font  les  temflns  ou  /i- 
melUs  i  font  x ,  4 ,  6  &  8  ,  qui  pro- 
duifent 10.  Ot.^  zo  &  16  font  36  : 
nombre  qui  y  foivant  les  Egyptiens 


13^8  Journal  des  Sçavans^ 

nois  &  les  Egyptiens ,  un  concert 
perpétuel  qui  changeoic  de  modukr 
tion  à  chaque  mois  &  de  ton  ï  cha* 
que  jour* 

V.  Toute  TAntiquité  atrefte  que, 
chez  les  Egyptiens ,  Ofirîs  étoit  le 
premier  principe  mâle,  le  ciel^  le 
foUil  y  le  pin  f  &Cy  qu'Ifis  étoit  le- 

{>remier  principe  femelle ,  la  terre , 
a  lune  ^  la  mire^  &e.  Ces  attributs 
&  plufieurs  autres  font  donnés  par 
les  Chinois  à  leurs  deux  premiers 
principes  Yang  &  Yn ,  qui  devien« 
lient  les  mêmes  qu'OHris.  &  I(is« 
Mais  M.  de  Guignes  n'infifte  pas  fuip 
ce  premier  rapport ,  parce  que  ce^ 
fyftemë  de  deux  premier^  principes 
a  été  affez  généralement  adopté. 
Pour  qu'un  tel  rapport  puifle  fervic 
de  preuve  ,  il  faut  qu'il  loit  (butenu 
par  des  circonftances  plus  marquées* 
•  Suivant  Macrobe,  les  ËgypticnV 

λrétendoient  qu  Ofiris  renaiUoit  tôUS  ; 
es  ans  &  parcouroit  dans  le  c'aura 
de  Tannée  les  différens  âges  delà  vie 
humaine  i  enforte  qu'au  tolftice  d'hi-  : 

ver 


# 


y 


Juillet  1781.  i}69 

Ter  il  étoit  comme  un  enfant /^or- 
vulus  y  à  Kéqùinoxe  du  printcms 
comme  un  jeune  homme  adot€jun$\ 
au  folftice  d'érè  comme  un  homme 
fait  y  pieniffimd  effigie  barba  ;  à  Té* 
ouinoxe d'automne  il  devenoit  vieux» 
finefcens  ;  enfin  il  mouroit  coupé  en 
morceaux  par  Typhon. 

Les  Chinois  nous  offircnt  le  mê- 
me fyftême  encore  plus  développé» 
Us  font  naître  9  comme  \zs  Egyp* 
tiens  9  leur  premier  principe  maie 
nommé  Yang  au  foiftice  d*hiver.  Ils 
lui  font  prendre  fucceflivemenc  di- 
vers accrpiflèmens  jufqu'au  foiftice 
d'été  qu'il  eft  dans  fa  plus  grande 
force.  Après  ce  terme  ils  le  repté» 
fentent  comme  un  homme  qui  tombe 
dans  la  v\A\\ç&  y  fenejans  ^  8c  enfin 
ils  le  font  mourir  vers  ia  fin  de  No* 
vembre. 

Cette  allégorie  du  cours  du  foleil 
ou  du  premier  principe  maie  figuré 
chez  les deiu  nations  pat  la  vie  aun 
homme  y  mérite  d'autant  plus  d'^c* 
tentîon  »  quelle  fournit  à  M.  îc 

JuilUu  M  m  m 


IJ7^  Journal  diS  Sçavans  ^ 

les  Egyptiens,  celui  du  premier  prin- 
cipe; à:  comme  les  Chinois  onc  ttdr 
bli  fur  la  terre  le  même  ordre  que 
dans  le  ciel  ;  que  l'Empereur ,  nom^ 
mé  fils  du  ciel  \  eft  (on  repréfentanc 
fur  la.terre ,  le  fymbolc  diftinâif  de 
ce  Prince  eft  le  d.agon  ou  le  lerpenc. 
Ce  même  animal  étoic  auffi  le  ca» 
raâère  diftinâif  du  Roi  d'Egypte  » 
&  c'eft  pour  cela  qu'Ezécbiel  ap- 
pelle ce  Prince  le  grand  Dragon. 

Nous  voyons  fur  les  mônumens 
égyptiens  différens  perfonnages,  rous 
diftingués  par  des  ngures  d  animaux 
qu'ils  portent  fur  leurs  têtes.  Com» 
xne  le  Roi  l'étoit  par  celle  du  dra* 
gon  9  fes  Miniftrcs  &  les  Prêtres  dei» 
voient  avoir  également  leurs  fymbo-> 
les.  Les  Ecrivains  facrés  portoient 
fur  leur  tête  une  bande  de  pourpre 
&(,  la  figure  d'un  faucon.  Les  Minif<» 
rres  te  tous  les  Officiers  de  l'Empire 
cfamois  lontdivilés  en  neuf  claflès, 
&  chaque  clafTe  eft  diftinguée  pas 
une  figure  d'animal.  Ceux  de  la  pre« 
miàre  claflTc ,  qui  lont  les  Grands 


êc  rEmjDireonty  poiu  marque  di(* 
tindive ,  une  cfpècc  de  faucon ,  (ym- 
bolc  des  Ecrivains  facrés  de  TEgyprc  : 
ceux  de  la  quatrième  çlafTe  ont  pour 
fymbole  une  giue ,  autre  marque 
diftin^tive  d'une  efpèce  d'Officiers 
en  Fgvpre.  En  général ,  à  la  Chine 
les  Officiers  de  guerre  portent  des 
quadiupèdes;  ceux  de  Lettres,  des 
oifcaux  ;  enfin  quelques- uns  >  qui 
fervent  dans  les  temples,  portent  des 
plantes,  &  particulièrement  la  mau- 
ve ,  £  vantée  par  les  Anciens.  Tout 
ces  ufages  refTemblent  (ingulière- 
ment  à  ceux  de  l'Egypte» 

Mémoire  dans  lequel  on  ejfaye  de 
concilier  Us  Auteurs  grecs  y  & 
principalement  Hérodote  &  Çtè» 
Jias ,  fur  le  commencement  &  la 
durée  de  t Empire  Ajfyrien^  & 
ces  Ecrivains  avec  les  Perfes  yfitr 
les^  Règnes  qui  forment  ce  que  les 
Ofientaux  appellent  la  DynaJHe 

M  m  m  iij 


r\ 


X  3  74   Journal  des  Sçavans , 
Us  PifchdadUns.  Purilf.  Anquecîi 
du  Perron. 

Cerre  partie  de  Tancienne  hiftoire 
du  monde  eft  fort  ob(cure  ,  peu  con^ 
nue  &  remplie  de  difEcultcs  ,  faute 
d'avoir  un  aflfcz  grand  nombre  de 
monumens.  Il  ne  nous  refte  que  quel* 

3ues  padages  &  quelques  traits  épars 
ans  les  Ecrits  des  Grecs  ic  des  La« 
tins ,  &  l'Ecriture  eft  difficile  à  con* 
cilier  dans  ce  qu'elle  en  lapporte] 
en  conféquence»  M.  Anquetil  fepro» 
poCc  d'employer  \z%  Ecrivains  orien- 
taux ;  &  en  les  rapprochant  de  ceui 
des  Grecs  &  des  Latins,  jetter  quel* 
que  |Our  lur  la  durée  de  l'Empire 
Aiïyrien  &  fur  la  fuite  de  fes  Rois , 
entreprifc  d.fficile  &  laborieufe  dans 
laquelle  on  eft  fouvent  obligé  de 
n'employer  que  des  conjedures,  com- 
me M.  Anquetil  Tavoue  lui-même. 
Ce  Mémoire  eft  tort  étendu  &  rem- 
pli de  recherches.  M.  Anquetil  a  mis 
a  contribution  tous  les  Auteurs  grecs, 
latins^  &  les  Hiftoriens  orientaux 


.     JuiUu  1781.^         1375 

qu^il  a  confultés  par  lui  -  même. 
Hérodote  donne  500  ans  à  TEm*- 

fire  d' Aifjrrie  ;  Créfias  plus  de  1 5  60 1 
>iodore  de  Sicile  1400.  Les  Mo- 
dernes f  d'après  ces  Auteurs ,  le  font 
partagés ,  &  ont  propoie  des  fyft£« 
mes  differens  :  telle  eft  la  difficulté 
que  M.  Anquetil  entreprend  d'é* 
daircir. 

Son  Mémoire  eft  divMi  en  deux 
parties.  La  première  prêiènte»  dans 
un  grand  détail ,  &  le  plus  fouvenc 
félon  le  tems  auquel  elles  ont  pani^ 
les  difiîrences  opinions  des  Scavans 
modernes  fur  la  durée  de  cet  Empire 
&  fur  les  Ecrivains  qui  en  ont  parlé* 
Dans  la  (econde  >  il  fe  propofe  de 
faire  voir  qu'Hérodote  n'eft  poinc 
oppofe  à  Ctefias  y  8c  que  l'un  8c 
J'aurre  concourent  ^  avec  les  Orient 
taux  ,  à  nous  faire  connoitre,  d'une 
manière  plus  exaâe,  qu'on  ne  l'a 
cru  jufqu'à  préfenr,  Thiftoire  de  ces 
anciennes  Monarchies. 

Nous  ne  nous  arrêreroDS  point  fur 
la  première  partie  ^  nous  dirons  feo- 

M  m  m  iv 


137^  Journal  dis  S  car  ans  ^ 

lement  que  \L  Ânquetil  ,  CQ  cxpo^ 
(knc  le  lyftême  des  diff^rens  An* 
teurs  9  Ëiit  fouvent  des  obrervations 
qui  ne  (ont  pas  ï  négliger ,  mais  qoc 
nous  omerrons  ici  parce  qu'elles  noua 
cngageroient  dans  dç  trop  longs 
dérails. 

M.  Anquetil  commence  par  exa- 
miner, dans  la  féconde  partie,  le 
ttxit  d'Hérodote ,  &  en  conclut  que 
cet  Hiftorien ,  en  donnfant  500  ani 
à  l'Empire  des  AfTyriens ,  ne  dit  pas 
que  ces  peuples  u'euffent  pas  aupap^ 
irdvent  une  Monarchie  dont  la  do^ 
mination  ,  à  la  vérité  »  pouvoir  être 
plus  bornée  &  peur  être  fous  la  dé* 

fendance  d'une  puiflance  érrangère* 
1  admet  tout  entier  le  Catalogue 
des  Rois  d'Aflyrie,  de  Jules  Afri- 
cain, avec  les  Dynadies  chaldéenne 
&  arabe  ,  en  fe  conformant  pour  les 
Aflyriens ,  à  celui  d'Eufèbe.  Ainfi  il 
place  la  Dynadie  des  Chaldéeiis  à  la 
tête  dcfquels  eft  Evechous  ou  Nem- 
brod^  &  celle  des  Arabes  à  Baby- 
lone  dans  le  même  tems  que  les  Rois 


JuilUt  1781;  IJ77 

d'AflryricrégnpicntàNinîvc.Enruîtff, 
pour  concilier  ces  Mes  avec  celles 
qui  nous  font  données  par  les  His- 
toriens orientaux ,  comme  celles-ci 
ne  préfencenc  pas  un  aflez  grand 
nombre  de  règnes ,  il  prend  le  règne 
de  Djemfcliid,  que  l'on  fait  durer 
{va  à  fept  cens  ans ,  celui  de  Zohak 
mille,  celui  de  Fetidoun  cinq  ccns^ 
pour  autant  de  Dynafties  auxquelles^ 
répondent  chez  Us  Grecs  celle  des 
Chaldéens  y  celle  des  Arabes  &  celle 
de  fieletaras  que  Ton  trouve  dans  Is 
fuite  des  Rois  de  Nînive  ou  d'Afly- 
rie.  Mais  les  moyens  que  M.  Anquç* 
til  allègue,  pour  établir  font  fenti- 
mène  »  font  de  nature  à  ne  pou* 
voir  être  expofés  dans  un  extrait  ; 
ce  ne  font  que  des  comparaifons. 
de  dattes  ,  de  règnes  éc  d'Aii* 
teurs  qu'il  faut  voir  dans  l'Our 
vragc  mèçie^  Il  réfulte  de  cette  Ion- 
guc  te.  fçâv'antc  difcuflion;  i*.  que 
Cte(îas  a  pu  donner  1 3  00  ans  à  TEin- 
pire  AlTyricii ,  depuis  Belus,  3L17Ç 
ans  avan^  l'Ere  chrétienne ^jufqu'à 

M  m  m  V 


Tcur  jnc  r-nifenc  ^saifcB  ,  c'eft* 

•3  f jc?=£(eseEr,  don- 

^w  Du»  k  même  Ras  ks  ^n> 

ï  Rots  fjci  rfg»oJeeTcn  Af 

e ,  étoîau  toniût  miicRs  abfo- 


lus  9  tantôt  avec  dipcncîattcc,  tart* 
*dis  qiicBabylone  6b€i(roicau]tChàl'« 
déens'ou  aux  Antbcf ,'  «ui  compro* 
noient  quelquefois  TAiTyrie  même 
fous  leur  tmpirc.  M.  Auquetil  « 
joint  t  ce  Mémoire  un  canon  chro- 
nologique dreflé  avec  bbàucourp  d'are 
ic  d  intclirgence  ,  dans  lequel  on 
trouve  le  développement  de  tout  (on 
'fyftêtne.*  Nou^  indiquons  (eulemetfc 
le  Mémoire  (ûivant ,  iqui  concerne 
l'Empire  des  Medes'Sc  Celui  des  Per« 
Tes  comparés  avec  la  Dyoaftie  des 
Keaniensv  conmie;patles  Ecrivartif 
orientaux;  Ce  Mémoire  eflf  une  côdh 
tinuation  du'précédent.      * 

Vingt'-troîjiïmt  Mémoire  fur  la  Li» 
gion  Romaine.  De  ta  nourritiift 
du  Soldat  légionnaire.  Par  M% 
le  Beau, 

Après  avoir  fait  cûnnoStre  dans 
difTérens  Mémoires  précédons  tout 
ce  qui  concerne  la  légion  &  le  foldac 
Icgionnairfe  ,^M.  'le  Wau'frpropofc 

M  m  m  vj 


4  3  s  o    JournêU  des  Sçavans  l 

d'examiner  dans  celuf-ct  commenc 
on  ks  nourrinbic.  La  fînipliçicé  pri« 

jnicive  ,  dir  il,  &e(ly  dans ^q^  les 
érats  &  dans  tous  les  teins ,  mcrveil- 
leufcment  coofervée  dans  cette  poc« 
f ion  de  rhumanîré  ,  &  mcnft  mili* 

.  taris ^  mcnfa  cqfinnjis  ^  ont  toujours 
lignifie  i)nçta.ble  fiugale^  parce  c|ue 

.Xa.  çuinne  du  foldat  oe  fi|t  jamais  ^ 
duitcen  art»  mais  il  s'en  forma.un 
très- lucratif,  quoique  très-j^çile, 
qui  confiftoit  à  la  (burtiir  impuné- 
ment k  plus  mal  qu'il  étoit  poflible» 

■^)Xf.-  Ic/defpotifme  impérijâl  il,  s  e- 

j^va  •  4ic  M.  le  beau,  àf  la  pouuîère 
des  villes  un  effaim  d'infeifles  qi^ 
s'attachèrent  à  la  nourriture  des 
camps  &  des  armées.  C'étoient  des 
hommes  avides  qui,  fous  le  nom  de 
Primipilans  ^  opinatorcs  ,  fufupto^ 
res  ,  optiones ,  aSuarii ,  numerarii , 
employèrent  tous  leurs  talens  à  fouf^ 
traire ,  diminuer ,  altérer  \c%  fubftan- 
ccs  ,  à  vexer  les  provinces  obligées 
de  fournir  les  vivres ,  à  compter  bien 

^^^  jl  VEuc  ce  qu'ils  «yoieac  acheté 


JaîUct   1781.    •      15A1 

à  bon  marché ,  à  ruppofcr  de  ^u/Tcs 
fournitures,  en  un  mot  à  s'enrichir 
aux  dépens  de  la  Ginté ,  de  Ja  vigucm 
&  de  la  vie  même  dû  foldar. 

Le  blé  fut  toujours  fa  principale 
nourriture';  on  le  diftribua  d'abord 
en  nature ,  parce  que  le  (bldat  étant 
obligé  de  porter  fa  fubfidance  pour 
pluheurs  jours  ^'  un  boifïeau  de  blé 
qu'on  lui,. dbnnoitjpour'  huit  jours  , 

{^efànt  un  peu  plus  de  quinze  de  nos 
.  ivre$>  éroit,ieloh  Pline,  d'un  tiers 
plus  léger  que  n'auroit  été  le  pain 
,&it  de  ce  boilfeaû.  Les  foidats 
broyoient  eux«niênaés«  leur  blé  fi^ 
une  pierre^ ^près  ravoir  fait  rôtir,  & 
ils  en  fâifoiént  îiné  Souiliie.  Lorfquie 
dans  la  fuite  ils  firent  ufage  du  pain', 
ils  étoient  chargés  de  le  moudre  \  ils 
faifoient  cuire  le  pain  (bus  la  cendre, 
&  on  pdrtoir  une  meule  à  bras  pour 
chaque  chambré  e« 

Depuis  Julien  jufqu'à  la  fin  de 
l'Empire,  le  bifcuit,  buccdlatum\ 
fut  la  nourriture  ordinaire  des  ar- 
mées. Cétoic  là  coutume  de  le  mec« 


c 


13S1  Journal  des  Sçavans i 

ttc  deux  fois  au  four ,  tRn  qu'il  (e 
gardât  plus  long  tcms  fans  fe  cor- 
rompre. M.  le  Beau  rappone  à  ce 
iujer  une  friponnerie  de  Jeanj  Préfet 
du  Prétoire ,  qui  éroit  alors  charge 
de  cette  fourniture  ;  ahn  de  gagner 
les  frais  d'une  fccbnoe  cuiilbh  9  & 
le  quart  qu'elle  emponoit  9  ce  Pré- 
fet imagina  >  après  la  première  ciiiiP 
fon ,  de  porter  ce  pain  au  bain  pu- 
blic &  de  le  mettre  fur  la  platine  de 
cuivre  fous  laquelle  brûloir  le  feu 
qui  fervpit  à  chauffer  le  pain.  Par 
cette  opération  il  pàroifToit  faire  du 
bifcuit  fans  en  diminuer  le  poids.  Ce 
bifcuit  fut  bientôt  nioi 11  &  réduit 
en  mauvaife'  farine  qu'on  ne  latiTa 
pas  de  diftrlbuerj  ce  qui  fit  périr  en 
peu  de  jours  cinq  cens  foldats.  BéJî- 
(aire  fit  faire  d*aurre. pain;  mais  le 
Préfet  ne  fut  pas  puni. 

Outre  le  blé  on  donhoit  au  Sol- 
dât du  fel ,  dfe  la  chair  de  porc  ^  de 
l'huile  j  du  fromage ,  quelquefois  des 
légumes  &  même  W^la  chair  de 
mouton  ,  dii  foin  ;  dé  iVge  &  de  la 


r, 


Juillet  178 1.         Ijg^ 

aille.  La  chair  de  porc  falée  étoic 
c  mecs  le  plus  ordinaire.  jLorfque 
Scipion  arriva  devant  Numàncc  >  il 
y  trouva  la  difcipline  militàîire  coi^ 
rompue  par  la  mollefle  ;  tnais  pôut 
ne  pas  revolrer  les  troupes  par  une 
réforme  trop  audère  9  il  pçrmit  à 
fouper  l'ufage  de  la  viande  bouillie 
ou  rode  (ans  aucun  apprêt  ;  à  dîner 
il  falloit  fe  contenter  de  nourriture 
lèche. 

La  boiflbn  *  ôfdinairc?' du  foIda[t 
croit  de  l'eau  mêlée  d'un  peu  de  vi- 
'nàigre.  Caton  ^  dan^  Tes  expéditiôhs 
militaires  ,  ne  buvoit  que  de  Teau; 
&  fi  U  chaleur  étoit  excedive,  il  y 
mêloit  du  vinaigre ,  &  ne  fe  pt^rmet- 
toit  que  très  peu  de  vin  lorfque  fes 
forces  étoicntrout  à-fait  épuifécs.  M» 
le  Maréchal  de  Saxe  attribue  au  vi« 
maigrc  la  fanté  des  armées  romaines. 
Le  .vin  ne  s'introduifit  qu'avec  le 
luxe  :  .les  (bldàts  s'enivrèrent  lorf- 
àrt'ils  virent  boire'  du  vin  à  leurs 
officiers^  '  ; 
'Quant  à  la  méfure  dé  la  ration  > 


Il  3^4   Journal  dts  Sçavans  ^ 

le  fancaflîn  recevoir  par  mois  quatre 
boifTeauxy  (foixantc  livres)  de  fro- 
ipcnt;  le  cavalier»  douze boiflcaux^ 
(cent  quatre- vingt  livres)  parce  qu'il 
iij9U/riflbit  deux  valets  :  chaque  che« 
val  avoit  par  jour  fept  livres  d'orge. 
Dans  U  luite  on  a  augmenté  la  rar 
.tion.  Il  paroit  que  lo  Centuiion  avoic 
le  double  de  celle  du  foldat ,  &  le 
Tribun  le  double  de  celle  du  Centu- 
rion ,  proportion  qu'on  obfcrvoit 
pour  la  paie  &  pour  les  gratifica- 
tions. La  ration  double  étoit  une  ré- 
compenfè.  Au  milieu  de  ces  détails^ 
.M.  le  Beau  ne  néglige  pas  ceux  qui 
nous  font  connoître  comment  le  luxe 
s'introduifit  dans  les  armées  &  mina 
fourdement  les  fondemens  de  TEtar* 
Il  comparele^ems  où  Scipion  devanc 
Numance  ne  pcrmcttoit  d'autres  ut 
tencile  de  cui(ine  qu'une  marmite^ 
une  broche  &  une  taffe  9  avec  celui 
de  Vàlerien  ,  qui  ordonna  au  Pro* 
curateur  de  Svrie  de  fournir  à  Clau* 
de ,  Tribun  de  la  5*.  Légion  Mar* 
tia ,  pour  ialaire  annuel ,  trois  n^Ue 


^ 


•  Juillet  178  !•         1385 

boifleaux  de  blé,  (ix  mille  d'orge  , 
deu  mille  livres  de  porc  falé  »  trois 
mille  cinq  censfctiers  de  vin  vieux', 
cent  cinquante  feciers  dliuile  de  la 
première  qualité  ,  Hx  cens  fetiers  de 
la  féconde ,  vingt  boifleaux  de  fel , 
du  foin,  delà  paille,  du  vinaigre, 
des  légumes,  des  herbes  autant  qu'il 
en  voudra,  citiquante  livres  aar- 
genterie  pour  fa  vaiflelle ,  onze  livres 
G  «urre  argenterie  pour  vafcs  a  boire  ^ 
tous  les  jours  mille  livres  de  bois  & 
quatre  pelletées  de  charbon.  Vale- 
rien  ,  Prince  peu  judicieux  ,  fem- 
bloit ,  dit  M.  le  Beau  ,  travailler 
lui-même  à  corrompre  ce  Tribun. 
M.  le  Beau  indique  enfuitela  po- 
lice établie  pour  la  diftribution  &c 
pour  les  repas  des  légionnaires.  Ceux 
d'une  chambrée  mangeoient  enfcm- 
blc ,  &  le  gazon  fer  voit  de  t^ble. 
On  dînok  ordinairement  debout; 
mais  à  fouper  on  pouvoir  s'afleoir  & 
fe  coucher.  M.  le  Beau  recherche 
encore  aux  dépens  de  qui  les  vivres 
étoient  fournis ,  quels  furent  l'cta^ 


1386  JownalJes  Sçavafis  ^ 

bliflèmcnr  &  la  manutention  des 
magafns,  la  multiplication  &  les 
fraudes  des  commis  ,  &  les  loix  par 
lefqucUes  on  s'efforça  envtin  cl  ai- 
rêrer  leurs  malvcrfations.  Ces  recher- 
ches  lui  foumiflent  Toccafion  de 
dilcuter  &  d'éclaircir  plufieurs  tex- 
tes des  anciens  Auteurs  9  mais  il  fe* 
roit  trop  long  d'entrer  ici  dans  cous 
ces  dérails.  Ce  fçavant  Mémoire 
mérite  d'être  lu  en  enriec  II  eft  tcr^ 
iriné  par  une  notice  des  commis  des 
vivres  :  «  c'étoit ,  dit  M.  le  Beau  ^ 
9»  un  monde  d'employés  ,  dont  les 
•>  cheB  dévoroient  l'Etat  même  ,  8c 
••les  fubalternes  rongeoient  la  por* 
rtion  du  foldat.  On  les  vit  éclore 
»>  par  milliers  fous  \ts  Empereurs  :  il 
i»  en  fallut  pour  contraindre  les  pro« 
•>  vinces  ,  pour  éprouver  la  qualité 
•>  des  fournitures  ^  pour  les  faire  voi- 
•>turer,  pour  garder  &  maintenir 
»  lès  magalins  >  pour  diftribuer  :  il 
*«  fallut  à  tous  ces  gens-là  des  fur- 
»»  veillans  qui  en  avoient  befuin  eux-, 
»  mêmes  : 


Juillet  1781*  1387 

Sed  quis  cufiodiei  ipfos     - 
Cufiodes? 

»>  ii  fallut  des  procès-vctbaux ,  des 
»>  rôles ,  des  regiftres  de  routé  cf» 
»  pèce  ;  &  malgFc  tanr  de  précau<* 
*>  tions  >  on  vie  de' grandes  armées 
»»  où  tout  mouroit  de  faim ,  excepté 
«*  fans  doute  les  fourniifeurs.  » 

Mémoire  fur  les  Différends  de  ta 
France  avec  ia  Cajiille ,  fous  Us 
Règnes  des  Rois  de  France  Phi* 
lippe  III  &  Pkilippe.iy.Par  M. 
de  Brequigny. 

Les  différends  de  la  France  avec 
la  Caftillé  fous  les  règnes  des  Rois 
de  France  Philippe  IH  &  Philippe 
IV  »  {bntà  peine  indiqués  dans  nos 
hidoires ,  quoiqu'ils  occupèrent  pen* 
dant  près  de  ttente  ans  les  cabinets 
de  la  plupart  des  Cours  de  l'Europe. 
M.  de  Brequigny  entreprend  de  aé- 
veloppcr  les  négociations  fucccflîvcs 
que  ces  longs  différends  occafionnè* 


1 3  s  8  Journal  des  Sçavans  ; 

rcnt ,  de  difcurer  les  droits  refpe<flifî 
qui  en  furent  l*objer ,  de  les  appré- 
cier >  &  avec  le  fecours  des  pièces 
originales  y  d*en  prc(ènterle  tablcan 
/idèle  &  détaillé.  Quoique  la  tna* 
tière  n'offre  aotun  de  ces  évcnetncns 
éclarans^  dit  il  ^  que  les  biftoriens 
aiment  à  mettre  fous  les  yeux  5  elle 
n'eft  pas  pour  cela  dépourvue  d'in* 
rérêts  *,  (\  on  cft  ému  par  le  récic  des 
révolutions  &  des  guerres  cjui  n'a-  . 
boutifTcnr  qu'à  dcfoler  les  Etats  » 
on  ne  fuit  pas  fans  plaifir  la  marche 
paiHble  d'une  politique  bicnfaifanre 
qui  en  établit  le  repos.  Voici  le  mo* 
tif  de  la  querelle. 

Alphonfe  IX,  Roi  de  Caftille, 
mourut  en  1214,  laiiTant  un  fils  8c 
plu(ieurs  filles.  Le  fils,  nommé  Henri^ 
lui  fuccéda.  Berangere,  l'une  des 
£lles ,  fut  mariée  au  Roi  de  Léon  > 
aufiî  nommée  Alphonfe ,  &  une 
autre  fille  appellée  Blanche ,  qui 
époufa  Louis,  fils  de  Philippe  Au** 
gufte  ou  Louis  VIII.  La  couronne  de 
Cafiille  devoit  appartenir  à  Beran- 


< 


JuiUa  1781.        1389 

gerc  raînée  fi  Henri  fon  frère  mou- 
roir  fans  enfans.  Mais  le  Roi  de  CaG 
tille ,  méconcenc  de  celui  de  Léon , 
avoit  fubftitué  dans  ce  cas  (es  Etats 
à  Louis  9  Êls  aîné  de  Blanche.  Henri 
mourut  en  efitt  fans  enfans  en  1 2 14; 
ainfi  la  fubftiturion  fut  ouverte  au 
proBr  de  Louis,  pour  lequel  quel-* 
ques  Seigneurs  de  Caftilie  fe  décla- 
rèrent ;  mais  la  plupart  des  autres 
Seigneurs  prirent  parti  pour  Beran* 
gcre  &  fon  fils,  Ferdinand  fut  pro- 
clamé le  13  Août  1217.  Philippe 
Augufte  »   trop   occupé  d'ailleurs , 
craignit  de  s'eneagcr  dans  une  nou- 
vclft  guerre.   Il  mourut  en  1223  , 
&  Louis  VIII,  fon  fucceflfeur,  qui 
ne  régna  que  crois  ans ,  ne  fongea 
point  aux  droits  de  fon  fils  fur  la 
Cadille.  La  Reine  Blanche ,  mère 
de  Louis  IX ,  &  ce  Prince  lui-mê- 
me y  ne  les  firent  point  valoir  ;  en- 
forte  que  la  poftérité  de  Berangere 
eut  tout  le  loifir  de  s'affermir  fur  le 
trône  qu'Alphonfe  IX  avoit  voulu 
tranfporter  a  la  poftérité  de  Blanr 


y 


139^  Journal  dts  Sçavans  ^ 

che.  Si  nous  en  croyons  \t%  Hino« 
riens ,  Louis  IX  y  renonça  dans  la 
fuite  en  faveur  du  mariage  de  Blan- 
che 9  Tune  de  fes  filles  9  avec  Ferdi- 
nand ,  fils  aîné  &  préfomptif  héri* 
tier  d'Alphonfe  X.  Ce  mariage  fut 
conclu  en  1266  9  &  les  Hiftoriens 
alTurent  que  la  renonciation  y  fut 
ftipulée  aux  conditions  que  ce 
Royaume  paiTcroi^  au  fils  aîné  (brci 
de  ce  mariage  comme  uu  bien  ma- 
ternel. Cette  ciaufe  ed  rapportée  pat 
Guillaume  de  Nangis  »  &  elle  a  été 
répétée  depuis  fans  autre  garant  par 
tous  les  Hilloriens.  M.  de  Brequigny 
obfervequ  il  n'en  exifte  pas  la  mbin* 
dre  trace ,  ni  dans  le  contrat  de  ma* 
riage ,  ni  dans  ïts  pouvoirs  donnés 
à  ceux  qui  furent  chargés  de  le  né- 
gocier y  que  S.  Louis  traita  toujours 
avec  Alphonfe  comme  avec  le  légi- 
time Souverain  de  la  Caftille. 

11  entre  ici  dans  des  détails  hiflo- 
Tiques  qu'il  eft  difficile  d'abréger  ^ 
&  pour  lesquels  nous  renvoyons  au 
Mémoire  même.  Les  différends  lut* 


Julllzt  1781.         i}9t 

venus  entre  Philippe  III,  Roi  de 
France  >  &  Alphonfe  X  ,  viennçnc 
de  ce  que  Ferdinand ,  fils  aîné  de 
cet  Alphonfe ,  &  qui  avoir  époufé 
la  foenr  de  Philippe  III ,  donc  il 
avoir  eu  deux  fils  ^  éroic  mort  avant 
ion  père.  Alphonfe  alfura  la  cou* 
ronne,  non  à  Tàiné  de  (es  perles- 
fils  »  mais  à  fon  fécond  fils  nommé 
Sanche  ^  comme  plus  près  du  degré 
félon  les  loix  de  Camille  ;  ce  qui 
éroie  différent  des  loix  de  France. 
Philippe  voulut  prendre  la  défcnfe 
de  fon  neveu*  Dans  toutes  les  di& 
cudlons  qui  intervinrent  alors  ,11  ne 
fut  jamais  queftion  de  la  iubftitu- 
tion  faite  à  Louis  IX. 

Ce  Mémoire  ,  uniquement  a{^ 
payé  fur  des  titres  &  fur  des  cbarrcs , 
fert  à  détruire  des  récits  avancés 
trop  légèrement  par  un  Hiflorien  Sc 
adoptés  paf  rous  ceux  qui  l'ont  fuivi , 
&  répand  un  nouveau  jour  fur  cette 
patrie  de  notre  hiflxïire. 

Dans  le  titre  de  ce  Mémoire  , 
<;omine  dans  la  table  de  ce  volume  j^ 


^ 


1391  Joiitnal  des  Sçavans  , 

il  s*eft  glifl^  une  faure  d'imprcffion  , 
qui  mérite  d'être  remarquée ,  6c  <}ue 
M.  de  Brequigny  a  déjà  relevée 
daas.  une  lettre  inHhrée  dans  un  de 
ces  Journaux.  On  lit  dans  ce  titre: 
Mémoire  fur  Us  Difiircnds  de  la 
France  avec  la  CaJlUle  fous  les  Ré- 
gences des  Rois  de  France  Philippe 
III ^  &c.  Il  faut  lire  fous  les  Règnes. 

Observations  fur  fEdie 

des  Hypothèques  du  mois  de  Juin 
tyju  Par  M,  Brohardj  Avocat 
en  Parlement ,  Doyen  &  Premier 
Profeflcur  de  ITJnivcrfité  de  Va- 
lence en  Dauptiiné.  A  Lyon ,  chez 
J»  S.  Grabir,  Libraire  ,  rue  Mer* 
cîere  ;  &  à  Paris  ^  chez  Leclerc^ 
Libraire  au  Palais.  lySo.  Avec 
Approbation  &  Privilège  du  Roi« 
Un  volume  in\i.  de  280  pages* 
Prix»  36  f. broché. 

L*  O  U  V  K  ▲  G  E  que  nous  annotw 
çons  aujourd'hui  au  Public  n'é- 
tant que  des  Obfervations  fur  diffé- 

rens 


A 


Juillet  1781.        IJ9} 

>  rens  articles  de  TEdit  des  Hypothê* 
ques  9  n'eft  pas  fuGceptiblc  d*ezcrair» 
Le  fiège  de  la  matière  eft  abiblumenc 
&  foncièrement  difcutè  dans  les 
Loix  romaines-,  c'eft*là  où  il  (auc 

Euifcr  les  principes.  L*Edir  n'a  pouc 
ur  que  de  donner  des  Loix  iur 
quelques  articles  que  le  Droit  ro* 
main  n'a  pas  traité,  ou  que  la  dif- 
férence des  tcms  &  de  oorrc  Gou- 
vernement a  rendu  néccffairts.  Au 
moyen  de  quoi  l'Auteur  de  cet  Ou- 
vrage n  a  pas  pu  ni  dû  faire  un  tra- 
vail fuivi  9  il  a  été  contraint  de  fe 
borner  à  faire  fur  pUifieurs  articles 
fie  cet  Edic  des  Obiervations  déta- 
chées 9  mais  cependant  très^nécef- 
faires  ,  &  quM  taut  chercher  dans 
l'Ouvrage  même.  Il  cft  au  fond  très- 
bon  &  nous  croyons  que  le  Public 
en  letirera  une  grande  utilité  par 
la  folution  de  plufieurs  difficultés 
auxquelles  cet  Edit  peut  donner  lieu 
lorfqu'on  ne  (è  pénétre  pas  de  fon 
efprit  &  de  Tenfemble  de  tous  fes  ar* 
iicles. 

JmlUi.  N  n  a 


t)94  Journal  des  Sçàvans^ 

'  Cet  Ouvmge  «ft  précédé  d^aae 
Préface  fore  courte ,  mais  pleine  de 
fens  &  de  clarté  »  &  qui  donne  une 
idée  très- chiite  du  deUein  dei'Au* 
teut  en  compofànt  fon  Ouvragé ,  8t 
des  raîfons  oui  Vy  ont  engagé.  «  La 
»plus  grande  patrie  des  citoyens^ 
»dit41t  poilèaent  des  dettes  aâi* 
#vcsi  dont  rHypothèqne  eft  U  (û* 
n  reté  ils  font  întèreflles  à  tonooîcrà 

•  une- toi  de  b({uelle  leur  fercone 
ifdépend. 

ML»  mariérc  des  oUigatioi»  ft 

•  dws  Hypothèques  eft  une  des  plus 
Il  étendues  du  Droit  romain  ^  (br  le(i  j 
M:  quelles  nous  n'avons  pâfr-,  à  pr9* 

•  premenc  parler ,  d'airres  Loii^  9  ks 
w  Ordonnances  ne  contiennent  à  cet 

•  égard  ^  que  dueiques   r^gleoMié 

•  de  forme  ;  TEoit  des  Hypo'thàquel 

•  de  1771 ,  embraiie  cette  vafteniai^ 

•  tièce  dans  vingt»cin<^  articles  mScè 

•  fuccinâs  ;  les  nutt es  article^  ne  cM* 

•  cernent  que  les  Droits  ^tabbs  ^ 
•cette  nouvelle  Loi,        , 

•  J'ai  été  cooTulté  pluficun  Ibip 


^ 


JuilUt,  1781 1  t3^( 

i»fttfles  difficultés  naiiTanres  de  cet 
wf  Edit ,  donc  il  ne  fournir  poiiic  it 
^folation  ;  }'ai  toujours  eré  con- 
M  traint  de  me  replier  (ut  les  Ordon* 
n  nances  ant^ieures  ou  fur  les  pria>- 
m  cîpes  du  Droit  romain  t  pour  les 
firéibudre* 

.  9»^  Ces  confîdérations  yn^ont  (àk 
I»  penfer  que  le  Public  verroit  avec 
m  plaifir  queioties  Obfenrations  que 
9tfai  faites  uir  cet  Edit^  par  k 
M  moyen  deiquelles  il  pourra  s*^ 
«épargner  bien  des  frais  inutiles.  •» 

I/Âuteur ,  plein  de  Tes  Loix  ro« 
ipaines  par  état  &  par  goût ,  le  plaint 
avec  force  &  avec  rai  Ion  du  peu  de 
cas  &  d'ufage  qu'on  en  firit  en  r  rance; 
Elles  font  confacrées  9  dit*il  »  jut^ 
que  dani  Its  fanâuatres  de  la  lufttce 
par  ceux  même  qui^  peavrat  exet^ 
cer  leur  miniftère  jnins  une  connbif^ 
fimce  exaâe  de  ces  mêmes  Lbit. 
Oeft  en  confluence  de  cette  rê« 
flexion  qu'il  blâme  ceux  qui  s*écar« 
rent  de  ces  Loix  >  dans  les  Pays  o& 
eAles  font  le  Droit  commun , 

Nnnij 


1 


1 19^  Journal  des  Sçai^ns , 

ue  dans  les  coutumes  on  eft  obligé 
*y  recourir  fur  toutes  les  qucftions 
que  ces  coutumes  ne  décident  ni  di« 
reâement  ni  par  voie  de  con|é- 
quence.  Il  finit  cette  Préface  ea 
s  excufant ,  en  quelque  façon  ,  d'y 
avoir  rappelle  quelques  anecdotes 
qui  concernent  le  Dauphiné  ,  fa 
patrie,  ^  le  lieu  de  fa  réfidence) 
ce  n'cft  pas  ^  dit-il ,  qu'elle  ait  plus 
4e  droit  à  ma  gtacitude  que  les  aut 
très  Pays, 'mais  on  ne  peut  rendre 
raifpq  de  tout  ce  qu'on  fent. 

^efflo  ^i/a  aaialfjolum  dulcedlnt  çànâoi 
Dùcît  &  Immçmores  nçn  fi^u  cjjefyi 

.  La  qi^Aion  préliminaire  qui  fuît 
immé^iatemçnt  la  Préface  nous  a 
paru  ititérelTante  &  très-bien  difcu- 
tée  ;  elle  a  pout  objet  de  fçavoir  iî 
l'on  peut  vendre  un.immemhie  en 
mettant  à  la  vente  la .  condition 
quelle-  ne  fera  pas  expofêç  aux  affi« 
ches  \  ç'eft  dans  l'Ouvrage  même 
qu'il  faut  voir  la  difcu/fion  des  fai« 
ijpns  qui  ont  déterminé  l'Âuceur  à. 


iuilUï  1*781.        .   tJ97 

décider    pour    Taflirnirivry    un 
craie   leur  ôceroi^  leur  enfemble 

par  conféquent  toute  leur  force»- 
rlous  oblervcrons  que  l'Auteur 
rcide,  pages  77  &  85  ,  d'après 
ireiclc  7  de  l'Edir  des  Hypotbè- 
les,  que  \ç%  Propriétaires ,. cçux 
li  onr  des  Droits  réels ,  comme 
ntes  foncières,  &c.  ne'font  point  ce* 
is  de  former  des  oppoficions  aux 
intes  expofées  aux  affiches ,  comme 
le  falloir  aux  formes  d'Edir  de. 
enri  II.  Il  fe  fonde  fur  ce  que  Wi' 
i  des  Lettres  de  rarificacion  n'eft 
le  d'éteindre  les  Privilèges  &  les 
ypotbèques  ,  &  que  ces  Lettres 
ittribuent  point  d'autres  Droits  de 
opriété  aux  acquéreurs ,  que  ceux 
\  leurs  vendeurs.  Cependant  nous 
oyons  devoir  obferver  ,  contre 
tte  décifion  de  l'Auteur,  que  par 
rrêt  de  la  Grand-Cbambre  du 
irlemcnt  de  Paris  ,  du  vetidredi  6 
vril  178!.  Il  vient  d'être  jugé ,  en 
ande  connoifTance  de  caufe  ,  que 
I  Lettres  de  raciffication  purgeoient 

N  n  n  iij 


^ 


€398   JowrmmUiS  Sfévâns  ^ 

les  Droits  réels  ^  tels  qu'une  tente 
foncière,  &  le  Cbâceicc  a  jugé  la 
oiême  cbo(è. 

Une  dernière  remarque  que  bous 
croyons  pouvoir  nous  permettre  ^  à 
raifon  même  de  la  bonté  de  TOup- 
vrage,  c*eft  qu'il  feroit  à  defîrer 
qu'on  eut  appotté  plus  de  foin  \  Ton 
impreflton ,  dans  laquelle  il  fe  trouve 
beaucoup  de  faures  qui  nuifent  au 
icns  »  pa'  exemple  à  la  page  f  \  on 
a  laide  fubtifter  un  point  /&  dans 
un  autre  endroit  de  la  même  page 
une  lettre  mujufcule  qui  rendent  le 
fens  prefqu'inintcUigible.  On  pour* 
f  oit  i  dans  une  féconde  édition  qui  ne 
manquera  pas  de  devenir  bicntoc 
néccirairc ,  mettre  plus  de  correc- 
tion dans  Timpredion  &  quelque- 
fois  même  un  peu  plus  de  clarté 
dans  Tcxponrion.  On  deHreroit  auflî 
que  l'Auteur  voulut  bien  mettre  \  la 
nn  de  Ton  Ouvrage ,  une  table  des 
matières  par  ordre  alphabétique  qui 
leroit  d*un  grand  fecours  dans  un 
Ouvrage   tel  que  celui-ci  ^  qui  ne 


Jmllet  i7Slf  t3ff 

confîfte  qu'en  notes  épâffc$  Air  dt& 
itirens  articles  (épatés  &  qui  don* 
nent  Jieu  à  un  grand  nombre  de 
queflioos  donc  la  fotufion  fe  trou* 
yeroit  fur  le  champ  à  l'aide  de  la 
tablé  des  madères. 

[  Extrait  Ji  M.  Coqutl^    Je 
Ckauffcpierre.  ] 

HlsroiRB  naiunlk  de  ta  Ffona 
Méridionale ,  on  Recherches  fur  1« 
Minéralogie  du  Vivarais»  du 
Viennois ,  du  Valentinois ,  du 
Forez  9  de  l'Auvergne ,  du  Vêlai  > 
de  rUfégcois ,  du  Comtat  Vé* 
naiffin  ,  de  la  Provence  s  des  Dir* 
cèfes  de  Nifmes  >  Montpellier  » 
Agde  i  &c.  lur  la  Phyfique  de  it 
Mer  Méditerianée  9  fur  les  Mér 
téores,  ks  Arbres  ,  les  An  maty 
&  l'Homme  de  ces  contrces.Tom. 
I  &  II.  Avec  cinq  Planches  dou* 
blés  par  volume,  &  une  Carte 
géographique  dçs  trois  Règnes  de 
la  Nature  fur  la  furfacc  eu  Viva-- 
rais,   où  leur  diftributioo  natiw 

N  n  n  iv 


I4OC  Journal  dts  SçaPd/is^ 

relie  cft  rcpréfcntéc.  Ouvrage  df* 
die  au  Roi ,  imprimé  fous  le  Pri- 
vilège &  avec  1  Approbation  de 

'  rAcadémie  Ro;^ale  des  Scîences.r 
Par  M»  YAhhé  Giraud^SoulavU. 
A  Nifnies>  de  rimptimetie  de 
Belle  }  &  fe  trouve  à  Paris ,  hôccl 

.  de  Venife ,  cloître  S.  Benoit  ;  chez 
Quillau ,    Libraire  ,  rue    Chrif- 

'    tinc,  au  MagafinLittérairc;  chez 

:  Mérigot  l'aîné,  quai  des  Auguf* 
tins ,  près  le  Ponr-Neuf }  &  fielin  ^ 
rue  S.  Jacques.  1780. 

Nous  avons  déjà  annoncé  le 
preniier  volume  decct  Ouvrage 
que  l'Académie  a  approuvé  '  avec 
éloge  comme  renfermant  dcsobïcYva- 
rions  neuves  fur  pluiieurs  montajghes 
qui  n'avoient  point  encore  été  exa- 
minées  par  les  Naruraliftes.  Le  fécond 
volume  a  fuivi  de  près  5  &  le  3  ^«  ne 
tardera  pas  de  paroitre.  Cet  Ouvrage 
a  le  mérite  d'avoir  été  écrit  fur  le  lieu 
même,  à  la  vu::  des  objets  dont  il 
contient  la  defcription;  ce  qui  doie 


Juillet   1781.  1401 

le  rendre,  précieux  pour  les  Natura* 
liftes. 

Le  fécond  volume  contient  l'hif* 
tpire  du  Bafaltc,  desiaves,  de  U 
pouzolane ,  la  delcription  de  fcpt  à 
huit  volcans  du  bas  Vivarais,  qui 
ont  brûlé  depuis  que  la  mer  ne  couvre 
plus  les  montagnes;  de  quatre  vol- 
cans qui  paroiflent  avoir  brûlé  fous. 
\ts  eaux  de  la  mer ,  parce  qu'ils  font 
couverts  de  couches  calcaires  éla- 
borées fous  les  eaux.  On  y  trouve 
en  luire  des  conHdérations  fur  le  ca- 
raâère  des  habitans  de  ces  p^ys  vol« 
canifes  qui  font  plus  fougueux  que 
les  autres.  Le  volume  finie  par  Tin- 
dication  des  choies  les  plus  remar* 
quablcs,  des  Cabinets,  &  des  Sçavans 
que  Ton  peut  voir  dans  un  voyage  du 
Yivarais*  On  y  trouve  des  Oblerva- 
tions  curieufes  fur  les  gaz  ou  exha^. 
laifons  volcaniques  ^  fur  tes  fontaineis 
minérales,  &  tur  les  autres  fingula« 
tirés  qu'on  remarque  dans  ces  grands 
laboratoires  de  la  Mature. 

Dès  ranncc    177^,    M,  l'Abbi^ 

IS  n  a  V 


1 40 1  Journal  des  Sçùva ns  j 

Giraud,  pendant  les  vacances  du 
Séminaire 9  s'occupa  à  contempler 
les  montagnes  du  Vivarats.  Il  fut 
frappé  d*y  trouver  des  pierres  rou- 
ges &  bourfoufflées  fur  des  carrières 
de  granit,  des  montagnes  conifor« 
mes ,  des  éboulemens  vers  leur  fom* 
ihet,  des  neiges  qni  fondoienc  à  Ten-' 
tour  de  quelques  petits  foupiraux  ^ 
fine  reflcmblance  frappante  avec  la 
late  du  Véfuve ,  une  fufibilité  pa*" 
reille  dans  celle-ci  &  dans  celle  du 
Vi  varais  ;  des  émanations  de  vapeurs 

3ui  donnoient  la  mort  aux  animaux, 
es  eaux  chaudes  &  fuldireufès ,  &c. 
il  ne  tardera  pas  à  être  perfuadé  que 
ces  montagnes  avoient  brûlé. 

Il  apprit  bientôt  que  M,  Guettard 
avoit  découvert  des  volcans  en  Au-; 
vergne ,  &  que  M.  Monter  en  avoir 
rrouvé  dans  les  environs  de  la  Nfê- 
diterrannée.  Il  s'y  rendit  pendant  les 
vacances  de  1774;  il  compara  les 
laves  d*Agde  à  celles  du  Vivarais, 
H  il  fe  perfuada  de  plus  en  plus  de 
f  exiftence  des  anciens  volcans  long* 


MlU  1781.         1401 

tems  avant  que  d'avoir  pu  faifir  Tcn- 
fcmble  général  de  ces  montagnes  ni 
ta  charpente  d*un  volcan  en  parti** 
culict ,  ce  qui  n*eft  que  le  réfulrat  de 
pluHcurs  conibinaKons  ;  cnBn  »  dic« 
iJ ,  i<  j'en  fus  convaincu ,  malgré  lef 
»  clameurs   de  nos   Scholadiques^ 
ftiorfque  j'apperçus  le  courant  des 
>f  iavesl  j  les  formes  géométriques  de 
>»  lar  bouche  faillancc  dc^  volcans  ^ 
94'la  fufibUité  de  toutes  les  matièrcf 
»^bfulées,  la  ruperpolîtion  relative 
^  des  courans ,   &c.  &  je  crus  mci 
>»  bbfervations  appuyées  de  toutes  les 
>»^  preuves  néceflaires,  lorfquc  i'eus 
1^  fait  parc  de  mes  découvertes ,  ou: 
>»  env6yé  des  laves  à  M.  le  Comte  de 
HBufFon  9  aux  Cabincfts  des  Acadi<^ 
#mies  de  Nîmes  &  dti  Dijon.  Fixé  , 
n  alofs  i  Antraigues  vers  le  centre 
M^  des  légions  volcani fées ,  je  décri*** 
»vi$>  (ans  crainte  cl'illufion  ,   les 
i^reftes  de  ces   antiques   iricc^diçs 
n  pendanc  les  années  1 777  K  <  778.  >> 
UAuteur  cite  d'abord  tous  cei|X^ 
^  oac  uaVaillé  fur  cette  maçièïo^ 

N  n  n  v\ 

f 


1404  Journal  dis  S^avans  ^ 

avant  lui^  MM.  Guerrard>  Mon 
Dcfmarcft,  Scguier,  de  Gcnfan 
après  quoi  il  aoonc  un  coup- d 
général  fur  rhifloire  &  Tancicn 
du  globe  ;  fes  dégradations  ,  & 
cbangcmens  ;  il  fait  voir  que  la  p 
zolane  du  Vivarais  a  été  connue 
Romains  9  quoi  que  M.  Gueti 
Tait  découverte  le  premier  en  f  rar 
découverte  importance  9.  parce.  < 
la  pouzolanc  fait  le  meilleur  ciir 
quil  foie  poflible  de  trouvier^ 
cauie  de  fa  nature  vitrifornie  & 
pirante.  Elle  réunit  les  avantages 
quartz,  de  la  brique  &  du  pla 
Comme  le  plâtre ,  elle  afpir<  d 
peu  de  tems  toXite  rhMmidirc  qu*i 
fi3(ç  dans  fa  maife  ;  &  comrpç 
quartz  fabloneux  »  elle  forme 
pur  ingrédient  qui  ne  fouiFrç  . 
cune  décompofition  dans  (e^  pan 
par  fadion  cauflique  de  la  chaux 
Pami  ces  obfervarions  ^n  en  troi 
une  forf  (înguliàre  fur  les  commu 
cations  fau.rerraines  :  à  l'époque 
iKiablcment  de  terre  qui  reny,e 


-71 


Juillet   178 1.  1405 

Lisbonne  ^  les  concavités  d*où  fortenc 
les  eaux  de  la  foncaine  de  Malheur, 
furent  (ingulièrenienc  agîrécs^  for- 
tirent  toutes  troubles,  quoi  quil  n'eût 
pas  tombé  de  la  pluie*  M;  Baraticr 
père  9   homme  forr  éclairé  9    &  à 
qui  l'on  peut  ajourer  foi ,  lui  a  af- 
liiré  les  avoir  vues  fortir  toutes  rou- 
ges &  fort  épaifles.  Le  lendemain, 
les  payfan^  annoncèrent  des,  dépla« 
cçmcns  de -ferre,   &  Ton  apperçuc^ 
une. fente   verticale   dé  la   largeur 
de.  deux  pouces  au  voifinage  de  la 
montagne  de  Co;ipc* 

'Ce  n'cft  pas  1^  première  obferva» 
tjon  d*on  trcfpblcment  de  terre  pro- 
pagé jwfqv  à  i.dfis  jiégionfi  trcs-éloi- 
gnées  du  grand  foy«r  d«i  tremble-j 
mçùx^  Il  n6us2|ifrurei]qu*pn  obfe^va 
à.  U  même,  époque  &  à  une  lieue.  ' 
d*Angoulême ,  une  crevafle  d'où  lor- 
tji.t.un  torrcm  (l'caur.rougp '&  bour-, 
biRufe,   qui.étptt.  Uçgé  par  les  fc- 
couflcs   propagéçs   j\irqiifcs-là  >  ,&î 
q»k>n  obfcrva  epcpre  en  Languedoc^ 
4^.  phénqmè^ef  9Mi4;>^^,^tt%.)9 


{ 


1406  Journal  des  Sçavans  f 

même  cems,  L'Auccur  parie  beau* 
coup  de  la  fomiation  au  charbon 
de  rerre  :  le  voyanr  placé  enrre  le 
bafalce  9c  le  fol  granitique  fonda*' 
mental,  il  le  regarde  comme  formé 
par  des  émanations  volcaniqueSk  On 
demandera  d'abotd  comment  ce  mU 
néral  fi  combnftible  n'a  point  été 
confunié  par  le  courant  de  fe»  qui' 
a  repofé  fur  le  charbon.  Mais  l'An* 
teur  répond  que ,  pour  la  combuf« 
tion,  il  faut  le  concours  de  l'air 
0ui  dut  manquer  dans  le  cas  donc  il 
8  agit  ;  d'ailleurs  la  houillç ,  fuivanc 
kl!  f  étoit  fortie  elle  mcmc  de  Tit^ 
térieur  de  la  terre,  pu  te  feu  aâîf 
an  a^  moins  la  chatcnr  de  la  cenc 
Favoit  préparée» 

L'Auteuf  obièrve  que  ks  vapMif 
volcaniques  nuiienc  a  la  fanti  its 
faabitans.  Les  payfans  8c  les  payfai 
ncs  qui  travaillent  par  état  dans  las 
environs  du  Cratère?  ,  ou  dans  U' 
Cratère  même  de  S.  Legcr^  paroh^- 
lent  exténués  :  des  couleurs  ploin- 
bé«5^  des  châifs  livides  9  }auocf^' 


JuilUe  1781.  1407 

tremblantes,  font  d&rourner  les  yeux 
de  CCS  Rgures  dcfagréablesv  mais  à 
l'exception  de  ceux  qai  travaillent 
trop  près  de  ces  gas  dangêitux ,  it 
paroît  qûe.n'éleiftricité  des  volcans 
donne  de  {'aâiviré  aux  corps  ic  aux' 
cfprics. 

En  tfl^  »  il  eft  démontré  que  1e^ 
refies  dés  voIAms ,  leurs  laves  ^  quel^f 
ques  froides  S^inaâives  qu'elles  m^' 
roîflfent,  rehfertrfent  encore  en  ellè^ 
même  une  force  particulière  d'aAt^ 
viré  occafîonnée  par  leur  érat  élec^ 
trique  prefque  continuel  qui  infiUcf 
(ingulièrement  (br  les  végétaux  ^  le^ 
animaux  &  les  hommes  des  contréet 
Yolcanifées.  L'Aoteor  parle  à  cette 
occafîon  de  Tétonnante  quantité  d^ 
ffuide  éleâriqoe  fournie  par  les  vol* 
jCans  en  .aâion  ;  Ic^  Chanoine  Récn^ 

fero  9  Oblervateu^  zélé  des  feux  dé 
Etna  ,  perfécuté  par  les  ennemis  it 
la  Phyhque,  a  nbfcrvé  les  éclaiti 
qui  fortoicnt  de  là  fumée  des  vol» 
cans.  Cette  fiiinée  produifoit  Irf 
câtts  les  plus  terribles  ;  cUc  ^  ^^^ 


1418  Journal  des  SçavdnSf 
périr,  &  cent  milles  de  didancc,  let 
bergers  &  les  troupeaux  fui  les  mou' 
tagnes  ,  firacalloit  les  arbres  £c  mcc- 
toit  le  feu  aux  maifons. 

Les  volcani ,  pendant  leurs  érup" 
tions,  donnent  des  éclairt  &  des 
globes  de  feu  i  des-tonneircs  fe  font 
entendre  de  tous  côtés  >  on  éprouve 
des  tremblemens  de  tcirc  &  tous  les 
phénomènes  de  l'éleâricité.dans  tout 
le  voilînage  i  leurs  laves  fondues  font 
puilTamm^nt  éleâriques  ;  &  l'Aurcui 
prouve  l'abondance  du  fluide  éicârl* 
,  même  dans  les  volcans  éteins: 
1  l'on  peut  juger  de  leur  înBuence 
fur  les  nerfs,  S<  pat  confcquent  fut 
les  forces  6c  fur  ie  caraâère  des 
hommes. 

.  JVl.G.  S.  fait  voir  que  les  volcans  les 
plus  élevés  font  les  plus  anciens  & 
que  les  plus  bas  font  les  plus  réccns* 
Aucun  de  ces  volcans  élevés  ne  pa^ 
toK  avoir  été  tous- marie  à  l'époque 
de  fon  éruption;  c*eft  ce  que  f  Au- 
teur 'établit  ItiT  plulîcurs  raifoonc- 


î 


7i 


Juillet  î7fi,         1409 

'^  Les  fubftanccs  vitrifiablcs  qapn 
trouve  fous  les  couches  de  balalcâ 
&  fous   les  autres  fortes  de  lavcf 
vdlcaniqbcs  ne  paroiflenc  point  avoir 
été  fubnitrgces  pat  les  raux  de  la. 
mer.'  La  coulée  de  bafalte  qu.oa 
trouve 'depuis  MîlW  jufqu'À  Antrai« 
eues,  qu'eft  la  plus  baflfc  des  coulées 
des  volcans  de  la  zone  viciifiable, 
rcpofe  fut  des  amas  de  cailloux  gra« 
nfciques  &  fur  des  fables  de  tivicrei 
on  n*y  trouve  aucune  fubftance  caU 
Caire  fondamentale.  Or,  fi  les  lits 
de  laves  fondues  euffenc  été  jadis 
le  lit  de  la  mer^   ils  auroicnt   au 
xpoins  quelqu'une  des  qualités  de  la 
pierre  calcaire  qu'on  tegarde  comme 
ayant  été  la  vafe  des  eaux  maritimes. 
Les  volcans  les  plus  anciens  du 
Vivarais  n'ont  pas  même  brûlé  fous 
la  met.  Les  volcans  fupéricurs  éta- 
blis fur  les  hauts  plateaux  graniri-, 
qucs  du  fommct  des   montagnes," 
attifés  par  les  eaux  maritimes  ,  pa- 
roiflcnt  avoir  brûlé  lorfquc  la  met 
inondoit  toute  la  zone  de  marbre». 


t«  le  Journal  Jts  S f avons  , 

f  que  les  laves  d'Aubenu  Se.  de  Ro> 

r-  etiMUic  Croient  des  cou  aos  fout 

manni. 

Les  eaux  ayant  enfuîte  diminua , 
leur  niveau  ayant  ttaiflc  davantage 
H  les  rivièf  es  ayant  excavé  les  vallées 
profondes ,  les  volcans  de  la  der-' 
nicre  époque  percèrent  à  treveis  ces 
déchirures  &  foinnèrcnt  les  vol» 
cans  de  lavanc  dernière  époque. 

Enfin ,  vers  le  commencement  et 
l'Ere  chrétienne,  les  trembJenien» 
de  terre,  les  feux  de  ta  terre  &  da 
ciel  1  les  fommeis  des  moniagner 
culbutés  1  &  les  autres  phénomènei- 
décrits  par  les  Hiflorietis  du  tcmsi- 
annoncent  que  les  yolcans  qui  brù*; 
loient,  &  qui  brûlent  encore  cnc'er» 
tains  endroits  d'un  feux  couvée  fu> 
rem  capables  de  produire  divers' 
lavages,  quoi  qu'en  difcnt  ceux  qui 
penfent  qu'un  volcan  éloigné  de  la 
nier  ne  peut  brûler. 

L'Auteur  donne  auffî  l'HiUoire 
natuielle  des  volcans  qui  ont  brûié 
fous  les  eaux  de  la  hki  comme  ceux 


Juillet  ijîl.  1411 

(fAuhenas.  Il  fait  voir  que  rexiftcnoe 
des  mers  fubmergeanT  autrefois  les 
tontîncns  »  eft  confirmé  par  toucet 
fortes  do  preuves.  Les  Umilles  de» 
divers  coauillages  incruftés  dans  la 
Toc^he  vive  calcaires  comme  dans 
la  roche  rendre  de  date  poftérieure  » 
là  nature  de  cette  roche ,  les  corps 
incruftés  dails  la  lave  bafalte  qui  ne 
doit  Tes  crj^ftaux  fpatbiques  qu'au 
/luide  maritime  imprégné ,  félon  le 
fenriment  de  tous  les  Chimifles» 
d*uae  grande  quantité  de  molécules 
calcaires  dilToutes,  Toutes  ces  ob« 
fervations  donnent  le   plus  grand 

Kids  a  cette  opinion ,  de  même  que . 
orizontalité  des  volcans  fous>ma« 
rins  ,  les  bornes  que  ces  mers  ne 
paroiifent  point  avoir  franchies  ;  It 
prcfence  descryftaiix  fpatbiquesqu  00 
obfcrve  jufqu'i  une  certaine  éléva- 
tion; tout  Tappareil  extérieur  des 
volcans  de  cette  claflc  ;  il  confirme 
cette  aflertion  par  les  couche»  cal- 
caires que  les  eaux  de  la  mer  ont 
formé  pat  deflus  &  qu'elles  ont  eu* 


(141 1  Journal  dts  Sçavans  f 

fuirc  abandonnées.  Ces  deux  Vola? 
mes  font  remplis  d'obfervacions  faU 
tes  avec  courage  &  rapprochées  avec 
Cagacicé  »  &  doivent  uire  dtficer  U 
luite  de  cet  Ouvrage. 
.  [  Exiraii  de  Mk  de  U  Lande^  ] 

LettAES  de  U^illiam  Cùxt  à  W^ 

.   Mtlmoth ,  Jur  Citât  politique  t 

.  civil  &  naturel  de  la  Suijfi,  ;  tra« 

\  duires  de  Tanglois  &  augmentées 

des   Obfervations  faires  dans  le 

même  pays ,  par  le  Traduilcutè. 

A  Paris,  chez  Belin ,    Libraitc» 

rue  S.  Jac<}ues ,  vis-à-vis  celle  du 

Piârre.  Un  vol.//3-^^.  de  316  pag. 

,  Prix ,  3  iiv. 

L£s  Lettres  dont  M,  Ramond 
publie  la  traduâicn  ^  ont  été 
écrites  par  un  anglois,  pendant  un 
voyage  fait  en  Suifle  y  clans  le  cou- 
rant de  Tannée  1776.  Eilçs  ont  été 
fort  accueillies  en  Angleterre,,  où 
Ton  manquoit  d*une  defcriptioa 
fuivie  de  ce  pays  intéreilant ,  fie  M* 


JuilUt  1781.  141$ 

Raniond ,  traduâeur ,  a  cru  ,  avec 
raifon  y.  qu'elle  feroic  plaifir  en 
France  >  quoi  que  nous  ayons  plu* 
fleurs  Ouvraees  relarifs  à  la  Suide  ^ 
furtouc  les  deux  volumes  in  4^^  des 
tableaux  de  la  Suiflè  »  qui  ont  para 
depuis  peu  (  à  Paris  y  chez  Née  & 
Mafqueiier  )  ^  les  Lettres  de  M.  dt 
Luc  9  le  Livre  de  M.  de  SaufTure ,  icck 
Mais  on  peut  dire  que  le  Livre  dt 
M.  Coxc  acquiert  un  nouveau  mérite 
par  le  nombre  confidérable  de  notes  y 
&  les  Supplémens  dont  il  'eft  enri* 
chi ,  &  qui  font  le  (irnit  d*un  voyage 
de  M,  Ramond  ,  fait  dans  le  même 
pays  9  avec  T intelligence  de  la  lan- 
gue ,  &  tout  le  courage  néceflaite 
.   pour  parcourir  à  pied  les  hautes  Al- 

Ees  &  vivre  avec  les  bergers  qui  les 
âbitenr,  «  J*ai. voyagé  dans  les  mon* 
Mtagnes,  dit  il-,  ou  pour  mieux  dire  » 
>»  )*ai  erré  £ids  tenir  do  écoute  déter-* 
>»  minée  ,  à  pied  ,  avec  un  feul  corn* 
ft»  pagnon ,  né  dans  la  région  que 
I»  nous  parcourions  :  comme  lui  )*en- 
9»  tcndois  les  différens  diale^es  en 


1414  tournât  des  Sçavans  i 
0  ufage  dans  ces  contrées  :  tous  deux» 
H  nous  fçavions  facrificr  nos  gifances 
nau  but  de  notre  voyage  ,  nous 
>»  cherchions  rhofpitalité  dans  les 
»  cabanes  les  plus  retirées  y  &  nous 
I*  avons  vécu  en  égaux  avec  les  ber* 
I»  gers  que  nous  vifitions ,  dérobant 
valeurs  yeux  tout  ce  qui  aurofc  pft 
m  filtre  foupçonner  que  nous  étions 
»  de  fimples  curieux.  »  De  pareilles 
cifconftanccs  donnent  un  mérite 
ure  à  la  relation  d'un  voyage  ;  les 
connoiilmcef  de  M«  Ramond  en 
plus  d*un  genre  f  esi  auginemoùt 
•Kore  le  prix. 

Le  voyageur  angliÀ  entre,  dant 
Il  SuifTe  par  la  Souabe  •  donne  un 
soup^'œil  aifx  iburces  du  Danube, 
qui  jatllifTcnt^ns  l'enceinte  du  cha« 
'Seau  du  Prince  de  Fuffientcrg^  k 
Domfihingen ,  &  arrive  à  Sdiaf^ 
fhoufu  Ici  t  jettant  un  premier  re« 
gard  fur  la  conftitution  républicaine  t 
il  cfquiirc  rapidement  celle  qui  ioî^ 
(te  ï  lui  pour  palTcr  à  des  objets  d'un 
ancre  genre  êc  fixe  latcencioo  duleç* 


? 


JttttUi  I781.         i4ff 

ttùt  '  fui  les  deux  merveilles  de 
SchaflFhoufe,  Tuneed  la  Cataradle 
du  Rhin  »  qui  tombe  perpendiculai* 
remem  d'une  hauteur  qu'il  eftime 
d'environ  cinquante  pieds  avec  ua 
bruit  effroyable  ;  l'autre  eft  un  ponc 
de  boit  de  crois  cens  quarante  piedf 
de  long  fcttè  fur  ce  même  fleuve^ 
<k  qui  n'eft  coupé  que  par  une  feule 
pile  9  donc  la  fituarion  mê/ne  9  s'é» 
carre  de  la  direâion  des  deux  calées» 
Cet  édifice  éconuatit  e(t  Touvragt 
d  un  Charpentier  »  obfcur  y  d'un  ùsa^ 
pie  pay fan  d'Appen2clL 

M*  Côxc  quitte  Schaffhottfc  pour 
aller  voir  le  beau  lac  de  Conftinte» 
Tune  des  bornes  de  la  Suifle  i  &  le 
ville  mâme  de  Confiance ,  autretoia 
confidérable  8c  qui  n'a  maintenant 

[dus  rien  de  remarquable  t  fi  ce  n'cft 
a  raaifon  ott  habiroit  J^an  lius  # 
8c  la  falic  oà  fe  tenoit  le  Concile 
qui  le  livra  aux  flammes. 

De^U  il  entre  dans  le  cafiton  d'Ap< 
pcnzell»  l'une  des  démarcations  luiiS^ 
lès  ks  plus  reauc^wbks  ^  pas  li 


C 


141 6  Journal  its  Sçavans  y 

flmpliciré  patriarchalc  de  fcs  habî- 
tatis.  Rien  de  plus  peuplé,  rien  de 
plus   délicieux  que   ce  pays.    «Je 
»  n'aurois  jamais  pu  croire,  fî  je  ne 
H  l'avois  vu ,  die  M.  Cote ,  qu'une 
;h  furface  quelconque  de   terre  pût 
^  nourrir  une  telle  population  dans 
•»  une  fi  petite  étendue.  Les  collines 
»•&  les  vallons  font  également  ^/è« 
H  mes  de  cabanes  placées  à  la  plus 
#»  petite  diftance  polfîbleJes  unes  des 
>ai|rtes,  &  dittribuées  d'une  ma* 
>»nière   fi:  agréable    que    chacune 
>»  d'elle  occupe  précifément  le  lieu. 
>»  qu'une  homme  de  goût  lui  auroit 
#>dcftiné.  ^  En  approchant  du  chef 
lieu  du  canton,  il  rencontre  iin  bon 
vieillard   dont  les  cheveux  blancs 
flottent  fur  fes  épaules ,  &  qui  lui 
rappelle  les  riches  Fermier&^c  l'An* 
gleterrc.  Cet  homme  étoic  le  Lan^ 
^damman ,  le  Chef  de  \i  République, 
M.  Coxo  arriva  par  la  belle  val* 
lée  du  Rhin  à  Sargans^  l'nn  des 
Bailiaees  communs  qui  lui  fournie 
l'occahoii  dé  parler  de  ces  Pro^ow^ 

fulois 


JuilUt  1781.  Ï417 
fuïats  Se  de  la  manière  dont  les  Ré- 
publicains fuifTes  gouvernent  leurs 
lujccs. 

Il  décrit  le  lac  de  Waleftadt, 
baflSn  efirayanCy  encaifle  entre  des 
rochers  perpendiculaires  qui  ne  four- 
nifTcnc  que  deux  iffues  oppofées  9c 
qui ,  forçant  l'air  à  fuivre  la  direc- 
cijQn  de  leur  chaîne ,  offrent  fur  ce 
lac  le  Singulier  phénomène  des  vents 
alifSs  ou  réguliers. 

A  cette  defcription  fuccède  celle 
du  canton  de  Claris  :  un  coup- 
d'œil  fur  fon  hiftoire  rappelle  la  ba« 
taille  de  NctfclSj  origine  de  fa  li- 
berté. Dans  ce  combat  mémorable 
crois  cens  cinquante  Glarois  renfor- 
cés d'uri  fecours  de  trcnu  hommes 
que  les  fiers  habitans  de  Schwirs 
leur  avoient  envoyés  avec  une 
confiance  digne  d'admiration,  défi- 
rent quinze  mille  Autrichiens  &  en 
firent  un  horrible  carnage.  Dans  les 
obfervations  que  le  Voyageur  an« 
elois  fait  fur  la  conftitution  civile  de 
ce  canton  ^  on  trouve  des  traites  qui^ 

Juillet  O  o  Q 


14 18  Journal  des  Sçavans i 

achèvent  de  donner  une  jufte  idé 
des   démarcations  3  déjà  efquiflee 
par  la  defcription  de  l'Appenzell 
Ce  tableau  politique  eft  fuivi  d'an< 
peinture  intéreflante  de  cette  chaîm 
de  montagnes  qui  y  pour  employé 
les  expremons  du  tradu(£^eur  ,'  ion 
à-la-fois,  le  boulevard ,  le-  tcéfe 
te  rornement  du  pays.  «  Les  pâta 
»  rages  de  la  Suifle  5  les  plus* élevés 
»  dit-il,  tapifTcnt  les  plates»formc 
I*  de  ces  montagnes ,  &  l'œil  y  chei 
H  che  avec  intérêt  les  habitations  l 
9f  les  troupaux  qui  font  les  colonie 
H  du  canton  ;  tout  vient  de  ces  Al 
»  pcs  9  puifque  c'eft  là  que  le  béta' 
H  le  multiplie;  les  établifTemens  t 
1»  la  politique  ne  font  rien ,  ici . 
H  côté  de  leurs  prairies.  Qu*eft-c 
»  en  efFet ,  que  ces  petites  manuf 
M  tures  y  qui ,  naiiTent  d'un  pro; 
H  meurent  d'utie   concurrence, 
^qui  ,    fe   jouant    de    Texift 
H  des  hommes,  fe  plaifent  un 
f>ment    à   augmenter   la    po 
#  tion  pour  livrer  enfuite  à  la 


^ 


Juillet  1781.  1419 

r  qu'elles  ont  promis  de  noiir- 
ir  ?  Tout  ce  qui  tient  à  la  mocJc 
:hange  comme  elle,  &  tous  les 
produits  de  TinduArie  peuvent 
manquer  aux  babitans  des  Alpes  : 
leurs  montagnes  feules  ne  les  trom- 
»eronc  pas;  elles  font  les  garants 
sicmels  de  leurs  richeifes  &  de 
leur  liberté;  mais  elles  marquent 
:n  même- rems  à  leur  population 
an  terme  qu'il  leur  fcroit  funefte 
le  franchir;  les  moyens  de  Taug- 
ntnter  en  dépit  de  leur  fol ,  font 
inrre  leurs  mains  ^  mais  ils  feront 
^îs  de  les  avoir  employés  >  pat 
le  luxe ,  la  perte  des  mœurs  ^  Tinc* 
;altté  des  fortunes  &  peut-être  Top» 
>teffion.  H 

M*  Coxe  paiTe  par  Notre-Dame 
$  ff ermites  ,  pèlerinage  depuis 
ng-tcms  célèbre  3  &  la  Loretta 
\  ces  contrées.  Il  paiTe  le  beau  lac 
;  Zuric  ,  &  remarque  un  pont  de 
x-fcpt  cens  pas,  qui  lé  traverfc 
ms  fa  moindre  largeur.  Ce  pont 
k  fans  doute  Tun  ^des  plus  longs 

O  00  ij 


r 


1410  Journal  diS  Sçavans , 

(]u*il  7  ait  ;  il  arrive  enfin  à  Zuriç  i 
capitale  du  premier  des  XIII  Can« 
tonSy.  ^  aufli  remarquable  par  Tin^* 
fluence  qu'elle  a  fur  la  politique  de 
b  confédération  que  par  la  place 
qu*çlle  occupe  dans  la  littérature  al- 
lemande. C'eft  ,  dit  M,  Rampnd  • 
ta  pa():ie  4u  célçbre  Auteur  des  meil- 
leures Idylles  qui  ayent  été  faites 
depuis  Théoçrite  ;  celle^de  M.  Lava* 
ter.  Auteur  fameux  d'un  Syftêmç 
de  phi(ionomie  que  la  France  con- 
noîtra  qn  jour,  $c  enfin  du  Patriar* 
çhe  de  la  {littérature  allemande , 
JSodmfir,  vieillard  fi  cher  à  (a  patrie  « 
fy  qùiaviroit  quelque  droit  a  nous 
intérefler ,  ne  fût-cç  que  par  la  ret 
femblancç  frappante  qu'il  a  avec 
Voltaire.  Ce  qui  doit  furtout  frap- 
per dans  rhîftoire  civile  de  Zuric  , 
ç'eft  1^  manière  dont  cette  ville  a 
adopté  la  réformation.  Ses  çitçyços 
ije  fîirent  au'un  moment  divifés  d'o- 
binions  ;  ndèlçs  à  leurs  Ipix  répu^i. 
bliçaines  ^  ils  transformèrent  en  un 
procès  civil  h  queftion  dq^chs^ngc-». 


ni 


JuilUt  ijSi.  141 1 

ment  de  croyance^  &  le  Confeil 
fouverain  ayanr  décidé  à  la  pluralicé 
des  VOIX  «  en  faveur  de  là  réforma- 
tion 9  les  autres  fe  fournirent  fans 
murmure  à  la  majoriré. 

Le  Voyageur  anglois  donne  uns 
petite  defcription  de  Zug  &  s'arrête 
plus  à  Luccrne  ;  nous  ne  le  fuivrons 
point  dans  fcs  détails  politiques, 
mais  nous  indiquerons  avec  lui  , 
comme  Tobjet  le  plus  digne  de  lad* 
mttaiion  des  curieux  ,  un  magnifi- 
que modèle  en  relief  qui  repréfenre 
au  naturel  une  portion  de  la  Sujile 
extrêmement  montueufe  dont  le  lac 
de  Luccrne  eft  le  centre.  Cette  belle 
copie  de  la  nature  réduit  à  une  efpace 
de  douze  pieds  fur  neuf,  une  éten- 
due de  tcrrein  de  plus  de  60  lieues 
quarrées.  Ce  n'eft  qu*avcc  éronnc- 
ment  que  Ton  cohfidêre  la  patience 
incroyable  de  M.  PfifFer ,  Auteur 
de  cet  Ouvrage.  Nous  invitons  à  lire 
dans  rOuvrage  même  la  defcription 
du  lac  de  Lucerne  &  des  quatre 
Cantons  qui  l'environnent  ;  c'eft  là 

O  o  o  il) 


r 


ij^ix  Journal  des  Sçavàns  9 

le  berceau  de  la  liberté ,  &  le  théH* 
tre  de  fcs  précieux  triomphes  :  on  y 
foule  une  terre  facree. 

M.  Coxe  quitte  le  lac  de  Lucerne 
pour  palTcr  au  mont  S.  Gotbard.  Le 
paflfage  que  l'on  a  pratiqué  fur  cette 
montagne,  eft,  dit  le  traduâeuf^ 
a  une  de  ces  créations  étonnantes 
»qui  prouvent  jufqu*à   quel  point 
Mies  efforts    de   Thomme   peuvent 
»  triompher    de   la   nature  ••••  Le^ 
»  chemin  fufpendu  fur  les  plus  at*. 
M  freux  précipices  &  ne  fc  détour* 
n  nant  pour  aucun  obftacle  ,  eft  (qih. 
f^  vent  foutenu  en  faillie  par  des  vou*. 
»>tes  lèches,  quand  les  rochers  preG- 
»que  perpendiculaires  lui  rcfufènt 
M  un  double  appui  ;  franchit  Tabîme 
»  quand  il  ne  peut  plus  le  côtoyer, 
»  au  moyen  des  ponts  les  plus  hardi.' 
»  &  les  plus  légers  que  l'on  ait  )a 
M  mais  conftruirs  ;  traverfe  un  roc  d 
»  granit  de  quatre- vingt  pas  d*épa) 
>»  feur ,  lorfque  les  montagnes  fer 
M  blent  lui  oppofcc  un  rempart  iî 
^  pénétrable.  n 


Juillet  1781.  1413 

.  Au  {ommcc  du  S.  Gotbard  on 
trouve  les  fourres  de  Tefin  &  celicf 
de  la  Reuflf,  ablolument  voifines» 
La  première  àc  ces  rivières  eft  le 
plus  puiflknt  auxiliaire  du  Pô  &  va 
nvec  lui  fe  jetcer  dans  la  Médirerran- 
tiée  9  tandis  que  l'autre  groiliffant  le 
]R.hin  roule  avec  lui  vers  l'occrn  fep- 
tentrional.  Il  s'en  fauc.de  beaucoup  9 
'cependant  que  ce  fommec  foie  le 
plus  ébvé  À^s  Alpes  ,  il  n'eft  qu'à 
peuf  nulle  foixante-quinze  pieds  aoi- 
deflu$  du  niveau  de  la  mer» 

'  «  C'eft  une  cbofe  nouvelle  j  dit 
t»M.  Ramond ,  pour  un  habitant  de 
»la  plaioe»  que  le  filence  abfolu  qui 
f^  règne  à  ce  fommec  ;  on  n  entend 
I» pas  le  moindre  murmure-,  le  venc 
tf  ne.  rencontre  pas  un  feuillage  donc 
>»ragication  bruyante  trahiife  fon 
j»pa(Iàge*^  {culementt  lorfquil  eil 
»  impétueux  il  gémit  d'une  manière 
»  lugubre  contrie  les  pointes  de  ro* 
lâchers  qui  le  divifçnr.  Ce  feroic 
H  en  vain  qu'en  graviiTaqt  les  fom- 
n  mets  abordables  qui  environtienc  ce 

Oo  O  ÎY 


»^ 


2IltC  S^ 

t. 


■«•■« 


-<£^^ 


9 


^-.^v 


^ik.     . 


^     -.^%. 


Cr  ^-^  N  v^-côarf  t 


TiAL    ,X>    ."*.î 


•     ■«     -te     «w^    »     ^1 


I 


.-- .  X  r-i  T  st  c^rcoa 


i^  ■  '^ 


li 


*»> 


•I 


.^..   ^  «w 


a  xicii  :3;r  «  &  .i^  r.saurr  s  ▼ 


BKMCrs  cLu  £1  bcaocs  la  fcoi  Û0* 
Tagc  Ab  fcmmff  ds  Foorois»  co 
tnmfc  knr  glaiia  ,  «  c  câ  ,  d:r  ir 


:££  de  glace  q^Ji  s'êiczc  :s  !b?« 
»  ac  d'ampluxhcarrs  rcrr:  «î;&x  p» 
I»  les  de  todftes.  Ccc  «x.rhinaézrre 
«qui  remplir  ecdèrmert  le  pteô- 
»pkc  qui  les  (èpare,  s'ê.ère  p^ 
«dueUânece  depuis  Imr  pied  jsf- 
i»qa*2  nne  pcxire  ditîacce  ce  km 
»  icMiiiiicts.  Le  foi»!  qai  dardoir 
«perpendîciilaiTemrsc  îcs  raTcas  îar 
]»oe  glacier,  lai  donsos:  i'cdar  8c 
»la  nanlparaDce  da  cirrral ,  candis 
s»qiie  les  ombres  de  Tes  vanes  îng* 
j»  mens  ,  admirablemenr  colorées  ^ 
»  coupoîcnr  (a  blancheur ,  par  rca- 
I»  tes  les  teinres  d'un  bl»  vra'rscoc 
»  célefte.  n  C*cit  à  ce  g'.acîer  que  M. 
Coxc  attribue  î'or.gine  da  Rhône. 
Il  avoir  été  mal  înitmit ,  fuivanr  le 
craduâeur  ;  celui-ci  place  1rs  :car- 
ccsJc  ce  grand  dmve  dar:«  îc  lieu 
que  la  tradition  &  î*opinion  leur 
ont  affigoc^.  Elles  font  nès-voifjirs 

Oo  ov 


SLUffc  Jr  "UCT 


jjjUuK  dÊiS^oc^ 


"  9es  sT^ocs  ée  âi  Suîlic  la  plot 
KT?  9K  A  beaKc  de  les  al<- 
la  hu-'ii'aK  cSes  ohms  ^oi 
1  fnTÎT^csdET  •  &  E^ar  le  canâcrc  <zc 
ftf  hahirap^f^  Un  îcoç  fbppEcaicot  da 
tra^oâtoir  a  cocnpiecxc  Je  cabicasa. 
Les  gLkdtfS  da  Grin^waU^  font 
'1j$  connus  ,  parce  qa*ils  font  de 
^aV>ord  le  plus  ëkiIc.  M.  Coxc  n'co 
hit  qa'un  médiocre  clogc  ;  ils  pré- 
Untcnt  cependant  le  fîngulicr  pbé* 
noniine  ^  aun  énorme  naonceau  de 
glacei ,  confervé  pat  fon  volume  » 
•4(1  milieu  d'une  vallée  chaude  & 
^ile,  en  forte  que  rhiycr  j  doaM 


r 


Juillet  tjîi.         i^if 

pour  ainfî  dire  la  main  à  Vltéf  &  que 
les  Bruits  8c  tes  moifTons  mûriilcnc 
à  côté  des  frimats.  éternels. 
•  A  LoMUcrtronncn  M.  Coxe  voie 
encore  des  glaciers  qui  ne  répon* 
dent  point  a  l'idée  qu'il  s'en  étoit 
formée  ;  il  s'en  prend  avec  raifon  à 
l'ignorance  de  les  guides  ;  &  ,  en 
emt,  le  Traduâeur  annonce  que  la 
féconde  Partie  de  cer  Ouvrage  con* 
cicndra  une  retradation  formelle  de 
M*  Coxe  f  &  une  defcription  corn- 
pJerce  de  ce  magnifique  phénomène. 
L'objet  le  plus  remarquable  dé  la 
vallée  de  Lauurbronmn  eft  un  tor* 
tentfM  tombe  perpendiculairement 
de  neuf  cens  pieds  de  haut  &  fe  difr 
perfe  en  nuage  &  en  pluies. 

Le  volume  eft  terminé  par  la  def- 
cription des  bains  de  Loiche,  Htués 
au  fond  d'un  précipe  du  Valais  ,^5^ 
de  l'étonnante  route  qu'on  a  prati- 
quée le  long  de  la  pente  perpcndiciv* 
laite  du  Gcmmi^  pour  y  defcendrei. 
On  fe  formera  une  idée  de  Tapreté 
de  ce  pajT).  quand  on  fçauta  qu'un 

O  o  o  v\ 


142 1  JntmÀL  au  Sçx^mas  i 

village  bâti  fur  me  plaitc-fiiniie  des 
montagnes  ooi  cnviromicu  C3es  baiBSf 
ji*a  cTaurre  fcmîer  pour  commanL» 
quer  avec  la  vallée  qa'mie  fmcs  d'é- 
chelles qui  joignent  les  pointes  des 
rocherf. 

Dans  le  coius  de  ces  Lettres  le 
Voyageur  anglois  décrit  avec  loin  & 

{iréciuon  l'état  civil  &  politique  de 
a  région  qu'il  parcoort.  Les  fupplé- 
mens  du  Traduâeur  portent  d'avan* 
tage  fur  leur  état  phiuqae  &  moral , 
ils  font  nombreux.  Celui  qui  a  pour 
objet  TAppenzell  &  la  formation 
du  falpêrre ,  celui  où  il  décrir  le 
canton  de  Glarus ,  (8c  celui  <|lv  ftip-^ 

Elce  à  la  defcripcioh  du  pajrs  de 
lafly ,  (ont  les  plus  confidérables. 
Dans  rarcide  du  canton  de  Glarus , 
il  donne  une  relation  curienfe  d'une 
aifcmblce  générale  tenue  pour  con- 
clure l'alliance  projettée  avec  la 
France,  affemblée  à  laquelle  il  étoic 
prcfenc;  elle  doit  donner  une  idée 
oien  fatisfaifante  de  1  état  des  dé- 
aties  fuifles  >  «  on  y  apprend  « 


Julllt  178 1.  1429 

»  die  le  Traduâeur ,  à  ne  pas  juger 
s»  d'un  payfan  libre  par  le  payfan 
1»  ^ue  Telclavage  avilir.  Il  n*en  a  ni 
>fle  caraâèrfij  ni  la  figure;^!  eft 
n  auffi  loin  de  lui  par  la  fierté  de 
n  fon  efpric  que  par  celle  de  fa  dé- 
y>  marche.  >»  M.  Ramond  converfe 
avec  un  berger  fur  Talliance  .projet* 
tée  •  •  •  •  4<  Je  ne  détaillera  point  > 
^  dit-il ,  ce  que  cet  homme  j  ce  ber- 
M  eer  me  die  fur  la  confiitution  repu- 
>» blicaîne ,  fur  fes  défauts  &  fes  avan- 
»  rages  ,  (ur  les  droits  des  hommes  » 
j»  comme  tels  &  comme  citoyens  y 
»  fur  les  rapports  &  l'origine  des  dif- 
j#  féren^  gouvernemens  • ...  Je  crain- 
M  drois  de  défigurer  des  vérités  fim- 
»  plement  énoncées  par  Tapparcil  de 
^  nos  mots  techniques ,  &  de  faire 
»  parler  comme  un  Pbilofophe,  que 
Mie raifonnement  approche  des  vrais 
>»  principes  9  un  homme  qui  les  a 
>»dans  fon  cœur,  écrits  de  la  main 
»  de  la  Nature,  en  caraûères  que  Té- 
>»  ducation  &  les  loix  n  ont  jamais 
I»  altérés.  >> 


143^  Journal  des  S fovans  ^ 

Dans  le  ùippUmenc  à  U  clc(crip« . 
tion  du  Haflj,  oa  refnan|uc  une 
fiiire  dobfenridoBs  fur  féconoaiie 
paftorale  ,  ainfi  que  for  les  habim^ 
dons,  fa  nourrirure  6c  les  mœuré 
des  bergers  (les  Alpes.  Ce  cablcatt 
appelle  toutes  les  idées  que  nous 
avons,  des  peuples  nomades.  En  Iw» 
iànt  la  courte  énuroération  des  alH 
mens  de  ces  bons  pafteurs  ,  on  -  ne 
peut  que  s'écrier  avec  TAutcur , 
4<qni  croirott  qu'il  exifte  cnEuiope 
i»&  à  coté  de  nous  des  habitation» 
i>  où  il  n'entre  pour  ainfi  dire  ni  pain , 
n  ni  vin  ,  ni  eau  }  n  A  ces  détails: 
fuccède  u  le  efquiffe  rapide  des  monts 
qui  entourent  le  pays  de  Hafly. 
¥  Oeft  une  longue  fuite  de  rochers: 
n  coniques  d'une  épouvantable  bau«< 
»  teur ,  qui  font  les  degrés  les  plus 
i^élevés  de  l'énorme  amas  de  mon* 
I»  tagncs  qui  forme  Je  centre  des  Al« 
»  pes  fuiiTes.  Autour  d'elles  tout  def- 
>»  cend  juiqu'aux  plaines  de  l'Aile^ 
»  magne  ^  de  la  France  &  de  Tlta- 
>»  lie.  La  Savoie  feule  oppofc  à  cette 


fuiUa  17S1.        14)1 

H  tnàflê  5  une  aum  maiTe  auffi  rcf- 
5»  pcâable  9  qui  arrête  fubircment  k 
»»  diminution  que  je  viens  de  tracer; 
9»  Le  Mont-Blanc  cft  le  centre  de  en 
n  amas  j  comme  le  Schreckhoài  eft 
9»  celui  de  l'autre  ;  &  c*eft  dans  ces 
i¥  monts  que  Ton  trouve  le  Lotmrmr 
n  Gtytr^  le  Vautour  àt;^  agneaux ,  le 
>»  plus  grand  des  oifeàux.  il  a  iufqu'à 
i^feize  pieds  d'envergure.  Il  fontauffi 
I»  la  patrie  &  l'azile  du  Chamois  & 
>9du  Bouquetin,  les  plus  agiles  des 
>»  quadrupèdes.  Les  détails  de  la 
H  chafle  de  cet  animal  font  à-la-fois 
H  curieux  &  eflrayans.  » 
'  Cet  article  eft  terminé  par  un 
coup  d'œil  fur  l'hiftoire  des  habi* 
cans  de  ces  montagnes  qui ,  placés 

£ar  la  Nature  fur  les  terres  les  plus 
auccs  de  l'Europe,  doivent  être  un 
des  peuples  les  plus  anciens  de  notre 
continent.  M.  R.  le  reptéfcnte  com- 
me réfiftant  alternativement  aux  lé« 
gions  romaines  &  aux  hordes  (ep- 
tentrionales ,  &  penfc  trouver  che« 
eux  de  grands  rcftes  des  mceurs  des 


143*    /<?ï^r/2Â/  des  Sçavans  i 

Crémiers  polTeiTcurs  de  nos  cotitréès. 
'outes  les  delcripcions  font  atta-* 
diantcs ,  &  fés  réflexions  pleines  de 
fenfibdicé  ou  de  fçavoir. 

[  Extrait  de  M.  de  la  Lande.  ] 

EXTRAITS  DIFE  RS. 

LES  BçUes  Lettres ,'c'cft*à*dîre 
l'Éloquence,  la  Poéfie 3  l'HiG- 
toire,  furtout  rHilloire  moderne^ 
Font  de  toutes  les  parties  de  ia  Lirté- 
rature  la  plus  féconde  &  la  plus  cul- 
tivée. Les  Journaux  ne  peuventTuffire 
à  faire  connoîrre  avec  quelque  détail 
les  produdions  de  ce  genre  qui  pa- 
roifTent  chaque  année.  On  dira  peut- 
être  qu'il  faudroic  faire  un  choix  ^ 
n'accorder  un  extrait  un  peu  étendu 
qu'aux  Ouvrages  qui  mérircroienc 
u'on  en  prît  la  peine ,  fe  contenter 
e  donner  des  autres  une  courre  no- 
tice, .oud*en  taire  favoir  i^'cxiftence 
par  une  (impie  annonce;  mais  ce 
choix  n'eft  pas  toujours  poflible. 
Quand  un  Livre  paroiti  fftit*on  de 


1 


Juillet  I78r«         1433 

quels  autres  Livres  il  pourra  être 
fuivi  ?  On  s*en  occupe ,  &  il  prend 
une  place  qui  auroic  dû  être  rél'ervée 
^  de  meilleures  produâions.  Cet  in* 
convénient  9  au  refte  9  eft  beaucoup 
moindre  qu*il  ne  paroûrêcre.  Les 
bons  Livres  fe  font  toujours  con- 
noître  par  eux  -  mêmes  9  (ans 
le  fecours  des  Journaux ,  &  des  Ou- 
Yrages  médiocres  peuvent ,  par  les 
séflezions  de  critique  ou  de  goûc 
auxquelles  ils  donnent  lieu ,  com« 
penfer  dans  un  Jounial  l'utilité  des 

{crémiers.  Il  arrive  quelquefois  que 
es  Livres  les  plus  importans,  ionc 
ceux  qu'on  fe  contente  d'annoncer 
par  leur  t\tre  &  dont  en  renvoie  Tex- 
trait.à  uif  tems  plus  éloigné  ,  parce. 
que  cet  Extrait  demande  plus  de  foin 
&  de  travail.  D'autres  Ouvrages  fuc- 
cèdent  rapidement  ;  on  eft  entraîné 
par  la  multitude ,  &  les  premiers  ret 
rent  en  arrière.  Ces  différentes  cau- 
fcs,  ou  réparées  ou  réunies,  font  que 
nous  avons  aâbeUement  fous  les 
ycMx  plufîcurs  Ouvrages  très-impor* 


î43^  Journal  dis  s çàvhrm 

tans  y  donc  les  titres  fculs  ont  para 
dans  nos  Nouvelles  LutéraireSj  &c 
dont  cependant  le  Journal  des  Sça^ 
vans  doit  un  compte  à  fes  Leâeurs» 
D*un  autre  tocé ,  il  efl:  nécelTaire  de 
nous  remettre  promptement  au  cou* 
Kint.  Pour  remplir  &  concilier  ces 
difFércns  devoirs,  nous  allons  raf* 
icmbler  ici,  dans  un  même  extrait^ 
tous  les  Ouvrages  un  peaconfidéra* 
blcsquioBt  paru  dans  le  cours  deSi 
années  précédentes  ^  c*eft  •  à  -  dite; 
ceux  de  ces  Ouvrages  qui  nous  font: 
parvenus  &  dont  nous  n'avons  pas 
rendu  compte*  Nous  n*en  pourrons 
donner  qu'une  notice  abrégée  ;  maiSi 
cette  notice  contiendra  le  ^ugcmenC; 
du  Public* 

Les  MoiSf  Poëme en  douze 
Chants«  Par  M.  Roucher. 

Pirduodcna  regii  mundumfol  aureus  AprSm 

V  I  K  G. 

A  Paris ,  de  rimprimerie  de  Quillau» 
Imprimeur  de  S*  A.  S.  Monfetgneut 


JuîlUt  î7Jî#     '    I4JJ 

le  Prince  deConti^  rue  du  Fouare, 
à  rAnnoncîation.  177^.  Avec  Ap- 
probation &  Privilège  du  Roi.  Belle 
tfC  riche  Edition,  in-/^^.  1  voi.  L  un 
de  36)  pages,  Tautre  de  380. 11  y  « 
aulfî  une  Edition  i/s- 1 1. 

L'importance  de  ce  Poëme ,  la 
célébrité  dont  il  jouilToir  même 
mvant  fa  publication,  prouvent  aflTca 
que  ce  n*eft  point  par  indifférence 
que  nous  avons  paru  le  négliger  juf* 
qu*à  préfent  :  nous  le  réfervions  pour 
un  tems  où  un  plus  grand  loifir  nous 
permettroic  d*en  développer  avec 
foin  la  plupart  des  beautés  &  de^ 
débuts.  Ooligés  de  nous  borner  k 
une  courte  notice ,  nous  dirons  feu- 
lement qu'on  ne  peut  trop  encoura-^ 
ger  l'énergique  Auteur  de  ces  vers  : 

Qa*nii  aatre  des  Guerriets  ëcbauât  le  dé* 

lire; 
QVn  autre  mariant  de  coupables  couleurs , 
Soie  le  peintre  du  vice ,  &  le  pare  de  fleurs...* 
Sur  la  roche  (kuyage  od  le  chêne  a  vieilli 


71 


1440  Joumftl  dû  Sçavans  ^ 

monument  de  notre  Littérature  ^-tci^ 
jquel  on  aura,  fouvent  occafion  de 
recoudr  au  moins  pour  le  confulter , 
&  pour  y  trouver  ou  de  l'inAïuâiott 
ou  de  fort  beaux  tableaux, 

Fab  lia  Uf  ou  Cou  TES  du  i  x^; 
&  du  13®.  fiècle»..nadttiia;ou  ex« 
traits  d'après  divers  Manûfciits  dii 
--  tems  ;  avec  des  Notes  btftoriques  & 
critiques  ^  &  les  Imitations  qui  ont 
été  faites* de  ces  Coptes  depuis  Icus 
origine  jufqu'à  nos  jours« 

Su  apud  te  honor  antiquitatl  &fabulis  quê^ 
que.     Pj^iMB^Epift.      t       .' 

A  Paris ,  cbez  Eugène  Onfiroy.»  Li-^ 

braire,  quai  des  Auguftins^  1779, 
Avec  Approbation  &  Privilège  du 
Roi.  4  vol.  i/2-8*.  de  400a  500  pag, 

chacun. 

» 

Voici  encore  une  preuve  que  ce 
ne  font  pas  les  Livres  les  moins  im« 
portans  ni  les  moins  accueillis  du 
Public  que  nous  allons  renfermer 

dans 


JtiîUee  lyttm         1441 

dans  cet  unique  Extrait.  Cet  Où- 
yrage ,  de  M,  le  Grand ,  a  eu  beau* 
coup  de  fuccès  &  en  méritoit  beau*- 
coup.  Les  Fabliaux  qui  en  forment 
le  fond  9  font  bien  choifls  9  racontées 
Se  abrégés  avec  goût  ;  les  Préfaces 
&  les  Notes  de  l'Auteur  font  fça^ 
vantes  te  ne  le  font  pas  trop.  Ce 
livre  eft  un  fort  beau  pendant  i 
l'hiftoire  des  Troubadours  de  M. 
TAbbé  Millot  >  Ouvrage  compofè 
comme  celui-ci  d*après  les  fçavantes 
Ce  profondes  redierches  de  M.  de 
SaintcPalaye.  M.  le  Grand  s'attache 
dans  la  Préface  du  premier  volume 
des  Fabliaux  i  établir  la  fupériorité 
des  Poètes  &  des  Auteurs  fepteiH 
trionaux  de  la  France  fur  les  Ecri* 
yains  d'au-delà  de  la  Loire ,  connus 
fous  le  nom  de  Troubadours  ;  le  ?• 
Papon^  dans  fon  Voyage  littéraire 
di  Provence  ^  a  eflayé  de  le  réfuter. 
M«  le  Grand  j  dont  le  quatrième 
volumç  a  para  depuis  le  Voya^  lit* 
ieraire  de  Provence ,  s'eft  expliqué 
fur  cette  ré&atation  ;  il  ne  (e  tienc 
/uiUa.  Ppp; 


144^  Journal dts  Sçavans  f 
pas  pour  battu  ;  il  fc  propofe  ds 
■Kpotidre  aux  ot^eâions ,  foit  Aa  P. 
Papoit  j'  {bit  de  quelques  Joumatiftcs. 
Il  demande  en  attendant  (  &  cela  eft 
juAe)  f{ue  Ici' Leâcuts  ne  fe  pref< 
fent  point  de  prononcer  contre  lui  f 
&  qu'ils  fufpendent  leur  jugement 
jufqu'i  te  qu'Ut  l'aie&tcQtcAdu. 
Il  VcH  gliffé  dàtis  laPrifaccdii 

Jrcniiet  volume  ti'ne  cncur  qijf  n'cft 
aucune  çonf^quencc.  L'Auteur  at« 
tribiïc  à  Horace  ces  7ér$  de  Juvfcnal 
dans  fa  première  Satyre  : 
Çuld^uid  agunt  hemïn» ,  votum,  simor^ 
.  iea,,yoiuptai , 

CMuUa,  difiar^uf  ,  ttbfir{  eft  fan»go  li^ 
btUi.     .  : 

Le  quatrièdie  volume  eft  un  Sup« 
plémcnt  qui  n'a  paru  que  cette  an- 
née ;  il  Contient  doi  Concet  dévots, 
des  Eables  te  iJLomans  anciens  ; 
l'Aureut  çroyoit  pouvoii  Kbfêtmei 
ces  Romans  dans  çc  quatrième  vo* 
lume  v  ne  IVyaQt.pas  pu' ,  il  anoonca 
une  fuite  >  qu'on  l'cxtuiitciB  Iùfqt 


JuilUt  1781.  144J 

fnenc  \  faire  paroître ,  &  dont  nous 
rendrons  compte  quand  ilparoîtra^ 
&  peut-être  avec  plus  de  détail^  n'étant 
plus  dans  la  même  néceffité  de  nous 
reflèrrer  pour  nous  remettre  au 'cou- 
faut.  Ce  cinquième  volume  contien- 
dra vraifèmblablement  Ja  Réponfe  de 
TAuteur  aux  Défenfeurs  des  Trouba« 
dours.  Le  quatrième ,  dont  nous  par- 
lons 9  fè  trouve  y  pour  Paris  ,  chez 
TAoteur ,  quai  de  TEcole ,  maifoQ 
de  M.  Juliot;  &  pour  les  Pays 
étrangers ,  chez  Dufour  ,  Libraire  à 
Maftricht. 

Ce  quatrième  volume  offre  d  a« 
bord  le  ProfptBus  d  un  Ouvrage 
intitulé  :  Hijloirc  de  la  Vit  privée  des 
François  ,  depuis  l'origine  de  la 
Nation  jufqu  a  nos  jours  »  fujet  donc 
on  fait  que  M»le  Marquis  de  Pauimy 
revendique  la  première  idée  &  la 
principale  dividon  \  ce  qui  ne jparoîc 
pas  ^iic  poncefté  p^  M.  le  Grand. 

Voyage  pittoresque  de 

LA  Grèce.  Chez  Tilliard ,  Cu^ 

P  p  p  ii 


T^m:  ingct  xsain^  cuuhc  tjoe 
c:  i~^  31.  k  -âétwc  Jîiwpnniicc  ni 
fe  itâucÂ:  .iaiii'.r>  oBsles  Ottvii* 
^  çn.  3EIBI  oEÇi^à  m  icflêncE 
àc  .'■muncCs  amn  »lli— *  bùe  nn 
«cnyie  ^me  âsfbsbdksf  ro- 

VCUS   3C   âSOBt  03B  UUU  CCttE  foÙ 

aie  =rt«l  &  rL^oEis  Aanar  .  drait 
■cuBdCcs  ârÀaufSeloîsScaTec 
ccciegJfcàraLX-gaMPosLcQtutu 
BOIS  30(3  bcczcmes  à  ôuliqnci  le 
Bccacc:  &  ie  i^y^z  éa  PbndKS.  Le 
7*.  C^isss  ts.  o&f  dix.  depois  la 
t}=.  ^^-zï  ia  -ï*i  h6j<.  offrcle 
f  Ue  du  Golffae  iz  Uacii  ,  anden-* 
Bcmear  Gi^au  jSiu  i  la  64'  ,  la 
Vu?  d'un  dûtna  2c  fie  pluilîam 
tombeaux  près  des  xaînâ  de  Td- 
nûlTusî  les  dsQx  {uiTanta  ,  desSar> 
cophagcs  antiques  trourés  pfâs  de 
Tctmifllu  ;  la  tj'-,  une  Vue  de  la 
MoDugne  des  Xombeiuz  pièt  ds 


Juillet  178 1;  144^ 

TclmîfTus;  la  ^8®,  donne  1  éléva- 
tion d  un  de  CCS  Tombeaux  ;  la  6^*  , 
des  dérails  géométriques  de  ce  mê* 
sne  Tombeau  ;  la  70^  eft  une  fuite 
des  Antiquités  de  ThelmilTus;  la 
71  •  eft  une  Vue  d'un  Théâtre  de 
TelmiiTus,  dont  la  71®  oflFre  des 
détails;  le  Cul*de-lampe  delà  fin 
rappelle  les  effets  dèftrudeurs  du 
Tems  pris  dans  fes  ce  différens  ma* 
«»  des  ;  le  Paifé  9  (ous  la  figure  d*un 
»  vieillard  appuyé  fur  des  ruines  &c 
«>des  tombeaux  ;  le  Prêtent,  fous 
a»  celle  d'un  jeune  homme  qui  détruit 
m  tout  par  fon  vol  rapide  ;  &  TÂve* 
••nir,  fous  Temblême  d'un  enfant 
«•  aîlé ,  qui  aiguife  fa  faulx.  >» 

Huitième  Cahier.  La  75®  planche 
eft  une  Carte  détaillée  de  la  route  de 
TAuteur  9  depuis  le  Golpbe  de  Ma- 
cri  jufqu'au  Méandre.  La  74^  9  re* 
préfente  une  Halte  de  Voyageurs  près 
deDourlach,  dans  la  Carie.  La  75^, 
la  Réception  de  l'Auteur  chez  Haf- 
fan  TcbaoufchiOglou.  La  76*  ,  le 
Palais  de  i'Aga  d^Eski-  Hilfar.  La 

Pppii, 


t44f  Journal  dts  Sçavans  f 
77',  une  Fête  turque.  La  78%  le 
'Tombeau  de 'Philecus  j  les  quatre 
fuivantes,  des  Ruines;  le  Cul>de- 
Ismpe  ,  diverfcs  Médailles  ;  en  tout 
dix  planches  encore  ,  fans  le  Cul-de* 
lampe  ,  comme  dans  le  Cahier  pré- 
cèdent. 

Le  $^  Cahier  en  contient  onze, 
depuis  83  compris  ,  jufqu'à  93  autlî 
compris.  La'83^  planche  reprcfcntc 
un  Temple  d'AuguLte  qui  cft  à  M^» 
lafa  ,  &  la  fuivancc  ofrre  le  plan  8c 
les  détails  du  même  Temple.  La  8  j% 
un  Tombeau  dont  les  détails  rem- 

ElifTcnt  les  cinq  planches  faivantes. 
a  go*  cft  une  Vue  d'une  Porte  de 
Mylafa ,  dont  les  détails  fuperbes  oc* 
cupcnr  les  deux  planches  fuivantes. 
La  9]',  divifeeen  quatre  tableaux, 
repréfentc  des  habitans  de  U  Carie. 
La  Femme  de  Mylafa ,  rcpiél(:nt£e 
dans  le  quatrième  tableau ,  nous  pa- 
loît  d'une  beauté  parfaite.  Le  Cul- 
de-lampc  offre  beaucoup  de  Mé- 
daiUes. 
'  Quant  au  fond  de  l'Ouvrage  ,  U 


JuUUi   1781.  i44*|f 

Joint  partout  ruciliré  à  ragrcmcnc  ; 
ccft  toujours  TéTudition  mifc  ca 
isaste  par  le  talent ,  &  rendue  auflf 
amufante  qu'infhuftive.  D^ailleurs, 
0icme  corceâion  dans  le  deflein^ 
même  perfeâioii  dans  la  gravure  ic 
dans  l'exécution  typographique* 

L'Esprit  DES  Croisades^ 
pu  Hiftoixe  Politique  &  Milirairel 
des  Guerres  entreprifès  par  les  Chré* 
tiens. contre  les  Mahométans ,  pour 
Je  recouvrement  de  la  Terre  Sainte  , 
pendant  les  11^  I1®&13^  fiècles. 
A  Amfterdam  \  Se  fe  trouve  à  Paris  j 
chez  Moutard,  Imprimeur- Libraire 
dcU  Reine i de  Madame,  &  de  Ma^ 
dame  la  Comtéfle  d'Artois  ,  rue  des 
Matburtns  h6tel  de  Cluny.  lySo.  4 
yal.  i/t-i£  d'environ  500  pages 
chaciin. 

L'Efprît  des  Croifades  remonte 
beaucoup  plus  haut  &  s*étend  beau- 
coup plus  loin  que  les  Croifades  ; 
Gfaarlemagne  faifant  toujours  la 
guerre ,  par  picfércncê ,  à  des  peu** 

Pp  piv 


144^    Jounud  iu  Sça¥âM$  i 

pics  idolâtres ,  mahoméciDS  cm  au 
moins  cDiieinis  des  Papes,  &  fe  lo- 
fiiCttit  à  toutes  les  occanoDS  de  goem 
contre  FEmpire  grec  »  paice  qiie  cet 
Empire  £coit  Chrécicn  ,  ic  redevint 
Orthodoxe  (bus  Irine ,  Charlema» 

S  ne  ^oit  animé  du  véritable  efpric 
es  Croifadcs;  auffi  tous  les  Roman* 
ciers  ont-ils  fuppoll  qd*il  avcMt  &it 
le  voyage  de  Jérufalem ,  8c  qu^ 
«voit  délivré  les  lieux  faims.  L  Ao« 
tcur  qui  vient  aujourd'hui  »  après  le 
P.  Maimbourg ,  donner  lliiftoirc  des 
Croifadcs ,  &  qui  a  raifon  de  ne  s'en 

{»as  juftifier ,  eft  le  même  ,  qui  après 
*Efprit  de  ta  Ligue  de  M.  Anqnctil 
le  Génovéfatn  ,  &  à  ion  imitation  , 
nous  a  donné  ÏEfprit  de  la  Frènde^ 
Son  nouvel  Ouvrage  eft  plein  de  re^ 
cherches  &  mérite  foco  d'être  lu.  Ses 
Notes  hiftoriques  &  critiques  (iirles 
Auteurs  cités  dans  ce  Livre  ^  Notes 
qu*ii  a  placées  à  la  tête  de  fon  pre^ 
mier  volume  j  à  l'exemple  de  M* 
Anquetil  »  font  curieufes  &  ahnon* 
cent  un  grand  travail*  Une  fçavante 


JuilUi  1781.  1449 

Inttodudion  remplit  \qs  deux  pre« 
miers  volumes.  Le  quatrième  volu^ 
me  finie  à  la  mort  de  Godefroy  de 
Bouillon  5  &  rOuvrage  ne  contienc 
par  conféquenc  aue  Thiftoire  de  la 
première  Crolfaae  ;  auffi  n'eft  -  ce 
qu'une  première  Panie.  L'Auteur 
nous  fait  cfpérer  de  voir  les  fuivantes 
fe  luccéder  aflèz  rapidement ,  &  le 
Leâcur  ne  peut  que  i!y  inviter. 

Les  vrais  Principes  dit 
Gouvernement  François^ 

éimomris  par  ta .  raifon  &  par  Ut 
faits.  Par  un  François.  Nouvelle 
Edition,  revue ^  corrigée  &  aug« 
mentée. 

Efi«ild^aatre  paétî  que  celai  de  vos  Roisf 

VoxTAiae. 

A  Genève;  8c  fe  trouve  à  Paris» 
chez  tous  les  I.  ibraires  qui  vendene 
les  Nouveautés.  1780.  /»-8®.  417 
pages. 

On  Ctiitc  dans  ce  Livre  des  qucG$ 

I 


it4^i  Journal  dts  Sçavans  , 
tions  impoitantes  8c  délicarei  t  on 
y  léflire  M.  de  Montcfquicu  Bc  M. 
l'Abbé  de  Mably  ;  des  Auteurs  beau- 
coup moins  confidcrés  du  Public  y 
reçoivent  de  grands  éloges;  il  faut 
écouter  tout  Je  monde ,  pefer  tous 
les  r^ftcmes  fie  n'en  adopter  aucun 
Ugdfemenr ,  n'en  foutenir  aucun 
obftinément,  mais  -avoir  toujouii 
l'oreille  ouveite  à  Ja  vtiiti- 

De  LJ1tstiGi«N.Vir\m 

Homme  du  Monde  ;  contenant  une 
Réfutation  fommairc  du  Livre  de 
r£jpritàc}A.  Helvétius;  un  Exa- 
men du  Syftême  de  M.  de  BufiFon  > 
dans  les  tomes  IX  &  X  de  fes  Sup- 
pliimcns,  incitulés  :  dtt  Eppquts  de 
la  Natiin  ;  avec  deux  Difcours  in- 
téiclTans. 

Nous  ôe  iewoaa  pii  nier  des  iétaés  ilï. 
noiiti^s,  parce  au'ii  en  réfulte  des  diffi- 
cultés infolubles  i  la  raifoa  IiumaJae. 

Descautcs.. 


'JuUUâijBi     '   1451 

Moumrd  9  Imprimeur  >  Libraire  de 
la . 'Reine  >  tue  des  '  Mathurins ,  1 
rh&tel  de  Cluny.  tySo.  Avec  Âpr 
probation&  Privilège  du  Roi. 

On  lie  peut  pas  dire  que  TAuteuc 
dè'cet  Ouvrage,  qui  left  auflli  de 
rOuvrage  précédent ,  en  atraquanc 
MM«  de  Montefquieu  9  de  Mabljr  » 
Helvétius ,  de  Bumin ,  tous  hommes 
illuftres  3  mais  tous  d'opinions  dif* 
firêntes  fur  les  objets  les  plus  impor- 
cans  ,  i^it  voulu  magnis  inimicitii^, 
cUnfcere ,  puirqu'il  ne  fe  fait  pas 
connoîcre ,  du  moins  au  Public.  On 
ne  peut  pas  non  plus  te  fôupçonnet 
de  mauvais  motifs  ;  le  ton  de  mo- 
dération &  de  douceur  qui  règne 
dans  (es  Ecrits,  annonce  un  Ecri- 
vain fans  paflîon  &  qui  eft  dans  les 
difpofitions  où  il  faut  être  pour  eita- 
•  jniner  &  pour  difcutcr.  Nous  ne  pror 
Doncerons  rien  fur  les  objcdions ,  le 
Public  en  jugera ,  ou  s'il  en  a  déjà 
jugé,  ce  que  nous  voyons  de  plus 
clair  dans  ce  jugement ,  c  eft  que 
1* Auteur  a  du  paroître  à  tous\fi%  V*«.* 

Pppv\ 


14 Jt  Journai  dts  SçavMoil 

tetirs  un  «rprit  tage  Se  infttuit  avec 
lc(]Ucl  on  peut  raifonDet  ;  ce  qui 
n'cft  pas  commun  chez  les  Ectiwua* 
Poiimiqucs.  Ce  volume  eu  rnmini 
par  deux  Difcours  oratoires .  qui 
tous  les  deux  ont  du  mcrîce  (  l'uQ 
eft  l'Eloge  de  feu  M.  le  Dauphin , 
Père  du  Roi  ;  l'autre ,  celui  de  1  Abbi 
Sugcr. 

Histoire  de  COrdre  Royal  fi- 
Militaire  de  S.  Louis.  Par  M.  d'Af- 
fi3t  HiAoriographe  dudlt  Ordre. 

Dieam  &  Âkidtn  ,  putrofytte  Leda  ^ 
Kune  iqm* ,  illumfuptran  pugau 
NotUtm. 

HoK  A  T.  Ode  is.      '  ' 

A  Paris ,  chez  la  Veuve  Duchefne  , 
l^ibrairc,  rue  5.  Jacques  ;  C^èoy  , 

?uai  des  Auguftins  ;  &  Lefdaparc y 
ont  Nocie-Dame.  1780.  Avec  Ap* 
probation  Se  Privilège  du  Roi,  m-S% 
3  volumes  d'eoviioD  4  â  500  pagef 


Les  plus  grands  ennemis  de  J« 
guerre  (oufcrironc  ians  peine  à  la 
proportion  fuivance  de  1  Auteur  de 
cet  Ouvrage. 

«  On  a  beau  raifbnner  »  le  menée 
ti-des  armes  fera  toujours  le  plus  no- 
a»  ble  &  le  plus  beau  des  métiers  :  ce 
«•^ui  ne  veut  pas  dire  que  Térat  de 
«•  guerre  eft  le  meilleur  où  f e  pùif- 
Mlent  trouver  les  hommes.  Mais 
«•comme  l'ambition  des  Princes ^ 
«  rinquiétude  ou  la  jaloufie  des  peu« 
9»  pies  entre  eux  y  rendent  cet  état 
■i  prefque  contimiel ,  malgré  les  ré« 
«»clamjitions  de  la  faine  raifon  ,  je 
m  dis  qu'il  lera  toujours  infinimedc 
«glorieux  de  s'armer  pour  la  défenfe 
met  fon  pafi  9  ccft-à-dire  de 
«  couvrir  de  fon  bouclier  le  Labou* 
m  rem,  le  Magiftrat ,  le  Miniftre  du 
m  Seigneur  »  qui  j  dans  Tenceinte  de 
M  nos  cités ,  le  livrent  paiiîblemenc 
M  aux  diverfes  fondions  de  leur  état,  vf 

Nous  trouvons  encore  que  TAu* 
tcur  répond  avec  beaucoup  d'avan* 
tagc  i  ceux  gni  onc  demandé  ^\tt« 


1454  Joarnal'dtsSçavam , 
quoi  une  hiftoire  cîc'TOfdrc'dc  S. 
Louis  ?  «  Pourquoi  ï&i-il,  pbûr  la 
il»  même  raifoti  q'us  dans  l'ancienne 
«Athènes  on  gravoir  Tur  liffc*  coi 
•>lonnc  qui  étoit  au  milieu  de  la 
B  place  publique  les  noms  des  géné^ 
H  reux  Cicoycns ,  qui ,  par  de  noblel 
••exploits,  s'écoietii  ugnat^  d^nS 
«lcscOmbars,-.ou  ccoient  morts'en 
••détendant  ta  Patrie,  ••     -'      '" -■ 

C'cft  à  M.  d'A^efïcaù ,  Coo- 
lêillcr  d'Etat,  père  du  célèbre  Chan- 
celier, qu'efl  due  l'Inflilucion  de 
rOrdrc  Militaire  de  S.  Loiiis.  M. 
de  Louvois  avoir  difttibué  icvCorn* 
ïnanderies  de  l'Ordre  de  S.  Lazare 
aux  Militaires  qui  avoienr  mérké 
des  récompenfeS.  Voici  un 'arride 
tiré  d'un  Mémoîrc^écrit  de  la  miSil 
de  M.  le  Chahcclrer  d'Agueffeati , 
&  qui  eft  ïntre  tes  mains  de  Mi 
d'Agucfleau  ,  fdn  fils  ,  ■  Doyen  da 
Confeil.  '        ; 

'  -  Après  la  'mpftdïr'M.  de  Lt»u- 
»  vois ,  Louis  XIV  voulw  porter  foti 


Juillet  178 1.  14^^ 

ta  cet  Ordre  (de  S.Lazare)  pure^^ 
9>  ment  hofpiralier  dans  fon  origine* 
9>  Il  trouva  que  Tes  f:ond$  étoient  ap- 
••  cliques  à  des  objets  totalement 
»  étrangers  à  fa  fondation.  Ce  Prince, 
m  dont  la  Confcience  écoit  naturelle^ 
»  ment  délicate ,  choifit  ce  qu'il  y 
«•  avoit  de  plus  fage  &  de  plus  éclaire 
»  dans  le  ConfeU  pour  examiner  ri- 
••  gourcufement  le  paflS^  &  pour- 
M  voir  encore  plus  utilement  à  l'ave* 
»  nir ,  en  donnant  une  forme  à  un 
9»  Ordre  qui  n'en  avoit  ptefque  plus 
»  aue  le  nom  ^  &  furtout  en  réglant 
»  1  ufage  qu'on  feroit  des  biens  dont 
••il  étoit  en  poflTeflîon.  M,  d'Aguct 
»  (eau  (ut  un  des  CommifTaires  nom- 
a»  mes  par  le  Roi  dans  cette  affaire^ 
»  &  il  en  devint  bientôt  le  maître 
»  par  la  déférence  que  Tes  Confrères 
*•  eurent  pour  lui.  Il  penfa  qu'il  étoit 
»  de  la  juftice  &  de  la  piété  du  Roi 
9»  de  s'approcher  9  autant  qu'il  étoit 
•»  poffible^  de  l'intention  des  Fonda* 
•>  teurs  ,  en  fe  conformant  du  moinSs 
»  l  ïohjct  géaéîâl  de  leux  chwvtty 


•i 


$4fi  Journal  Jts  Sf avons  i 
fSc  il  ctut  quCi  il  la  maladie  de  la 
wléprepoutliquclleaToictuccé  tnf' 
I*  tituées  les  Maladierics  de  cet  Oi- 
«  dre  j  avoic  difparu  ,  leurs  fondi 
•■  deTOtent  rcfter  dcllin£s  au  foula- 

*  gementdes  pauvres.  SonfcntimeDC 
M  hit  donc  qu'il  ^Itoit  réunir  lc< 
m  Maladreiies  de  l'Oidre  de  S.  1^- 
*zare,  aux  Horels-Dieu  les  ploi 
«•  proches  &  aux  Hôpitaux  des  hcui 

'  ■•  où  il  n')  auroit  point  d'HôteU- 
••  Dieu.  Il  leftoit  un  obllacle  1  vaîu* 
Mcre;  c'étoît  l'înconvénicnrâe.'pit» 
M  ver  les  Oflîcieis-Milicaires  du  ic- 
'••  cours  de  quelques  Commanderies 
nderOidie  de  S.  Lazare.  M.  d'A- 
*>  guefTeau  étoit  bienéloign£  d'etivici 
M  aux  gens  deguerie  des  tfcompenlès 
'"  qu'ils  achètent  aux  dépens  de  leiit 
»  lang  :  mais  il  lui  paioiiToit  itijuftc 

*  déliés  prendre  fur  le  patrimoine  des 
M  pauvres  \  Se  entre  deux  objets  qui 
w  mifitoient  'également  la  protcc- 
■>  rioo  du  Roi ,  le  feul  parti  qu'il 
m  trouvoit  convenable  à  la  Maiellé 


Juillet  ijtù         14 j7 

«9  deux  vues^  au  lieu  de  les  faire 
«•combattre  Tune  contre  l'autre. 
M  Ainfi  s  pendant  qu'il  étoit  occupé 
09  i  Êùre  rendre  aux  pauvres  la  ju& 
«»rice  qui  leur  étoic  due,  fuivant 
m  refpric  de  la  fondation ,  il  vou« 
■tf  ioic,  d*un  autre  côté ,  faire  éclater 
••  la  magnificence  du  Roi  à  Tégard 
«  Se  ceux  '  qui  le  fervent  dans  fcs 
«  troupes  »  par  l'InAicution  d*un  Or« 
^«»  dte  Militaire ,  qu'il  feroit  aifé  d'é- 
m  tablir  par  un  retranchement  in(ec% 
••  /îble  fur  les  dépehfes  de  la  guerre  » 
•>  6c  dont  la  Croix  feroic  une  diftinc- 
«•  tion  honorable  3  &  les  Comman* 
>  deries  une  récompenfe  utile  pour 
*•  Les  Officiers  que  le  Roi  voudroit 
#*>en  favorifer.  Tous  les  CommilTai- 
#•  tes  entrèrent  dans  des  vues  dont  la 
••nobleife  égaloit  la  juftice.  M*  d'A« 
••  gueifeau  tue  chargé  ,  lorfque  le 
«•Koi  eût  approuvé. fon  avis,  de 
•  drefler  les  kdits  &  les  Arrêts  qu'il 
^  falloir  donner  pourconfommèr  ce 
»•  projet.  Il  eut  l'honneur  de  les  pré« 


l4tS  Journal  des  Sçavata , 
•>  fenter  au  Roi ,  qui  fe  les  âr  lire 
M  avec  piaiftr ,  trouvant  fa  confcience 
••  aufli  loulagée  ,  par  Tufage  auquel 
•»on  deflinoit  I«  biens- de  l'Ordre 
»  de  S,  Lazare ,  que  fen  amour  pour 
«•la  gloire  flatté  par  ririftiiutioii 
nd'un  Otdre  Militaire,  dont  il  it* 
»  loic  1:  Maître  &  le  Chef  comme 
•»  le  Fondateur,  « 

Ces  trois  volumes  contiennent 
l'hiltoire  del'Ordie  de  S  Louis  fous 
4t  tègnc  de  Louis  XIV  feulement  ; 
on  ient  bien  qu'une  telle  hiftoitB 
^oic  ofirir  le  tableau  des  principaux 
évèncmcns  miliraiiès  du  règne  de  ce 
grand  Prince.  Les  Mémoires  gêné»' 
laux  du  tems-,  les  Mémoires  partir 
culiers  foutnis  par  les  familles  6;  ap- 
puyés de  preuves ,  ont  été  les'  maié- 
ïiaux  de  cet  Ouvrage.  L'Auteur  a 
trouvé  auffi  de  grandes  reflburccs 
dans  le  Dép6t  de  la  Guerre.  Avec 
tous  ces  fecours  i!  a  rompoft-  un" 
Livre  utile ,  honorable  à  la  Na* 
tion  ,  &  dont  on  atrendra  les  volu- 
mes fuivans  avec  emprciîement. 


Juillet  1781;  1459 

Discours  Oratoire;  con- 
tenant l'Eloge  de  Guftavc  III ,  Roi 
de  Suède.  A  Cologne  ;  &  fe  trouve  à 
Pans ,  chez  Baftien  >  Lib. ,  rue  du  Pe- 
tit-Lion, fauxb.  S.  Germain,  l-jio. 
Broch.  i/2-8^  70  pag.  Prix ,  i  1.  4  C 

¥  Un  ufage  barbare ,  dit  l'Auteur, 
i¥  défend  de  louer  ks  vertus  des  Rois 
>»  qui  font  nos  contemporains.  Où 
>fexi(le  cet  ufage?  La  flatterie  n'a- 
ttelle pas  plutôt  établi  Tufage  de 
louer  jufqu'aux  vices  des  Rois  con- 
teniporains  ?  Nous  ferons  plus  aife- 
ment  de  Tavis  de  TAuteur,  lorfqu'il 
dit  : 

«  I^  vertu  n*a  point  de  rems  dé- 
W terminé;  le  moment  où  cllej)a- 
0  roît ,  eft  toujours  celui  où  nous 
n  devons  lui  rendre  nos  hommages,  n 

Le  mélange  des  ftyles  dans  cet 
.Ouvrage  eft  tout  à-fait  remarqua- 
ble. L'Auteur  annonce  un  Pifcours 
oratoire  \  il  débute  en  effet  d'un  ton 
affez  pompeux  5  mais  bientôt  ou- 
bliant le  genre  qu'il  annonce  ^  il 


t4fo  Journal  dis  Sçm>ans  i 
caufe  ,  poui  ainlî  dire,  avec  foo 
Leâeur  &  prend  le  ton  d'un  Mé- 
moire. «Jefupplie,  dit- il»  qu'on 
M  me  permette  ici  de  &ïre  une  r6> 
»>  Scsion  piéliminaire.  *»Piits  entrant 
en  matière  ,  il  cnipiunte  le  ftyle  d« 
l'Hifloire ,  lorfqu'elte  a  quelque  ex- 
pofîtion  à  faire,  «  Le  Royaume  de 
t>  Suède  >  dit-il  t  cft  plus  grand  qiu 
»  la  France  ;  mais  il  s'en  fàuc  bien 
«  qu'il  foii  aufli  peuplé.  Dans  tour* 
«ou  prefquc  tout  le  pays  du  Nord, 
»*  il  y  a  plus  d'habitations  que  d'ha* 
nbitans.  M 

En  parlant  de  l'Arcbcvê que  dl/p^ 
ial  fous  Chiiftiem  ,  le  Néron  dtt 
Nord ,  il  t'appelle  «<  un  Piêtie  aulH 
m  Cruel  que  barèare.  m  Ces  deux  mon 
qui  ont  une  /îgnilîcation  commune, 
quoique  tartan,  en  ait  une  autre 
qui  lui  eft  propre  ,  ne  dévoient  pal 
Stre  ainS  rappiocbcs  Se  inîs  en  pa- 
rallèle. 

TRJITà  DES  NèGATIOSS  oi 

ju  Langub  Frasçoiss. 


JuitUt  1781.         1461 

€omvtnt€t  verho  cui  apponîtur 

Ififi  aUquid  tffieUur  »  rtdundat. 

Qdiiitil.  L»  8.  Cap.  ^, 

A  Pacis  ,  chez  Cuillot  ^  à  rancien 
Collège  èA  Bayeux  >  rue  de  la  Harpe. 
9780.  Avec  ApprobarioD  &  Per- 
mifljon.  Brochure  in- 1 1  defoixaotc- 
^uatrepage^. 

L'aiagc  des  négations  dans  la 
Langue  françoife  ,  cft  ,  avec  la  df* 
cUnâ>ilicé  des  participes  ^  ce  qu'il  7 
à  de  plus  difficile  dans  cette  Langue» 
&  ce  qui  admet  le  plus  de  variations 
&  d'incertitude.  IDans  le  Pié^ion- 
nàire  de  l'Académie  »  l'article  nt  ^ 
Ouvrage  (car  c'en  eft  un)  de  l'Abbé 
d'Oliver»  eft  certainement  un  des 
meilleurs  articles  du  Didionnaire. 
La  Brochure  que  nou$  annonçons  eft 
âufli  d'un  Grammairien  »  homme  de 

pût;  elle  eft  propre  à  répandre  la 
.jimière  fur  plufieurs  des  qiieftions 
les  plus  délicates  de  la  Langue* 
L'Auteur  part  d  un  principe  fait  pour 
fimpUfior  tes  idées  &  pour  réfôudr» 


t 


c 


poin  '•  ,  Mous"'"'    ,.M  ie  '" 
tion  i"ir 


ï\ 


rr:---- 


JuîlUi  Î781;  14^1 

cVft  pouffer  trop  loin  le  refpeél  pour 
Hacine.  Il  y  a  une  faiire  fèn(ible  dana 
ces  detui:  vers ,  aio6  ^uc  dans  cec 
autre  ; 

^  ■  ', 

Eft&er»  que  craigne»- vous?  Suis^jepas  to« 
.    cre  béit } 


Ce  recranchetncnc  de  la  négadon  ed; 
encore  foufièrt  dans  la  Comédie  « 

3ui  permet  plus  de  négligence  »  mais 
ne  neut  plus  avoir  lieu  dans  la 
Tragédie, 

A.  propos  de  ce  vers  de  Quinault',' 
irers  que  l'Auteur  appelle  charmant  ^ 
qui  peut  Têtrç  par  le  lens  &  qui  fait 
nu  moins  partie  d'une  phrafe  char* 
mante: 

t-., 

j  V  J^^^^  î^^^  ^^  verroîc  votre  cqear  dégagé, 

L'Auteur  dit  que  fi  6n  y  fubftituoit 
çelui-çi  : 

:Avant  qtfon  vU  jamais  votre  ccpar  dégagé) 

il  n*y  autoit  plus  de  faute  contre  1% 


i 


14^^  Journal  des  S ç avans  j 

vaifc.  Le  Catilina  de  Crébill 
en  donner  quelque  idée ,  à 
douze  vers  près  qui  ont  delà 
-     Les  exemples  que  i'Autei 

I>ore^  font  en  général  bien  adc 
ujer,  &  font  bien  fencir  lep 
la  queftion  ;  nous  defirerions 
dànc  t|u'il  n'en  eue  jamais  | 
qui  ne  put  feprcfenter  nature, 
a  l'eCprity  fait  dans  la  convei 
foit  en  écrivant.  Qui  eft-c 
exemple ,  qui  aura  jamais  o 
dé  s*exprimer  ainfi  :  Tant  s^ 
que  Brutus  ne  vainquit  pas  A 
€*ejl  quau  contraire  Augujl^  ^ 
fait  par  Brutus. 

L'Auteur  demande  fi  on 
dire  :  a  La  Fortune  ne  tra 
p,mïtnx  Brutus  à  Philippes^ 
»  /i*avoît  traité  Pompée  à  P! 
>f  Céfai  n'éprouva  pas  moins  d 
^qii'ilVen  avoit  Faits,  Arift 
m  Çûit  pas  ^oins  (gavant  qu*il 
iii' jiffte.-  Cet  homme  n*a  pas  i 
^iprdbité  qu  il  /le  Êiut.H  L 
«felanie   la  fecondç  négatioi 


Juillet  178 1.         1467 

toutes  ces  phrafes  ;  il  nous  femble 
cependant  que  l'ufage  rautorife , 
quo^u'il  en  autoiife  la  fupprcffion. 
L'Auteur  fe  permet  un  peu  de 
néologiTme ,  langue  ^r/^c//;/Vepout 
dire  (ondée  en  principes ,  gazette  en» 
dofmiffanu.  Il  fait  plus  s  il  déclare 
quii  croit  ces  mots  en  ufage.  Nous 
croyons  qu'il  fe,  trompe.  Nous  prcn- 
^ton^  encore  la  liberté  de  lui  repro- 
cher tine  in  verfion  qu'il  nous  paroic 
ie  pei;niettre  fréquemment  &  fans 
oéceffité  dans  de  la  profe.  «  Ces  mors 
j»  De  pçuvent  jamais  à  l'Ecrivain  of^ 
nfrir  aucune  difficulté.  Avoir  fait 
H  avec  luifoçiéU.  h  La  négation  n'a 
îamals  avec  elle  fait  fociiti. 
:  Malgré  ces  petites  taches ,  l'Ou* 
fragc  eft  bon  9  &  c'eft-  ce  qui  nous 
a  engagés  à  le  critiquer. 

Œdipe  che^  Ad  met e:^  Tra^ 
gUU.  Pat  \A.DuciSj  Secrétaire  Or^ 
dinaire:de  Monsieur ,  l'un  des 
Quarante  de  T Académie  Françoifc  , 
Rcpréfentée  ^  pour  la  première  fois^ 


é 


146S  Journal  des  Sçavans , 

par  les  Comédiens  François  ( 
naires  d«  Roi ,  le  Vendredi  4 
cembre  1778.  A  Paris ,  chci  F 
Gueffiery  Libraire- Imprimeûi 
bas  de  la  rue  de  la  Harpe  >  à  li 
berré*  1780.  //?  8®.  $8  pages. 
Cette  Tragédie  n'a  point  de 
face;  il  n*en  faut  point  pour 
Pièce  fi  bien  accueillie  du  Pu 
Toute  la  Poétique  <  du  mondi 
^dans  fon  fuccèsvLa  Motte  ne  ft 
ndefi  ingénieufes  Pi^ëriquclïy 
parce  quSl  ne  fàifoir  f^as  de 
Poëmes.  On  n'a  pa^  m¥f)qu&  d 
procher  ï  la  Tragédie  à^Œdipe 
AdmUc  y  comme  à  la  Tra^ 
ai  Andromaqut  y  une  <iuplieité '1 
tion.  On  a  dit  qu^  lé  Tta^ 
à: Œdipe  étouffait  '  celle  àiAk 
comme  on  pourroit  dire  que  la  ' 
gcdie  ixOnftt  &  à*Hcrmionc  ét< 
celle  ^Anaroniaqut&i  de  Pyrrt 
il  faut  conveifit'  cepictkknt'  <(lie 
mour  'd'HcYmldAé^  {i(bOr  l^yri>bus 
plus  inrimemctir  les  <ieux  <'aâ 
4'Andr6ina(}ue  ^uç  totit  4'att'^( 


•) 


JulUii  17S1;         1469 

Ducis  n*a  pu  lier  Je  fujet  à'A/cefic  à 
celui  d' Œdipe  à  Colonne  ;  mais  il* 
n'en  eft  pas  moins  vrai  que  rintcrêc 
d*Orefte  &  d'Hermione  dans  ^;2« 
dromaquCy  éclipfe  tellement  dans 
les  deux  derniers  aâes  celui  d*An« 
dromaque  &  de  Pyrrhus  qui  a  prc* 
valu  dans  les  trois  premiers^  que 
Bacine ,  pour  conferver  l'unité  d*ac« 
Ôon  &  pour  completter  le  fujct^ 
«yanc  fait  revenir  Andromaque  à  la 
fioL^u  cinquième  aâe  9  le  fpeâateur 
qui  s*étoit  détaché  d'elle,  accueillie 
fort  mal  ce  retour  ,  tant  Androma- 
f^z  devenue  toute  puifTante  &  ayanc 
ceifé  d'être  malheureufe  avoir  celle 
d'êrre  intéreflante  !  Racine  tut  obligé 
de  fupprimer  cette  fcène  &  de  laifTcr 
Andromaque  dans  Toubli  où  il  Ta- 
Toit  plongée  lui-même  par  l'intérêc 
nouveau  &  tranfcendant  qu'il  avoic 
lépandu  fur  Orefte  &  IurHermione« 
Re(peâons  au  refte  ces  heureufes 
fautes  ^  n  ce  font  des  fautes.  C'eft  le- 
cas  de  dire  avec  Madame  de  Sévigné , 
donnci^nous  f^uUmcnt  leurs  défauts. 

Qqqiij 


tÂjo  Journal  des  Sçavaits  9 

M.  Ducis  a  eu  9  puur  joindre  en» 
iemSIe  les  deux  lujers  àiŒdipt  À 
Colonc  &  à'Alufit^  une  raifon 
qui  Texcufe  au  moin<  ,  â  elle  ne  le- 
juiliâe  pas  entièr*m:nr.  (BJiptàCo^ 
loru  avoir  pour  la  Grèce  9  lurrout* 
pour  TArtique ,  un  dénouement  in«' 
réreflant  dans  la  morr  même  d*(S« 
dipe  &  le  dépoc  de  fes  cendres  qui 
devcncienc  pour  ce  pays  un  gage  de* 
gloire  &  de^bonheur.  C'eft  ainu  qœ- 
\t%  idées  patriotiques  annoncées  par 


ce  vers  : 


Tantœ  molîs  erat  Romanam  eonderegenttmt 

faifoient  vraifemblablement^  difpa*'* 
îoîrre  aux  yeux  des  Romains  les* 
nombreux  défauts  de  la  Fable  de^ 
TEnéïde ,  où  l'intérêt  des  fix  der- 
niers Livres ,  s'ils  ont  de  Fintérêt  » 
eft  tout  à  contre-fens.  Mais  pour 
nous^  François,  nous  ne  pouvons- 
voir  dans  la  mort  d'(Sdipe  ou'da 
vieillard  qui  fuccombe  à  fa  demnéc 
&  qui  paye  le  tribut  à  la  nature  ^ce^ 


JuïlUt  1781.  l47f 

qui  ne  fuffir  pas  pour  former  un  dé- 
nouement tragique.  Il  falloit  donc 
trouver  un  dénouement  qui  fût  in* 
téiefTant  pour  rous'lej  pay<  &  pour 
tous  les  fiècles  ;  c'eft  Tobjet  que  M* 
Ducis  a  heureufement  rempli  ^  en 
teignant  qu'QEdipe  arrive  en  ThefTa- 
lie  y  au  moment  qu'Alcefle  eft  me- 
nacée de  perdre  Admète  ou  Admèce 
de  perdre  Alcefte  9  &  qu'il  fe  dévoue 
pour  eux.  Par  là  M.  Ducis  embellie 
encore  le  perfonnage  d'CSdipe,  qui 
termine  ain(î,  par  un  traie  ahcroïf* 
me  9  fa  refpedable  carrière  &  Tes  il- 
lufttes  malheurs.  Les  perfonnages 
qu  il  fauve ,  les  Souverains  qu'il  rend 
a  leurs  peuples  ,  quoiqu'ils  ne  rem« 
pliflent  pas  afiez  la  fcène  pour  at- 
tirer à  eux  rintérêt  principal ,  font, 
cependant  cbers  au  fpeâateur  pat 
leur  amour  3  par  leur  jeuneffe  &  par 
leurs  vertus  aimables.  A  la  vérité  > 
le  fujet  àLAlctJle  eft  néceflairement 
facrifié  ;  on  ne  peut  pas  dire  que  le 
dévouement  d'Alcefte  fafle  le  mêmâi 
effet  dans  la  Pièce  de  M  Ducis  qua 

Qqqiv 


1472-  Journal  des  Sçavans  ^ 

dans  celle  d'Euripide.  Mais  qu'on 
nous  donne  encore  beaucoup  de 
Tragédies  auffi  inrérefTantcsquereft 
dans  Œdipe  ce  feul  Epifodc  d'Ad- 
inère  &  d'Alccfte ,  des  Tragédies  qui 
nous  offrent  des  caractères  d*une  dou- 
ceur auflî  touchante  que  le  caraélère 
d'Admète  ,  d'une  tendrefle  auffi  at- 
înable  que  celui  d'AIccfte,  des  Trff* 
gédies  enfin  qui  nous  préfenccnt» 
incme  dans  les  endroks  indifFércnSi 
des  vers  utiles^  tels  que  ceux-ci  : 

»  Fr^mîs ,  a-t'elle  dit ,  impitoyable  Roi  f 
V»  Le  fàng  de  tes  Gi jets  va  retomber  (ar  coî. 
»  Quel  bien  leur  a  produit  la  (plendeur  cle 

»  tes  armes  ? 
o  Chacun  de  tes  ezplolcs  fut  payé  pat  des 

«larmes. 
»  Force  ailleurs  tes  drapeaux ,  tes  chants 

»  victorieux  ; 
»  Les  foupirs  de  ton  peuple  ont  monté  ju& 
-    »  qu'aux  Cieux  .•••••» 
Aux  dépens  de  Con  peuple  on  n'eft  poiat 
j]    généreux  ••••  • 


Juillu  178 1;  147J 

Je  ne  veux  poioc.  Seigneur ,  par  de  nou- 
veaux cofnbatSy 
A  reicmple  d'un  pire  aSbiblic  mes  Ecats» 

Voilà  Ce  qu*un  bon  Roi  doit  dire  ï 
.  ceux  qui  lui  coBfeillent  la  guerre  ; 
.iroilà  ce  qu'un  hon  Citoyen,  un 
Ecrivain  vertueux  doit  fans  ceiTc  rc« 
;diire  aux  Rois. 

;Nous  ne  parlons  pas  des  perfon- 
.  nages  d'CSdipe  ,  d'Antigone  ^  de 
Polinice ,  où  refpirenc  partout  le 
.  caraâère antique,,  la  fimplicité  grec- 
que  f  l'éloquence  de  Tame  ,  &  qui  , 
•dépouillés  même  du  pathétique  qu'y 
a;bute  le  fpeâacle  >  font;  encore  d^un 
û  grand  câFct.  Quelques  perfonnes  , 

3ui  CToyent  que  tout  doit  être  imité 
ans  les  Anciens , .&  qui  n*ont  pas 
■un  fentimcnt  aflez  fin  des  conve- 
nances théâtrales  chez  les  di^Fér  entes 
nations ,  auroient  voulu  qu'(Bdipe  » 
•chez  M*  Ducis  9.  comme  dans  So- 
phocle ,  ne  révoquât  point  la  malé-* 
diâion  quil  prononce   contre  fes 
'fils;  d  autres  9  accordant  trop  à  là 


1^474  Jourrldldis  Sçavansi 
âbuceuf  firançoife ,  auroient  voulu  y 
aU  contraire  >  que  les*I>ieux  pardon* 
nàflènt  1  Pollnrce  comme  (Bdipe  ^ 
ç'eft-à-dirç  que  M.  Ducis  renverfat 
toute  la  fable.  M.  Ducis  feut  a  fenti 
&'obfervé  la  jufte  mefure  de  toute 
chofe  ;  il  à  fenti  que  dans  nos  mœurs 
il  £illott  qu'Œdipe  pardonn&r ,  mais 
que  danslçs  mœurs  grecque^  &  dans 
lé  principe  delà  fàtalué;  il  falloir 
que  les  Dieux  ne  ratifiaflènt  pas  fon 
pardon  ;  que  le  Grand^Prêtre  ,  leur 
Imerprere  »  dît  à  Polinice  ce  mot 
impofknt  &  terrible  î  • 


r    : 


Ton  Père  eft  appsdfë^  lès-Dieux^  ne  le  (ont 
pas. 


f  • 


II  a  (ênti ,  en  un  mot ,  qu'il  falloit 
t]U*un  père  fût  tendre ,  &  qu»  les 
Dieux  ieuis  fufTent  d*une  jufticc  irn 
flexible.  Nous  ne  trouvons  pas  ce- 
pendant qu'(Bdipeait  le  droit  de  dise 
-a  Polinice  ce.  vers  ii  paternel  : 

Crois-tu  qu'à  pardonner  un  Père  aie  tant  Je 
peine?  '    .  •       .      • 


l 


Juilkt  1781.    *     T479 

Il  a  réfidé  affez  long-tems  au  repco? 
tir  de  Polinice ,  aux  inftances  d'An- 
tigoae  y  pour  qu'il  ne  foit  peur  êtic 
pas  adroit  âe  lappeller  ain(î  ^  par  lua 
contraftc  trop  marqué ,  cette  longue 
xéfiftancç.  Npus  trouvons  encore 
u'ÇEdipe  ell  trop  agité  dans  le  cour;i 
e  la  Pièce  9  trop  fcpfibje  à  Tes  mal- 
heurs préfens,  trop  tourmenté  des  fou- 
vcnirs  du  pafle,  pour  avoir  le  drpit  de 
dire  ce  vers  qui  ne  convieridroit  qu'à 
Socrate  : 

Œdipe  eft  malheureux ,  mais  Œdipe  eft 
tranquille* 

S*^  rétoit,  îlfcroît  bien  moins  in'- 
térefTant  &  bien  moins  tragique. 
Mais  qu'il  lui  fied  de  dire  aux  Dieux 
en  leur  rendant  Ton  ame  : 

Soixante  ans  de  malheurs  00c  paré  la  vie-' 

•__ 
nmc  •-••••. 

I 

te  «laos  un  aatie  endroit  :  / 


147^   Journal  des  Sçàvans; 

Ceft  un  de  vos  bienfaics ,  que ,  né  pour  la 

•    doùlear, 

Je  n'aie  au  moins  jamais  prûÊUié  mon  ma!- 

■    Heur.  * 

Et  fans  parler  ici  dé  tant  de  tirades 
pathétiques  &  fublimes ,  qui  pour* 
roit  oublier  cette  foule  de  vers  fi 
leauz  par  cux-if)êmes  Se  plus  beaux 
par  la  ut uatioti  ? 

Tant  qu'il  eziflera  des  pères  maldeoreux  y 
Ton  nom  confolateur  fera  (àcré  pour  cux.m 
C'eft  vous  qui,  me  voyant  >  vous  jugez  mal* 

heureux  ! .  •  • . 
Je  rends  grâce  â  ces  mains ,  ^ui ,  dmis  moo 

défefpoir. 
M'ont  d'avance  affranchi  de  l'horreur  de  ce 

voir**... 
Que  le  jour  un  moment  rentre  encor  dans 

mes  yeux , 
Pour  embrafTer  mon  fils  â.  la  clarté  des 

Cicux ..... 
CeA  tafœux.tf**  c'eftlanodémie.*...  . 


»    f 


f 


I 

«-         1477 

.  coavie  en  ttw» 

inï^«-  /fl  Ri' 

^''i/*Be-^\'ifI  Pouffe; 


9  47^  Journal  des  Sçavians  f 
Henriade)  le  détail  des  bonneuri 
Tendus  dans  Paris  au  Chantre  de 
Ijenri  I V  ^  &  plofieurs  autres  morr 
ceaux  curieux ,  relatifs  à.  Voltaire  » 
xeçueiliis  8c  rédigés  par  M .  D  *  *  de 
C**.  A  Berlin  ;  &  fe  trouve  à  Paris , 
chez  J«  Fr.  Bafticn,  Libraire,  rue 
^uPeti^Lion^  fauxbourg  S.  Ger- 
main. 1 780.  i/z- 1  !•  4S0.  pag. 

Ce  titre  détaillé  nous  difpenfe  de 
faire  Ténumération  des  divers  Opui^ 
cules  ralTemblés  dans  ce  Recueil  » 
<iont  le  principal  objet  cd  la  réfor 
tation  de  la  Critique  fi  bazardée 
^ue  M.  de  la  Beaumelle  avoic  faite 
-de  la  Hcnriade.  Cette  Critique  étoic 
Touvrage  de  la  padion  &  de  la  bcuoc  1 
Se  en  jporroit  bien  le  caraâcre  ;  M:. 
de  la  Beaumelle  avoir  même  pouffi 
le  ridicule  jufqu'à  refaire  à  (a  ma* 
nière  pluHeurs  morceaux  de  la  Henr 
•riade,  &  jufqu'à  tracer  en  pluHeurs 
endroits  un  plan  contraire  à  celui  de 
l'Auteur.  Cen'cftpas  que  quelques» 
unes  de  fes  idées  n'euflent  quelque 
chofe  de  plauiible;  par  es» aipie.>  M* 


Juîlia  i7$r^        1479 

<3e  Voltaire  auroir  pu  tirer  parti  de  la 
-propofîtion  faite  par  M.  cle  la  Beatf« 
inelie  ^  d*in(roduire  Marguerite  de 
Valois  dans  ce  Poème ,  de  la  placer 
entre  Ton  mari  &  fon  firère  5  &  d'aug- 
menter pat  là  l'horreur  de  la  S.  Bar- 
thelcmi  &  l'inrcrêt  de  ce  beau  & 
tHfte  tableau;  mais  les  vers  fubfti- 
tués  par  M.  de  la  Beaumelle  à  ceux 
de  M.   de    Voltaire  gâteroicnt  les 
meilleures  idées,  ic  celles  de  l'Au- 
teur font  rarement  juftes ,  comme  le 
démontre  l'Apologifte  de  M.  de  Vol- 
taire. On  (ent  d'ailleurs  que  le  mot* 
xeau  dePoéfie  le  plus  parfait,  ne 
peut  tenir  contre  une  Critique  févè- 
rement  minutieufe,   &  qu'en  gé- 
néral la  Critique  eft  ce  qui  demande 
'  le  plus  de  bonne  foi.  C'eft  pourquoi 
'  il  ne  faudroir  jamais  critiquer  {es  en- 
■  nemis ,  &  ce  font  prefque  toujours 
les  fculs  qu'on  eft  porté  à  critiquiïr. 
Les  chicanes  de  M.  de  la  Beau- 
melle (car  c'eft  le  nom  qu'elles  mé- 
"  ritent  )   font  oubliées  depuis  long- 
•  tcms  I  &  nous  n'en  rappellerons  ici 


{ 


Ji     ce:     oaiaTCi  siz.  r.'ui:  i 


j»  :;£•:  >  .-u  jour  ;a  =cn  .■;■  j*.: 

»  ic5  maux  2c  ^  ^lûfic ,  ai 
y»  .i:»  arrcrcï  rous  p*r  u  jcc:»^ 
)»»u  lieu  ilu  moLCî  d'arr^nc 
[  l'anivée  d:  la  | 


Jdtttt  I7«»-     ^,  vo\- 

«c.  Voyons  Va  «P 
»ma.à-ptoP°V'„ac«'0'^^*'ttc„rt 

^  maw  ce  vou       ^    ^^  ;  \v  i  » 
j»  &£  ne  le  na«^^, . 

>*  X\  V«vett\tà'=<i°«*^\,     ccft  ap 
>»  ».V  Vaveï"^      Vaitio**^',,  ,    djti 

->   ^cctatn^^\„^*aif.  '^^^'^ 


J481  Journal  des  Sçavàns  ^ 

»  reffembU ,  &c,  c'cft- à-dite  ,  qui  fait 
HCC  que  Dieu  cooimande.  Voilà  le 
n  feul  fens  de  ce  vers.  >» 
.  Qùoiqu'en  dift  l'Apologifle  ,  ce 
vers  ^  dans  rincention  du   Poëte  ^ 
nous  paroit  un  éloge  ;  il  fîgnifie  : 
Roi ,  quireffcmblc[  à  la  Divinité  pan 
la  bienfaifance  &  Us  venus ,  comp^. 
êe{  fur  fon  appui.  Cet  éloge  éra^c 
Xttcriré  &  n'étant  point  déplacé  ,  leS' 
farcafmes  de  M.  de  la  BeaunicUcf* 
font  très^peu  convenables  *,  &  quacid^ 
H  les  fait  tomber  fur  Henri  IV  lui^ 
même*,  quand  il  va  rechercher  pc^ 
nihltmcnt  les  fautes  de  ce  bon  Roi  ^ 
iàns  dire  un  mot  de  fes  grandes  & 
çxcellentes. qualités,  ces  mêmes  rar<« 
^tTmes  devienneat  indépbns. 
A  propos  de  c^  deux  vers  : 

Sur  ce  fanglam  théâtre ,  où  cent  Héro&pérH 
.  rcnt, 

Sur  ce  trône  glillànc  d'où  cent  Rois  defceii« 
•«Urenr* 

M.  de  la  Beaumelle  obfèrve  que  les 


JuîlUt  1781;        i4Sy 

bons  Poërcs  cmployent  rarement  les- 
troidènies  perfonnes  des  verbes  au 

{»luriel.  L'Âpologifte  lui  répond  par 
'exemple  même  de  M.  de  Voirairc 
&  par  la  beauté  de  ces  vers.  M.  de 
VcHtairea  employé  afTez  fouvenr  eei 
troifiènfies  perfonnes  des  verbes  au 
pluriel  à  la  fin  des  vers.  Dans  \û 
récit  du  maflacre  de  la  S.  Barthe* 
lemi ,  il  emploie  encore  la  même 
sirae: 

O  combien  de  H^ros  indignement  périrent  I 
nefiiel  &  Pardaillan  chez  les  moits  detceiH 
dirent* 

nid:        , 

Les  AiTaffins  fanglans  vers  mon  Ut  s*avan^ 

cêrent , 
Lears  parricides  mains  devant  moi  fe  lev^ 
*  renr. 

Chant  8*  : 

De  quels  cris  douloureux  vos  temples  re* 
ternirent  2 


w-  ' 


,ww^ 


.ï-rïSgSA 


L 


■ï 


"°!;So'«»'' 


i. 


Juillet  1781.         1487 

P  LAN  et  un  Ouvrage  fur  PHifioire 

Littéraire. 

ON  nous  a  communiqué  un  rap- 
port fait  \  TAcadémie  Royale 
des  Sciences  y  Belles- Lettres  &  Arts 
de  Rouen ,  le  16  Février  1780 ,  fur 
ie  Plan  détaillé  »  (manufcrit)  d'un 
Ouvrage  qui  pourra  avoir  pour  titre 
'EUmens  éCHifioire  Littéraire  univer* 
felle  9  ou  Bibliothèque  raifonnée  ^ 
ghoîfie  &  méthodique  des  meilleurs 
Livres  en  ce  genre  &  furtout  des  Li^ 
vres  latins  &  françois.  Ce  rapport 
•nous  a  paru  iacérelTant  &  pour  le 
fond  &'pour  la  forme  ;  c'eft  ce  qui 
-nou^  a  déterminés  à  en  faire  part  au 
Public,  du  moins  par  extrait.  Les 
Amateurs  deTHiftoire  littéraire  qui, 
parmi  nous,  fe  multiplient  tous  les 
jours  '  lèrènt  charmés  d*apprendre 
qu'on  tifavaille  \  tin  Ouvrage  de 
cette  efpèce ,  &  ils  pourront  y  con- 
trîbuet,  s'ils  le  ïtigcnt  à  propos ,  en 
•drêflant  leurs  Remarquesr  &  leQM 


)urft'»^  *^      ,.  port ,  *  *„-ïic 

lut- 


«*^    tnat<ï»^'*J  yon  ^ 


^iisVv- 


des  CK 


ra 


'""irSE^is^^ 


Juitlit    1781,  148^ 

à-peu-prcs  de  Ja  manière  fuivancs 
dans  le  rapport  donc  il  eft  qucflion. 
Ce  travail  cft  le  réfultac  de  pon- 
noiflànces  philofophiques  &.  liccé- 
ssisrcs  d'uB  Membre  de  rAcadémie. 
Son  intention  n'étoic  point  de  le 
rendre  public.  U  le  regardpit  &  le 
teg^rde  encore  comme  un  fimple  e{« 
iflt  que  le  cems ,  la  réflexion  y  1  étude 
&  la  communication  .réciproque  (i 
utile  aux  Giqs  de  Lettres ,  pour-: 
soient  jperfedlionncr. .  U  ne  vouloit 
que  le ioumeccre  aux  avis  de  Tamitié  ; 
mais  l'amitié  ne  jugeant  que  TOu- 
vrage  a  oublié  l'Auteur,  &  elle  a 
obtenu  qu'il  fût  préfeuté  àU'Âcadé- 
mie  même. 

Il  ne  s'agit  pas  ici  d'un  Plan  fu* 
perficiel  ^  tel  qn'on  en  annonce  fré- 
ouemment  pour  attirer  ou  féduire  : 
e  eft  un  Plan  raifonné  approfondi  ^ 
I  détaillé ,  méthodique  qu'on  doic 
I  legarder  comme  un  véritable  Ou« 
I  vrage»  quand  même  il  ne  dcvrbic 
f  pas  être  fuivi  de  l'exécution.  On  y 
1  {rouve  l'accord  heureux  de  l'erpidc 
f       JuilUt.'  Rrt 


49^  Journsi  des  Sçavans  , 

ihilofophiquc  &  de  l'Hiftoire  ïittc^ 
faire.  11  peut  donc  inrércllcr  ^ale- 
ment  &  l'homme  étudie  qui  n'aime 
que  les  (kirs  ,  &  i'bommc  pcnlant  qui 
en  tire  des  réfûltats  généraux.  Nousr 
ne  croyons  pas  qu'il  ait  encore  para  ' 
d'Ouvrage  en    ce  genre,    oik  Ion 
trouve  la  fuire  <  l'encbainemenc  »  la 
géncration'd'idées  Se  de  connolllàii- 
ces  qui  tbrraent  le  caraâère  diftioc-C 
tif  du  Plan*  qiH  nous^occupe*  Une 
courre  anaJy le  •  fuflSra  f  peuc-étre  » 
pour  juftifier  ce  que  nous  avançons» 
Kcuf  livres  partagent  Ce  Pian  &  fe^ 
nieront  la  divifîon  de  l'Ouvrage  me* 
me  qui  aura  plufieugcs  Volumes* 

Dans  le  premier  il  eft  quoftion  dcï 
tHiJioire  Uiiérairc  en' généra/,  li  eft 
divife  en  deu}&  parties,  La  première 
comprend  cous  \q%  Auteurs  générait, 
éf/ntrodu^n  ^  de  Prolégomènes  < 
antres ,  &  la  (ëconde>  les  Méiangi 
tels  que  les  Ana ,  6»  Livna  femb 
Hes  j  Us  Bpiflofairts  ancUna  & 
derncs ,  hs  Voyages  relueifs  aux 
ires^  aux  Sciences  &  aux- Ans  ^ 


Juillet   178 1.         1491" 

Le  {ccoiid  ]-ivrc  cft  deftiné  aux' 
Ecrivains  de  i  Hiftoire  littéraire  ea 
particulier  dans  Tordre  des  Sciencts , 
des>  Lettres  &  des  Arts ,  &  foivant 
tme  nouvelle  difiribution  qui  nous 
a  para  très-naturelle,  la  Religion 
forme  la  première  partie  de  ce  Li«* 
vre  &  là  première  clafTe  générale  de» 
Sdences  :  c'eft  une  diftinâion  y  une 
préemiaence  que  luldonn:  fon  ob- 
jet. Les  Sciences  nàturelleç  forment 
la  féconde  partie  de  ce  Livre  j  le 
plus  étendu  de  tous. 

Le  troifième  Livre  cft  propremene 
une  ' Géographie  littéraire .  Dans  la 
première  parcie  fe  trouve  tHiftoirç 
Ueeérain  des  nations  anciennes  j  danf 
la  féconde  9  celle  àt^  nations  mot^ 
demeSm  Partout  Tordre  géographie 
queeft  exaâement  fuivi. 

L'icfluencc  de  Tétat  fut  les  idées' 
êc^  hommes  a  fourni  à  TÂutenr  1«. 
divifion  du  quatrième  Livre.  Il  y\ 
parle  d'abord  des  Auteurs  conf actes. 
au  fervice  de  la  Religion  y  enfuito 
du  Autturs  jiculiers ,  qui  ^  par  état  ^ 

R  S I  i) 


1 49  ^    Journal  des  Sçavdns  ^ 

(bnc  livres  aux  fondions  civiles  ,  ïdc 
quelque  efpcce  qu'elles  foienr. 
.    Le  cinquième  Livre ,  deftiné  aux 
Sçavans  en  général ,  abftraâion  faite 
Ac  leurs  pays ,  de  leur  état,  des  corps* 
auxquels  ils  appartiennent ,  &c.  ren-i 
ferme  trois  parties.  La  première  traite 
de  ceux  qui  ont  écrit  fur  Us  Sçavans 
en  général  critiquerrunt  &  .hifioriquc» 
ment ,  la  féconde  de  ceux  qui  ont 
donné  des  Ruutils  généraux  des  vies 
des  Sçavans  ^  &  la  troi(îème  de  ceux 
qui  ont  écrit  CUifioire  des  femmes     j 
illufires  &fçavantes. 

Le  (îxième  Livre  ,  diftribué  en 
quatre  parties.,  fait  connoitre  les 
Ouvrages  qu'on  peut  regarder  com- 
me Caujts  auxiliaires  morales  dans 
la  connoifTance  des  Sciences,  des 
Lettres  &  des  Arts  !  8r  ici  fe  rap^ 
portent  les  Livres  fur  t Education  ^ 
Jur  la  Mémoire  artificielle  y  fur  le  rapr 
port  des  Sciences  entre  elles  ^  fur  les 
Méthodes  ^étudier  générales  &  par^  j 
siculièrcs. 

Ces  Caufcs  auxiliaire  morales  |   i 


SuîUtt  i^8i.         I49J 

totït  fuiyies  des  Caufes  auxiliaires 
phyjiqucs^  qui  (z  réduifent  à  TArc 
de  rMcraure  &c  à  celui  de  Clmpri^ 
mtiit.  Ces  deux  inventions  fublimei 
ibr  ment  les  deux  parties  du  fcptième 
•Livre* 

Dans  le  huitième  >  qui  en  com- 
prend trois  )  on  traite  des  Scavans 
en  Corps ^  c'eft  à-dire >d(sColléges» 
des  UniverHcés  &  des  Académies , 
fuivant  l'ordre  géographique.  A  cet 
ordre  plus  difficile ,  mais  plus  utile  > 
l'Auteur  doit  ajouter  l'exérution 
d'une  idée  qui  paroît  lui  appartenir 
•entièrement  9  ceft  celle  d'une  hiap^ 
pcmonde  littéraire^  qui    prcfentera 

Séographiquement  tous  les  endroits 
c  l'Univers  ^  où  il  y  a  des  Collèges > 
des  UniverCtés  &  des  Académies  , 
avec  des  marques  particulières  qui 
.   .dillingueronc  ces  différentes  efpcces 
de  Corps. 

Le   neuvième    &  dernier  Livre 

traite  des  Dépôts  des  Sciences ,   des 

.    ÂAttres  £*  des  Arts^  &  comprend 

;    quatre  parties.  Ces  Dépôts  font  les 

R  I  r  iij 


;1494  Journal  des  Sçavans  f 
Eibliothcqucs  &  les  Cabinets.  On 
en  traite,  (uivaiit  l'ordre  des  lîciu 
&  des  fk.ins,  la  première  partie  offre 
Jes  Auteurs  qui  ont  écrit  fur  Us  Bi- 
iUothiquts  en  générai;  Ufcconde, 
ctux  qui  ont  écrit  fur  les  Bihiiathi' 
^uts  anciennes  qui  ont  péri;  ia  troi- 
iième  traire  des  Bibliothèques  mo^ 
derneSf  publiques  ou  paniculiirtS^  . 
£iifin,  la  quatriècne  fait  connoître 
/ts  Hifloires  ou  Catalogues  des  êur 
^  riofités  de  la  Nature  6-  de  l'Art. 
Telles  lont  les  divilîons  géncrap 
les  du  Plan  Bibliographique  de  M. 
l'Abbé-D^s-HoufTaycs.  Les  ramifica- 
tions en  ionr  (Impies,  mais  délicates, 
Se  il  faut  une  certaine  attention  pout 
en  fuivre  les  détailS'  L'Auteur  a  fuivï 
la  tnarcbc  de  la  Nature  ^  qui ,  par- 
tant  d'un  point  unicjuc  y  arrive  a  ce 
qu'il  y  a  de  plus  coniparé  par  d^ 
nuances  inienlîbles  qui  exclucnr  Ut 
fauts  brufques.  Si ,  pour  fc  confor- 
mer à  l'ordre  naturel ,  il  a  cru  devoir 
quelquefois  s'écarter  de  celui  qu'oR 
fuit  commusément  >  U  donne  fçt 


Juillet  i7Si«         1495 

taifonSy  &  Ton  eft  forcé  d'être  de 
(on  avis.  Tous  les  obiers  y  paroif- 
iènt  clalTés  avec  unè^jufteiTc  qui  fup- 

Sofir  un  jugemenc  fain ,  une  longue 
tudcs  des  méditations  profondes  fut 
l*«ncha:nement  &c  le  développement 
ides  connbilTances  humaines.  On  peuc 
'dire  que  ce  Plan  ejineufy  non-fèule- 
«Menc  en  France  9  mais  même  dans 
ies  pays  où  lliiftoire  littéraire  eft 
^us  parrîculièrement  cultivée  ;  non-« 
lèdiemcnc  dans  ion  enfemble  mais 
même  dans  un  certain  nombre  de 
^détails.  Il  a  pro^Tté  des  efforts  de 
iès  prédécefleurs  ;  mais  il  paroît  qu'fl 
m  été  plus  loiti  qu'eux.-  Ces  Hi(^' 
nensco  refpiit  humain  font  en  gé- 
nérai aflfez  peu  connus  de  no^  Litro- 
Tateurs  françois  qui,  prefque  tous , 

réfèrent  l'étude  de  i'Hifloire  civile 
celle  de  l'Hiftoire  littéraire.  M. 
TAbbé  D.  fans  blâmer  leur  goûr» 
fait  en  un  mot  l'Apologie  du  fien 
tians  la  concinfion  de  fon  'Plan. 
tt  VJiifioin  littéraire ,  dit-il  9  mon" 

Rrr  iv 


il49^  Journal  des  Sçavans , 
»  tri  [homme  par  ce  quil  a  de  plus 
•i  grand  ^  par  l:s  efforts  ^  quelquefois 
-yf^par  les  fuccïs  de  -fon  efprit ,  fou* 
n  vent  admirables ,  toujours  intiref* 
-fans.  Un  telfpiBaclt  ne  peut  man* 
«  quer  d^aggrandir  Camt ,  de  Cenno* 
»  blir ,  tandis  que  celui  de  CHiftoirt 
«>  civile  &  politique ,  théâtre  ordinaire 
9*  de  la.  méchanceté ,  ainfi  que  de  U 
mfoibleffe  de  [homme  civiliji  y  flétrit 
«  le  cœur  de.  t homme  fenfiblt  o*  hu^ 
9t  main  qui  voudrait  rerutnc  heuHux 
»  tout  ce  qui  refpircm  » 

Cette  cout£c  citation  peut  donnet 
une  idée  du  (Ivie  &  de  la  manière  de 
^.  r Abbç  Dés-HoufTayes. 

hzs  GommifTaires  de  TAcadéniie 
•de  Rouen  terminent  leur  rapporr  par 
,un  fouhair  que  nous  partageons  avec 
eux,  c*cft.que  TAuteur  puifle  **o€- 
cupcr  effemiellemenc  de  cet  Ou« 
vrage,  le  plus' général,  le  plus  ré- 
gulier qui  ait  été  encore  entrepris 
en  ce  gensre.  Ce  n^eft  ni  à  la  fantaifie 
ni  à  la  cupidité  qu  il  eft  .confacrcy 


Juillet  1781.  1457 

n'cft  qu'aux  vrais  Gens  de  Lettres; 
n'cft-il  pas  rems  de  leur  préfèncci^ 
enfin  leur  Hiftoire  générale  ? 

MOUFELLES  LITTÉRAIRES. 
DE  Lima,  au  Péjiou^ 

MDoMBRY^  habile  Bota- 
•  nifte  de  Mâcon ,  parti  en 
1777  pour  aller  herborifer  au  Pé- 
rou j  y  a  découvert  une  laine  végé- 
tale produite  par  une  eipéce  de  cierge 
épineux,  cette  laine»  qui  ed.plqs 
counç.  que  celle  de  Tanimal  que  les 
Péiuviens  appellent  Llamàs ,  a  la 
même  couleur,  cfl  très  fine,  SfC  peut 
très-bien  fc  filer. 

Il  a  été  faire  l'analyfe  des  Eaux 
thermales  de  Ccuchin,  fituées  près 
de  la  Cordillère  Royale. 

Il  eft  parti  en  1779  >  P°"^  ^'^^"^ 

boranifer  vers  la  fourcc  du  fleuve  des 

-Amazones,  où  il  fe  promet  de  faixc 

R  r  r  V 


c 


}49^  JournalJes  Sçavans  , 
une  ample  moifTon  de  plantes  nou« 
vclles  y  8c  furrout  de  connoîcre  Tar* 
bre  de  la  gomme  éladique. 

Il  a  envoyé  de  la  platine  à  l'Âca- 
démit  des  Sciences;  mais  on  n'a 
point  reçu  les  plantes  fèchcs  &  les 
graines  qu'il  envoyoic  au  Jardin  du 
Kbi  à  Paris. 

lia  fait  faire  pour  le  Roi  d'Efpagne 
300  deffins  enluminés,  rien  que  fur 
les  plantes  des  environs  de  Lima-, 

3uoi  qu'ils  foient  fecs  &  arides  faute 
e  pluie.  * 

M.  le  Marquis  de  Cafa-Concba 
a.oivoyé  enmême  tems  à  M«  delisi 
Lande ,  une.  vingtaine  dé  vKfcs  de 
tctic  qui  fe  rencontrent  dans  les 
tombeaux  des  anciens  Péruviens;  Sc 
lA.  de  la  Lande  fe  propofe  d'en  en- 
richir les  divers  cabinets  de  Paris. 
Ces  vafes  font  bruns,  blancs  ou 
rouges,  il  y  en  a  qui  ont  dc^  fistu- 
les humaines ,  d*aiitre5  des  figures 
d  animaux ,  mais  grofliércment  inai- 
téds. 


ii^. 


JuilUt  lySr*     '    14JJ 
D*  A  N  E  M  A  R  C  K. 

9£   COPBHHAGUE. 

Mhandlungen  dit  von  dtn  Koni* 
glichcM  Danijthen  GcJcUchafi  dtn 
Puis'  trhalttn  '  habtn.  G*e(l-à*dire  , 
Pièces  qQÎ  ont  remporté  le  Prix  de 
TAcadémie  des  Sciences  de  Copen- 
hague. 1781.  i/x  4^.. 

On  trouve  dam  ce  Recueil  deux 
Pièces  de  M.  Branders  Se  de  M. 
Helfcnzrider,  iur  la  manière  de  me- 
surer les  diftances  inacceffibles  patr 
-f  obfctvation  faite  dans  utie  ieule  fta- 
tion.  M.  Brandeis^  habile  Artide 
d*Augsbourg,  y  décrit  un  inlhu- 
ment  oui  porte  un  micromètre,  & 
une  baie  dont  la  petitefTe  efl:  conv- 
'perlée  par  Texaûrtude  des  mcfurcs 
-^ut  donne  le  micromètre  >  &'ii  a 
-temporté  le  Prix.  L'autre  pièce  en- 
voyée pour  le  concours ,  contient 
auffi   un    moyen   àpeu  près    feinr^ 
blabk.  ., 

R 1 1  Vy 


J5oe  Journal  des  S^kv ans  9 

Kort  ovcr  Siœlland,  ScCm  C'eft- 
3l-»dire ,  Cartes  de  i'ific  de  Sêelande , 
eu  eft  fîtuée  ia  ville  de  Copenha- 
gue ,  en  une  grande  feuille  «  &  en 
quatre  feuilles  ;  dans  le  même  for- 
mat que  les  grandes  Carres  de  France» 
&  fur  une  échelle  de  3.4  potices  pat 
:  degré,  ou  d'une  ligne  pour  140 
foifes.  Le  Roi  Chriftian  V.  avoir  or- 
'  donné  dès  1 1^  8  z  9  que.  Ton  levât  une 
Carte  exaâe  du  royaume  de  Dane- 
marck«'Frédécic  V.,  Refiaurateur  des 
Sciences  dansfon  pays,  fit  travailler 
i  des  opérations  géométriques,  qui 
fe  continuent  encore  en  Jutland;  les 
Ifles  font  déjà  levées,  il  y  aura  en- 
core 16  Cartes,  M.  Bugge.,  Profef- 
feur  d'Aftronomie  ,  a  déterminé  pat 
des  obfcrvarions ,  les  longitudes 
&  les  latitudes  des  principaux  ii.tux« 
La  latitude  de  Copenhague  êfl  de 
54^  41 'a/'  de  fa  diflance^  au  mé- 
ridien de  Paris»  41'  5 ''^  detems. 
M.  Bugge  rend  compte  des  moyens 
qu'on  a  employés  pour  lever  ces  Car- 
Xcs^  datis  uu  (Aémovtt  vov^tUni .  ca 


JuiUet   1781.  lyoi 

,  Danois  en  1779 ,  intitulé  Bcskrivtljc 

.  over  dcn,  Opmaalings  Maade ,  &c. 

.132  pages  in^Af^.  avec  le  détail  des 
triangles  &  \z^  figures  des  indru* 

,incns  dont  on.s*eft  fervi  pour  ces 
opérations. 

Ces  Cartes  trcs-bien  gravées  proi:* 
vent  que  les  Sciences  &  les  Arcs 
font  très- cultivés  en  Danemarck; 
filais  que  nous  fommes  rarement  inf* 
truits  de  ce  qui  s'y  fait ,  parce  que 
la  langue  danoife  cft  très-peu  connue 

en  France. 

r 

Cart .  Friderîch  IFeniels  Jer  Chî-» 

.mît  ^  &c.  C'ed  à-dire,    EfTais  de 

Chimie  fur  ks  métaux  traités  au  feu 

de  réverbère  ,  pour  connoitre  leurs 

.principes  confliruans.  Par  M.  Wen^ 

•[tl.  178^1.  i/2-4*^. 

-^  Dans  un  livre  imprimé  en  1773  > 
ï'Autcur  donna,  un  Traité  fingu- 
^ier  fur  la  nature  de  Tor  &  de  quel* 
ques- autres  métaux;  mais  il  ne  don* 
jooit  pas  fcs  procédés.  M,  Cappel 
.{butinr  que  J  or  ne  donnoit  |^o'mt.Vt% 


I  ;oi  Journal  des  Sçavans , 

réfultats  de  M.  Wctizcl  ;  celui  ci  a 
.  donc  publié  fcs  moyens  dans  la  pièce 
dont  il  s'agit ,  elle  a  rcmporré  le 
Prix  de  TAcadémic,  qui  avort  in- 
vité fpécialemenc  l'Auteur  à  con« 
courir. 

I  T  A  L  I  E  V 

Prix  de  PAcadlnde  des  Sciences  de 

Padoue. 

Les  Sénateurs  de  Vénift ,  qui  pré- 

fident  au  gouvernement,  des  études , 

par  une  décifion  du  i8  Mars*  X779, 

ont  fondé  à  Padoue  une  Académie 

des  Sciences,  Belles-Lettres  &  Arts, 

Cette  Ville,  célèbre  depuis  long- 

tems  par  une  Univerfité  diftinguec 

dès  le  X3^fîècle,  avoit  îjuffi  deux 

■Académies,  celle  des  Ricovratiipçfyàt 

les  Belles-Lettres ,  qui  eft  ancienne  , 

&  celle  d'Agriculture  ,  donriïi  fort- 

dation  eft  plus   recehte-,  mais   l» 

-Profe/Teûrs  habiles  qui  s*y  trouvent 

deijroient  d'cut  afittcJùVt^  Iw.'^  ^olûc 


Juillet  l'jtl.  150^ 

forme  académique  pour  le  travail 
àts  Sciences,  &  ils  méritoienc  d  ctrie 
encouragés  à  cet  effet  par  un  établie* 
femenc  utile  9  par  des  honneurs ,  des 
privilèges,  des  penHons.  En  confia 
quence  >  on  a  fupprimè  les  deux  an* 
cicnnes  Académies ,  &  Ton  en  a 
formé  une  nouvelle  ;  il  7  a  24  Pen- 
fionnaires.  Les  pendons  font  de  cenc 
ducats  d'argent,  chacun  de  4  liv. 
5  f.  de  France.  11  y  a  audi  de  Hon- 
Horaires,  des  AiTociés  &  des  Elèves. 
La  preinière  (éance  s'eft  tenue  au 
mois  de  Novembre  1779. 

Lts  fujets  des  Prix  propofes  pour 
178*  /  font,  1^.  de  démontrer  ri- 
goCireufemtnt  Timpodibilité  de  dé* 
gager  les  équations  du  rroifième  de- 
gré de  la  forme  imaginaire  dans  le 
:as  irrédudlible: 

1^,  De  trouver  un  fyftcme  de  len- 

ilics  objeâives  &    oculaires  d'une 

:ule   matière   qui   fupplée    autant 

}£ï\.  cft  po(fible  aux  lunettes  acro- 

ariques  : 

3*^.  VEloge  de  Pétrarque  j  cot^îv. 


1 5  04   Journal  dis  Sçavans  i 

déié  comme  Reftauratcur  de  la  La- 
tinité &  des  Belles-lettres ,.  comme 
Poëtç  origin<»l  &  plein  de  fenci- 
.ment»  comnrie  Philofophe  diftingué 
par.  la  morale  8c  l'amour  du  bien 

fublic,   &  qui   fait  la  gloire  de 
Italie. 
On  pourra  écrire  en  italien  ^  en 
latin  ou  en  François  *,  les  Pièces  fe- 
ront reçues  jufqu'à  la  fin  de  Tannée 
178 1  f  &  envoyées  franc  dj  port  à 
M.  Franzoia  ou  à  M.  Cefarotci ,  Se- 
crétaires de  l'Académie.  Le  Prix  fera 
proclamé  dat)s  l'afTemblée  publique 
•  du  mois  de  Juin  i78z.  Les  Auteurs 
.ne  fe  feront  point  connoitre.  Les 
Prix  font  de  50  fequins  de  Vénifc. 
Un  ami  de  l'humanité  a  dépofé 
.un   Prix  de  ^100  fequins  ou  lioo 
livres  de  France,  pour  ceiui  qui  aura 
.le  mieux  (atisfait  à  cette  queftion  : 
.  Trouver  les  moyens  les  plus  propres 
à  allumer  la  p&Jfion  du  bien  de  Chu^ 
maniti  y   &  à  la  cênfcrver  dans  le 
cœur  des  jeunes  gens  qui  font  defii^ 
Fiés  à  influtî  par  leur  fîàtrunc  ou  par 


JuilUi   1781.         1505 

leur  rang.  Les  Pièces  feront  reçues 
iulqu'à  la  fin  de  Mars  1783,  &  le 
Prix  fera  adjugé  au  mois  de  Dé- 
cciqbrç. 

Giornalt  jifiro^McUorotogîco  per 
tanné  lySt.  Con  una  racoltadi  Of» 
Jtrva:^oni  particulari  intorno  ai  fuU 
mini.  In  Fent^iaptr  Gafpare  Storti^ 
alla  ForU{ia,  9  5  pages  //z- 1 2. 
. .  M*  Toaldoy  n  connu  par  fon  excel« 
ienif  Traité  de  Météorologie ,  de- 
firant  contribuer  au  progrès  des  Ob« 
Jctvarions  ^  publie  chaque  année  ^ 
^depuis  I777>  un  Calendrier  aftro- 
^Qoniique  dans  lequel  il  marque  les 
^(làges  de  la  lune  par  Téquaceur  Ôc 
«pad^  les  luniftices ,  comme  pouvant 
.ièrvjc  à  la   Météorologie  ;    on.  y 
^^trbuve  TÉxtrait  des    ObfervationS 
Météorologiques  faites  pendant  Tan- 
née   1780  à  Padoue  &  dans  cinq 
autres  villes  d^Italie ,  &  uneTelation 
Js  pluficurs  coups  de  tonnerre,  6c 
Ipécialemcnt  d'un  qui  prouve  par- 
faitement l'utilité  dôs  conduâeurs 


1506  Journal  des  s çavans  i 

pour  préfcrver  les  édifices*  I 
avons  déjà  annoncé  TOuvrag 
'M.  Toaido  fur*  cette  matière  ;  0 
a  fait  une  édition  en  françois^ 
des  notes  de  M.  Barbier  de  Ti 
ï  Strasbourg.  1780. 

Efperimtnti  Jopra  ilfcrro  en 
fopra  ilftrro  malleaUle  atti  a  rci 
pik  facile  la  cogni^ione  délia  l 
detle  ghife  pegli  ufi  delt  arûg 
Del  Comte  Marco  Carburi  P.  I 
Chîmtca  nelC  Univerfita  di  Pàa 
Membro  di  qutjia  Accadtmia ,  > 
cio  dette  Académie  Reali  délit  Se 
diStokolm  &  dUpfal.  In  Pad 
A.  S.  Fermo  lySo.  A  SpefeM  G 
batifia  Pafquali,  ton  Lîeen^a  di 
periori.  Brochure  in-i^^.  de  yi 
ges ,  &  une  grande  Table  gén 
des  réfulcats  des  expériences. 

FRANCE. 

P  E     P  A  ]^  I  S. 

DïSionnaire  des  Mervcillis 


ljo6  Journal  des  Sçavans  f 
poiii  préfenrcr  les  édifices.  Nous 
avons  déjà  annoncé  l'Ouvrage  de 
M.  Toaldo  fur*  cette  matière  »  on  en 
a  fait  une  édition  en  fian^ois,  avec 
des  notes  de  M.  Batbier  de  Tinan  , 
i  Strasbourg.  1780. 

Efptrimtnù  Jopra  ilftm  crudo  t 
fopra  ilfirro  matUaHU  atii  à  nndtn 
pik  facile  la  cogni^îone  délia  bontà 
delU  gkifi  pegli  ufi  dtlP  artiglitra. 
Dtl  Cornu  Marco  Carburi  P.  Pi  di 
Cbimlca  nelC  Univerjîta  diPadovd^ 
Membro  di  qutjia  Accadtmia ,  e  j*»- 
cio  délit  AcadtmU  Realt  délit  Seienip 
diSiokolm  &  d'Upfal.  InPadova', 
A. S.  Ferma  lySo.  A  Spefcdi  Giatit-' 
Ratifia  Pafquali,  zon  Liêen^^a  de  Sif 
periori.  Brochure  in-^^'.  de  $6-^é- 
ges ,  &  une  grande  Table  générale 
des  tcfultats  des  expériences. 

FRANCE. 

DE    Paris. 

DiSionaaiie  des  Merveilles  de  U 


JuiUct  1781.  ÎJ07 

'Nature.  Par  M-  A.  /.  S.  Z>.  A  Pa- 
ris, rue  &  hôrel  Serpente.  178 1   1 
voLi/2  8**.  Prix,  7  liv.  10  f  broché. 
L'idée  de  raflembler  dans  un  feul 
Ouvrage  tout  ce  que  la  Narure  âc  la- 
Phyfique  offrent  de  plus  fingulier, 
cft  une  idée  que  Ton  a  eue  plusieurs 
'fois  ,  encre  autres  Jonflon ,  dans  fa 
Thaumatographie  ;  mais  un  pareil 
Ouvrage  ne  pouvoir  être  entrepris 
que  par  un  vrai  Phyficien.  Pline  avoic 
*^à  déjà  cette  intention  dans  fon  Hif« 
'toire  naturelle  ^  mais  il  y  a  raflem- 
'blé  fans  choix  des  chofes  quelque* 
"fois  abfurdes,  ic  de  fon  tems  on  ne 
connoiflbic  point  encore   alTcz  ni 
'la  Nature  ni  la  Phyfique. L'Auteur  du 
'  nouveau  Diâionnaire  a  fait  un  choix 
éclairé  ;  il  cite  fes  autorités  quand 
"^cela  eft  néceffaire  ;  il  rapporte  à  la 
'vérité  des  choies  difficiles  à  croire^ 
-mais ,  mais  c'eft  quand  elles  lui  pa« 
toiflcnc  aflcz   prouvées  &    qu'elles 
ne  paflent  pas  les  forces  de  la  Nature, 
Le  premier  article  de  ce  Diâionnaire 
-eft  le  mot  Abjiintnu  *,  on  y  voit  des 


^r  }  '  groucuc  ae  quaranre-iix  ans, 

pH.  '^  «'  Enfin  il  n'y  a  aucun  arricle  dan 

j8'  ';  i  Ouvrage  qui  ne   contienne  des 

'    '.  1-^  finguliers  ,    inftrudifs  &  amu 

L'Auteur  paroîc  avoir  autant  à 

.  ditioiT  que  de  (<;avoir  en  Phyl 

Les  Mémoires  des  Académies 

ijl  nationales  qu'étrangères;  les  • 

^  naux  des  Sçavans  &  autres  ;  les 

vrages  des  Médecins  ^    des   P 

ciens ,   des  Naturalises  ;  tout  ; 

employé  par  le  fçavant  Auteur  < 

Diâionnaire  &  forme  le  Re 

le  plus  intérefTant  pour  rHiftoii 

la  Nature.  Ce  tableau  fera  utile 

me  aux  Phyficiens  pour  leur  de 

des  idées   de  ce  qu'il  y  a  de 


JttillU  l'jtl.  1509 

Par  M.  le  Comte  de  la  Ctpïdt^  Co- 
lonel au  Cercle  de  Weftphalie  ;  des 
Académies  &  Sociétés  Royales  de 
Rome>  Srockolm  ,    HeiTe-Hom- 
bourg  ,  Munich  ,  Dijon.  A  Paris  , 
de  rimprimerie  de  Monsieur. 
1781.IV0I.  iV8^.de375&  390  p. 
Cet    Ouvrage,   d'un   Phyficicn 
liabile^  contient  feize  Mémoires  fur 
tes  tSizl^  &  les  mouvemens  de  la 
matière  éleârique^^les  tremblemens 
de  terre  »  la  grcle ,  les  feux  follets  y 
Tinfluence  de  Téleâricité  &  du  ma- 
gnétifme  fur  les  animaux  &  Tin- 
fluence  de  Téleâricité  fur  la  végé- 
tation; enfin  9  fur  Téleâricitc  de  la 
lumière  &  des  aurores  boréales.  Il 
donne  une  théorie  de  Téleârophorc 
de  Voira ,  avec  lequel  il  a  fait  des 
expériences  curieufes ,  de  même  que 
dans  d'autres  parties  de  la  Phyd^uo 
relatives  à  l'cleâricité. 

Atlas  portatifs  pour  fcrvir  à  l'in- 
telligence  des  Auteurs  clafliques^ 
par  M.  Gnntt  ^  ProfefTeur  de  TUnir 


X  5 1  o  Journal  des  Sçavàns  , 

verfité  de  Paris  ^  au  Collège  de  L!» 
fieux. 

:  Cet  Atlas  y  coxnpofé  dVnviron  xo 
Cartes,  faites  par  M  Bonne  ^habile 
Çéograplie.,  fera  fuivi  dHine  defcrîp- 
tjon  géogrsipbiqtie  adaptée  à  ces  Car* 
tes ,  &  qui  eft  aâucllemenc  fou9 
prellie  ;  les  Cartes  font  très-bien  gra- 
vées 9  elles  font  d'un  format  porta- 
tif, &  cependant  aiStz  grsuid  pour 
que  les  écoliers  y  trouvent  tous  les 
endroits  dont  il  eft  parlé:  dans  leurs 
Auteuris  claffîques.  Chaque  Carte  eft. 
double,,  une  pour  l'état  ancien  >  une^ 
pour  le  moderne  ;  elles  ne  coûtent 
que  1 1  C  chacune ,  &  dans»  chaque* 
année  on  n'en  voir  qu'uo  certain* 
nombr-e ,  ce.  qui  augmente  peu  la 
dépenfe  desrclailèsi  enfortc  qu'clJes 
(ont  à  la  portée  de  tout  le  monde». 
Cet  Ouvrage  ne  peut  manquer  de 
donner  dans  l'Uni  verfité  pUis  d'aâi-t 
vite  à  rétude  delà  Géographie ,  qui 
eft  une  des  plus  importantes,  pour  la 
îeunelTe  ;  auSi  ce  projet  déjà  adopter 
par  les  Profeflcurs  de  laFaMté  deti 


Juillet  l'jii.  ifLt 

Arts  j  a  été  approuve  par  le  Tribu- 
nal jnême  de  rUniveificé  »  !•  prp- 
jnict  Mai  1C779-» 

>  Poriraii  de  M.  Dorai  ^  en  Mé- 
daillon^ environné  des  amours ,  6c 
foutenu  par  une  Mufe,  au  milieu 
de  Cyprès.  A  Paris, .chez  Fcflard,. 
âraveur^  rue  &  ifle  S.  Louis  ;  8c 
chez  Née,  rue  des  Francs  -  Bour- 
geois ^  Porte  S».  Michel*  Ce  Portrait 
eft  crçs-ceiTenihlant  &  les  ornemens. 
çonljpofés  d'une  manière  trè$-agréa« 
ble  ;  on  y  lit  ces  vers  dç  M.  le  £bc* 
y^liex  de  Cubières. 

Pleiuès  Grâces,  ArnoorsT  çxbalez  vos  rc«» 

.    Et;  vcHis^  Mofes,  dans  ces  rçcraice^ 
Vnez  â  Çfs  criftçs  Cyprès 
Surpeadre* vos  Lyres  muettes 
Q  n  eft  plus»  rOvîde  françoiSf 

J^Umtns  dfja.  SçUnce  du  Navi^ 
gaicur.V^i  M.  j* Abbé  Garra  di  sor' 
'fagpity  f  Pj^iftiicur  d'Hydrographie  , 
^  iiayonpe  ,  Çôrefpon4anc  des  Aça« 


1 5 1 1  Journal  des  Sçavam  i 

démies  Royales  de  Touloufe  , 
Bordeaux  ,  &c.  A  Paris ,  rue  d*à 
pbine^  la  féconde  porte  cocher 
droite  par  le  Pont-Neuf,  de  Tl 
primerie  de  L.  Cellot,  gendre 
luccefTeur  de  Ch.  Ant.  Jombc 
Libraire  du  Roi ,  pour  rArtiU( 
&  le  Génie.  1781.  2  voL  in» 
d'environ  100  pages  chacun. 

Comme  cet  Ouvrage  eft  deft 
aux  Elèves  de  la'Marine  niarchanc 
lé  mérite  qu'il  doit  avoir  eft 
clarté  &  la  brièveté ,  en  ralTembl 
d'ailleurs  ce  qui  eft  indifpenfal; 
M.  l'Abbé  Garra  di  Salagoïty  m 
a  para  avoir  fatisfaic  à  ces  corn 
tions.  Je  publie  ce  traité  >  dit  1'^ 
teur ,  avec  d^àutant  plus  de  confiai 

Îiue  je  l'ai  déjà  éprouvé  m'en  en 
ervi  pour  inftruire  des  jeunes  gi 
qui  ne  connoiffoient  pas  les  prem 
rcs  règles  de  l'Arithmétique  ^  &  ( 
après  neuf  mois  d'étude  dans  ; 
clafte  publique ,  fe  Kbnt  trouvés 
état  de  foutenir  des  examens  fur 
difiSrentes  parties- de  la  tiavigacic 


Juillet    I78I.  15^3 

•ÏVous  devons  cependant  avertir  nos 

•'c'éècurs  que  ces  Elémens  ne  com- 

Pf^Hnent  point  la  méthode  des  lon- 

^'^Udes  en  mer ,  par  le  moyen  de  la 

~^^  qui  fait  feule  la  matière  d'un 

^^Vragc    confidérable    que    nous 

^^^ns  annoncé  &  qui  a  pour  titre 

^  ^uide  du  Navigateur  ,  par  M.  Li» 

Nouvelle  Topographie  de  la  Francel 
^^x  M.  Robert  de  Hefeln  ;  N^.  III. 
Carte  de  la  région  de  l'oueft*  Dis- 
cours fur  tous  les  objets  intéreffans 
qui  lui  (ont  propres ,  ou  précis  de  la 
delaiption  générale  des  pays  qu'elle! 
contient. 

M.  Robert  ayant  publié  une  Carte 
de  France  divifée  en  neuf  régions  ^ 
pour  commencer  l'exécution  de  fa 
nouvelle  Topographie ,  a  donné  une 
Carte  de  la  région  du  nord-oueft, 
que  nous  avons  annoncée  >  &  qui 
contenoît  une  partie  de  la  Bretagne* 
Celle  ci  contient  le  refte  de  cette 
Province.  Dans  Texplication  qui 
JuiUci.  Sf  f 


-   ..      .  iUUC    Ull<^     IClliaïUU^    lllipUIlttULC 

1  ,  cft  peur-crrc  utile  de  remettre 

j'  les  yeux  des  trançois. 

jj;     ;  Le  p^us  fameux   Enticpôt  \ 

time  pour  le  commerce  du  f< 
f  Brouage  ;  rnais  on  a  la  if 
porc  ide  cette  ville  dans  un  ét< 
dégradation  depuis  nos  guerre 
viles ,  &  Tair  y  eft  devenu  pcl^ 
^ i.^  bre  p^  la  nature  du  Col  marées 

qui  l'environne.  On  voit  da 
Diiftiônnaire  du  Commerce  j 
Sttvari  9  la  Pancarcç  des  taxes  n 
pliçesjqueijpîE^yc  cette  denrée  pti£ 
fous  IcS'Oaofis  de  droit  du  Roi 
cieos  droits  domaniaux  .&  droi 
divers  pacciculi^r^  A  oiefure  ( 


Juillet  1781.  îjrç 

Loiire  jujqu'à  la  Scudrc ,  actefle  par 
des  mooUmeos  encpre  fubÇftans  ^ 

Jupvcecce  diminution;  des  Talincs  cft 
éjà  de  près  des  deux  riers  \  d'apcres 
nations  en  ont  profité  pour  débiter 
des  fels  d'une  qualité  beaucoup  infé* 
fleure  à  ceux  de  cette  contrée  9  que  la 
Nature  avoit  favorifée  au-denus  de 
tputes.  les  autres. 

Le»  célèbre  Cardinal  de  Richelieu 
(poitcnçit  avec  raifon  que  nos  fels  & 
nos  yi3\s  de  ce^  pays  fqrmoient  deus 
ipi^rce;  de  richelfes  plus  réelles  & 

£lus  vaftes  ique  les  mines  du  PctoG. 
l  fçdvoit  auûi  par  quelles  obftruc- 
itQW  Tune  &  1  autre  étoient  mal- 
heureufetnent  dégradées ,  fon  génie 
pénétrant  lui  faifoit  prévoir  que  ce 
saal  iroit  fans  ceffe  en  s'augmen- 
tant  jufqu  à  ce  que  l'excès  du  mal 
fit  enfin  naître  une  volonté  abfolucf 
d'7  remédier. 

Le  Guide  dc^  ceux  qui  veulent  hâ^ 
ùr  ;  Ouvrage  dans  lequel  on  donne- 
les  enfeiaiemens  néccfTaires   pouc 

Sffii 


1 5 1  ^    Journal  des  Sçavans  j 

réuflir  dans  cet  art ,  &  prévenir  les 
£siures  qui  pourroienr  s*y  gliflett  Un 
é\é  au  Roi ,  pdr  ta  Camus-  de  Mé^ 
{lires  9  ArcbiccAc. 

Si  quîd  nevijli  reÛius  ijlis 
Candidus  impirû^  fi  non  ,  kîs  uttre  mccuMU 
Hof.  Ep.  Vl.LiwL..    . 

A  Paris,  chez Jl' Auteur^  rue  du  Foiiti- 
Saint-Jacques ,  au  collège  de  Maître 
Gervais;  chez  Bcnoh  Morin»  à  là 
Vérité.  178 1.  1  vpL  f«-8^.  le  pre^ 
itiier,  de  }xo  P^gcS)  \^  fccond^ 
de  374. 

Un  Arçhiteûc  habile*  définté- 
rcflf^,  a  cru  qu'il  éroiç  de  (on  devoir 
d'éclairer  les  honnêtes  gens  qui  font 
dans  le  cas  de  faire  bâtir,  cVft  lob^ 
Jet  du  Livre  de  M.  le  Camus.  H  lève 
le  bandeau  de  Terreur  qui  couvroit. 
les  yeux  du  Public;  pour  cela  il 
parle  de  tous  les  gentes  d^ouvrages 
qpi  fe  rencontrent  dans  un  bâtiment, 
tels  que  la  maçoiierié  3  la  charpente  9 
la  ferrurerie ,  là  couverture  9  la  pforn*^ 
^cricj  I4  mequiferie  a  la  peinture^* 


JuîlUt  1781.         1517 

la  fdulpture  ^  la  miroiterie  ^  la  vitre* 
lie,  la  marbrerie,  le  carrelage 9  le 
pavé;  &  il  entre  dans  les  détails 
de  CCS  arts.  II  a  tâché  de  faire  con- 
noktc  les  différentes  natures  des 
matériaux  9  les  façons  de  les  em- 
ployer ,  &  les  manières  d'opérer  :  il 
a  donné  tous  les  cnfeignemens  pof- 
fibles  pour  diftinguer  le  bon  &  le 
çiauvais  ouvrage  vil  a  expofé  les  re« 
tours  &.les  fraudes  d'une  partie  dr$ 
ouvriers^  &  \t%  divers  moyens  donc 
jls  (è  fervent  pour  furprendre  les 
Propriétaires  &  \ts  Architeâies.  Il  a 
laie  voir  les  dangers  de  bâtir  par 
économie  ^  les  inConvéniens  des 
Biarchés  en  tâche  &  en  bloc  y  ain(t 

ÎYâi  ceux  des  tpifés  ,  avec  les  dcve- 
oppcmens  &  ufages  qui  fe  prati« 
queht  aujourd'hui  \  il  a  donné  \t:s 
méthodes  pour  connoître  préci* 
fément  ce  que  coûtera  un  bâti- 
ment conftruit.  Enfin,  il  a  terminé 
fou  Ouvrage  par  dei  ihodèles  dé  de- 
vis des  marchés  pour  tous  les  genres 
d'ouvrages  :  un  ^rchireâe  ne  pou- 

S  f  r  iij 


i 


1^19   journal  aes  ^çavans  f 

voif  faire  un  Ouvrage  plus  uti 
Public ,  &  il  étoic  difficile  d 
éàire.  mieux  que  M;  le  Camuk. 


Oraifon  Funitre  Je  MtJJin  P 
jiugufiin  -  Bernardin  de  RoJJ 
Fleury  ^  Evêque  deChartres^  £ 
Aumônier  de  la  Reine ,  Corn: 
deur  de  l'Ordre  du  Sainc-El 
&c.  &c.  Par  M.  le  Boucq  ,  E 
de  TEglife  de  Saint- André  de  < 
très ,  &  ancien  Prof^fliur  de  R 
rique  au  Collège  de  là  même 
A  Chartres ,  chez  Michel  Dèsh 
Imprimeur  Libraire  de  Monfci 
l'Evcque ,  du  C  ergc  &  du  Çoi 
^  rue  des  Changes ,  à  la  Provid 

&  fe  trouve  à  Paris^  -chez  Bal 
Libraire^  rue  du  Petit-Lyon , 
.,y.  bourg  Saint-Germain  ;   &    C 

|;-  Libraire  9  place  Sorbonne.    ] 

*  ■  w  8^.  '91  pages. 


•  Miianges'  tirés  d'une  grana 
hliothique.  ''LctPTt  R.  De  la  ^ 
des  Livtes  frmqoU.  Neùvièm 


y 


Juillet  1781.  1519 

tre.  Livres  de  Politique  du  fcizième 
iîècle.  A  Paris,  chez  Moutard ^  Im» 
primeur- Libraire  de  la  Reine,  de 
Madame  &  de  Madame  la  Corn- 
teflc  d'Airtois,  rue  des  Mathurins, 
hôtel  de  Cluny.  178 1.  in-%^.  Avec 
Approbation  &  Privilège  du  Roi. 

Ce  nouveau  volume  qui  traite  de 
la  Politique^  eft  plus  intéreflant  cn- 
£6xc  &  par  l'objet  &  par  la^manicre 
donc  il  eft  traité ,  que  tous  les  autres 
^ui  compofenc  cette  précieufc  col- 
IcéUon ,  où  Tinftruâion  n'eft  jamais 
lëparée  de  l'agrément ,  &  il  répan- 
dra daDS  le  monde  beaucoup  At 
connoiiTances  ^  de  lumières. 

'  "'  Lt  nouveau  Monde  ,  Poème.  Pat 
fi/l.leSuire,  deTAcadémiedesScicn* 
CCS ,  Belles-Lettres  &  Arts  de  Rouen* 

jlu  fplegherai ,  Colombo  ,  pcr  l'alto  OctanQ 

Lontanc  ii  le  fortunate  Antenne •  • 

•  • ••••    Lunga   mcmoria 

Degnijffîma  di  Poema  t  d'ifloria  ! 

T.Tasso,  Gerus. 

Sffiv 


,1 5  20  Journal  des  Sçavans , 

A  Eleuthéropolis  ;  &  fe  trouve  à 
Paris,  chez  Quillau  Taîné,  lue 
CbriRine  ;  la  veuve  Dachefne»  rUe 
S.  Jacques;  la  veuve  Tiilîard^  rue 
de  la  Harpe  ^Efprit,  au  Palais  Royal. 
1781.  1  vol.  £71-12.  Le  premier,  de 
149  pages  &  les  Préliminaires  31. 
Le  fécond  ^  de  209.  Prix ,  3  liv« 
1 2  r.  broché. 

Effai  JCun  Eloge  hiporique  de  Ma* 
rie  Tkérèje^  ÂrchiduchefTe  d'Autri- 
che ,  Impétattice- Douairière,  Reine 
Apoftolique  de  Hongrie  &  de  Bo« 
hême  ,  PrincefTe  Souveraine  des 
Pays-Bas.  ParM.  Ai *****. 

-1^ O  Deacene!    ViKG. 

A  Bruxelles ,  chez  J.  Vanden  Ber<^ 
ghen ,  Imprimeur  de  feue  Son  Al« 
teflc  Royale ,  rue  de  la  Magdclaine. 
178 1.  Avec  Privilège  de  Sa  Majefté. 
Et  fe  trouve  à  Paris ,  chez  Mérigot 
ic  jcnne.  //2-4®.  39  pages.  Prix ,  i 
liv.  4  f. 


Loxocofme^  ou  Injlrument  propre 


71 


Juillet  178 1.  15  XI 

^  démontrer  les  phénomènes  qui 
opèrent  les  ifairons  &  l'inégalité  des 
jours  9  par  toute  la  terre  ;  le  levet 
•  &  le  coucher  du  ioleil  *,  par  M» 
FUthtux. 

Le  plan  de  cette  Machine  eft  un 
parallélogramme  obliqu'angle^  qui, 
par  fa  forme  feule  ^  indique  l'obli- 
quité  qu'il  doft  repréunter.  Se 
qui  Ta  fait .  nommer  Loxocofme  ; 
deux  planches  verticales  qui  fonc 
élevées  fur  la*  bafe  à  la  diftance  de 
15  ou  1 6  pouces ,  fe  préfentent  à 
l'œil  fous  un  angle  de  23  degrés  \  ^ 

{sortent  deux  cercles  qui  repréfentenc 
'écliptiquc,  &  font  diviles  en  3^5 
jours  ;  un  axe  qui  le  traverCb  porte 
le  foleil  au  milieu  ^  &  tourne  par 
le  moyen  d'une  manivelle  :  cet  axe 
porte  un  chaûis  mobile  fur  les  quatre 
angles  >  afTujetti  par  \zs  deux  mon* 
tans  9  &  qui  9  par  conféquent>  fé 
trouve  redanglc  en  haut  &  en  bas  ^ 
mais  les  angles  deviennent  de  ^^  de- 
grés^,  quand  il  eft  horizontaU  en 
avant  ou  en  arrière  \  les  petits  côtés 

SfU 


Sda  SçmwiSf 

ma  dmx  ponces  &  &(• 
i  appliq'Jci  fct 
rs  ,  pat  coofiqncoi 
»  1  Rcltpriqoe. 

'  d:i  diillB  pofx  le 
e  as  ia  rcCTc  ,  IkjocI  p»rcon(é- 
c  ««  »ns  la  iottc  oa  »cts  ï» 
be.  à  mrfurc  que  roWiqoitédi» 
î;  fî  rrrr:  z  .iz  cô:c  oa  d:  l'au- 
te  =;:i  r3  aa  muJi  dans  I« 
.-: .   5;  l':Ti  r:jr  fa  rt  toutnCï 

-:  .  ."j-:  .=  ;>:;  i.;  cbaiÏÏs  qui  I*^ 

.-.-;.:  T5--.  c:  aus  dtux  mon* 
._rirr"ii-î.:rr,ili:ud=UMa- 

-,  .    îi.     i^r-;l     U    TîîTC    tcpol"* 

,---■  .  ~---^î  fi  :::uanon  daii' 
- .-    --.:  -  .;;-;..:  :ft  a'Jili-maf 

-,-  .,:  .rr  "^^Tsr?  rarirtcÔKiilu 
ï^  r-.-  -■-;;*  .  -Ï-:  iî?  i;jbna.foi« 

■7    -'-;.■;->".- i:::i  CUartsdcctt- 


—  î  ■>.-.;:.;>-  en  voit  cga- 
-r;  i:  t»i  côrés  &  dans 


Juillet   17S1.  15 1| 

'^s  les  fens ,  la  corrcfpondancc  de 
^  tme  aux  difFércns  points  de  Té- 
^iptique.  On  fait  rourner  avec  une 
manivelle  l'axe  .du  milieu;  celui-ci 
<ct  en  mouvement  un  chaflis  qui 
^'te  la  terre  ^  &  par  le  moyen  d'un 
cfect  »  il  eft  arrêté  à  telle  pofirion 
c  Ton  veut  ;  &  de  x]uelque  côté 
I  Ton  foit  9  on  voie  aifémcnt  \cs 
liions  de  récliptiqne>  la  (kuation 
■-^  terre  par  rapport  à  l'équateur  j 

fait  toute  la  aivertité  des  faifoiis 

inégalité  des  jouts.  Et  comme  la 
^  eft  mobile  aulH  autour  do  Ton 

\  on  peut  eh  dirigeant  veri  la 
^te  qui  exprime  le  rayon  folâiré^ 

méridien  de  Paris,  voir  quelle 
are  il  eft  dans  tous  les  autres  pays 

la  terre.. 

On  a  fait  déjà  beaucoup  de  Ma- 
ines  deftinées  au  mcmé  onjct ,  (  il 
*n  a  fpécialement  chez  M.  Fortin. 9 
:  de  la  Harpe  )  ;  l'explication  de 
légalité  des  faifons,  par  le  moyen 

paraliélifmc  de  Taxe  de  la  terre-, 
:  ce  que  l'on  a  le  plqs  de  peine  à 

Sffv\ 


1 514  Journal  des  Sçavàns  , 

faire  entendre  aux  commehçans. 
jVIais  il  n'y  en  a  pas  de  mieux  dif- 
pofée  &  de  plus  commode  9  où  Tef- 
ter  foit  repréfenré  aufli  direébcment 
&  aufli  completrement  que  celle 
de  M.  FUcheux.  Il  eft  déjà  connu 
par  un  Planifphcre  mobile ,  où  il  a 
réuni  toutes  les  propriétés  qu'on 
peut  defîrer  dans  un  inftrument  de 
cette  efpèce  :  Tun  &  1  autre  de  ces 
jnftrumens  ont  été  approuvés  par 
TAcadémie  des  Sciences  «  &  Ton  en 
.trouve  la  defcription  imprimée  chez 
l'Auteur.    . 

Le  prix  de  ce  Loxocofme  eft  de 
iix  louis  9  tout  encaiflfé  pour  la  Pro* 
vince  ,  &  fe  vend  chez  l'Auteur ,  rue 
du  Sentier ,  à  THôtel  de  Madame 
la  Pré/idente  de  Meilay.^ 

Précis  hifloriqm  &  expérimental 
des  phénomènes  électriques  ^  depuis 
r origine  de  cette  découverte  juj'qu'à 
ce  jour.  Par  M.  Sigaud  de  la  Fond^ 
Profcfleur  de  Phyfiquc  expérimen- 
tale^ Membre  des  Académies  de  Po- 


Juillet  1781.  151Ç 

tcrsbourg ,  de  Florence ,  de  Bavière  » 
de  Valladolid  9  de  Montpellier  f 
d'Angers ,'  &c,  A  Paris,  rue  &  hô^ 
tel  Serpente.  741  pages  1/2-8®.  avec 
neuf  Planches  en  taille- douce.  Prix  » 
ê  \\y.  broché. 

;  Nous  annonçâmes ,  dans  notre 
Journal  de  Janvier  1771 9  un  Traici 
de  l'Elei^icité,  par  M.  de  la  Fond  9 
en  413  pages  ^  ce  fçavant  Phyfîcien 
a  vu  9  par  le  grand  nombre  d'Ama* 
teurs  qui  fe  font  adrcflés  à  lui 
'  pour  avoir  les  machines  néceffaires 
a  CCS  expériences  9  &  par  la  manière 
dont  l'Ouvrage  a  été  accueilli  y  que 
cette  partie  de  la  PhyHque  étoit  des 
plus  recherchées,  &  qu'il  falloir  la 
traiter  avec  plus  d*étcndue:  \ts  le- 
çons que  donne  chaque  année  M. 
de  la  Fond ,  le  mettent  à  portée  de 
fuivre  fans  interruption ,  les  progrès 
de  la  fcience ,  de  repéter  toutes  les 
expériences  nouvelles.,  de  faire  exécu^ 
ter  tous  les  nouveaux  infttumcns ,  d'é- 
claircir  chaque  jour  les  difficultés 
des  curieux  ;  c'eft  ^fi  que  Ton  çajcp^ 


^lâ  Journal  Jts  Sçavans y 
ricDt  à  faire  des  ouvrages  aiiffi  corn* 
plets  &  aufC  clairs  qu'il  eft  |ioQibie 
de  les  efpércr ,  &  celui  de  M.  de  la 
Fond  a  ce  double  m^rKe.  Il  a  rouM 
l'étcodue  que  l'on  peut  dcfîicr;  on 
y  trouve  l'hiftoire  de  rEIedricité-, 
depuis  Thaïes ,  qui  connoilToit  déjà 
l'atrTaâion  de  l'ambre  jaune  (Suc- 
dn  Katabé.  £/e(7rH/R }  jufqu'a  M. 
Voira ,  qui  a  découvcir  en  1777  une 
machine  iiitérclTante  nommée  clec~ 
trophore^  dont  on  fait  grand  ufage 
aâucUcmcnr.  La  théorie  de  M,  Fran- 
llin,  pour  l'cxpUcation  du  coup 
foudroyant  y  cft  préfentée  dans  Is 
plus  qrand  jour ,  &  portée  au  dcp» 
nier  degré  d'évidence.  Les  avantages 
de  l'éleflricité  pour  la  guÉiifon  des 
diifcrenies  maladies  y  font  détaillées 
fans  cvagérarion  ,  &  d'après  les  ex* 
périenccs  de  M.  de  la  Fond  lui-mê- 
me, qui  a  la  gloire  de  pouvoir  join- 
dre dans  fon  Livre  «  à  l'explicarion 
de  tout  ce  qui  s'eft  fait  avant  lui^ 
les  perféâions  qui  font  le  fruic  <lf 
ion  cravaii  6c  de  Cbn  habileté. 


Juillet   lygi.  1517 

HiRoîn  du  BaS'Empîre ,  en  corn* 
tritnçAnt  à  Conjlantîn  le  Grand,  Par 
M.  ie  Beau^  Profcfleur-Emcritc  en 
rUniverfuc  de  Paris,  Profcffèur  d'E- 
ïoquence  au  Collège  Royal  ^  Secré- 
taire ordinaire  de  M.  le  Duc  d'Or^ 
iéans ,'  9c  ancien  Secrétaire  Pcrpé»- 
■tucl  de  TAcadémic  Royale  des  In(- 
Wptions  k  Belles-Lettres.  Conti- 
nuée par  M.  Ame'flhon  ,  de  la  mêmb 
Académie  9  Bibliothécaire  &  Hifto- 
riographe  de  la  ville  de  Paris.  Tomes 
XXI  &  XXII.  A  Paris,  chtz  la  veuve 
Defàint,  rue. du  Foin  S.  Jacques'; 
"Nyon  Taîné  ,  Libraire ,  rue  du  Jar- 
dinet,  quartier  S.  André-des-Arci. 
lySi,  Avec  Approbation  &  Privi>» 
lége  du  Roi.  1  vol.  in^M.  Le  pr6- 
itiier ,  de  496  pages  ;  le  fécond ,  de 
532  pages. 

Hijloire  unïverfclle  depuis  U  com» 
tneneement  du  monde  jufqu*à  pri^ 
fent\  compoféc  en  anglois  par  uric 
Société  de  Gens  de  Lettres  ;  nouvel* 
lemenc  traduire  eh  frafiçois  p^t  ucit 


f  ^iS  Journal  des  Sçavans  ^ 

Société  de  Gens  de  Letrres,  enrrthie 
de  figures  &  de  cartes.  T.pmes  XX V-, 
XXVI  &  XX VIL  Contenant  laioicc 
de  THiftoire  Romaine ,  îufqo'à  la 
deftrudion  de  l'Empire  par  les  Turc?, 
ic  le  commencement  de  THiftorre 
des  Carthaginois.  A  Paris  y  chez 
Moutard ,  Imprimeur- Libraire  de  la 
Reine  >  &c.  rue  des  Mathurins^  hô- 
tel de  CIuny.'3  vol.  //2-8^.  178 1. 
'Avec  Approb  &  Privil.  du  Roi. 

Invention  utile  aux  Arts  î^unt 
Compofition  ^propre  au  poli  d*s  mi^ 
taux  &  de  r ivoire  j  par  lefieurPel^ 
letier ,  Ingénieur  «  Machihijle  Pen* 
Jionni  de  S.  A»  R.  Don  Gabriel^ 
Infant  dEfpagne. 

Il  manquoit  à  nos  découvertes  celle 
d'une  compofirion  par  le  moyen  de 
laquelle  on  pût  donner  aux  métaiu^ , 
.&  particulièrement  au  fer  &  à  l'acier, 
.ce  poli  parfait  qui  en  augmente  infi- 
niment la  valeur.  L*Anglctetxe  s*cft 
flattée  de  pofléder  feule  ce  fecret  » 
ôc  ayant  accrédité  cette  idée  »  elle 


Juillet  1781.         1519 

efl:  parvenue  à  vendre  en  France  une 
quanrifc  prodigîeufe  d'ouvrages  dV 
cier.  Exciré  du  defir  d'enlever  aux 
Anglois  une  branche  de  commerce 
qa  ils  font  fraâifier  de  plus  en  plus  ; 
jaloux  de  cot4tribuer^  auranc  ou'il 
'  eft  en  lui ,  au  progrès  des  Arcs  de  (a 
Pacrre,  le  heur  Pelletier  ^  déjà  connu 
par  rinvtntion  de  plufieurs  ouvrages 
de  méchanique  qui  ont  reçu  le  fuf- 
frage  de  TAcadcmie  des  Sciences  de 
Paris  »  s'eft  appliqué  à  découvrir  le 
moyen  de  procurer  atix  métaux ,  ic 
iurtout  au  fer  &  à  Tacier  ^  ce  poli 
parfait  fi  defiré  6c  fi  recherché  ;  il  a 
été  aflcz  heureux  pour  parvenir  «1  (on 
but,  &  le  fuccès  à  même  paile  fcs 
cipérances. 

Il  a  inventé  une  Compofition  ^ 
qui  5  par  un  procédé  fimple,  fore 
prompt  &  peu  difpendieux  commu- 
nique à  ces  difFérens  métaux  un  poli 
parfait  ;  elle  fert  aufld  à  nétoyer  Ce 
entretenir  les  ouvrages  fairs  avec  les 
mêmes  matières.  Enfin  y  lorfqu'on 
retend  fur  un  cuir  ordinaire,  elle 


193^    Journal  des  Sçovans^ 

donne  aux  Tafoirs  le  tranchant  le 
plus  vif. 

:  Elle  eft  donc  de  la  plus  grande 
milice  aux  Orfêvres  ,  Horlogers  ^ 
Planeurs  9  Serruriers  ^  Arquebufiers^ 
Couteliers  &  autres  y  qui  tabritjuenc 
des  ouvrages  auxquels  ii  eft  nécef- 
faire  de  donner  le  poli  &  le  tran* 
chant.  Elle  n'cft  pas  moins  utile  à 
ceux  qui,  ayant  de  ces  ouvrages  quels 
qu'ils  foicnt,  défirent  les  confcrver 
£c  les  remettre  dans  leur  premier 
état. 

Cette  Composition  eft  fingulière-» 
ment  propte  à  Tentrctien  des  Armes 
de  Chaflfe  \  de  celles  qui  font  dépo» 
£ées  dans  les  Arfenaux  &  de  toutes 
les  Troupes  en  général.  En  un  ins- 
tant ,  &  à  bien  peu  de  frais,  le  Sol- 
dat aura  la  fatisfadlion ,  en  Tem*- 
ployanr  pour  nétoyer  &  éclaircir  fon 
armure,  de  lui  donner  tout  le  bril« 
tant  dont  elle  peut  être  fufceptible* 
'.  Telles  font  les  principalesproprié* 
tés  de  la  Compolltion  du  (îeur  Pel-. 
letier.  L'on  peut  ajouter  à  fcs  auties 


Juillet  iySié  1531 

avantages  3  qu'elle  donne  le  poli  à 
ri  voire,  quelle  lui  rend  Ion  luftrè 
&  en  efFace  certaines  caches. 
*  La'  diftribation  s*en  fera  à  Ver«' 
ikillei  chez  le  Heur  Langlois  ^  Mafv 
chand  Quincaillier  ^  rue  de  là 
Pompe ,  au  coin  de  la  Place  Dau« 
phinc  ;  &  à  Sainr-Germain-en-Laye  » 
chez  l'Auteur,  tue  de  Poifly,  vis-à« 
vis  celle  de  Noailies,  maifon  dit 
ficur  Aiffe,  au  Soleil  d'Or. 

Quant  à  la  manière  de  fe  fervir 
de  cette  Compo(ition  ,  elle  eft  fore 
£mple.  Il  ne  faut  que  la  détremper 
fivec  de  l'eau  ,  &  en  étendre  une 
très-perire  quantité  avec  un  pinceau 
fur  la  pièce  que  l'on  veut  polir  èc 
«étoyer  ;  après  quoi ,  frotter  cette 
-fxhcé  avec  un  petit  morceau  de  boi^ 
l]e  noyer  pu  boi$  blanc;  coller  fur 
\t  revers  du  même  mbrcccTu  de  bois 
un  cuir  doux  légèrement  enduit , 
«vçê^lequel on  achève  depcrfoâion» 
ner  le  poli;  8c  fi  la  Compofition' 
éroir  trop  épailTe^  il  ne  faudroit 
mettre  qu'un  peu  d'eau» 


3 1  Journal  des  Sçavans , 

L'on  trouvera  aux  Entrepôts  ces 
outils  préparés ,  pour  la  commo^ 
ité  de  ceux  qui  voudront  s'épar^ 
rtitt  la  peine  de  les  faire  eux-mft^ 
mes.  Quelque  certains  que  foient 
les  effets  de  fa  Compofition ,  le  fieur 
Pelletier  a  dcfiré  d'en  prouver  ^  pat 
Texpérience  même ,  la  grande  uri* 
lité.  Ceft  dans  cette  vue  que  y  par 
ïa  voie  du  Journal  de  Paris,  N^-« 
92  ,  en  la  Feuille  du  Lundi  x  Avril 
178 1 ,  il  a  invité  les  Amateurs  des 
-Arts,  8c  en  particulier  Jes  Syndic 
&  Dépurés  des  Communautés  de 
Méchaniciens  ,  Hoilogers  >  Orfé 
vrcs  ,  Planeurs,  Serruriers,  Arque 
bufiers  ,  GDUceliers ,  Merciers  ,  Fer 


blantiers ,  Tabietiers  ,  &  des  autre      ^ 
Communautés  qui  fabriquent  &  â^^^ 
bitent  des  marchandifes  de  fer,  d'a^« 
cier  8c  autres  métaux  ,  de  lui  proci-7<- 
rer  l'avantage  de  faire  ,  devant  eux  1 
l'expérience  des  effets  de  fa  compo- 
fîrion« 

Par  un  Avis  public,  imprimé  & 
affiché  dans  la  ville  de  Verfailles ,  le 


P  Juilltt   1781.         153) 

K        ^S  du  même  mois  d*Avril^  il  a  fâic 

F        f^'fêoie  invitation  à  Meneurs  les 

^^cierk^Militaires  &  Amateurs  des 

'^ti: en  outre,  il  leur  a  préfenté 

^  mirofrs  d*acier  poli  avec  fa  Com« 

r^^cion ,  principalement  utiles  pour 

j[^*     -télefcopes  &  microfcopcs  ;  un 

M^i  garni  de  deux  grandes  règles 

^^iet  à  moulure  9  avct  des  équer* 

^  ^"  '"faits  avec  la  nouvelle  machine  de 

^  ^^  invention ,  approuvée  &  reçue 

5    ^  TAçadémie  Rx>yale  des  Sciences 

Paris ,  pour  perfcâionner  les  ca*^ 

^s  des.  lufils.  Enfin  9  il  leur  a  Biit 

3r  un  nouveau  fufîl  aufli  de  fon  in« 


^tion  9  propre  pour  le  fervicé  des 

^^upcs  &  pour  la  Chaffe ,  dont  la 

^^^^rinc  fc  démonte  &  le  remonte 

^^ns  une  féconde.  Il  a  eu  la  fatisfac- 

^^n  de  voir  que  le  Public  9  tant  à 

*^aris  cju*à  Verfailles,  s'eft  empreflfé 

^*âtre  témoin  de  ks  efforts ,  &  les 

Aifiàteurs  les  plus  éclairés  ont  biea 

>oulu  applaudir  à  toutes  fes  découds 

vertes*  '■'  r  ■ 


X  j  3  4  Journal  dis  Sçavans  » 
.  Le  fieur  Pelletier  ,  deiiranc  fàcilt- 
tCT  Tacbat  de  Gi  Compoikîon»  pré* 
vient  qu^indépeodanunêtn:(les(bou« 
teilles  au  prix  de  6  livres^  on  en 
trouvera  des  paquets  à  Tes  Entrepôts 
au  prix  de  3  livres.^  qui  contiens* 
dronc  la  moirié  de  la  quantité  ren4 
fermée  dans  chaque  boucciUe» 
•  Le  (leur  Piclicti^r  annonce:  qu'afin 
de  prévenir  tiuite  espèce  de  contce<» 
&âion>  les  ériquetes  jcoUécs.fur  cha* 
ue  bouteille  &  paquet  £btont  (ignés 
e  lui  &  empreints  d'un  cachet  p;»2> 
tant  fon  chifitp  &  fon  nom« 


2 


^  Difcou^s  puUU  fur  Uf  Languei 
in  général  &fur  la  iMngmfrançdft 
en  particulier  ;  fuivi  de  notes  înÂruc- 
tives»  prononcé  par  M.  de  Villtrf 
coutt ,  ci-devant  Profeflcur  à  la  Cour 
de  Bavière*  A  Paris,  chez  l'Auteur^ 
rue  des  Prouvaires ,  maifon  du  T«iii« 
turier ,  au  prehiier  ;  la  veuve  Du^ 
cbefne  »  rue  S.  Jacques  ;  Durand,  ne* 
veu  ^  rue  Galande  ;    Celldt  .^ .  rue 


Juilltt  178 1.  lyjj 

Dauphînc.  Avec  Approbation  &  Pri- 
vilège du  Roi.  Vol.  i/i-8°.  de  13Ï 
pages. 

M.  de  Villencourt  tient  tous  les 
JOUIS  9  gratuitement  ou  non ,  des 
Cours  aélocution  &  d  orthographe 
françoife  9  chez  lui  >  rue  des  Prou- 
vaires,  malfon  du  Teinturier,  au 
cïremicr;  &  chez  M.  Rolland ,  Pein- 
r'c,  rue  &  porte  STïïacqucs  ^  niai« 
fon  de  M.  le  Camus  ^  AKhiteâe. 

Il  donne  auffi  des  leçons  en  ville  » 
£c  moB&re  en  peu  de  tems  ,  aux 
dames  &  aux  dempifelles ,  une  Ré^ 
tfaoridue  frânçoiie  9  dont  l'étude  eft 
««(fiiuniple  qu'agféaible. 

Les  Elémens  raifohnés  de  la  lan* 
'uc  firançoife  &  le  Traité  complet 
[*orcographe ,  de  M.  de  Villencoutt» 
foAC  ibus  prefle»  - 


IJJ< 


TABLE 

DES    ARTICLES   CONTENUS 

dans  le  Journal  du  mois  de 

Juillet  17  8 1. 
• 
TTi  ST  o^iJtE  de  VAcaièmu 
XJL  RoyëJê  dts  Infcriptions  &  Bel* 
Us-Lettres.  ^347 

Obfervations  fur  FEdit  des  Hy^ 
pothiques  du  mois  de  Juin  ijjt* 
Par  Mm  Brohard.  ^39^^ 

ffijioire  de  la  Franie  MirlMonétU^ 
Par  M.  Giraud'Soutavie.         13  99 

Lettres  de   William  Coxt  à  W. 

Melmath.  14 12 

_    Extraits  divers.  143  a 

Plan  d'un  Ouvrage  fur  VHiftoin  A 
Littéraire.        ^  •        1487 

Nouvelles  Littétiùres.  ^497 

Fin  de  la  Table» 


LE 

JOURNAL 

DES 

SÇAVANS, 

—  POUR 

VjîNNÈE  m.  dcc.  lxxxu 

A  O  U  s  T. 


A    P  A  R  1  Si 

Bareau  du  Joarnal  de  Paris,  tue  de  Grenella 
•  S.  Honoré,  prés  celle  da  Pélican. 

Il  ^ 

M.  DCC.  LXXXI. 

AViC  PRIVILEGE  J3U  ROI, 


— 1^— .      Ml 


AVIS. 

C/jv  s^aBonne  pour  le  Jour 
DES  SçAVAVS  au  Bureau  du  j 
nal  de  Pa^is ,  rut  de  GreneU 
ffonori  ;  &  c^efi  à  tadrejfe  4u 
reBeur  4(^  ce  Journal  qt^il  fau 
voyer  la  objets  relatifs  à  celu 
SçavanSf  Le  prix  de  la  Soufcrij 
de  Canniç  efidc  iS  liv.  pour  Pi 
&  de  20  Uvb  l^ff  pour  la  Provl 
foii  int-i  X  ou ip-4^.  Lf  Jour, 
DES  S ç ÂV AK s  (tjl compofc  de 
0or{e  Cahiers  ;  U  en  paroît  un 
ftu  mois  j  &  deu^  en  Juirz  Çr  fa 


c   • 


3fi>«  X*  X*  .<*    A,    w.i  #/,  *.»,  at.ij 

J\\    «X    #^    «>      ^^       i(#    t#    x>     [V 

îll^  X»  X»  >#  ^T^  #x  »x  *x  ;^K 

LE 

JOURNAL 

DES 

S  Ç  A  V  A  N  S. 


AOUST.  M.  DCC  LXXXL 

y'O  TAG  B  dans  les  mers  de  [Inde  , 

'  fait  par  ordre  du  Roi ,  à  focca* 

fion  du  Pajfage  de  Vénus  fur  le 

'  Difqut  du  Soleil  ^  le  6  Juin  lyCi 

f  &  le  2  du  même  mois  iy€^.  Par 

M*  le  Gentilj  de  rAcadémic  Royale 

des  Sciences.  Imprimé  par  ordre 

de  Sa  Majcfté.  Tome  fécond.  A 

Paris ^  de  rimprimeric   Royale, 

lySi.  I  vol.  lis- 4^«  de  844  pages 

f  ec  figures. 


[LE  Gentil  a  déjà  oublié 
•  le  premier  volume   ae   fcs 
i4/.  Tttij 


i 


154^  Journal  iti  Sçavaas  , 
Voyages ,  &  nous  en  avons  rendu 
ctompce  dans  notre  Journal  de  No- 
vembre 1779.  Celai  que  nous  an- 
norçons  en  cft  la  fuite;  &  renferme 
les  troilîème ,  quatiième  ic  cioijuiè- 
me  ou  dernière  Partie*  Dans  la  tioî- 
licmc,  qui  contient  une  hiftoire  des 
ifles  Philippines,  M-  Iç  Gentil  s'if^ 
rend  beaucoup  fur  ie  phvfîqùe  &  fur 
le  moral  de  ce  pays*  Ce  qu*il  dit 
enfuiie  Az  l'ille  Madag^fcar  n'efl  pat 
moins  intttciranr.   Il  parle  aufîî  des 
iilcs  de  Fiance  &  de  Bourbon  ,  qui 
nous  font  plus  connues.  On  fçait  qu'il 
a  demeure  long-tcms  dans  rourei  ce! 
iflc'.  A  ces  détails  ,  lemplis  d'obfei 
valions  phyliques  &  aUronomiqci 
il  joint  un  Supplément  qui  rentêrn 
tine  partie  de  (a  corrclbondance  ' 
Içtirct  avec  M.  de  la  Nux ,  Corr 
pondant  de  l'Âcvidémie  Royale 
Sciences.  •     .      , 

Les  Philippines,  fréquentées 
puis  bien  des  années  par  les  £ 
pécns ,  n'en  font  pas  plus  conr 
parce  que  k^  ECçaçpols  en  dén 


Août  1781.  t54t 

iux  autres  nations.  Ils  n'en  furent  pas 
plutôt  les  maîtres ,  qu'il  y  pafTa  un 
grand  nombre  de  Religieux  de  dit 
férens  Ordres  pour  y  prccher  la  Re- 
iigion^riirctienne  ,  &  ces  Religieux 
continuent  de  s'y  Rendre  ,  ce  qui  cft 
très-coûceux  au  Roi  d'Efpagnc.  On 
artura  à  M.  le  Gentil  que  ce  Prince 
payoit  pour  le  voyage  de  chacun 
d'eux  cinq  cens  piaftres  (1615  liv,). 
Chaque  Ordre s'cft ,  pour  ainfi  dire , 
empare  des Tliffcrentcs  provinces  de 
Ces  i fies  ,  &  y  commande  en  quelque 
forte.  Ces  Religieux  ont  app:is  la 
langue  des  différons  peuples  des  Pui* 
lippmes  ;  mais  ils  n'on:  point  çn. 
feigne  à  ceux-ci  le  caftillan,  ahn  de 
fc  rendre  les  maîtres  abfolus.  Les 
Religieux  de  ces  difFcrens  Ordres 
ont  fait  l'hiftoirc  de  leur  province  t-tt 
trois  ou  quatre  volumes  in-folio,  iM. 
le  Gentil ,  dans  ce  qu'il  dit  des  Phi- 
lippines ,  s'cft  attaché  particulicre- 
iTicnt  à  celle  que  les  Francifcainsont 
publiée  à  Manille  en  1738  ,  parce 
qu'c'lc  palFe  pour  la  plus  exade, 

T  t  t  iij 


1542  Journal  des  Sçavans  5 

Cet  Archipel  a  plus  de  300  lieues 
dti  nord  au  fud  ,  &  environ  190  de 
i'eft  à  l*outft  ;  il  renferme  une  pro- 
diî^jeufe  quantité  d*ifles ,  parmi  Icf* 
quelles  il  y  en  a  quinze  principales; 
celle  de  Luçon  ,  où  eft  Manille ,  eft 
la  pins  conndérable.  Le  nombre  de 
ces  ides  varie  à  caufe  des  fréqucns 
trcmbUmcns  de  terre  qui  y  arrivent, 
&  qui  font  H  violcns  qu'i^ls  englou- 
tiffeni  les  plus  hautes  montagnes.  En 

1675  '  ^^"^  ^''^^  ^^  Mindanao  ,  il 
s'ouvrit  une  bouche  effroyable  à  la 
pente  d'une  des  montagnes  \t^  plus 
élevées ,  &  la  mer  envahit  uneéten* 
due  immenfe  de  terrein.  Il  y  a  dans 
CCS  iflc  une  grande  quantité  de  vol- 
cans qui  jettent  des  âammes;  il  fe 
forme  fouvent  des  ifles  &C  quelques- 
fois  la  mer  fe  retire.  De  plus ,  les 
pluies  confidérables  &  Ics'ouragans  • 
fréqurns  y  occafionnent  de  grands 
dcfoidres,  'loures  ces  caufes  réunies 
font  croire  à  M.  le  Gentil  que  le 
nombre  de  ces  ifles  eft  plus  grand 
aduelkmeac  qu'il  ne  Tctoic  aucr> 


ji^ûe  178  r«  154} 

fois.  Celles  )ui  font  balTes  ont  été 
vifibitmcnc  formées  aux  dépens  des 
plus  élevées.  On  prétend  que  les  Chi- 
nois &  les  Japonois  y  trafiquoienc 
avant  que  les  Èfpagnois  les  cuilcnt 
découvertes. 

M.  le  Gentil  s*étend  fur  le  climat 

te  la  tempéiature  des  Philippines  , 

fur  leur  fol,  leurs  volcans,  leur  ferr 

f  jlité ,  &  lur  la  langue  des  babicans* 

L'or  fe  trouve  en  abondance  dans 

toutes  ces  ides.  M.  le  Gentil  rap* 

porte ,  d'après  le  témoignage    des 

gens  du  pays  »  que  la  quantité  qu'on 

tiroit ,  loit  des  mines ,  ioit  des  fa* 

blés  des  rivières  ,  motitoit  à   deux 

cens  mille  piadres  année  commune. 

Les  Efpagnois  j  qui  ne  s'appliquent 

Doint  au  travail  des  mines,  fe  con^ 

entent  de  recevoir  Tor  que  leur  ap- 

ortcnt  les  naturels  du  pays. 

Ceux  des  Indiens  de  l'ifle  de  Lu- 
>n ,  qui  r/ont  point  fubi  le  joug 
"S  Efpagnois,  habitent  dans  le  cen- 

'  des  terres  &  vers  les  fources  des 

Jcrcs  où  ils  fe  mainricnncnc  à  Tiibri 

l' 1 1  iv 


1^44  Joutnai  des  Sçavans  f 
de  leurs  montagnes  inacceflibleS. 
Ccd  là  qu*ils  gardent  la  plus  grande 
partie  des  piaftres  que  les  Etpagnols 
ont  portées  à  Manille  depuis  plus  de 
deux  cens  ans.  Ces  Indiens,  après 
avoir  raflTemblé  l'or  des  rivières  ^  det* 
rendent  de  leurs  montagnes,  trafi* 

auent  cet  or  avec  les  Religieux  des 
ifférentes  peuplades  ou  avec  its 
Alcades,  puis  s'en  retournent  dans 
leurs  retraites  avec  les  piaftres  quiis 
ont  rapportées.    M.  le  Gentil  dit 

3u*ii  fc  trafique  ainfi  pour  plus  de 
eux  cens  mille -piaftres.^ d'or;  & 
comme  ce  commerce  dure  depuis 
plus  de  deux  cens  ans ,  il  l'évalue 
a  plus  de  cent  millions  de  livres  ar- 
gent de  France ,  qui  font  englouties 
dans  ces  retraites.  On  lera  (ans  doute 
lurpris  que  c^s  Indiens  trafiquent  de 
Tor  en  poudre  pour  de  Tor  monnoyé 
dont  ils  n'ont  aucun  befoin.  Il  fe^ 
loît  plus  naturel  qu'ils  échangcaf- 
feht  leur  or  pour  des  denrées  &  des 
marchandifes  qui  fans  doute  leur  fer 
«•^•cnc  plus  utiles. 


'/ 


^ 


Aàiu  1781  I54J 

M.  le  Gentil  parle  auîlî  des  fruits 
du  pays,  des  oifeaui^  des  poiflbns 
&  des  autres  animaux.  Les  Hiflo* 
riens  efpagnois  diftinguent  les  nacu* 
rcls  de  ces  ifles  en  trois  claflfes.  La 
première  éroit  compofce  de  ceux  qui 
gouvernoienc  comme  Seigneurs  ab- 
folus  ;  ils  étoicnc  policés  jufqu'à  un 
certain  point.  La  féconde  claffc  com- 
prend les  noirs  montagnards  qui  vi- 
voicnt  comme  des  brutes  fur  le  haut 
des  montagnes.  La  troifièmc  ,  qui 
n*étoit  ni  fi  barbare  ni  fi  policée , 
éroit  occupée  du  commerce.  On 
préfume  que  ces  peuples  tirent  leuc 
origine  de  ceux  qui  les  environnent , 
&  on  croit  y  voir  des  marques  évi- 
dentes de  métis  chinois  &  japonois» 
On  prétend  qu*il  y  a  parmi  eux  une 
cafte  d'hommes  qui  ont  un^  petite 
queue  comme  \^%  finges ,  &  on  en 
trouve  une  autre  de  Créoles  bruns 
que  Ton  croit  être  dçfcendue  à.M% 
Malabars  qui  commerçoient  aux  Phi- 
lippines avant  les  Espagnols.  Les 
noirs  paroiffe&t  être  les  anciens  na« 

Tttv 


\ 


1^46  Joantat  des  Sçavam  ^ 
nirels  du  pt^i.  A  cet  RMlitioDS  va- 
gues ,  rapportée)  par  M-  le  Genril , 
nous  pouvons  ajouter  i^ue  plufîcun 
fîc>:les  avant  l'arnirée  dcï  Elpagnols 
les  Chinois  Si  i^s  Indiens  hréquLii- 
toient  CCS  ifles ,  &  que  probiiblenicnt 
pluusurs  j  font  iclîés. 

Sflon  l'hiftoire  d'un  Religieux 
Ft^ncifcain ,  citée  pat  M.  le  Gentil, 
ces  peuples  foDC  en  mcme-rcms  or- 
gueilleux &  humbles ,  hardis  poui 
cnncprendre  les  crimes ,  lachet  & 
poltrons  pour  route  autre  chofê , 
cruels  &:  compàtifTans  ,  parcfTcux  & 
moits  au  travail,  mais  fotgncux  & 
vigilans  à  1  égard  de  leurs  affaîrcn. 
Pour  les  obliger  d'entendre  la  meflè 
les  jours  de  prcceptis,  dit  l'Hifto- 
ricn  fiancifcain  ,  pour  le  conreflcr  âc 
communiei  lorfquc  ta  faintc  Eglife 
rordonnc ,  il  faur  employer  le  fouet 
Se  les  traiter  comme  des  cnfans  \ 
l'école  :  c'éft  ce  que  les  Religieux 
obfeivenr,  ajoute  M.  le  Gentil*  à 
l'égard  des  ftltcs  &  des  femmes, 
rnéiiic  en  préfence  de  leur  mari ,  luis 


Août  178 1.  1547 

M,  le  Gentil  dit  peu  de  chofc  de 
la  langue  &  de  I  écriture  de  ces  peu- 
ples. On  pcnfc  que  leurs  langues , 
qui  diffèrent  peu  entre  elles  y  tirent 
leur  origine  de  la  langue  nialaye  &> 
de  celle  des  Arabes.  Ils  n'ont  que 
treize  confonnes ,  &  un  point  ajouté 
defTus  ou  deffous  tient  lieu  de  voyelle; 
ce  qui  nous  paroit  emprunté  des 
Ar2A>es.  On  ailure  que  quelques-uns 
de  ces  infulaires  écrivoient  ancien- 
nement de  haut  en  bas  &  de  gauche 
à  droite  ;  mtthode  employée  par  les 
Chinois. 

Ils  itc  connoiiToicnt  point  autre- 
tois  d*autre  divifion  du  tems  ,  que  le 
chant  du  coq  ,  le  tems  que  la  poule 
met  bas  fes  œufs  ,  le  renouvellement 
des  feuilles»  la  maturité  des  fruits  SC 
une  lune  ou  luna  Ton.  Il  fcmble  qu'il 
refte  chez  eux  quelques  veftiges  de  la 
circonciiion  ;  mais  les  Moines  punif- 
fent  irès*(évèrement  ceux  qui  ofcot 
la  pratiquer ,  quoiqu'elle  ne.foit  ac* 
compagnée  d'aucune  cérémonie  re- 
ligieufe,  M«  le  Gentil  n'a  pu  aiYbU 

T  1 1  v\ 


1  5^8    Journal  des  Sçavans  ; 

d'éclairciflcmens  fur  Tancicnnc  Re- 
ligion de  ces  peuples. 

II  traite  dans  un  article  particulier 
des  iiles  de  Mindanao  &  Solo ,  & 
cnfuice  donne  une  defcription  éten-  , 
dîie  deia\ille  de  Manille.  Un  tiers 
de  cette  ville  »  fans  exagération  y  cft 
occupée  par  des  Moines;  un  tiers  eft 
défert  &  fans  maifon  ;  dans  l'autre 
tiers  on  trouve  des  maifons  cxtrAnc-  . 
jiient  grandes  ,  dans   chacune  dei- 
quelles  logent  une  ou  deuxperfonncs  . 
ou  une  famille  tout  au  plus.    Quoi- 
qu'il y  eut  alors  dans  cette  ville  deux/' 
Univerfués,  à  peine  j  trouvoit-on .  r 
un  Doâ:cur  en  Théologie.  Tous  les 
anciens  préjugés  des  Ecoles  femblenc 
s'ctre  réfugiés  à  Manille.  Le  tribunal   , 
de^  rinquifîtion  en  a  banni  les  ex- 
périences de  réledficité  ;  &  un  Chi- 
rurgien ,  pour  en  avoir  fait ,  penfa 
erre  traîné  à  ce  tribunal.  Qn  peut 
dire  que  les  Moines  font  les  maîtres    . 
de  Manille ,  puifque  toutes  les  mai- 
fons ,  fi  on  en  excepte  peut-être  cinq 
i  fix ,  leur  appartiennent  Se  ils  fe  font 


Août  i78r.  Î549 

toujours. oppofcs  à  ce  que  la  Cour 
d'Efpagnc  fie  de  nouvelles  fortinca- 
tiens ,    fous  prétexte   qu'il    falloir 
abattre  quelque    églife.   Les  Ingé- 
nieurs qu'on  cnvoyoit  étoicnc  regar- 
des comme  des  hérétiques  &  fur  le 
point  d*ètre   excommuniés.    M.  le 
Gentil  parle  (ouvcnt  de  la  trop  grande  ' 
influence  des  Religieux  en  ce  pays  9 
&  des  inconvéniens  de  leur  grand 
nombre.   «  Les    abus ,   dit-il ,   qui 
«»  naiHcnt  ou  qui  viennent  de  Thorn* 
••me,  doivent  être  réprimes  pour 
i^»  rendre  plus,  refpedable  un  état , 
.»  i|ui  3  faint  par  lui  -  même  &  bien 
M  entendu  ,   ne  peut  que  rendre  les 
«hommes  meilleurs  en  Its  rendant 
v»  plus  fournis  aux  loix  divines  &  hu- 
a>  maines.».  Pans  tout  ce  qu'il  dit 
du  gouvernement  de  Manille  »  on 
voit  combieO'-ees  ReWgicux  font  re- 
fraâaire^  aux  ordres   de  la   Cour 
d'Efpagne,  &  dans  quelle  fervitude  , 
ils  tiennent  les  habitans. 
.    M  le  Gentil  entre  dans  de  grande 
détails  fur  le  commerce  de  Manille) 


1550  Journal  des  Sç^vatiS  t 
fuT  le  galioD  d'Acapulco  qui  en  part 
tous  les  ans  pour  aller  en  Am^ritjue, 
&  fur  dlAï^rcns  autres  objets  très- 
curieux,  mais  fur  Idcjuels  il  feroic 
trop  long  de  noui  arrêter. 

Dans  la  quatrième  Partie  de  ceC 
Ouvrage ,  il  parle  de  l'idc  de  Mada- 
gafcar ,  qu'il  dit  être  une  des  plus 
belles  iftes  qu'il  ait  vues  pendant  ton 
voyage,  &  très- iatéicfl'anre  pour 
nous  par  fa  ticuaiJonr  piefque  aulll 
avanTagcufement  placée  pour  le 
commerce  que  l'iflc  de  Luçon.  Les 
cens  du  pavï  nomment  cette  iflc 
Madecûffe^  Si  on  prétend  que  Pto- 
lemée  i  a  connue  lous  le  nom  de 
Menutkias  :  elle  a  eAViron  ilio 
lieues  en  longueur  fut  environ  80 
en  largeur,  EUccftà  70&  lOO lieue* 
de  Sotala  &  de  Mozambiqui-  en 
Afrique.  Elit  comprend  pluGcurs 
belles  &  grandes  provinces»  gou- 
vernées par  plufi^urs  petits  Piincef 
qui  font  perpcrucllcment  en  guerre. 
Nous  y  avons  tU  autrctbis  des  éts- 
'  Jiâcmens  \  nuù  U  manicre  doM 


Août  178 1.         lî^i 

nous  nous  fommes  conduits  envers 
les  habirans  nous  en  a  fait  chaflfer. 
M»  le  Gentil  a  fait  plufieurs  voyages 
de  l'ifle  de  France  à  cette  ifle  ,  dont 
•il  rend  compte  ^  &  il  fait  en  même* 
tems  plufieurs  obfervatipns  impor- 
tantes pour  la  navigation. 

On  trouve  à  Madagafcar  deux  ef- 
pèces  d'hommes,  toutes  les  deut 
.noires,  qui  diâFèrent  feulement  en 
ce  eue  Tune  ,  pareille  à  celle  d'Afri» 
que  ou  de  Mozambique ,  eft  très- 
noire  &  a  de  la  laine  à  la  tcte  ;  cette 
dpèce  eft  en  général  forte  &  vigou- 
fcufe  ;  l'autre  elpèce  ,  qui  habite  le 
centre  ou  le  milieu  de  Tifle ,  n'eft 
pas  (\  noire  ;  (a  couleur  eft  plus  bron- 
zée ,  &  elle  eft  remarquable  par  de 
grands  cheveux  long<;  &  plars.  Ceux 
de  cetfc  efpèce  n'ont  point  le  nex 
écrafc  s  &  ont  une  phylîonomie  eu» 
ropéennç  ;  ils  lont  délicats  &  fol« 
blcs  ,  &  on  ne  Jes  eftime  point  à 
l'iflc  de  France  s  cependant  ils  font 
beaucoup  plus  (pirituels  &  plus 
^adroits  que  IcV  autres»  On  Us  hjcivOp 


jj^t  Journal  Ju  s çavant  j 
me  Oves  dans  te  pay«  ;  &  ce  qu'il  y 
a  de  remartjuablc ,  dit  M.  le  Gentil , 
c'cft  que  CCS  Ovet  ont  unc,cfpÈcc  de 
lefTcmbtancc  avec  les  Egyptiens  Se 
les  Chinois  dans  l'air  &  tes  [laics  du 
vifage. 

Scion  M.  deFlacouTti  dont  Ja 
Bclarion  cil  impiimée  cd  i  ^f  i  ,  on 
trouvoit>  de  Ton  tems,  dans  cette 
iûe,  deux  cfpèccs  d'hommis  ,  les 
blancs  &  les  noirs;  ces  blancs, 
les  mêmes  que  les  Tougcs  ou  bron- 
zes ,  écoient  divîfcs  en  trois  cal^ 
tes.  Quelques-uns  les  font  defcen- 
dre  des  Arabrs  -,  les  deux  premières 
caRes  paroilîVii:  éteintes.  M.  le  Gen- 
til eft  porté  à  croire  que  les  Oves 
dont  il  a  parlé  font,  fuivant  les  ap- 
parences ,  une  race  abâtardie  &  dé- 
générÉe  des  Arabes,  qui,  depuis 
tin  tenis  immcinoriat,  fréquentent 
cette  illc. 

Suivant  M.  Commerfbn ,  on 
trouve  dans  les  hautes  montagnes  de 
l'intérieur  de  Madagafcar  une  ni< 
rion  dePygniécs  appeilcesKimoircs: 


Joui   178 1.  1553 

maïs  M,  le  Gentil  atteftc  qu'il  cft 
faux  qu'il  y  ait  au  Fort  Dauphin 
aucune  tradition  de  Pygniées  adluel- 
Icmenr  exidans  à  Madagafcar  ;  il  dit 
n*en  avoir  jatiiais  entendu  parler,  & 
conclut  que  c*eft  une  hiftoire  renou- 
vellée,  dont  Flacourt,  hiftoricn  vé- 
rjdique  ,  avoir  conftaté  la  faufTeté* 

Quoique  nous*  ftéqucntions  de- 
puis long-tcms  cette  ifle ,  nous  con- 
noiflbns  peu  les  mœurs  &  le  génie 
de  fcs  habirans ,  &  t'efl:  peut-ctrc 
faute  de  les  cônnoîrre  aiTez  que  nous 
n'ayons  pu  jufquà  prcfent  y  conler- 
vcr  nos  érabiifî'cmens.  Dans  ce  pays , 
les  propriétaires  n'ont  pas  befoin  de 
ferrure,  pcrfonne  ne  rouche  au  ma- 
gafin  de  fon  voifin.  Il  n'y  a  que  la 
guerre  qui  autorife  les  plus  fortç.  à 
piller  :  il  cft  vrai  qu'il  taut  peu  de 
chofc  pour  prendre  les  armes.  Ces 
noirs  font  fidèles  &  d'une  exaditudc 
fingulicre  fur  la  configne  qu'on  leur 
donne.  Ils  font  à  la  vérité  méfians,' 
&  ne  vous  laiflcnr  point  en  repos 
qu*ou  ne  ks  aie  payes  dans  le  aïo* 


§554  Jouriuu  icsSçavatiS^ 
ment  qu^ils  livrent  leurs  cSkts.  On 
peur  voyager  (ans  crainte  parmi  euZj 
te  Ton  y  trouve  les  (ccoors  dont  on  a 
bcfoin.  M.  le  Gcmtii  fe  loue  beau- 
coup de  ceux  avec  lefquels  il  a  vécu. 
Dans  le  rems  que  ies  Forbans  an- 
glois  infedoîentles  mers  des  Indes  , 
quelques-uns  de  ces  Anglois  s'éra* 
blircnt  à  Madagascar  »  où  ils  formé* 
;  enr  de  petites  principautés  qui  furent 
long-rems  redoutables  aux  Infulaires* 
Infcnfiblement  cc%  principautés  s*é« 
teignirent  par  la  mort  de  leurs  chefs* 
Comme  ces  brigands  ne  peuvent 
s'allier  qu'aux  femmes  du  pays,  leur 
race  s'abâtardit  peu-  à-  peu  j  &  à 
peine  en  rcde-t'il  aujourd'hui  quel- 
ques veftiges.  La  langue  angloife  y 
eft  totalement  ignorée  ;  la  nôtre  a 
tellement  pris  la  place ,  que  les  chcft 
&  les  femmes  fe  font  très^bien  en- 
tendre. Les  fils  de  ces  Forbans  font 
retombés  dans  la  barbarie  ,  au  point 
qu'un  d'entre  eux  qui,  en  17x1, 
joua  un  aflez  grand  rôle  dans  rifle  , 
avoir  été  obligé  de  s'inftruirc  des 
ufagc  dc^  Euroj'Ctvis. 


Joue  1781*  ijj^ 

""      Il  cft  impoflîblc  &  il  feroit  trop 
long  de  fuivreM.  le  Gentil  dans  touc 
ce  qu'il  dit  des  mœurs  &  des  u-agcs 
de  CCS  peuples,  des  démêlés  qu'ils 
ont  eus  avec  nous^  de  quelques-unes 
de  leitrs  pratiques  dans  les  arts  qui 
font  fort  hmples  &  affez  ingénieufes , 
de  leur  religion  5   &  furtout  de  la 
citconci(ion  qu'ils  obfcrvent  &  qui 
leur  vient  des  Mufulmans. 
^  M.  le  Gentil  penfc  que,  fi  on 
peut  juger  de  la  douceur  d  un  peu- 
ple par  la  langue  qu'il  parle  /  on 
pourroit  affurcr  que  la  langue  Made- 
caflTç étant  fonorc  &  douce,  les  peu- 
ples qui  la  parlent  ne  pcu/cnt  erre 
aufl]  cruels  qu'on  les  a  repréientcs.  Il 
en  citc,quelques  mots  que  nous  rc- 
connoiffons  être  arabes.  Tel  eft  Sa^ 
lama  o\i  falam  y  qui  fignifie  dans  la 
langue  madecafle  bonjour  :  c'eft  en- 
core à  prélènt  le  mot  dont  les  Ara- 
bes fc  fervent  pour  fouhaitcr  le  bon- 
jour. De  même  les  Madccafles  em- 
ployeur le  mot  cabar^  lorfqu'ils  de- 
fnandent  s'il  y  a  quelque  choie  de 


15  s  6  Jourridt  des  SçavattSt 
,  nouveau  :  or  «  en  arabe ,  éabat  oU 
khahar  /îgnific  une  nouvcUe.  Ces 
mots  piouvent  le  fcjour  des  Arabei 
dans  cette  îfle.  Mais  avant  le  paflage 
des  Arabes  ,  les  habitatis  avoient 
leur  langue  qui  ne  tient  point  de 
l'arabe.  Une  paTticularité  de  cette 
langue  des  Madecafics,  pour  cjtprio 
mer  les  fupcriatifs,  connfte  à  alton* 
'  ger  davaf:rage  le  mot  ;  ainfî^^,  qUi 
veut  dire  grand  ^  prononcé  bie  ou 
brèe  <,  (Ignifie  f-ès  grand,  méthode 
qu'on  ne  trouve  piigtes  dans  ciiAnc 
,Jan';;i'e  policée.  Il  fcroit  à  dtfirer 
qu'on  pût  rallVniUicr  un  alTcz  grand 
nombre  de  nio:s  des  liabitans  des 
i/lcs  ;  par  la  comparaîfon  qu'on  en 
fftoit  avec  les  langues  uiiteeï  dans 
les  corttinens  les  plus  voifins  ,  on 
pourroit  juger  de  l'origine  de  ces 
infutaircs.  Mais  il  faudroit,  dans 
un  lemblable  examen  ,  ne  pas  trop 
fe  livrer  aux  principes  de  la  fciencç 
étymologique ,  à  la  faveur  def^uels 
on  veut  retrouver  toutes  les  langues. 
Dans  la  cinquième  Parue  il  s'agit 


Joàt  1781.  i^^j 

des  ifics  de  France  &  de  Bourbon , 
qui  font  aflcz  connues  pour  quei^ous 
nous  croyons  difpcnfés  d'en  parler 
kii  D'ailleurs  il  n*y  a  point  d'an- 
ciens peuples  ;  elles  ne  font  habitées 
que  par  des  François  ;  auffi  M.  le 
Gentil  n  cft-il  occupé  que  du  phyfî- 
que  de  ces  ifles ,  de  leurs  produc-* 
tions  ,  du  commerce  qu'on  y  fait  & 
dé  celpï  qu*on  y  peut  faire.  Il  nous 
fuffit  d'indîquer  ces  objets.  En  gé- 
néral ,  cette  relation  de  M.  le  Gcniîl 
contient,  furies  Manilles,  fur  Ma-* 
dagafcar ,  fur  les  ifles  de  France  & 
de  Bourbon,  des  détails  qu'on  ne 
tfouve  point  ailleurs.  Elle  renferme 
une  multitude  de  recherches  &  d'ob« 
fervations  intéreiTaiites ,  que  la  plu* 
part  des  Voyageurs  ne  font  point  en 
état  de  faire  par  eux  mêmes,  faute 
d'avoir  les  connoiifaiices  &  les  lu- 
mières fuffifantes  pour  bien  voir  5c 
pour  bien  juger»  '  . 

»  Il  nous  refte  à  dire  quelque  chofe 
de  la  partie  aftconomique  de  ce  vo^ 
lume. 


I55S   Journal  dts  Sçavans'i 

M.  le  Gentil  ayant  It^outné  l  M». 
nillc ,  en  a  dcccrminé  la  longitude 
Se  la  larinidc.  Il  y  a  obfcTvé  la  lon- 
gueur du  pendule,  36  po.  Tlig-p^^ 
14  °  34'  de  laricude.  Il  a  fait  Yt  m£* 
me  chofê  à  l'iflc  de  Madagafcar» 
17  "  40'  de  latitude,  où  il  a  trouvÉ 
trois  ou  cinq  centièmes  de  ligne  de 
moins  qu'à  Manille. 

M.  le  Gentil  a  fait  \  llfle  de 
France,  en  17^4»  des obfcivationt 
fur  les  réfradions  «.  &  il  en  rapporte 
les  réfulracs ,  comme  il  avoit  fait  de 
celles  de  Pondichéry  dans  fbn  pre- 
mier volume.  A  cette  occalîon  il  rv 
vient  fur  robfervation  des  Hollai>> 
dois  à  la  Nouvelle  -  Zcmblc ,  donc  ■ 
on  a  beaucoup  parlé  depuis  rannce 
dernière  ;  M.  Lemonnicr  e(l  pcr- 
fuadé  qu'elle  prouve  très  -  bien  une 
rétraâiorî  de  quane  degrés.  M.  le- 
Gentil ,  qui  remarque  plufîeurs&utct- 
dans  le  Journal,  &  qui  trouve  que 
leur  latitude  n*étoit  pas  certaine^, 
croit  pouvoir  rcjetter  cette  obfèiTac 
'U)  utraoïdinaiie. 


'Août  178 1;        15^9 

Les  obfcrvations  de  rinclinaifon 
8c  de  la  déclinailon  de  l'aiguille  ai« 
mantéc  font  en  grand  nombre  dans 
cet  Ouvrage ,  aind  que  les  obferva* 
tions  météorologiques  ,  toujours  in* 
téreflkntes ,  furcout  quand  elles  font 
faites  dans  des  pays  (1  éloignés. 
\  M.  le  Gentil  a  auflS  enrichi  fon 
Ouvrage  de  pluHeurs  Cartes  géo- 
graphiques ,  cies  Philippines ,  d'une 
vingtaine  de  ports  ^  de  la  vi  Ile  deMa- 
nille,  des  côtes  de  Madagafcar, 
des  ides  de  France  &  de  Bourbon, 
&  d'une  Carte  générale  pour  Tiq- 
clinaifon  de  ratguille.  Tout  cela 
iuÂBt  bien  pour  mettre  le  Voyage  de 
liif.  ie  Cc-ntil  au  nombre  des  plus 
litiles  &  des  plus  întérefTans  qu  ;  Iç 
Couvernemcnr  ait  fait  faire  »  &  pouf 
nous  dédommager  des  PafTages  dç 
Vénus  fur  le  Soleil  qui  en  avoient 
été  Toccafion  9  &  que  TApteut  a  eu 
|c  chagrin  de  manquer. 

|[  Extrait  dç  M.  d€  Çfii^ms.  ^ 


l^6o  JjurrLilJes  Sçswaas  i 

L£TTa.MS  iJifiaiats  &  ammfts  kn- 
tes  da  Mijjtans  itrangiru,  Noo- 
Tcli:  E.:i;i  ïo.  Volâmes  VII,  VIII 
&  IX.  A  Puûi  dm  Mérigot  le 
jcuoe,  LibiUTC,  qiui  des  Augot 
tins ,  au  coin  d«  b  me  Pavée. 
178  !•  Avec  Apprabatoo  tcPtit 
Tiiégc  du  Roi.  3  voL  ùt-ii.  Le 
pTîmier  de  456,  le  Hcood  de 
414 ,  Se  le  troiâcme  de  416 
pages. 

ANS  les  volumes  précèdent 
on  a  vu  les  Miflîonnaîres  oc* 
cupés  à  dcilcrvir  les  ^lifei  9c  à  ea- 
lèigccT  les  Chicticns  du  Levant. 
Dans  ceux-ci  il  s'agit  des  milHoai 
de  l'Amcnque ,  qui  font  bieo  dif* 
fcicnret  de  celles  de  la  Tuiquîe;, 
Les  Mi  Hîonoaires  font  obligés  de 
parcourir  des  pa?s  inconnus ,  de 
Vaftes  campagnes  couvertes  de  bois, 

3ui  font  remplies  de  bctes  féroces  Se 
e  peuples ,  pour  ainû  dire ,  auSi 
barbares  ;  &  pour  convertir  ces  pen- 
^  çlei. 


D 


■ 

Août  1781.  15^1 

les  9  il  faut  prendre  leur  manière  de 
ivre,  courir  dans  ces  bois  &  être 
sncinuellemenc  expofé  à  périr  de 
lim  ou  à  iiiv)urir  dans  les  derniers 
jppliccs,  parce  que  l'on  tombe 
>uvent  chez  des  Antropc^bages.  Le 
«âeur  trouvera  dans  ce  Âlecueil  des 
elations  de  routes  \t^  différentes 
onrr^es  de  rAmériqpe. 

Vne  de  ces  Lettres  concerne  le 
ays  des  Natchés  vers  le  Midiûlpi  ; 
Vft  un  des  plus  beaux  &  des  plus 
nrtilcs  climats  de  lUnivers  ^  &  les 
euples  qui  l'habitent  lont  \t^  feuls 
e  ce  continent  qui  paroifTent  avoic 
a  culte  'églé.  Ils  ont  la  plus  grande 
éoération  pour  différentes  figures 
'hommes  &  d'animaux  qu'on  voit; 
ans  leurs  temples.  La  forme  de  ces 
rmples  reifemble  à  un  four  de  terre 
ai  auroit  cent  pieds  de  circonfé* 
mce  :  on  y  entretient  un  feu  per-? 
6tuel«  Outre  les  idoles  on  y  con-^ 
Yve  les  offemens  des  chefs  de  la 
ition  9  &  à  coté  ceux  des  viâimes 
ai  fe  font  fait  étrangler  pour  fuivre 

Aoûi.  Vyv 


K 


l^il  Journal  des  Sfavaiu  , 
leurs  maîtres  dtns  l'autre  monc 
gTftnd  chef  palTe  pour  être  M 
'  foieil  &  porte  le  nom  de  ceè 
Cec  peuples  adoienent  l'immoi 
de  1  ame  des  técompenfts  & 
piinitioDS  dans  un  autre  mondi 
prifonniers  qu'ils  îon*  engncrn 
btdifiaifemcnt  brûlée.  L*  Mi 
naice  décrit  fort  ati  Ibng  tts  R 
&  les  urages  de  ces  barbares,  • 
détails  font  ctlrieuz. 

Dam  d'autrei  Leicres  (và  il 
de  S.  Dominée ,  ce  fout  les  N 
que  les  M^IÎonnaires  c'atttchi 
ctJtivcttir.  L'un  d'tui  is'tSprimt 
à  ce  ïûjêr  :  «  L'idée  v^t  jt  viris 
doRfler  de  en  Nègres  itt  ttn 
toiit>ir>rait  conforme  à  celle-  i\ 
forme  quelques-uns  d*  hOs  coni 
çans  qui  croyant  leur  f^Jtc  bewJ 
d'honneur  de  les  diftingact  du 

jïian  iJés-bctesi-K  qi4  one* 
fcrinff  'à- s'imaginer  qoe  deip* 
fl'ime  tfoiiîrtir  H  diffi^HWc  d«là . 
puiflçnt  êtte  dt  U  Iftiftie  efpèa 
ici  Ëatf)^Ci»t  «•  il  «bfécvt  -^t 


Aoàz  1781.  1^63 

enfans  de  ces  Nègres^  nés  dans  la 
religion  9  en  apprennent  de  bonne 
heure  les  principes  &  les  maximes; 
au  ils  n'ont  prefque  rien  de  la  groC- 
uereté  de  leurs  pères;  qu  ils  ont  plus 
d'efprit  &  parlent  norre  langue  plus 
purement  &  avec  plus  de  faciliré 
que  la  plupart  des  payfans  &  des 
artiians  de  rrance  \  que  ,  quaud  on 
les  a  fixés  par  le  a:ariage ,  il  n'eft 
pas  rare  de  trouver  parmi  eux  de 
faintes  familles  ou  règne  la  crainte 
de  Dieu,  &  rattachement  conftanc 
à  leurs  devoirs,  l  es  Miflionnaircs  fc 
plaignent  de  ce  que  trop  fouvenc  ils 
font  occupés  à  adoucir  la  rigueur  de 
la  captivité  de  ces  malheureux  ef« 
claves. 

Dans  une  Lettre  du  P.  Margar  on 
trouve  une  DifTcrtacion  fur  la  Pin* 
tade  9  dans  laquelle  ce  Millionnaire 
(xaminc  &  rétute  ce  que  M.  Fonta- 
nini  en  a  dit,  eneifpliquant  une  aga- 
the  antique  qui  repréfente  IHs.  L'Au- 
teur examine  d'abord  ce  que  Varron 
dit  de  cet  oifeau  originaire  de 

Vvvij 


1564  Journal  dtsSçavansi 

née  &  porté  en  Amérique  vers  Taii 
1508.  Il  conclue^  contre  le  fenti* 
ment  de  M.  Fontanini,  que  la  Pin- 
tade &  la  Meleagride  font  le  mémo 
oifcau.  Cette  petite  Diflertation  eft 
très-curieufe. 

Le  même  MîflSonnalre  »  dans  une 
autre  Lettre ,  répond  à  une  queftion 
qui  lui  avoit  été  faite  au  fujec  des 
anciens  habitans  ou  des  Indiens  na* 
tureis  de  S,  Domingue,  On  lui  avoit 
demandé  s'il  en  reuoit  encore  quel* 
quelques-uns.  Il  eft  conftanc  9  dit*il  f 
que  lorfque  Chriftophe  Colomb 
aborda  à  l'ifle  Héùti  ^  c*eft  Tanciez 
nom  de  S.  Domingue ,  cette  ifle  ^ 
qui  a  IQO  lieues  de  longueur  fur  60 
ou  80  de  largeur ,  étoif  prodigieu- 
fement  peuplée.  A  en  croire  les  Es- 
pagnols 9  il  n'y  avoit  pas  moins  d'un 
million  d'Indiens.  Dans  les  guerres 
que  les  Efpagnols  leur  firent  ^  on 
voit  des  armées  de  cent  mille  In- 
diens qui  marchent  fous  les  tttv^ 
darts  d'un  feul  Cacique ,  &  il  y  en 
avoit  dans  nflc^^q  à  (ix  dont  U 


f 


^Aout  1781;         1565 

puiiTance  étoir  égale.  De  cette  mut- 
titude  d'Indiens ,  il  n*en  refle  pas 
aujourd'hui  un  feul,  au  moins  dans 
la  partie  françoife  de  Tifle.  Il  n'y  en 
a  pas  plus  dans  la  partie  efpagnole  , 
à  la  réferve  d'un  petit  canton  qui  a 
été  long-rems  inconnu  &  où  quel- 
ques-uns  fe  font  maintenus.  Après 
beaucoup  de  troubles  &  de  perfécu» 
tions  exercées  fur  ces  malheureux 
Indiens ,  après  un  dénombrement 
qu'on  en  fit^  pour  les  réduire  en  fcr« 
vitudcy  il  ne  s'en  trouva  plus  que 
foixante  milles  les  autres  avoient 
péri  dans  les  combats  ou  étoient 
morts  de  mifère.  La  fervitude  à  la- 
quelle on  les  foumit ,  réduiiît  ^  quel- 
ques années  après  9  ces  foixante  mille 
à  quatorze  mille  ^  nombre  qui  di- 
minua encore  au  point  qu'il  n'en 
f  efte  plus.  L'ifle  de  S.  Dominguç  eft 
partagée  dans  toute  fa  longueur  pat 
une  chaîne    de   montagnes  >   dont 

Quelques  endroits  font  environnés 
c  précipices  très-dangereux  &  d'un 
accès  dimcile.  Ce  fut-là.  qu'une  pcr 

.     Y  V  U  j       \ 


:  i  j6(î  Journal  des  Sçova/ts  , 
■  titc  troupe  d'Indiens  alla  chercher  ufl 
afîlc  (fans  les  doubles  montagnes  de 
Pitial,  à  feizc  ou  dix'fept  lieues  de 
la  Vega-Real.  Ils  y  fublîftèrent  in- 
connus pendant  pluiîcuis  années ,  & 
on  cro\oit  Jeur  race  éreinre,  lort 
qu'une  bande  de  chalTeuis  les  dé- 
couvrit. Leur  petit  nombre  Sc  le  pi- 
toyable état  ou  ils  étoienc ,  ne  cau- 
fèrent  pius  d'ombrage.  On  les  tiaita 
avec  douceur ,  &  ils  lépondircnE 
parfaitement  à  toutes  les  avances 
d'amitié  qu'on  leur  fit.  Ils  embra^ 
icrcntla  Religion  chrétienne  &s'ac- 
coutumèrenc  peul-pcu  aux  mtrun 
6c  aux  ulages  des  Efpagnols,  avec 
lelqucls  ils  contraftèrent  des  ma- 
riages. On  leur  permit  d'ailleurs  de 
vivre  félon  leurs  coutumes ,  qu'ils 
gardent  encore  maintenant  en  partie* 
rc  vivant  que  de  chaffc  ou  de  pêche. 
Quoique  les  mifCons  foicnt  le 

rtincîpat  objet  de  ces  difFéicntes 
.ertrcs,  piudîeursMîffionnaires  ce- 
pendant ,  comme  on  le  voit ,  fc  font 
occupin   quclt^uefots    de  quelque 


Août  ij%ù         15^7 

ints  de  Littérature  ^  de  Géogra* 
ie  y  d*Hi(loire-naturclle ,  &  prin- 
alcmenc  des  maurs  des  naturels 

ces  pays  nouvellement  décou« 
ts.  On  peut  juger  par  la  barbarie 
is  laquelle  ces  peuples  font  pion- 
: ,  du  courage  &  du  zèle  des  Mi& 
anaires.  Le  P.  Staniilas  Ârlct ,  qui 

envoyé  chez  les  Canifiens ,  peu* 
;  du  Pérou  ^  pour  y  fonder  une 
(fao^i,  die  que  ces  peuples  fonc 
;  Sauvages  peu  différens  des  bctes 
Jir  la  manière  de  fe  conduire.  Ils 
it  entièrement  nuds  hommes  &ç 
smes  ;  ils  n*ont  point  dç  demeure 
;  )  point  de  loix  ^  nulle  forme  de 
uvcrncmcnt  &  aucune  idée  de  re* 
ion.  Leur  couleur  eft  d'un  bruri 
icé  ;  leur  regard  eft  farouche  & 
oaçant.  Ils  font  continuellement 
guerre  avec  leurs  voifins  j  &  quand 
peuvent  prendre  de$  prifonniers  » 
ils  its  reduifent  à  un  efclavage 
pétuel ,  ou  9  après  les  avoir  fait 
ir  fur  les  charbons  9  ils  les  man- 
it  dans  leurs  feftins,  &  fe  fervenc 

V  vviv 


\ 


1 J  6  s    Journal  Jis  Sçavam ,~ 

au  lieu  de  tafiès ,  des  crânes  de  £cuX 

qu'ils  ont  ainH  dévoies. 

Les  Indims  du  Paraguay  ont  klï 
amenés  au  ChriHidnirmc  8c  civilités 
par  les  foins  des  MifGonnaircs  ;  mais 
ceux-ci  ont  eu  l'attention  ,  pour  les 
confervci  dans  la  pureté  destntrurs, 
de  ne  point  laiffer  pénétrer  chez  eux 
aucun  Européen.  On  obfetve  que  ces 
Indiens  n'ont  nul  génie  pour  l'in- 
veniionf  mais  beaucoup  de  talent 

rour  imirer  toutes  fortes  d'ouvrages. 
'ai  vu  de  leur  façon,  dit  un  Mif> 
iionnaiic,de  très -beaux  tableaux, 
des  livres  imprimés  corredlement , 
d'autres  écrits  à  la  main  avec  beau- 
coup  de  délicatefTci  les  orguos  & 
toutes  fortes  d'indrumens  de  mulïque 
y  font  communs ,  ils  font  des  mon* 
très ,  ils  tirent  des  plans ,  ils  gra- 
vent des  cartes  de  géographie;  en- 
£n ,  ils  escellenc  dans  ions  les  Ou- 
vrages pourvu  qu'on  leur  en  fouc? 
nifTc  des  modèles.  Tels  font  à  pré* 
fenc  des  peuples  qui  étoient  aupara* 
vant  fauvages  Se  batbares. 


j4oûe  1781.  1569 

Dans  une  Lettre  du  P.  Pierre  Lo« 
uno ,  on  trouve  une  defcription  du 
rremblemenc  de  terre  qui  arriva  à 
Lima  9  au  Pérou ,  le  28  Oâobre 
1746.  En  moins  de  trois  minutes 
toute  la  ville  futienverfée  de  fond  en 
Qomble ,  ï  l'exception  de  vingt-cinq 
maifons  ;  cependant  de  foixante  mille 
babitans  il  n'en  a  péri  qu'un  dou« 
ztème.  Au  porc  de  Callao  la  mer 
s'éleva  à  une  hauteur  prodigieufe  6c 
retomba  avec  un  fracas  horrible  fur 
les  terres ,  êngloutiilant  tous  les 
gros  navires  y  jetrant  les  plus  petits 
par  deifus  les  murailles  9c  les  tours  , 
jufqu'à  l'autre  extrémité  de  la  ville , 
renverfanc  toutes  les  maifons  &  le% 
églifes  9  &  fubmergeant  tous  les  ba- 
bitans y  de  forte  que  Callao  ne  fut 
plus  qu'un  amas  conRis  de  gravier 
&  de  fable.  Le  nombre  des  morts 
fur  d'environ  fept  mille. 

On  a  placé  dans  ce  recueil  trois 
Lettres  qui  ne  font  point  dans  la 

fremier  édi'tion.  La  première ,  du 
•  Fcrccira  y  datée  de  Canany  ,  dans 

V  VYV 


f 


1 5  7^  Journal  des  Sçavans  f 

laquelle  il  rend  Compte  en  pea  dç 
mots  de  Térat  de  fa  miflîon.  La  (t» 
conde,  du  P.  Padilla,  du  même 
endroit^  &  la  troifième,  du  P.  Vi« 
vicf ,  qui  croit  au  pays  des  Illinois. 
Ce  pays  til  (îrué  par  le  trcnrc-neu* 
vième  degré  de  latitude  reptenciio^ 
baie  environ  quarante-neuf  de  la  nou- 
velle Orléans.  Le  climat  eft  à-pêu- 
prés  comme  celui  de  France ,  avec 
cette  diflFcrcncc  que  l*hiver  y  eft 
moins  long  &  moins  ;continu.  On 
n'a  que  de  faufles  idées  en  Europe 
de  ces  fauvages  ;  a  peine  les  croit  on 
des  hommes,  mais  on  fe  trompe 
groflîèreracnt ,  (ûivant  le  récit  dU 
Miflionnaire.  Les  fauvages  &  furtout 
les  Illinois  (qnt  d*un  caraâère  For^ 
doux  Se  fort  fociabie.  Ils  ont  de  Fef- 
prit  8c  même  plus  qu:  la  plupart  de 
nos  payfansk  Le  rcfpeû  ne  les  rend 
jamais  timides.  Ils  ont  plufieurs  des 
qualités  qui  manquent  aux  peuples 
civililcs  ,  &  vivent  dans  une  grande 
paix  ,  mais  en  général  ils  font  fort 
parcfïcux  fie  auxvcnt  V*t«x  de  vie.  Le 


jioût  178 1.  I  Ç7Ï 

K®.  volume  cft  terminé  par  une  ta- 
ble des  matières  contenues  dans  le^ 
tomes  Vl^,  VIP.,  VIa^  &  IW 
qui  CDDccrnent  rAmérique* 
[  Exirait  de  AL  d^  Guigrus.  3 

SlfAKE  SPEjêRS  ,   Traduit    dt 

tûngiois ,  diSi  au  Roi.  Par  M« 
U  Tourntur. 

Homo  fum  :  Aumani  nihil  à  nu  alîtnum 
putQ*  Ter. 

A  Paris ,  cbcz  rAurcur ,  ru«  de 
Tournoti  ;  &  cbe%  Mérigot  jeune  ^ 
Libraire  ^  quai  des  Auguitips» 
178  u  kitQ  Ap^obation  8:  PrU 
vilégc  du  RoL  Tooies  7  ^  S  >  9  f 

CE  S  cinq  volumes  contiennent 
les  dfames  hiftotiooes;  ce  n  cft 
pas  ç^\\  n'y  pn  «ôc  «uUi  d'biftori* 
ijtKS  8c  de  rrès-âdèlenKrit  biûorit 
CKics  dan9  -les  vol-um^s  ftéxédensb 
/sfes.  Cifar'Sc  CU^au^\  font  id» 
hiftotfo  niifes  «n  a^ion  &  oà  i'Aut 

V  V  V  v\ 


'Août  1781.  1573 

S&akefpeare  lavoic  fait  fur  plufieurs 
xcgnes  célèbres  de  l'Angleterre. 

Cette  méthode  de  mettre  l'hiftoire 
enaâion  avec  fidélité,  a  un  avan- 
tage inconteftable,  celui  de  la  gra- 
ver dans  l'imagination  &  dans  la 
mémoire  d'une  manière  ineffaçable  9 
celui  de  donner  aux  caraâères  plus 
d:  phyfionomie  &  plus  d'énergie 
par  le  rapprochement  des  traits;  fans  j 
Tien  ajouter ,  fans  y  rien  changer.  Cec 
avantage ,  il  faut  l'avouer  j  e(l  pro- 

Ee  \  TAngleterre ,  du  moins  dans 
\  Pièces  de  Sakelpeare.  Cet  Auteur 
a  mérité  Téloge  qu'Horace  donne  à 
quelques  Poètes  dramatiques  ro« 
mains  qui  ne  nous  font  point  par* 
Tenus. 

NiC  minimum  mifutre  decus ,  vefligia  grecd 
Aufi  difercn  &  ceUirare  domcflica  fa$am 

Pour  nous,  un  vieux  préjugé  nous 
avoir  long-tems  empêchés  de  traitex 
au  théâtre,  finon  l'hiftoire  en  géné- 
tat ,  au  moins  celle  de  notre  pays; 
Nous  avions  fort  mal  lairoont  W 


I 


#574  Journal  des  Sçavàns  y  . 

ce  qui  concerne  l'imitation  des  An« 
cicns.  Les  Grecs  avoienc  traité  des 
Sujets  nationaux ,  &  nous  en  avions 
conclu    que  nous    devions    naitet 
des  fujets  grecs  *,  Horace  avoir  loué 
les  Auteurs  Romains  qui   avoienc 
traité  des  fujets  nationaux ,  &  nous 
cn|avions  conclu  feulement  que  nous 
pouvions  audi  traiter  des  fujets  ro- 
mains. En  jertant  les  yeux  autour 
de  nous  ^  nous  vîmes  que  nos  voifîns 
traitoient  des  fujets  nationaux ,  que 
les  Efpagnolsy  par  cxenople»  avec 
lefquels  la  politique  nous  donnoîc 
alors  le  plus  de  liaiibn  ^  traitoient 
des  (ujetf  Efpagnols  \  Se  au  Iltti  d'cb 
conclure  que  nous  pouvions  ^onç 
audi  traiter  des  fujets  François,  con- 
féquence   qu'il    femble    que    nous 
avons    toujours  rcjettée  avec  Cûin% 
nous  conclûmes  feulement  que  nous 
pouvions  9  d'après  eux,  traiter  auflï 
des  fujets  Efpagnols ,  méprite  heu- 
leufe  qui  nous  a  valu  le  Cid! 

A  cette  erreur  timide  qui  nou$ 
défcndoit  de  maicW  Caas  çuidcr  6t 


joât  17S1.  157c 

de  travailler  fans  modèle ,  fe  joignoic 
une  aurre  fupcrftition,  c'eft  qu'il 
fa'étoit  pas  permis  de  mettre  au  théâ* 
trc  un  ,  événement  récent.  Racine 
s'excuCe  de  produire  fur  la  fcène 
B.ajiazet  &  Àfhur,at,  que  des  perfon* 
fies  alors  vivantes  avoient  pu  voir  ; 
il  demande  que  l'éloignemcnt  .de^ 
lieux  lui  foit  compté  pour  Téiolgne- 
tuent  des  tems,  il  cire  en  faveur  dgi 
premier  éloignement  comme  dû  dcr- 
nier,  ce  proverbe  latin  trè^^-fiiperf-; 
titieux  y  s'il  n*a  pas  été  Fait  pour 
condamner,  ou  pour  peindre  iTa 
moins  la  fuperftition  : 

Major  è  longinquo  reverentia, 

Long-temç  après  Raciney-&^refT 

2ue  dç  nos  jours,  nous  avons  vu 
larhpiftron  n'ôfcr  expofer  fur  la 
fcène  la  cruauté  de  Philippe  II ,  de 
les  malheurs  d'Eiifabeth  delà  Pai:i^ 
&  4e  Dom  Caiflos,  qu'en  les  dé- 
euifant  fous  les  noms  de  Calo-Jean  ^ 
d'Irène  &  d'Andronic.  La  Fofle  crm 
de  même  ne  pouvoir  traitait  îâ\tx 


157^  Journal  des  SfovaaSt 
de  ia  Conjuration  dt  ftnife  >  qac 
ious  des  noms  d'aocjens  Romains. 
Avec  de  rcls  fcupulcs  on  écoit  bien 
loin  d'ofcr  traiter  des  fujets  frssçois. 
Enfin  t  yoUaire  vint  y  Voltaire 
nourri  du  théâtre  anglois  &  de  Sba- 
kelpearC]  qu'il  a  bitconnoître  le 

Îiicmier  en  France  ;  il  fit  entendre 
iirla  fcâne  trari^oife  des  noms  fîan- 
çois  f  comme  Shakefpcare  avoît  mis 
fur  la  fç^ne  angloife  des  perfonna- 
ges  anglois.  On  a  donné  plus  d'é- 
tendue dans  la  fuite  ï  cène  nou- 
Tcauté  hcureufe;  mais  il  efl  refté  une 
différence  efTentielle  entre  la  ma- 
nière donc  les  François  &  les  An- 
Elois  ont  traité  l*Hilloir«  au  théàcre.- 
et  François  accoutumés  à  mettre 
du  choix  8c  du  goât  dam  tout  ce 
qu'ils  traitent ,  ont  embelli  l'hiftoire 
dans  leurs  Drames  hifloriques  conu 
me  la  nature  dans  leurs  autres  Trs'- 
gédiest  Les  Anglois ,  toujours  imi- 
tateurs fcrupuieux ,  toujours  Hifto- 
iens  exaâs ,  n'excluant  rien  de  Icuu 
«its  ni  de  icuu  ^cmwtes ,  ont  lailS 


jiout  178  !•  1577 

\  FHiftoirc  comme  à  la  Nature  , 
tout  fon  défordrc  &  tout  fon  chaos. 
Ces  di£Férens  ufages  ont  leurs  avan- 
tages &  leurs  inconvéniens.  Tour  ce 
que  préfente  la  fcène  françoife  eft 
ce'rcainement  plus  beau  &  plus  di- 
gne d*être  retracé;  mais  on  ne  peut 
prendre  aucune  confiance  pour  i'HiC 
toire  aux  Tragédies  françoifes  ;  faits 
&  càradèrcs,  tout  eft  altéré,  c'cft- 
à-dire  ,  orné.  Nos  Tragédies ,  com- 
me nos  Romans  hiftoriques  j  indui* 
rôient  en  erreur  tous  ceux  qui  ne 
(çauroient  pas  aflcz  THiftoire  pour 
teconnoîtrc  les  altérations  que  Tare 
ou  Poète  ou  du  Romancier  a  juge 
néceffaîres  à  TefFet  qu'il  vpuloic  pror 
duire.  On  peut  apprendre  THiftoirc 
dans  les  Pièces  angloifes ,  on  peut 
fe  fier  à  Shakefpeare  comme  à  un 
Hiftorien  exaâ  dans  les  fujets  érran* 
gers  ,  comme  à  un  Hiftorien  partial 
&  paflSonné  dans  les  fujets  natio^ 
naux,  c'eft-à-dire,  comme  à  prcJt  * 
que  tous  les  Hiftoriens. 

En  lifant  un  Auteur  tel  que  Sba« 


^      Î578  Journal  d*s  Sçavans  , 

kcfpcare,  il  fagc  un  peu  k  dêfict 
des  difpofitions  qu^on    apporte  8c 
des  imprelfions  «]u'on  éprouve.  Oeft 
une  maniètç^»  ce  fonc  des  principes 
6c  des  ufages  fi  difféiens  des  nôtres  » 
qu'il  nous  eft  difScile   de  nous  j 
prêter  ;  les  nations  étrangères  pa« 
roiflcnt  avoir  décidé  pour  nous  con- 
tre l'Angleterre;  mais  il  eft  curieux 
&  important  de  confidérer  par  quels 
lefTorts  fi  diâFérens  des  nôtres  on  par- 
vient à  émouvoir  Se  à  tranfportet 
de  plaifir  une  grande  nation  qui  ne 
manque  aJOTurcment  ni  de  talçns  m 
de  lumières.  L'occafion  d'un  tçl  pa- 
rallèle cft   toujours  précicufc.  C*çfc 
dans  ce  point  de  vue  général  au'il 
faut  envifager  la  nouvelle  traduc* 
tion    de  Sbakefpeàre  ,  pour  fentir 
combien  elle  doit  être  accueillie  & 
encouragée,  quelques    taches    que 
l'œil  perçant  ae  la  critique  puifle  y 
appercevoir.  Par  la  même  raifon^ 
il  faut  favoir  beaucoup  de  gré  au 
Tradudeur  de  nous  avoir  rapporté 
tes  obfervations  &  ks  jugemens  des 


» 


{çaVatls  anglois,  fur  les  Pièces  de 
ihakelpeare.  Ces  monumens  d'une 
idmiration  câfrénée  &  prerqtic  uni* 
rerfèlle  en  Angleterre ,  font  un  fpec* 
acle  pour  le  Philofophe ,  8c  peu- 
vent Icrvir  de  matériaux  pour  ThiA 
oire  de  Telprit  humain  &  du  goûc 
les  nations*  Peut-être  nous  fomme^ 
lous  trop  prelTcs  de  faire  dçs  Rbé- 
loriques  &  des  Poëtii^ues,  d'après 
m  petit  nombre  d'exemples ,  de 
>re(crire  des  règles  de  goût  comme 
Je  taire  des  lydêmes  de  phyfique» 
On  ne  peut  nier  que  la  Littérature 
tançoife  n'ait  été  modifiée  tourà- 
ouc  par  la  Littérature  cfpagnole  6C 
>ar  la  Littérature  angloife ,  quelle 
l'ait  admis  des  beauiés  étrangères 
ic  hardies  dont  elle  auroit  pu  erre 
•f onnée  ou  même  effrayée  autrefois , 
k  péut*ctre  le  goût  général  a  t-il 
rncore  befoin  d'être  formé,  d'être 
ftendu  par  la  comparaifon  du  goût 
!cs  diflfèrens  peuples. 

Le  Tradudeur  a  rangé  les  difFé-» 
entes  Pièces  bidorit^ucs  de  Sbake& 


Ij8o  Journal  des  S^avans  i 
pcaie,  non  lèlon  l'époque  de 
compolîtion,  mais  dans  l'ordre 
torique  &  chionologiquc,  de 
nière  qu'elles  forment  comme 
cours  d'biftoirc  fous  la  forme 
matique  j  la  plus  favorable ,  coi 
Aous  l'avons  dir*  à  l'inftniâ 
Tome  7-  La  Pièce  qui  a 
Xittt:  la  Fie  &  U  Mort  Ja  Roi  j 
offre  un  exemple  de  cette  part 
nationale  qui  corrompt  la  fie 
de  l'hiftûire.  Ce  vil Hoi  Jean, 
de  tous  fcs  Princes  dont  TA 
terre  a  le  plus  à  rougir  j  mais 
la  tyrannie,  les  eieès  Si  les  cri, 
en  pouflant  à  bout  les  Anglois, 
pr^-curèrtnc  le  bienfait  folidc 
grande  Charte  ,  cft  ennobli  & 
Belli  dans  cette  Pièce  ,  parce 
fut  l'ennemi  des  François.  Au  i 
à  travers  toute  la  (îngularité  qui 
kefpcare  a  toujours  dans  les  d 
pour  un  leâeuT  ftançois  ,  fie  d 
ne  faut  plus  parler  ,  parce  que 
trop  fe  répéter,  cette  Pièce  a  1 
coup  d'intérêt  fie  de  ttès-gi 


Août  178  t.  15S1 

beautés.  LMnnocence  &  la  naïveté 
du  petit  Prince  Arthur,  le  charme 
atcendrifTant  de  Tes  qualités  naifTan* 
tes  y  Toppreffion  dans  laquelle  le 
tient  fon  tyran ,   fes  malheurs  3  fa 
mort  défaftreufe  infpirent  le    plus 
grand  intérêt.  Sa  (cène  dans  le  châ- 
teau de  Northampton ,  avec  .Hu« 
bert  9  chargé  de  lui  brCiler  les  yeux  » 
&it  pleurer  &  (irémir.  C'eft  la  pre* 
xnière  du  4^.  aâe.  La  douleur  de 
Conftance  ^  la  mère  ,  eft  très  -  élo^ 
quente.   Le   Cardinal  Pandolphe» 
Légat  du  S.  Siège ,  veut  la  conioler* 
Conftance  lui  répond  par  ce  mot , 
qui  nous  paîotc  une  expre^on  fu« 
blîme  de  la  douleur  d*une  mçre  :  // 
me  parle  ^  lui  ^ui  n^ a  jamais  eu  de 
fiU! 

Fandolphb. 

H  Vous  êtes  aufli  amoureufe  de  votrd 
H  douleur  que  de  Votre  fils. 

Constance. 

•  Oui  f  nia  douleut  me  tient  Ue4 


r 


1582  Journal  its  Sçavans  ^ 

I»  de  mon  fils  ^  elle  remplit  tous  les 
ff  lieux  où  je  voyois  mon  fils  :  elle  me 
»  fuit  comme  lui  &  m'accompagne 
»  partout  ;  elle  me  le  montre  avec 
»  tous  fes  traits  charmans  ;  elle  me 
f>  fait  entendre  les  foiis  de  fa  voix  ^ 
>»  &  me  répète  fcs  paroles  :  elle  rap- 
»  pelle  à  ma  mémoire  tout  ce  qu  il 
^  avoir  de  grâces  &c  de  charmes  •  •  •  • 
>^  Je  crois  le  voir  encore.  J  ai  donc 
f^raifon  de  chérir  ma  douleur...* 
^  Si  vous  aviez  fait  la  même  perte 
I»  que  moi  >  je  vous  confolerois  mieux 
itûue  vous  ne  nie  confolez  «  •  •  •  • 
i>Ù  Dieu  !  mon  enfant ,  mon  Ar- 
1^  tbur ,  mon  cher  fils ,  ma  vie  ,  mai 
M  joie  9  mon  foutien  »  mon  univers  , 
^Tâppui  démon  veuvage  9  la  coo« 
»folarion  de  tous  mes  maux  !  h 

Elle  fort  avec  les  fignes  du  dé-> 
fefporr. 

Il  y  a  certainement  un  grand  pao 
thétiqûe  dans  ce  délire  de  la  dou- 
leur ,  dans  cet  abandonnement  d'une 
ame  qui  a  tout  perdu." 

Tome  8.  Richard  II  cR,  tecooi* 


mandable  encore  par  la  fidélité  hiC* 
torique  ,  par  la  vérité  des  caradèrcs  ^ 
par  Tinterêc  même  que  Richard 
inipire. 

1  omc  9.  Henri  IV ,  meurtrie/  & 
fuccefleur  de  R  ichard  II  ^  eft  le  fu* 
jet  de  deux  Drames  où  Tbidoire  eft 
encore  affez  fidèlement  fuivie.  Com« 
xne  laîaloufiedc  ce  Prince  chcrchoit 
à. éloigner  des  affaires  Henri  fon  Ç^is ^ 
q^ui  fut  depuis  le  grand  Roi  Henri  V» 
jct\i  héritier  du  trône ,  pour  diflSper 
les  foupçons  de  fon  père ,  peut-être 
auflS  pour  fuivre  des  inclinations  qui 
étoient  alors  les  fiennes^  &  qu'il 
vainquit  dan$  la  fuite  à  force  de 

Îrandeur,  vivok  dans  lobfcuritéi 
ans  la  débauche»  dlam  TavilifTe- 
ment»  datas  le  Crime.  Arrêter  les 
paflans ,  les  voler  j  jouir  de  leur  ef« 
£roi ,  de  leurs  regrets ,  étoit  fon 
am^fèmont  le  plus  ordinaire.  Ces 
iàits  connus  ont  autorifé  Shakel^ 
peate.à  composer  la  cour  du  jeune 
Prince  des  plus  vils  fcélérats  do 
J^Afi^letecte  i  ce  qui  forme  fous  k 


1 5  ^4  Journal  des  Sçavans  l 

pinceau  anglois  le  tableau  ie  plus 
dcgoûrant,  le  plus  mêlé  de  bas -co- 
mique &  de  tragique  de  Grève  &  de 
Tiburo.  Un  des  compagnons  de  dé» 
bauche  &  de  crime  du  Prince  Henrï  ^ 
ayant  été  ciré  en  juftice ,  le  Prince 
ofa  raccompagner  à  l'audience  &  le 
protéger  ouvercemect.  Le  Juge  ayant 
condamné  le  coupable ,  le  Prince 
s'emporta  jufqu'à  infulter  &  même 
frapper  le  Juge  (br  fon  tribunal.  Le 
Juge  ordonne  de  conduire  le  Prince 
en  prifon.  Henri  ^  comme  s'il  eût  été 
terrafle  tout- à-coup  par  la  majefté 
des  Loix ,  fe  (bumit  à  la  (cntencé  ; 
&  le  Roi  &  la  Nation  y  qui  avoient 
prefque  défcfpéré  de  lui ,  reconnu* 
rent  à  ce  refpeâ  pour  la  juftice  y  i 
ce  prompt  repentir  de  fes  Êiates» 

3ue  Henri  n'étoitpas  un  homme  or« 
inaire.  Apres  la  morr  de  Henri  IV  ^ 
le  Juge ,  qui  avoir  (i  noblement  dé* 
fendu  contre  le  Prince  les  droits  de 
fon  tribunal  y  ofoir  à  peine  paroître 
devant  ce  même  Prince,  devenu  le 
Il  Henri  Y.  o  Ce  leroit  i  moi  t 

itluî 


Août  1781,          158c 

9»  lui  dit  le  Roi  »  à  redouter  votre 
«préfcnce  :  pour  vous,  vous  avez 
m  acquis  des  droits  éternels  à  mon 
j»  eftime  :  je  vais  travailler  \  méricef 
m  la  vôtre,  » 

Ce  trait  dont  Shakefpeare  a  tiré 

un  grand  parti  »  &  qui  forme  la  prin* 

cipale  beauté  de  la  Pièce  intitulée  : 

Seconde  Par  M  dû   Henri  IV  ^  fe 

trouve  tel  à-peu-près  que  nous  ve» 

aons  de  le  rapporter,  dans  M.  Hume  9 

qui  cite  des  autorités.  Nous  apprc» 

nons  avec  quelque  regret ,  par  une 

note  qui  fe  trouve  dans  te  dixième 

irolume  ,  que  ce  trait  n*eft  pas  exaâ, 

au  moins  dans  toutes  fes  parties  , 

floe  le  Juge  dont  il  s*agit  mourut 

ous  le  règne  de  Henri  IV ,  fuivant 

iavkins.  Selon  MiftriiT  Griffitb ,  il 

irvécur  à  Henri  IV  \  mais  il  fut  fi 

Frayé  de  fe  voir  par  cette  mort  ex- 

ift  à  la  venecance  de  Henri  Vy 

'*il  réfolut  de  mourir  auffi.  Cc« 

idant,  que  pouvoit  il  lui  arriver 

pis  par  la  colère  de  Henri  V  ? 

illeurs  ne  ^oit-il  pas  au  moins 

iout.  ^xx 


I 


<i<9 


I 


1586  Journal  Jes  içavans  t 

faire  l'clTai   des  tJifpolîiions  doM 

Princcî  Le  moyen  que  prit  ce  Jagt 
pour  forcir  de  la  vtc ,  ne  fur  paj 
moins  bizarre.  Il  donna  ordre  al 
Garde  de  Ton  Parc  de  tirer  fiir  qai- 
conqiic  paflcroJc  dans  ce  Parc  pen- 
dant la  nuit  fans  dire  Ton  nom.  Li 
nuir  fiiivante ,  ce  tut  lui  <^ui  pafla 
dans  ce  Parc  fans  dire  Ton  noni ,  9C 
qui  fut  rué  ,  fclon  fes  ordres.  Toui 
■cela  eft  (î  bizarre ,  qu'on  peut  ablo* 
lumcnt  fc  difpenfct  de  le  croire  8c 
s'en  tenir  au  récit  de  M.  Hume^ 
conforme  au  Drame  deSliakcrpcaic. 
1.CS  deux  Parties  du  Kègnc  de 
Henri  IV  font  fouillées  par  Icpcr» 
fonnage  de  FalftafF,  boufîun  ignoble 
&  homme  infâme ,  qui  fait ,  dit-on , 
Jes  délices  des  Spcdtatcurî  angluit, 
mais  qu'il  eft  auHÏ  impofHble  i  un 
François  de  goiiter  ,  foir  dans  la 
Tragédie,  foir  dans  la  Comédie  1 
que  le  rôle  de  Caliban  dans  ta  Tem* 
pHiy  ou  que  celui  du  Fou  du  Roj 
Lear  fou  lui-même.  C'cft  Cfpcndjwt 
dilioH  en  Angleterre  ,  qu«  \ 


Août  f-o_ 


i"''"î»ife  dTr'/o- Cô- 
Y -  ,  .'  ^''f  CCC- 


notie  r^'P'  lente  cil 

EU«  on''  "",  'l'une,  ' 

f,oia  .  1-  'ta  1«  •'* 

''"fhlebwv.coup»"' 


Joui  i79i.         15^9 

mefures  pour  le  travcrfer  ic  le  fur** 
prendre  ;  ^ccs  mefures  échouent  tou* 
jours  &  Falftaff  lui  échappe.  Ceft 
rintrigue  de  tEcoU  des  Femmes.  On 
le  douce  bien  que  le  comique  fin  ic 
délicat  de  nos  Pièces  firançoifes  eft 
remplacé  chez  Sbakefpeare  par  un 
comique  d'une  force  groflière  qui  ne 
peut  jamais  plaire  à  des  François^ 
Cette  Pièce,  avec  des  notes  &  des 
obfervations  fur  difFérens  fujets  re- 
latifs aux  Pièces  de  Sbakefpeare^ 
xemplit  le  dixième  volume. 

Le  onzième  contient  deux  Pièces: 

\^.  La  Tragédie  ou  Thiftoire  Dra* 
snatique  du  Règne  de  Henri  V.  On 
f  voie  la  trifte  &  fameufe  Révolu* 
tion  9  qui  ^  par  l'efFet  de  nos  dif> 
cordes  civiles  ,  plaça  pour  quelque- 
tems  les  Princes  angiois  lur  le  tronc 
de  la  France. 

x^.  La  première  Partie  du  Règne 
de  Henri  VI 3  Roi  d'Angleterre  9  fils 
de  Henri  V. 

Le  Traduâeur  annonce  deux  nou* 
veaux  volumes  qui  s'impriment  ac* 

X  X  X  ii) 


>^*(^o-  Journalies  Sçavans  i 

tucllcrncht  &'  qui  ftronrpubliésdàrff 
le  cours  de  cette  année  ;  ils  rernii-t 
neronc  Ja  (uite  des  Pièces  biftûrî<^ 

3ues  >  donc  il  ne  rcrftc  plus  à  nous 
onner  que  la  féconde  &  la  troi/iè- 
me  Partie  de  Henri  VI  ^  Richard 
m  &  Henri  VIII. 

Le  Traduâciir  croît  pouvoir  ré- 
pondre que  dans  deux  ans  fa  Tra« 
duâion  fera  complerre.  On  foufcric 
chez  lui  &  ch.z  Mérigor,  fon  Li- 
braire y  aux  adieifes  indiquées  dans 
le  titre  ;  mais  la  foofcriprion  fei» 
fermée  le  jour  ou  paroîtronc  les  il*. 
&  1 3  ^.  volumes  3  &  ceux  qui  n'au« 
xont  pas  foufcrir  alors  payeront  cha* 

3ueWolume  in-Z^.    5  liy.  aa  lieu 
e4. 
li  fe  fait  en  méflae-cems  une  £df« 
tton  /72  4^.  dont  chaque  volamc  cft 
de  10  liv.  broché. 

On  ne  délivre  plus  des  ptemiers 
volumes  qu'à  ceux  qui  foufcrivcnc 
pour  l'Ouvrage  entier. 

[  Extrait  de  M.  Gaillard.  ] 


Août  178t.  I591 

PHYSIQUE  DU  Monder 

dédiée  au  Roi.  Par  M.  le  Baron 
de  Marivci[  &  par  M.  Gouffîtr. 

Tome  r'.  143  P^g-  ''^"4*^-  A 
Pans,  chez  Quillau,  Impriincfuç 
de  S  A:  S  M.  le  Prince  de  Conti  » 
rue  du  Fouare;  &  chez  Lafollè^ 

i,    Graveur ,  rue  &  place  du  Carrou- 

/.  feU  1780. 

9r    A  Pbyfique  du  Monde,  fuivanc 

J  -^  la  définition  de  M.  de  Marivetz 

i|&  de  M.  Gouflier ,  e(l  compofée  da 

(uz  parties  ^  prlle  du  Ciel  &  celle 

la  Terre  \  mais  la  première  n  e(l 

îftinée ,  dans  leur  Ouvrage  >  ()u*A 

llairer  la  féconde  y  c'eft  à-dire  à  dé« 

Vtmitier  les  difierens  états  dans  lef* 

j4bc1«  la  terre  a  pafle  oudanslefqucis 

«k  pafTera.  Le  premier  volume  ne 

conriant  que  l'examen  des  fyftèmef 

«ib  Cofmogonie  donnés  par  Burnct  9 

Voodward  ,  Wifthon  ,  &  par  M.  le 

Comte  Je  B.ifFon.  La  féconde  Partie 

ftiira  pour  objet  la  furface  delà  France 

X  X  X  IV 


I 


T^yi  JoBTftBÎêa  Sçtvantt 
Tonant  du  fein  des  caui ,  douze  Car< 
tcipTcIcntcromfocmcrfionsà  douze 
Coques  difftrentcsi  &  la  Topogra- 
phie phvlïcjue  de  cette  partie  du 
globe  fera  TcpTcfenccc  dans  qDarantc» 
cinq  feuilles  ,  où  l'on  verra  Ton  état 
«âuel  A:  lei  vcfligc^  des  ctiongcnims 
par  Icrquels  clic  a  paiTé. 

Lci  grandes  qucAions  relatives  i 
la  fubmcrfioD  totale  ou  fucccflîvede 
la  terre  ,  à  rabaUTcnient  des  caij] 
aux  cauf»  &  aux  cfleis  de  cett 
minution  ,  condiiifcnr  l'Aute 
parler  dis  obiervaiions  qu'on 
l'ur  l'état  de  la  icrre,  &  il  commence 
par  cxpofcr  les  fyftêmes  qui  ont  érÉ 
fondés  fur  ces  fortes  d'oblcrvanonî  ; 
Cela  l'oblige  à  parler  du  mouvcrncnt 
de  la  terre.  11  truite  aufTi  de  la  dimi- 
nution  des  eaux ,  dont  une  des  cau- 
fcs  les  plus  énergiques  lui  paroît  être 
l'addition  de  la  cbaleiir  dans  le  globe 
de  la  terre.  Cette  augmentation  de; 
chaleur  doit  produire  plus  de  fg 
vivifiante  &  oiganifaritc  dans  la  \ 
ture.  Il  eu  conclud  que  le  noni 


ciiive  ae 
:s  eaiK-. 
:ette^^| 


Août  17S1.         t593[ 

èit^  êtres  organifès  doit  augmenter 
fur  la  furface  de  la  terre»  Ce  fyflême 
étant  diredemenc  contraire  à  celui 
de  M.  de  Buffbn  j  M.  de  M.  eft 
obligé  de  le  réfuter  en  détail. 

Il  commence  fon  EflTai  (ur  l'hif- 
toire  de  la  Cofmogonie ,  par  remon- 
ter \  l'époque,  des  connoiflànccs  hu« 
fnatnes  (ur  la  Phy(ique  céleftc  ;  il 
expofe  les  erreurs  des  premiers  hom* 
mes  9  depuis  ceux  qui  adoroient  le 
(oleil  jufqa'i  ceux  donc  le  génie 
s'cft  porté  à  la  recherche  des  loix 
fircondaires.  Il  donne  enfuite  l'cxpo- 
fitioD  &  ranalyfe  du  fyftème  de  Bur- 
net ,  &  il  fait  voir  oue  tous  fes  prin- 
cipes font  inadmiuibles ,  furtouc 
celui  de  réqmlibre  que  dut  perdre  le 
globe  teneftre;  ce  qui  n'auroit  pu 
rare  que  tranfpofer  les  climats. 

Le  ryitcme  de  Woodvard ,  qui 
fiippole  que  Dieu  ordonna  \  l'abîme 
des  eaux  de  s'ouvrir  pour  inonder  la 
terre  ;  celui  de  Whifton  »  qui  fe  ferc 
de  la  queue  d'une  comète  9  font  aulB 
réfutes  dans  Tefpace  de  quclc^pci^. 

Xxxv 


Kricrc  :  fa  Aatu 
»la  gloÎTCcnvrronnc,  que  cd 
»lela'jncr,  s'flève  an  niili 
M  débris  des  ccJiâccs  candtu 
X  fcs  padccedcurs.  ;  noDC  .i 
>tnicEuTCT  nos  fuFcrs  zicodu 
Mvaincjucurs  ou  vaincus»  iw 
wpofcflons  notre  Ouvrage  a 
»  de  fa  flfltne ,  comme  un  Wrr 
Md'aiicaiir  plus  noble,  qu'il 
>»ctc  ni  avtiigle  ni  fervilc  . .  , 
6tM.  avoue  cnftiiie  gaece  I 
itnpolant  fe  fotiircnt  paxia  B 
par  la  liavfdn  dcioursS'ret  p 
femblaSlc  à  ces  grands  roon 
de  l'AtchitcÈtuie  ,  tlontWj 
DiEnr  ou  même  le  rcqit^^H 


j1(yà  1781.  «595 

II*  commence  en  efFer  par  faire  des 
çb)e<5tions  conrse  yidee  qu'une  co-*  ' 
mère  air  pu  décacher  les  planères^dii 
iohW^  parce  que  les  denfités  des 
planètes  ne  (but  pas  les  mêmes  que 
celles  du  foleil ,  parce  que  la  comète 
auroit  eu  trop  peu  de  tems  pour  fe 
fondre  &  fe  mêler  avec  la  matière 
Jétachée  ,  parce  que  les  parties  dé«^ 
tachées  du  fbleil  nauroicnc  pu  dé*^ 
crire  les  cercles  quMles  parcotirtfnfi 
Il  réfute  furtouc  l'idée  de  Tatrraâion 
agîdante  par  une  efpèce  de  frotte- 
Bienr  pour  prodiâie  la  chaleur,  U 
segarde  la  caufe  primitive  détermi* 
nante  de  la  chaleur  comme  étann 
encore  inconnue  ^  &  c*eft  Gettecà^ife 
première  de  touu  chaleur  qu'il  efpèie 
&ire  connoîc(e;r 

M.  dé  M.  admet  que  la  madè  do 
la  terre  ait  été  finoo  ûuide  »  du  moins 
molle  dai^  I»  premièseipoque  de  I4 
i^acute,  pour  pouvoii  acquérir  le 
degré  d'applattiâcEçept  qu'on  y  ^b« 
j^vev.mais  il  croie  que  le  globe 
ioroi^  de  tou^Ciw»  de  ^terre  &  ^<,WL 

Xxxv) 


I 


Ij3^  Journal  Jes  Sçavant t 
&  le  deflccbcment  d'une  partie 
furfacc,  poiirroit  être  TubAicué 
place  de  la  vitrification, 

Sur  la  fcconde  époque  dam 
quelle  la  maticre  delà  terre,  s'érafif 
confolîdée ,  a  formé  la  roche  intc- 
jicure  du  globe,  ainfi  que  les  grande» 
niafles  vitiefcibles  qui  (ont  à  fa  fut- 
face  ,  l'Auteur  établit  une  ditîïrcnce 
cffemicile  entre  la  qualité  vitrefcîblc 
&  la  véritable  vitrification.  Il  fou- 
lient  que  Xa  montagnes  compofét* 
de  roilien  vitrefcibJes  ne  pcuvenP 
Être  des  bourfouflures  du  globe 
de  fon  refioidiflcmcnt,  &  qu' 
n'ont  jamais  été  vitrifiées.  Il  rn 
<]ue  les  pôles  n'aucoient  pas  dû 
ictroidir  les  premiers,  &  même  qut 
cela  fetil  devoir  détruite  l'hypothefe 
^u  feu  central. 

Sur  la  rroifième  époque,  loi 
les  eaux  ont  couvert  nos  conrii 
&  fur  la  quatrième  époque  00 
eaux  fe  font  retirées  &  ou  les4| 
cans  ont  commencé  d'agir, 
iuJMt  pcnfa  qut  Vt&  c&u-t  n'ont  ( 


I 


JVCRf 

i 


Août  1781.  1597 

du  le  précipiter  fur  la  rerrr;  en  mafTe 
&  en  torrent;  qu'il  n'a  pas  dû  j 
atoir  de  confuiîon  des  élcmens ,  de 
vents  ni  de  tempêtes  ;  le  mouvement 
^cs  eaux  du  midi  au  nord ,  lui  pa« 
roîc  n'être  point  alTez  prouvé.  Il  fou- 
tîent  que  la  lune,  en  produifanc 
rintumefcence  des  eaux  9  ne  marche 

Joint  d'orient  en  occident,  &  ne 
oit  point  efcarper  les  côtes  orien- 
tales. La  raifon  qu^il  en  donne  eft 
que  le  mouvement  diurne  n*eft  qu'ap* 

{tarent  %  que  le  mouvement  reci  de 
a  lune  fe  faifant  vers  l'orient  »  il 
devroit  produire  un  effet  contraire  ; 
mais  il  nous  paroit  évident  qu'au 
moins  fur  cet  article  la  critique  eft 
peu  fondée  9  puifque  certainement 
le  tranfport  de  la  marée  de  chaque 
jour  fe  fait  du  côté  de  l'occident  ^ 
&  que  relativement  à  la  terre  c'eft  la 
même  chofe  que  fi  la  lune  avoir  uti 
Viéritable  mouvement  vers  l'occident* 
Sut  la  cinquième  époque»  lor{- 
que  les  éléphans  &  les  autres  ani- 
maux  du  midi  ont  habité  les  tcries' 


159^  Journal  dts  Sçavans  ^ 

du  nord  ,  l'Aureiir  »  fuppofànt  qae 
Halier  &  Bonet  ont  dormit  toute 
idée  de  génération  iponraoét,  éta- 
blit que  l'Auteur  de  la  Nature  avpic 
dépoié  Us  germes  qui  dévoient 
éclore;  il  établie  que  les'comrées 
icptentrionales  n'ont  pa$  dû  erre  ba^ 
bitces  ïts  premières  ;  il  prétend  que 
M«  de  Buffbn  a  prif  une  fouittaâion 
pour  une  dividon,  c'eS«à-dir£  quil 
ne  faut -pas  divifer  15  ^  de  chaleor 
par  15  périodes >  donc  cbacuuten 
ôte  un  degré  pour  avoir  la  chaleur 
adiiclie  égale  à  runîcé.Enâs  ilcon* 
clud  que  la  terre  ne  fe  refroidit  poinr# 
«  I.a  vie,  ce  ^cb.f-d'œuvre  des  mains 
»  du  Très-Haut  ^  cât  objet  éminenc  s 
M  ce  but  fublime  du  plan  de  là  puif- 
»  fance  infinie ,  ne  fera  point  uîi 
»  phénomène  épbémère  ;  fa  dur 
M  réc  n'a  point  eu  pour  origine  une 
Mcaufe  accidentelle  &  périflable  ; 
>»  un  froid  mortel  &  général  n'étcin^. 
n  dra  point  fur  tout  notre  globe  le 
v^  principe  de  la  vie;  le  (bleil  éclai* 
^rera  tôuiours  Tefpace \ÏL  atùsiaa 
^^  toujours  la  naïute»» 


Août  1781.  1(99 

Sot  la  fixième  époque ,  celle  de  la 
U^pararion  des  comincns  >  i'Auteuc 
perfide  à  fourenir  qa'il  ne  peut  )a-> 
mais  avoir  exifté  de  mouvement 
YÎoient  des  eaux  ,  &  que  par  conft* 
auenc  les  caiifes  indiquées  par  M.  de 
ÉiilFon  ne  peuvent  expliquer  les 
grandes  fcimires  ^u  globe.  Mais 
comme  il  le  réferve  d'expliquer  dans 
on  autre  volume  quelles  ont  été  ces 
véritables  caufes  9  nous  ne  (bmmes 
poi>nt  à  portée  de  comparer  la  vrai* 
iemblancQ  de.  foa  hypotbèfe  ayec 
celle  du  vafte  eofeipbledes  Epoques 
de  la  Nature*  Or»  voit  feuicmcnc 
aue  M.  de  M.  regarde  rimbibitipa 
mcceffive  des  eaux  de  la  mer  &  iei^n 
•bûtes  dans  les;  grandes  (ciilurcs 
cooiffie  les  caufes  de,  ia  diminution 
des  eaux  ai  l'océap  ^  ,iL  c.çs  fciiTiires 
comme  un  effet  4^  la  ro:aiion  de  la 
terre*  > 

•  Ainfi  ladifrupfion  de,  cette;Cîqtttt 
de  \ap  terre  a.  été  produiixç,  fuivant 
M.  de  M.  j^  par  Ja^totati(09.S<,.^ç  la 
focce  centrifuge  y.phM  grande  \  l'ér 
quateuTp  6c  ^ui  y  altéicil  V^  £ot^«^ 


.600  /»"'-' ^"tC«>-nB 

1,.  oôlcs.  '*      f    (aite  dans  le"  » 

i      t»i>»>"  ■«";,'    comme  VAot"« 

i.  f°"?^>;mî'=4«rrc- 


Août  1781.  1601 

ticUes  de  la  force  centrifuge  ^ 
»lus  les  corps  font  folide^^  plus 
rquièrenc  de  mouvemenr.  Les 
os  qui  occupoient  les  milieux 
onrinens  onc  donc  dû ,  par  leur 

de  folidité  »  prendre  plus  de 

centrifuge  ;  elles  ont  du  s'éle* 
u  dcflus  des  régions  qui  s*ap* 
loicnt  davantage  des  parois  ae% 
les  fciifures;  &  nous  voyons 
ti  que  c'cft  vers  les  milieux  de 
>ntinens  que  font  les  plus  grao* 
auteurs  »  ou  du  moins  qu'elles 
ient  dans  l'origine  (i  elles  ne  %j 
ent  plus  aujourd'hui.  Les  eaux  ^ 
:ur  mouvement  général  &  con& 

rongent  &  détruifent  les  cotes 
lentales ,  tandis  que  les  côtes 
taies  s'étendent:  ces  effets  ^  dont 
cliquera  les  caufes ,  concourent 
procher  des  cotes  occidentales 
laînes  àt^  hautes  montagnes  qui 
it  formées  &  élevées  dans  l'ori* 
vers  le  milieu  des  contincns* 
>mme  l'Auteur  n'explique  point 

théorie  j  qu*il  n'en  démontre. 


Août  1781.  1^05 

=<Slcr  contre  Tcxponrion  phyfî^ 
des  modifications  prélencçs  6é 
1res  de  la  furtace  de  là  France, 
par  cor)fcc]uent  contre  toutes 
cpnciudons  que  nous  en  tire* 
s  relativement  à  la  navâgacîon 
'intérieur  de  ce  Koyaumc.  «• 
nous  femble  que  cette  dernière 
:  fera  en  effet  la  plus  utile  de 
Tage  ;  les  connoiuances  de  M. 
:on  de  Marivetz  &  de  M.  Gouf 
relativement  aux  Canaux  ^  ont 
produit  des  projets  utiles  pour 
nal  ^c^ficrty,  comme  on  1^  d  C 
un  grand  Traité  des  Canaux 
tvigaiionj  publié  en  1778  ,  & 
attendrons  avec  impatience  que 
Principes  généraux  de  Cofmo* 
&  de  Phyfique  les  ayent  con* 
:nfin  à  une  application  impor« 
au  bien  public. 
Zxtralt  de  M.  de  la  Lande.  ] 


"^ 


B604    Journal  iis  Sçavats  > 

XCHBRC  HES  chlml^uti  fur  /£- 
tain  ,  faites  &  publiées  par  ordre 
du  Gouverncmenr,  ou  Réponfe 
à  cette  queftion  :  Peut-on  ,  fans 
aucun  danger^  employer  l'Eiaia 
dans  Cufa^e  économique  ?  Par 
ViW.Baytn^  Apoibicairc  Majoi 
des  Camf  s  &.Armces  du  Roi  ,  Si 
Charlardf  Aporhicaifc  de  S.  A. 
S.  Monf;igneur  le  Duc  d'Orléanj, 
Prcvôc  du  Collège  de  Pharmacie. 
A  Paris  ,  de  l'iinpiimerie  de  Ph, 
D.  Pierres,  Imptimcur  oïdinai 
6»  Roi  5:  de  U  Police.  i/i-S" 
185  pages,  &  les  Prélimii 
XCS  10. 


1 


ON  s'eft  fervi  de  tems  imni£- 
moiial  de  vailTciiux  &  d'uf- 
lenciles  d'étain  ou  de  cuivr;  levciil 
d'écain  pour  l'uTuge  de  la  cuiHne  & 
de  la  table  ;  av^nc  que  la  layaocc 
fût  inventée  &  devenue  cnmmuw 
nos  pères  n'avoicnt  prcfquc  paï  A*A 
tre  vaiHelIe  ijue  la  vaillclle  d'èciH 


A^ût  1781.  1^05 

&  encore  à  ptéfent  dans  les  provin- 
ces, dans  \z^  campagnes,  dans  la 
plupart  des  Communautés  &  dans 
f  luiieurs  pays  étrangers;  elle  partage 
au  moins  le  fervice  des  tables  avec 
la  fayance  &  les  autres  poteries,  (ans 
^u'il  ait  été  conftaté ,  qu'il  foit  ja« 
mais  arrivé  d^accidens  cle  Tufàge  de 
ce  métal.  Si  donc  Tcmplpi  de  Té- 
tain  eft  diminué  confidérablement  & 
a*abolit  même  de  jour  en  jour  j  ce 
n*eft  point  qu'on  lui  ait  reconnu  au« 
cane  qualité  malfaiiànte  ou  contraire 
\  la  fanté  \  (a  grande  moileife  »  foa 
extrême  futibimé»  la  mauvaife  odeur 
rrès-forte  fc  très-marquée ,  la  faci- 
lité avec  laquelle  il  sUncrdfe  &  lalic 
les  mains  &  le  linge ^  (ont,  avec 
Fînvention  des  poteries  ,  exempte 
de  ces  inconvéniens  9  les  principa* 
les  caufes  de  refpèce  dabancloa 
général  où  il  tombe  de  plus  en  plus» 
Mais  ï  ces  moti6  capables  de  faire 
impreflion  fur  tout  le  monde  «  il 
s'en  étoit  joint  un  nouveau  depuis 
quelques  années»  qui  mériteroic  en? 


^ 


cai»^^ 


IiéoS  Tourtaî  ^es  SçavanS 
corc  beaucoup  jilui  de  fixci  1' 
tton.  Un  Chimiftc  de  la  rcpucafSI 
la  plus  bnllanre  &  la  mieux  iiiéti- 
ih^  rillullrc  M.  Margraff,  de  l'A- 
cadémie de  Berlin,  avoir  publié 
des  Mémoires  remplis  d'excellences 
iccherchcs  fur]'ètain;&  dcplulîturs 
dt'S  cxpcriences  rapportées  dans  ces 
Mémoires  il  rêfulte  que  M.  Mar- 
graff n'a  prcfquc  poinc  trouvé  d'i- 
■  tains  dans  lelquch  il  n'ait  reconnu 
la  prétencc  de  l'arfcnîc.  Ccrte  cir- 
conlUnce  inquiétante ,  jointcà  cellw 
dort  il  vient  d'être  fait  mention, 
ctoit  plus  que  fuiti/àn'e  pour  ache- 
ver de  faire  profcrirc  cnticrcmc'nc 
rétain ,  furtout  pour  l'ufage  de  la 
<ui(ïnc  &  de  la  cable. 

Cependant  ce  métal  eft  d'une 
nécefllté  presque  indirpcnfablc ,  & 
1  ï'on  fcroit  dans  le  plus  grand  embai» 
I  las,  s'il  Falloir  renoncer  abfolument 
I  5  s'en  Tcrvir,  C'eft  dans  desoccafioiis 
[  comme  celle-ci  que  le  zèle  des  Ad- 
l  niin'iArateurs  charges  de  i'impor- 
Lyuite  &  hoDoiable  fondion  de  vcj 


vcU^J 


Août  1781.       •    1607 
1er  à  la   fureté  publique,  ne  peut 
manquer  dctrc  exciré  \  auflî  \^%  Au- 
teurs de  rOuvragc  donc  nous  ren- 
dons  compte   nous   apprennent-îls 
dans  rAverciflcment  qu'ils  ont  mis 
à  la  tête,  ce  que  M.  le  Lieutenant* 
•>  Générai  de  Police  n'a  pas  cru  àç^ 
»  voir  fe  difpenfer  de  prendre  cet  ob- 
M  jet  en  confidération ,  &  que  pour 
Mèciaircir  les  fo^p^ons,   ce  cignç 
M  Magidrat  a  chargé  le  Collège  de 
••  Pharmacie  de  faire  toutes  les  expé* 
»  ricnces  nécefTaircs  pour  conftater  fi 
9>  véritablement  l'érain,  étoit  ou  n'é- 
»  toit  pas  dsngereux  >  &  s*il  éroit  ou 
M  D*étoie  pas  indifférent  de  l'employer 
w  dans  les  ufages  économiques.  Poui^ 
M  répondre  à  la  confiance  dont  M. 
M  le  Noir  rhonoroit»  ajoutent  les 
s>  Auteurs ,  le  Collège  de  Pharma- 
»  cie  a  nommé  trois  de  Tes  Membres  » 
4»MeffieurS   RomlU  ,    Char  lard  & 
•>  Baycn ,  pour  aire  toutes  les  expé*: 
Mriences  hc  recherches  chimiques^ 
»>  propres  à  remplir  les  vues  d  ua 
*>  Magiflirat  dons  toutes  ks  f^iJSbfiS^ 


t  iéS  Tournai  Jis  S^avmms  , 

»  donc  coûtes  les  aâions  fou  jhi^ 

••  gccs  vers  le  bim  pablic.  * 

La  mort  ptcmaïutéc  de  M> 
Rourllc ,  furvcmic  ilês  le  coimnav- 
ccaicnT  du  ctavûi  cntrcfnti  par  cet 
ChmiiAts,  tic  pouvoit  manquer  ii'a£- 
tliger  beaucoup  les  fiuvivans  ;,  ils 
ont  Tcnn  toute  la  pcrrc  qull*  Ëtf> 
foicm  dans  U  pctionnc  <f  un  &c%xA- 
lent  Coopcnicur  ;  mus  ils  a'cn  ooc 
point  cte  découragé»  Se.  L'on  peut 
jn^  par  la  manièic  dont  il»  qbX 
exécute  leur  cntTcpnlc  que  cenal^ 
benr  n'a  tait  j^c  rcdaubïcx  Inns  ^ 
foia  poui  s'acquitter  dignenciK^ 
Il  coromiinoii  imponantB  dooc  Ul 

titoienc  chargct. 
Va  ont  cummencé  par  (c  procurer 
filBin  le  plui  pur  qu'on  puiâc  troo- 
«n  dans  le  coinmerce  \  ils  ou  re- 
connu cette  BUreté  qu'ils  cbercfaoîcnt 
an  ctaiox  oes  Indes ,  de  Baitca  flC 
de  Malaca,  6C  à  rctaîn  doux  cfAo- 
.  Ce  dcmiei  tft  ocaornotm 

e  cboEe  am  doit  paroître  bien 

itotmaote* 


Août   lySr.        i6o^ 

tonnante,  c  cft  qu'ayant  répécc,  avec 
a  plus  grande  exaÂitude  &  jufqu*à 
luir  fois  fur  chaque  efpèce  d  ctam  , 
a  diiTolution  de  ces  métaux  dans 
*eao  régale  »  iadiqué<î  par  M.  Mar- 
rraff  y  pour  y  appercevoir  &  en  ex- 
raire  Tarfenic  ^  nos  Chimiiles  n*onc 
»u  y  découvrir  un  feui  atome  de 
:etce  fubftance.  On  n*aura  pas  de 
peine  à  croire  qu'ils  ont  été  cruU^ 
Icmeni  iourmtniis ,  comme  ils  le  di- 
fenc  j lorfqu^en  fuivant  un  Chimifte 
tel  que  M.  MargrafF,  ils  ont  été  cer- 
tains qu'ils  ne  parvenoient  pas  à  obte* 
DÎT  les  réfultats qu'il. avoit  annoncés. 

Dans  cette  circonftance  épioeufe  » 
ils  ont  pris  le  parti  qui  par  oit  le  plus 
raifonnable  »  iàns  affirmer  &  même 
(ans  prélUmer  d'après  leurs  expérien- 
ees  9  qu'il  n'exiftoit  point  d  arfenic 
dans  les  étains  qu'ils  avoient  exami* 
nés  ^  ils  ont  eu  recours  à  des  exp^» 
cîences  comparatives  en  prenant  le 
Dartt  d*intra<tuire  dans  ces  mêmes 
etains ,  de  l'arlenic  à  dvS  dofes  con- 
nues  &  graduées  .depuis  un  feiziéme 

Aoât  Y  y  7 


iSlO  Journal  des  Sçavans  i 
jufi^u'i  un  douze  centième  &  même 
beaucoup  moins. 

Le  réfultac  de  ces  nouvelles  cxpc- 
litnces  que  nous  invitons  à  lire  oans 
l'Ouvrage  même ,  à  caufe  des  détaib 
intcTclTans  qu'on  y  ttouvcrai  a  été 
«]uc  par  la  dilTolurion  dans  l'eau  lé* 
gale  ,  ils  font  parvenus  à  reconnoî* 
tre  &  à  extraite  jurqu'à  un  deux  mille 
quarante-huitième  d'aifenic,  qu'ili 
avoienc  allié  duns  cette  proportion 
avi:c  ces  mêmes  écains ,  dont  par  le 
incmc  procédé  >  ni  aUirun  autre ,  ilî 
n'avoicnt  pas  retiré  un  fcul  atome 
de  cette  îtibftancc  minerais,  lorl- 
(Qu'ils  n'en  avoient  point  ajouré.  La 
fonclufion  qu'il  cft  naturel  de  tirer 
de  ces  faJts,  c'efl  que  les  étaîns  des 
jndes  &  d'Anglcrcrrc  que  ces  Mefr 
jlcurs  ont  examinés^  étoicnc  en  cf* 
fct  très-purs  ,  &  furtouc  exempts  de 
lout  alliage  d'arlcnic.  Les  rcchctclicJ 
dont  nous  venons  de  rendre  compro 
font  l'objet  de  la  première  ftftion. 
Cependant,  comme  ils  le  difenc 
foit  bien  j  ces  étains  fi  purs  a:  peu* 


J 


Août  1781.  1611 

vent  erre  d'aucune  utilité  dans  nos 
ménages  ;  leur  trop  grande  inolleffc 
y  mtt  un  obRacle  inlurmontable  ;  il 
a.fallu  ^^e  1  arc  dppnât,,  à  ce  métal 
trop  âexibliÇ^:Une  certaine  roideur, 
un  certain  degré  de  foltdité  qui  le 
rendît  propre  à  confcrver  les  formes 

3ue  les  circonflâincésL  obligent  à  lui 
onner  ^  &  c'efl:  dc^^là  qqe  font  ver 
nus  les  étains  alliés  4jli  çonipierce  & 
employés  habituellemçnt.par  les  p<>« 
tiers,  d'étain. 

Uexamen  chimique  de  ces  diiFé- 
rans  étains  alliés  fiêgt  le  fujet  de  la 
féconde  feâion  qui  eft  rempUe.d'ez* 
péiiences  auflibien  faites  &  audî  in« 
tércfl^nties  que  U  première  ;  \ts  plus 
efTcncicllbs.  font  çcîlc^  par  lefquelleft 
MM*  B.  &  C-  font  parvenus,  auL 
moyen  de  la  diiTolution  dans  de 
Teau  régule  &  de  Tacide  marin  af- 
foiblis,.  à  extraire  enfin  de  plu/ieurr 
étains  alliésdu  çonimerce  &  notam- 
ment de  rétain.;  d'Angleterre  j  en 
gros  faumonsy  en- baguettes  &  en 
pjscit  chapeau  ,  de^Vf^^nic  en  pou* 

•    Yyyii 


■fin  Journal  Sa  Sçavtins  t 
drc  notre  &  rcgulinc;  mais  en  pc* 
tire  £]uan!i:é  &  à  peine  d'un  grain 
'  par  once. 

■  La  troificmc  fcâino  cft  une  con» 
I  tlnuation  de  la  fccondc  &  connent 
I  les  recherches  (ur  l'éiain  allié  mil 
*•  en  oçuvrc  &  vendu  louj  toutes  (br- 
I  les  de  formes  pat  les  Maîtres  Po- 
I  tiers  d'étain.  On  y  voit  c|uc  les  (ubC- 
I  tances  métalliques  alliées  ^  l'étais 
lout  lui  donner  les  qualités  qu'ôQ 
âe(îte*ront  le  cuivre  ,1c  bifhiuth,  le 
xinc>  le  plomb  .Icrcguie  d'antimoi» 

tjie  ;  MM,  B.  &  C.  y  déterminent  la 
ifiroporrion  de  ces  alliages  daii5  Icsdif 
i^tcns  étains  &:  particulîèrtmenr  dans 
bs  deux  efpèces  |e  plus  employées  ; 
fcavoir ,  Ceux  que  l'on  nomme  éta'm 
4n  &  itain  commun  ,  &  rendent 
compte  en  même  tcms  des  expérien- 
ces qu'ils  ont  faites  pour  féparcr  &£ 
départir  d'avec  l'ctain  ,  non-feulc» 
ment  les  méraux  qu'on  y  mêle  or- 
dinairement à  deHein  ,  mais  encore 
IVg^nt  cju'il  n'arrive  guère  d'y  mê» 
"    CT  «pri?»  nuii*  f^  peut  «V  "Oj  ' 


Aoàt  17S1.  1^1} 

Ver  uni  accîdcnteUcmcnt;  dépareil- 
les recherches  ne  peuvent  manquer 
d'incérefTer  \t%  ChimiQes. 

La  quarriènfie  &  dernière  feâion 
^(ï  la  plus  efTenticlie  \  elle  a  pour 
objet  de  répondre  à  la  quciAioti  pro- 
pofce  ;  titain  dans/on  état  de  pureti 
tjl'il  un  métal  dangereux^  Vn  étain 
qui  contient  quelques  atomes  de  ma» 
tiérc   arfenicaU  peut-il  ttre  dangâ* 
reux  ?.    Les   métaux    &    demi-mér 
iaux ,  qt^on  ejl  dans  t habitude  dal*^ 
lier  à  r étain  pour  lui  donner  de  ta 
duret^y  peuvent' ils  en  rendre  Vufagt 
dangereux  ?  Tou  l'Ouvrage  n'a  été 
fait  que  pour  donner  à  ces  queftions 
une  réponfe  fatistaifante  ;  nous  avons 
déjà  faitreniarquer  qu'un  ufage  de 
la  vaifTeile  d'érain,  qui  fublifte  de- 
puis plus  de  trois  mille  ans,    n'a 
fait  découvrir  dans  ce  métal  aucune 
qualité  malfaifante»  ce  qui  e(l  un 
préjugé  très-fort  en  (a  faveur  ;  car  il 
n'el^  nullement  probable,  que  s'il 
eût .  été  nuifible.  à  la  fanté*,  une  C\ 
longue  expérience  ne  l'eût  pas  fait 


î  5Î  ^  Journal  Jcs  Sçovans , 
connoîrrc'  C9mnic""rc] ,  de  même 
qu'elle  a  fair  découvrir  depuis  bien 
des  fîècles  lc5  pernicieux  cffjrs  du 
éuïvre  &  duplomh';  c'eft  au(fi  nt 
ces  faits  qne  MM.  B  &:  C.  fe  fon- 
cFenr  pour  répondre  négativement  à 
la  première  qiie(l;on  ,  c'cftàdirc, 
qtic  I  crain  pur  n'tft  nultcmcnt  dan- 
gereux. 

A  rc;;arc!  de  la  fecpnde  ,  comme 
il  eft  afTez  ptobabls  que  l'étain  d 
on  fe  fcrvoic  àncicnDcm^rnt  i' 
fct'aiicoup  plus  pur  qut  aux  < 
gleterte  connus  fous  les  n-m  dVrdJ 
fin  Si.  d'étain  commun,  dont  pret- 
qiic  rou^  nos  uflciiciies  font  mainte- 
nant fahrii.]tiés  ,  &  dans  Icfqucls  on 
a  vu  que  MM.  B.  &  C.  ont  décou- 
vert des  parcelle?  d'arfenic;  cette 
quertion  exigcoic  beaucoup  plus  d'at- 
tention de  leur  part;  ils  commen- 
cent pat  obfervcr  ;  i°.  que  l'arfenic 
ne  s'y  trouve  qu'en  quantiré  infini- 
I  xncnc  p:titc,  &  qui  ne  va  jamais  à 
un  grain  par  once  :  i",  qu;  ces  atô- 
aes  d'diUn'ic  Coat  coujouts  fous  fon_ 


l'étain  ,   parc?  ol''^:  i-m^ra.  *r    rri'.  ■ 
taux  ncptavrn*  s'illir*  nu*  jorr^i  iii 
iont dans  Icnr  ésar  ixi?raliiaiK .  lorn- 
plct,  &  isi  Cfarm:krî  jcavrrr  tju'.  « 
régule  d'arfciic,   aiioiciu*  rr*:   i-n- 
liicieai  ,  iVE    pou-îan"    î^rauiotti 
moins  eus  !«  chaui  distiC'!-:  t*'j    tl- 
le  vrai   poifoE  comiL   \m\x    j*.   T,ijn 
d'arTtfix:  3*-  out  rrî  tr..iii'ju>r;  <k 
rcgulciTarfrT'ir  îonî  mTir*ciitm':'Conr.« 
bitices  avec  J*ctac  £f  izk-    ^oitrrof 
r^  Cbiniiftcfij  ss  rtnà  UoJvLunàim 
nulU   la  fmaiiU  oiéutcrt  ^u  vwtu 
muft. 

Quoique  ers  morif'.  ôt  m  w^ 
craindre  l'ofa^e  dt  i>:'.a)f  ni^n/^.  ai- 
lle JuDe  pcri'e  tiuanTirt  ot  r^^uK 
d'aifcaic  (oiem  trcvcapabitrî  ck  -uik 
impreifion  ,  et  Tmcéra.  efr  T  1 '.'K  mu- 
table ^  &  la  QurftiOL  i  iat^ud^  MM. 
B.  &  C.  avoient  â  xtpoooft  <rïOK 
d*ane  (\  ^axKÏe  conë^uenct  ^  x^c'va 
ont  cru ,  avec  laifon  j  «tvojî'  ûi?'^uv«r 
kiir  fCTîTimenr  fwr  Tcxpérienct. 
£n  conittjoe&cc  ils  cm  aUic. 


U1CJMM0 


'''"S"^''-  Vît  ftp'""  C 

"''""  .  â\.»c.°»  •-'îts  coït*"»:- 

t«"  '  ,   L  ptas   '=&"'    font  * 


^F'  Âoàt   17S1. 

^nar  nos  Potjeis,  ils  font  encore 
B.^ié$,   de  cuivre,  de   régule   d'arir 
B-xnoinc,  de  zinc,  de  bifmuth  ^  S&M 
V  plomb  ,   mccaux  iiifpcdts  5:  malfai«ï 
*■   fanî.  MM.  B.  &.C.  avoicnt  a  ded^J 
dcT  fi  l'ufage  de  l'étain  durci  pai 
marières   métalliques  étoit    dangC»! 
rcux  :  ils  répondent  à  certe  qucHiotii 
en  diftinguanr  d'abord  Tétain   qui-jl 
tJoir,  à  jufle  citce  ,  porter  le  nQvi.9 
d'éuin  fin,  d'avec  l'ctain  communi*! 
Cell  de  cet  étain  fin  dont  fe  fet-J 
voient  nos  pères  dans  le  tems  que  !«  A 
vaiffcUe  de  ce  métal  étoir  généraleJJ 
ment  en  ufage,   &  étok  mêm        ' 
objet  de  luxe  par  fa  quantité  dari( 
les  mailons  les  plus  opulentes ,  com*" 
me  l'tft  à   préfent  la  vaifTcUe  d'ar-  ' 
gent;     il   y  avolt  alors  des   rè^k- 
nicns  qui  5'ob(etvoient  fur  l'alliage 
de  Ictain  i  il  n'étoit  permis  d'alliet 
l'ttain  fin  qu*avec  du  cuivre  rougC 
&   du  bifmuth  ou  étain  Je  gUcc , 
(ans  cependant  que  les  propotnons 
fulTem  fixét:?.  Mais  MM.  D.  &  C. 

Ï:  oblcivet  ^u'on  ne  mcttàvt  ^w,» 


I 


^B  's  6 1  s   humai  des  Sçavaas  , 

^M  dcus  livres  ou  detis  livres  SC  Ji 

^B  au  plus  de  cuivre,  &  une  livre  de 

^B  bifmuth  fut  quatre- vingt •dix-fept 

^P    livres  d'étain  ,    quaniitc    fuffifante 

■     pour  lui  donner  la  folidtié   conve- 

B     nable,  6c  que  les  Poùeis  n'ont  garde 

d'augmenter,   parce   que  le   cuivre 

rouge  cft  plus  cher  que  l'ctain.  Se 

qu:   d'ailleurs  ,  s'ils   outrepatToienc 

ces   proportions ,  ils  ne  pourroienC 

plut  Eravailkl  leur  ctain. 

Il  eft  vrai  que  ces  deux  métawi 
font  JTialfaifans  ;  mais  ce  n'cft  qu'au- 
tant qu'ih  peuvent  fc  diffbudre,  & 
dans  ces  proportions  iU  ne  pruvciic 
Être  attaqués  dans  les  ufagcsécono* 
niiqueî  à  ca-ifc  de  la  quantité  infini- 
ment prédominante  de  l'étain  qui  les 
défend  Tuffilammenc  de  l'adlion  des 
«limcn;&  adàifonn^mensiaunidans 
le  tcms  que  cet  ctain  fin  étoit  en 
ufage  ne  lui  a-i'on  jamais  (aie  aucun 
reproche  relativement  à  la  lancé, 
MM.  B.  &  C.  font  obferver  à  cefj- 

Ljet  qu'on  fe  Utc  aduellcment,  avec 
toute  confiaace  &LU'ï&'vci.<LCt^'iv.'(ù.<:atf 


ÏÂoât    17SI.  l^lfl 

elavaifTelle  d'argent  a\i  tîrre,  quoï^ 
que  cette  dctnièie  foit  alliée  d'une 
quaniiié  de  cuivre  double  de  celle 
^ui  étoit  dans  l'étain  fin> 

Il  n'en  eft  pus  de  même  de  l'étain 
nommé  ètain  commun;  l'alliage  do 
minant  de  ce  dernier  eft  le  plomb , 
métal  de  bas  prix  ,  qui  peut  s'allier 
en  glandes  proportions  avec  l'ciain 
fans  l'empêcher  de  fc  travailler  ,  & 
qui  peuc  par  conléquent  favorifer  in. 
Dnîment  la  cupidité  :  aufll  fe  com* 
mcl-it  tous  les  jours  des  abus  &  de» 
fraudes  confidcrabks  dans  cet  alliage 
du  plomb  avec  l'étain  ,  malgré  Its 
épreuves  ufitées  «maisinfidèles ,  pour 
les  rcconnoîrre.  MM.  B.  &  C  indi- 
quent fur  cet  objet  des  moyens  chi- 
miques très-furs  pour  reconnoîtte  la 
quantité  de  plomb  allié  ^  l'étain  j 
éc  ils  invoquent  ,  avec  taifon  , 
l'autorité  publique  pour  réprimer  les 
abus  dangcteuï  de  cet  alliage  du 
plomb  en  grande  proportion  avec 
rétain,  furtout  pour  les  vaifTciMH 
nvani  aux  alimens. 


H^  If  10  Journal  des  Sçavans  , 
■  .  MM.  6.  &  C.  terminent  la  Xth» 
bonne  DiiTcttarion  dont  nous  ve^ 
nons  de  tendre  compie ,  par  quel- 
ques obrcrvaciojis  clTetiticlIcs  fur  les 
vailTcaiiit  de  cuivre  te  de  fer  ktvenk 
qui  font  d'un  très-grand  uiagc  ,  & 
ceux  de  fer  futtour  d'un  ufagc  très* 
fur  ■,  mais  ce  n'cd  qu'autant  que  l'c- 
rain  employé  à  ces  éiamages  cA  lui- 
même  très- pur.  Ces  Chimiftes  re- 
commandent ,  avec  raifon  ^  de  n'cm- 
ployer  pour  i'étamagc  que  l'étais 
des  Indes  dans  toute  fa  putttc  ,  cet 
écain  écant  le  feul  qui  ne  {bït  pas 
fufpcâ  ;  ir,ais  probablement  ilsau- 
roicnc  infifté  encore  plus  (nr  cet  ob- 
jet ,  s'ils  avoient  fu  qu'aucun  Chau- 
dronnier n'ccame  avec  de  l'étain  put 
&qu'il5  lont  tous  dans  l'habitude  de 
fcfcrvird'érain  allié  de  plomb  &  mê- 
me en  grande  proportion;  nor^,  pro- 
bablement par  cupidité  ou  par  écoti  (>• 
mic.parccquela  couche  de  rétamage 

kefl  fi  mince,  queccEtc  éconoinie  fcré* 
duiroit  ptcfaue  à  rien  ,  maïs  parce 
gu'iis  ont  obC»s4  c\a?  l'alliage 


larcc 

i 


Aoui  1781  1611 

plomb  rendoit  leur  écamagc  beau- 
coup plus  JifTe  9  pl^fs.  uni  &C  plut 
brillant.  Or,- un  pareil  avantage 
n'étant  d'aucune  considération  9' en 
compâraiFon  de  la  fureté  &  de  la  fâ* 
lilbrité  s  il  paroît  indirpenfable  de 
défendre  abfolunnenc  aux  Chau« 
dronniers  Temploi  du  plomb  àtni 
leurs  étamages. 

[  Extraitde  M.  Macqutr,  ]    * 


{ 


L 


1  ^11    Journal  iu  Sçavans , 

L'jiPOLO  G  kTl<lV  E  6-  M  I 
Prefcripùoni  dt  JtriuUien.  Nott- 
vellc  Edition  revue  &  corrigft 
d'après  les  Mantifcrits,  les  Eoi* 
tions  &  diffcrcns  Ouvrages  dc 
TcftuUieii ,  avec  la  Traduaion  & 
des  Remarques.  Par  M,  l'Abbi  dt 
GouTcy ,  Vicairc-Géiiéra!  du  Dio- 
cèfc  de  Bordeaux,  derAcadémic 
Royale  de  Nancy.  1 780.  A  Paris, 
chez  Sorin  ,  Libraire  ,  me  .''•  Jac- 
ques i  l'i  chez  la  Veuve  Deiâictr 
fuc  du  Foin,  is-iz.  pag.  41] . 
fans  la  Préface  qui  en  a  x8.  l  liv< 
10  r.  broché  Se  }  Itv.  relié. 

L'ApoLOGéTiQUE  de  Ter- 
tullicn  ,  e(l,  au  iugemem  de 
l'Abbé  de  Flcuiy,  la  plus  ample  Sc 
la  plus  famcufe  de  toutes  les  Apol(>* 
gies  des  Chrétiens  ,  &  le  Livre  de» 
Frefcripiiofis  efl  un  des  plus  utilts 
de  cet  ancien  Ecrivain.  Ce  dcrniet 
ell  un  de  ceux  dont  rAiTcmbléc  du 
CJo'gé ,  CEL  i6%i  1  tccoDvnaado^ 


'ja 


1 

>      I 

:| 

r;  ■ 


P  Août  i^gi.  i6ij  I 

^age;  &  M.  l'Abbé  de  Gourcy  , 
n  publiant  CCS  deux  Ouvrages,  n"a 
■it  qu'exécuter  une  partie  du  grand 
irojec  forcement  recommandé   pat  < 
'AfTcmblée  de  1770  [1]. 

Baliac ,  en  difaiit  que  le  %le  de  4 
fcTruLlien  écoic  de  fer ,  avouoit  auffi 
|uc  de  ce  fer  il  avoir  fornc  d'excel- 
CDtcs  armes.  En  lifant  fcs  Ouvrages , 
m  regrette  qu'il  n'y  air  pas  mis  au- 
■ant  de  corredion  &  de  goût ,  que 
le  force  &  de  chaleur.  Quoique  le 
lylc  foit  un  peu  moins  défcducui:  I 
lans  l'Apologétique  que  dans  les  ] 
mtres  Traités  de  cet  Auteur,  on  ne 
aille  pas  d'y  être  fouvcnt  embarradîÊ 
>our  découvrir  le  vrai  fens.  Génie  \ 
rigouicux  &  libre,  TcituIIlen  j 

Ht]  Cen'eft  cnfruequc  fous  lesaQfpices 
HV'^^  l'iiivirtiion  ds  Clergé  de  France-, 
ptt  l'AuECur  a  cnireptis  ce  ciavai] ,  e»» 
nîné  &  approuvé ,  avec  d'auties  manurcrits 
le  fa  comporicion  ,  dans  une  Afiêmblée  g^- 
kalc ,  comme  le  porte  le  procci-veiUt  . 
Ellc<le  177  ï- 


&  des  conliruflions  qu'on  cht 
roit  imuilement  dans  les  Ecr 
de  Rome  ;  &  fouvcnt  iorfqu" 
ufage  d'expreflioiisquilui  fonr 
munesavec  eux,  il  IcuraCTtibi 
Icns  tout  particuliers ,  qui  ni 
qu'à  lui.  La  traduflion  des 
Auteurs  cftnéceflairc  à  ccuxqu 
tendent  pas  la  langue  original 
utile  à  ceux  qui  l'étudient;  ce. 
Ttrtiillien  cft  prtfque  aurti  r 
iairc  à  ceux  qui  entendent  Jal: 
latine  qu'à  ceux  qui  l'ignoreni 
ne  doit  donc  pas  Sire  étonné  q 
Ouvrages  nous  foicnt  parvenu; 
un  état  d'akcration  qui  en  ren 


Août  1781.  1615 

J'Abbé  de  Gourcy  ;  &  s'il  a  fait  ufagci' 
pour  rApologérique  de  Teriullien  1 
de  rEdirioû  donnée  par  Havcrcamp; 
8c  des  manufcrits  qui  y  ionr  cirés  » 
Veft  avec  beaucoup  de  circonfpec-» 
tien.  Nous  remarquons  audi  dans 
fes  noces  qu'il  a  confulté  un  manuf* 
cric  de  la  Pibiiothèque  du  Roi  » 
cottéi6i6. 

On  voit  par  le  texcc  même  de 
l'Apoiogéciquc  qucTcrrullien  Técri- 
voic  fous  le  règne  de  Sévère,  &  du- 
ranc  la  perfécucion ,  après  que  le 
parti  d'Albin  &  de  Niger  eut  éré  cn- 
tiètcmenc  abattu ,  &  lorfqu'on  fai-* 
(bic  la  plus  rigourcufe  recherche  de 
tous  leurs  partifans.  Niger  avoit  été 
tué  en  195  ,  &  Albin  le  fut  en  197,^ 
La  perlécucion  commença  en  zoo  , 
en  Afrique,  où  l'Auteur  compofa 
fon  Apologie  ;  mais  Sévère  ne  pu- 
blia d'Edic  contre  les  Chrétiens 
3u'en  zoi.  Tertullicn  fait  Téloge  de 
cvère ,  tandis  qu'il  dépeint  des  plus 
odicufes  couleurs  les  Empereurs  qui 
avoicnc  porté   des  loix  contre  les 


I 


i 


lélS  Journal da  Sçâvans t 
Chrétiens  ;  l'Edit  dtf  Sévère  n'avoit 
donc  pas  encore  paru  lorlqu'U  écit< 
TOK.  il  adrcffe  fou  Ooviagc  sus  Ma* 
gijlrats  de  l'Empire  Romain  ,  qù 
rendaient  leurs  jugemens  dam  U  lUu 
it  plus  iminini  de  la  Ciré.  U  ciï* 
tciul,rfloti  l'iilemoni  &  Dupiti,lc) 
MaiiJttraTS  de  Carihage  fa  patrie  » 
non  ceux  de  Rome.  AuJli  parlç-t<i) 
â  des  M3i>i(ïr3[i  pf if^curctirs  ;  alots 
la  petlccixion  nttoic  pa«  allumée  S 
Rome,  tlle  l'étoic  à  Carthagc.  Il  ft 
lÊTt  dts  termes  de  Pra-fules  &  Pro^ 
confuhs  ,  qui  dcngnoient  les  Mft-* 
giflrars  ou  Gouverneurs  p(ovinciâut< 
Juniais  il  n'emploie  le  mot  urht  ) 
conlacté  à  la  ville  de  Rome,  maiî 
celui  de  civiias  ,  en  paclani  da 
lieu  de  Ion  féJDur.  Ailleurs  on  voit 
qu'il  parle  de  Rome  comme  n'y  étan! 
pas. 

Ajoutons  qu'il  feroit  difficile  dtt 
concevoir  que  TcttuUien  eût  adrclli 
à  des  Romains  une  Apologie  cctite 
d'un  ftyle  qu'on  auroit  eu  vraircm* 
^iablemene  bien  de  la  peine  à 


J 


Ml  Catdiage  t'an  200  >  "&  cjiB 
rcrtiitt  avoir  tiré  le  i^laive  en 
^iie  contre  les  Chréricni ,  con- 
bit  bien  i'idiomc  de  i'.ApoIo* 
,s'il  éroit  comprisdans  le  rorrr- 
îes  Magifliacs  à  c]ui  l'Apoiogit 
atliefrée. 

uant  BU  Livrcdes  Pnfcriptionsy 
lige  qu'il  a  été  ccrrt  avant  le 
té  contre  Marcion  ;  car  c'eft 
n'avoir  pas  bien  faifi  le  fcn» 
pafTage  de  ce  Traité  qirt  l'Abbé 
■y  a  penfé  differeninienc.  Il  y  a 
c  lieu  de  croire  tju'il  eO  anré- 
à  louî  les  Ouvrages  de  Tcrtul- 
rontrc  l'erreur  ;  à  cet  égard  du 
s  M,  l'A.  de  G  adnpre  l'opî- 
d«S  Cïiticiucs  (]ui  ne  pcuvmt  fe 
adcrque  Terrullicn  ait  été  en- 
dans  le  fcbtfme  &  dans  l'hcrô- 
orfqu'il  compofa  cet  Ouvrage, 
3n  n'appcrçoit  aucune  trace  de 
rrcurs,  &  mi  il  fe  fair  gloire 
:  dans  la  Comniitaîon  de  ioutc< 


I 


1618  Journal  dit  Sçavans  ,         ^ 
les  Eglifes  apo[\oli(^ucs,   &  fUTtoUt 
de  l'Eglife  de  Rome ,  dont  il  fait  un 
pompeux  étogc. 

Nous  aimerions  mieux  pouvoir 
dire  qu'il  rcvinc  de  fes  égaicnienti 
^  qu'il  compota  enriiîtc  ion  Trai[J 
des  Prcfcriptions,  que  d'êcre  foicél 
d'avouer  que  les  raifons  qu'il  y  ex* 
pofa ,  pour  réfuter  coures  !«  er- 
reurs ,  n'eiircnr  pas  alT:z  de  force  fut 
fort  elprit  pour  Je  gmancir  deijUït' 
quESuncs. 

Dans  fon  Apologétique  Tetnil; 
Jien  monrrc  avec  force  l'injufticedtt 
Paj'ens  ?f  de  leurs  loix  qui  condam* 
poienc  les  Ciiréricns  fur  leur  ncni 
feul;  tirannic  d'autant  plus  révol- 
tante, que,  tandis  qu'on  les  fuppa- 
foit  coupables  de  crimes  odieuX|OD 
vouloic  les  forcer,  par  k  violent* 
destourmcns,  à  nier  qu'ils  tiilTsiK 
Chtcdens ,   &    ce  défavcu  fuffifoic 

four  les  regarder  comme  inooccufc 
I  fait  voir  que  ces  crimes  fuppof^t 
font  à-la-fois  conrre  la  nature  & 
contre  toute    vraifcmblancc,  qu'il 


Août  1781.  1619 

c  donc  en  avoir  une  preuve 
incance ,  avant  de  punir  ceux 
}n  les  împutoit  |.&  que,  cette 
s  acquiic,  ils  n'en  écoienr  paf 
erîmsneis  &  punifTables,  en 
Dt  le  nom  de  Chrérien  ;  que 
yens  eux  mêmes  éroient  cou- 
des horreurs  dont  on  char- 
tes'Difciples  du  Chrift  ;  que 
Dieux  avoient  été  ôriginaire- 
des  hommes  »  &  des  hommes 
icieux  ;  que  celui  des  Chré- 
Créateur  de  funivers,  s'eft 
oniioitre  par  les  Livres  des 
plus  anciens  que  tons  les  Li« 
&  même  oue  les  Dieux  des 
s  ;  oue.  la  noârine  des  Chr£«! 
es  oblige  ï  prier  |e  vrai  Dieu 
les  Empereurs ,  pour  TEmpire 
in ,  .^ur  leurs  ennemis  mê« 
mais  qu'elle  leur  déiend  de  dér 
1  l'homme  des  honneurs  ré(er« 
la  Divinité  ;  qu'elle  en  fait  des 
ïÂs  plus  utiles  &  de  meilleure 
e  les  Payens  ;  que  dans  leurs 
>lées  tout  refpire  TuDion  ^  Tini 


L 


T^jo  Journal  dts  Sçavansî 
nocencc,  la  pieté,  la  fobticré|U 
aiodcllie,  U  bicnfaifancc  j  que  leur 
vcrru  cfl  bien  fupéiicare  à  celle  dct 
Philofophes  ;  que  leurs  dogmes  font 
néccflaiTC^ ,  puifqu'ils  foicenc  lit 
hommes  à  devenir  meilleurs,  ècc.  iic 
Sur  cous  ces  objets ,  &  bien  d'au- 
tres ,  J'Autcui  s'exprime  avec  tout  le 
£cu  d'uQc  imagination  forte  ,  ai- 
denre,  &  pTotor^dément  pénétiéCi 
^uj  quelt^ticiois  franchit  Us  borttet 
d'une  railon'  fage.  On  accufoit  les 
Chrétiens  d'égorger  dans  leurs  myt 
téres  un  enfant ,  Se  de  Te  repaître  de 
ù  chair.  Tertuilicn  entreprend  de 
prouver  que  les  Paycns  eux-mèmet 
Ibnc  coupjbies  d'une  aâion  aulS 
déteQablc,  11  rappelle  qu'en  Afrique 
on  immoloit  publiquement  des  en- 
tans  à  Saturne  jufqu'au  ProconfuUc 
de  Tibère  ,  &(.  que  depuis ,  ces  abo- 
minables facrifices  le  font  encore  W 
fccreti  que  les  Gaulois  fa^crifioicDfJi 
des  hommes  à  Mercure  ^  ic  \ctht- 
bitans  de  la  Tauridc  à  DiinC' 
Ënluîic  il.s'écric  :  -  Combien  je  voit 


Août  1781»  1651 

•>de  gens  alcércs  de  notre  fang! 
»  Combien  même  de  vos  Magiftracs 
•>  les  plus  Jnrègres  pour  vous ,  \t% 
«*  plu^  rigoureux  contre  nous ,  je 
•>  pounois  confondre  par  des  repro-* 
«3  ches  trop  fondés  d'avoir  eux-mâ* 
«•  mes  oté  la  viç  à  leurs  enfans  auflî* 
f»côc  après  leur  naiflance  !  Vous 
«  ajoutez  encore  à  U  cruauté  par  le 
V  genre  de  mort;  vous  les  noyez  ; 
a»  vous  les  faites  mourir  dt  faim  & 
«vde  froid  ;  vous  les  e^tpofcz  aux 
«  chiens  ;  ce  feroit  une  mort  trop 
«>  douce  de  périr  par  le  fer.  Pour 
^  nous  I  à  qui  tout  homicide  cft  dé« 
M  fendu  9  il  nous  eft  également  dé** 
v  fendu  de  faire  périr  le  fruit  d'une 
^  mère  dans  Ton  fein ,  avant  même 
«»  que  rhomme  (bit  formé.  C'eft  un 
»  homicide  prématuré  d'empêcher  la 
i^naiflance^» 

Il  tourne  enfuite  fcs  regards  fur 
les  peuples  qui ,  au  rapport  d'Héro^ 
dore  y  après  s'être  tiré  du  fang  aux 
bras ,  fe  le  préfentent  à  boire  les  uns 
aux  autres ,  comme  pour  fceller  pas* 


^itfji  Journal  des  Sçavans  l  1 

U  leurs  traites.  «Il  s'cft  palTé  qu^  I 
«  que  choie  de  femblabic  dans  U  ' 
r>  Conjuration  de  Catiiina.  On  dit 
■:  c^u'il  y  a  des  Scyihes  qui  maogent 
■•leurs  parens  après  leur  mort.  Mais 
H  pourquoi  chercher  des  exemples  fi 
«loin?  Ici  même  ,  pour  érrc  admis 
»  aux  mynères  de  Bcllone,  il  Faut 
K  avoir  bu  du  fang ,  qu'on  rire  de  la 
*>  coiffe  ,  &  qu'on  reçoit  dans  la 
»  main.  £1  ceux  qui  font  attaquéi 
«d'épifepfie,  ne  les  voit-onpas> 
•■pour  fc  guérir,  fucer  avec  avidirc 
»  le  fang  encore  tout  bouillant  des 
«criminels  qui  viennent  d'cxpirci 
w  dans  l'arène  i  ■• 

U  ell  clair  que  tous  ces  exemples 
ne  frappent  pas  également  au  buti 
mais  il  falloir  du  moins  s'y  arrêter; 
Tertullien  va  plus  loin ,  &  alfoiblit 
fon  raifonncmeni  par  ce  qui  fuitJ 
«Ceux,  a;ouic-tiI,  qui  mangcnc 
M  des  animaux  tués  dans  le  mêma 
»lieu,  (l'arène)  ne  fc  noutrijTent- 
»ih  pas  de  la  chair  >Ie  leurs  letn- 
m.  biables  ?  cat  ce  rangliccs'cA  abreuvé 

V.  wdu 


^oÙÉ  178*1.  1^53 

]u  fang  du  malheureux  qu'il  a  dé- 
:hîré.  Ce  cerf  4i*a  expire  qu'après 
('être  baigné  dans  le  fang  d'un  gia* 
iiatciir.  Etilans  k  venrte  des  ou» 
on  voit  encore  palpif^rr  les  mem» 
brts  des  hommes  qu'ils  ont  dé* 
votés;  Vous  né  pouvez  le  nier  ; 
vous  ères  des  Ancropophages* 
M.  l'Abbé  de  C.f    après  avoit 
i«rti  que  le  rerme  de  Prejcription 
nployji  par  nTertuliien  ,  fignifie, 
livant  la  notion  ritée  de  la  Jurif- 
:iidence  ,  une  fin  de  non-recevoir  , 
ne   exception  péremproire  que  le 
^fendeur  oppofe  au  demandeur  ^  8c 
I  vertu  de.  laquelle  celui-ci  eft  dé» 
laié  non-recevable  à  intenter  nno 
ftion'9  fans  qu'<m  entre  dans  le  fond 
c  iès  cations  ic  de  (es  moyens ,  li 
onné  une  anal^fe  particulière  de  ce 
'nrité  ,  I  ouoi  n*aVoit  penfé  aucun 
es  TraduaeurSf  Editeurs  ou  Comh 
lentatettrs ,  à  là  téferve  de  Laccrda 
ont  l'Ouvrage  cTefr  tbâibé  entré 
9S  mains  que  durant  ie  cours  db 
imoreflioo*    -     : 
4a^  Zzi 


1 


,  S!"'" 


,s«" 


Uî" 


*' »«  **'tc  «^î'"  "t»'»>' ,"  V*- 


t' 


Août  1781.  163^ 

trînc  9  preuve  de  fa  vilrité  :  5^.  fuc- 
cedjpn  non  interrompue  de  nos  £vê- 
ques  <lepuis  Jefus^Chrift  :  6^.  -con- 
hKmué  de  la  doârine  de  nos  EgU* 
(es  avec  la  doârîne  des  Apôtres  9. 
preuve  quelles  font  apoftoliques: 
7^.  parmi  les  bétiènes  régnantes ,  les 
unes  ont  été  condamnées  par  les 
Apâtres  ,  \t:^  autres  font  nouvelles  » 
^  convaincues  de.  (àufleté  :  8^.  la 
yérité  de  notre  doârine  réfultc  de 
fa  conformité  avec  celles  des  Eglifes 
Apoftoliques,  &  furtc#t  deTEglife 
de  Rome  :  9^.  les  Hérériques  ayant 
C9rrompM  TEcriture ,  où  fe  trouve  U 
vérité  »  ne  peuvent  être  que  dans 
Terreur  :  lo^.  la  vérité  ne  pou  voit  (c 
trouver  au  milieu  de  U  licence  & 
du  défordrc  qui  légnoient  par»tout 
dans  les  Eglifes  à^%  Hérétiques  \  tan* 
dis  que  la  pureté  des  mœurs»  la  fage 
4ç  ^igoureufe  difcipiii)ediQinguoient 
ilËglile  GarboliqMe. 
,  On  doit  favoir  gré  à  M.  l'Abbé- 
^  G.  d*une  Tradu(f^ioo  qui  a  dû  lui- 
coûter  beapçpup  de  travail ,  &  dont 

Zzzi| 


I^}<  Joanud its  Sf4Ê¥ans i 

la  clarté  n*a  pas  trouvé  de  modèle 
dans  i*origioaL  II  ne  s*eft  permis 
qa'un  petit  nombre  de  notes  qui  lui 
ont  pam  indifpenfables.  On  ne  feût 
certainement  plus  blâmé  ^  s'il  les  eût 
un  peu  plus  multipliées. 

[^Extrais  Je  M.  Dupmy^  ] 

Codex    AUxamJrinms   manuf» 
•  cripius  Ifavi  Tejimmemi  qui  Lon» 
Jwi  in  Mmfmo  Briimnnico  €§u* 
vatuu  IJn  voL  im  folio. 

MWoiDE  fe  propofc  de  ptt<* 
•  blicr  ee  précieux  manatcrit 
grec  du  Nouveu  Teftament  oue  Ton 
conferve  dans  le  Mufeum  de  Lon« 
drcs,  &  veut  que  fon  édition  foit 
entièrement  conforme  au  manufcrit 
foit  par  la  forme  des  lettre,  foie 
par  le  nombre  des  p^gçs  9  des  lignes 
&  des  caraâères  quelles  contien- 
nent :  il  y  confervera  \çi  abbrèvia* 
rions  ^  les  points ,  &  même  jufqu'aa 
ratures  ;  en  forte  que  cette  édition 
fera  unç  copie  exaâc  du  mmuicrie 


Août  i-;?»;        1637 

&  pourra  en  tenir  lieu.  Dans  des 
notes  particulières  il  cxpôfera  tout 
ce  que  l'on  a  dit  fur  fon  antiquité 
&  prouvera  qu'il  aétc  écriten  Egyptew 
Il  examinera  les  paflagcs  qui  ont  kih 
raturés ,  &  corrigera  les  erreurs  de 
M.  "Wecftein ,  qui  a  fait  ufage  de 
es  manufcrit  pour  fon  édition  duf 
Nouveau  Teftament. 
".  Ce  manufcrit  d'Alexandrie  côn* 
/ifte  en  cent  trenre-une  feuilles ,  Se 
avec  la  préface  &  les  notes  de  M» 
Woide ,  il  formera  un  in-folio  que 
Ton  pourra  joindre  à  l'édition  que 
Grabe  a  donnée  du  manufcrit  d  A- 
Icxandrie  de  l'Ancien  Teftament. 

Cette  entreprifc  de  M*  Woidea 
eu  les  plus  grands  applaudiffemens 
en  Angleterre.  Le  Roi  3  les  Evêques 
d'Angleterre  &  d^Irlande  &  les  dif- 
férentes Univeifités  en  défirent  i'cxé» 
cation ,  &  il  y  a  lieu  de  croire  qu'elle 
fera  également  accueillie  par  lesr. 
Etrangers.  On  payera  une  guinée 
en  foufcrivant  &  une  autre  en  recor 
Yaut  rOuvrage  ;  il  y  a  déjà  plus  de 

Zzz  ti) 


1^)8    Journal  des  SçMvans^ 

deux  cens  quaraDre  (bufcriprions , 
&  auflfîior  que  le  nombre  de  rrofS 
cens  fera  complet  y  on  fera  fondre 
lef  caractère  pareils  à  ceux  de  l'ori* 
ginal ,  ce  ouï  fera  achevé  dans  le 
cours  de  deux  ou  trois  mois  ,  après 
cjuoi  on  com«iïcncera  Timprcffion  , 
&  on  efjrcre  erre  en  état  de  Itvrct 
rOuvrdge  d*:ci  à  deux  ans. 

Les  libraires  de  Lonctres  ant-» 
quels  on  peut  s'aJrcffcr  pour  fouf- 
crire  font  Oachmft ,  Pavnt ,  White, 
Flîrîfly,  Henri  Payne,  Taulder  8c 
Nichots 

Le  même  M.  WoiJe  va  publier 
atîx  dépens  de  l'Univeifité d'Oxford, 
un  autre  Ouvrage  intitulé  :  Fràg:^ 
mcnta  N.  Tefiamtntijetunium  inur* 
prctaùonem  diuU3ifuperioris  Œpypti 
qua  Tchakidica  feu  SakiJica  appela 
latur ,  <  manufcriptis  Ox^nnnJibttS 
dtfcripta ,  &c.  Il  y  joindra  une  tra* 
duâion  latine  &  i^%  notes. 

Le  Diale<fte  fahidiquc  cft  celui 
qiii  étoit  en  uf^ge  dans  ta  haute 
Egypte  ou  le  Saïd  >   différent  de 


I 

JoAt  vf%i.         téj^ 

celui  At'  la  balTe  Egypte  ou  Je  Cd» 
-plite  datiii <  }é))Ml  :  il<>Uë  aVbhs  déj^ 
MâiTk  vcriSori  du  Nouveau- TeftafAeik 
-^bliée  |i«rf  lI^UkiQl>  e#  <of<^ 
*#A  latïtr.  k^^^ftag^chk-idoÎK'il  é*a^ 
gir  5*  h'ctnt  jafdals  ^ttilu  8e  forment 
environ  un  tiers  du' N*Tt?flament'« 
jk'  difFèréHt  de  4a  verfion  co{>hec 
«dont  nou^¥efi(ôn^de{>ôrfer  ^fc  »  ae« 
èorcfeiit  avé^fd'Mtf^  ttleiPifîdm  tWIs^ 
*Éncîf  nfies.  M.'Woidé  béiid^lqtie  ttt^ 
Veriion' ,  dÀiH  -f^H  fi^t^MtM  ^  f(^ 
'^és  feft«s,:  étiftoîi  d^  k  fécond  fi^ 
'de  -de  r£fe  chrétienne  j|  on  peut 
'}ug(!r  par-là -dé  fon  anttqutté&  ^ 
^ftAiftipô^fânce;  Mi  de  fa  Ooa^-, 

:«Uis  fa  ^èhfl^aiifce'  i}c{fai««yg^ 
^oi^^  afltt^':  ^ulls  indicuenr  fa 
'>^raie;iè^ohd^'plufiears  paffages  du 
Nouveau  Tçftamtnt  &  qu*en  ourre 
ib  peuvent  càntribinfr'ft'  nous  faire 
icdntitthrcf  :  l'anfetenne  AmvgÈit  '  égypU 
Ifiennè^fl  Veiit  pàrlèip  (tlto'dôùte^ 
4*HBinciei^M'fartguècôpbr6-oii  fàfaid^ 

"èu^'  dcèîHl  les  -Pcoiéniées  ^  caf  -  <fl , 

*  *9       •  ■ 

Z 1  z  IV 


1 640   Journal  dis  Sçavans  , 

nous  paroit  difficile  de  remonter  l 
ianci.nnc  langue  égyptienne  avant 
Alexandre.  On  fçaic  que  depuis  ce 
Conoucranc ,  les  Egyptiens  ont  ad- 
mis dans  leur  langue  &  Talphabet 
grec  &  une  quantité  prodigieufe  de 
mots  grecs;  que  par-là  l'ancien 
Egyptien  s'eft  trouvé  très  corrompu  | 
ce  Gui  a  formé,  en  quelque  façon ^ 
une  nouvelle  langue  que  nous  appel- 
Ions  cophte*  Il  y  a  lieu  de  croire 
cependant  que  le  Dialeâe  du  Saïd 
ou  de  la  haute  Egypte  »  aura  été 
moins  altéré*  Quoi  qu*il  en  foit,  ce 
nouvel  Ouvrage  de  M.  Woidc  for- 
mera un  volume  &  le  vendra  envi- 
ron une  guinée.  On  defireroit  fcui* 
Icinent  que  ceux  qui  (ont  curieux 
d'en  avoir  un  exemplaire  ^  (e  filfent 
infcrire  afin  que  l'on  put  juger  du 
nombre  que  l'on  doit  tirer. 

Il  cft  inutile  danfifter  fur  Tinv- 
porrance  dk  'ces  deux  Ouvrages  qui 
occupent.M.  Woidc.  On  (çair  qu il 
eft  crès-veric.  dans  la  connoiflfance 
des  langues  Qficnraks  Se  particulière* 


Août  lySit         1641 

nent  dans  celle  de  la  langue  co« 
)hce  dont  il  a  déjà  publié  un  Dic«^. 
ionnaire.  On  peut  juger  par- là  qu'il 
;ft  très-cQ  état  de  donner  ces  édi- 
ions  &  de  \t,^  accompagner  de  tou« 
es  \t%  notes  dont  elles  ont  befoin, 
3e  pareils  travaux  font  honneur  à 
*t7oiverfité  d'Oxford  &  il  feroità 
lefirer  que  cet  exemple  fut  plus  (iiivi 
\c  qu'on  négligeât  moins  l'étude 
les  langues  orientales  qui  nous  pré- 
entçnt  de  nouvelles  connoifTances  i 
icquérir  en  tout  genre.  Il   eft  vrai 

E*elles  entraînent  des  travaux  fie 
5  peines  que  n'exige  point  une  lit« 
êrature  agréable.  M.TÂbbé  Defail-^ 
lais ,  Garde  de  la  Bibliothèque  du 
loi  3  a  bien  voulu  fe  charger  ,  à 
^atis  1  de  recevoir  les  noms  de  ceux, 
[pi  defireront  avoir  des  exemplaicet 
le.  ces  dc;ux  Ouvrages. 
.J^EMraU  de  M.  Je  Guignes^  ] 


o 


Zzz^. 


J  641  Journal  dts  Sçavans  , 

EXEnCiTATIONS  s  in  Ap» 
pii  Atexandrini  Romanas  hifio* 
rias.  Prajide  Jûhannt  Schwci- 
*  ghœufcr ,  Grctcarum  &  Ofitma* 
liûm  Lintrarum^Prof.  PubL  Ord. 
inUnivtrJitaU  Argtntorattnf.  4n. 
lySi.  Excudthai  Joh.  Htmicus 
H  it[  y  Univerfitatis  Trfographus* 
Brochure  in^j^^,  de  90  pages. 

MSCH  VBI6H<EUSBR  y 
•  PiofefItuT  des  langms  grec- 
aucs  &  orientales  dans  l'Univerfité 
e  Srrasbc  urg  ,  a  entrepris  de  nous 
donner»  une  nouvelle  édition  d*Ap^ 
pién  d'Alexandrie.  Charles  Erienne» 
en*  1551 ,  a  fait  imprimer  à  Paris ^ 
les  livres  qui  nous  retient  de  cet  Au- 
teur. Cette  première  édition  in-fi^ 
lia  n'a  été  faite  que  fur  deux  m«- 
nufcrits ,  &  elle  très  fautive.  Henri 
Etienne  5  en  1 592 ,  a  fuivi  cette  pre- 
xnicre  édition  ôc  a  laiflé  le  tcTLtc  dans 
l'état  où  jl  éfoit>  il  y  a  feulemcsit 
ajouté  deuxUNic^^lbiTicuKi^jtfaiBf 


# 

tais  manufcncToiiiuSrCi  ii^T''^  rst 
a  donné  une  flMnsvdld  i^iinon  .  t 
Aniftcrdam  ,  ca  cieux  *'Ou  :.t-  4'^.  ..  t 
a  copié  cell^  èe  Besad  £nenni^  ?  i  .^ 
quelle  il  a  a{<Ktf  é  (ic  aûux^cdiairattnsis  ^ 
qiioi({iie  dur  k  éea  \L  ai11in^#«air 
corrigé  ir  Tczsr^  aintl  nous  ?s;«r 
▼ons  9aeaac  booHc  èdruxOr  ^Jus^ 
pîcn. 

Vofins ,  dsf»  faiiTaifé  ^às  SB^Xm 
toricU  fréuisi  fabncttuf»  'Carii  ii 
Bibliofhèqiic  flr  yiiiniin  ^airgeg  tift' 
IcDC  bf  «coop  ée  OHÎ  die  «s:  î^sia» 
TifB  regardé  coannt  as  ftaç^foc 
Mais  -  04.-  Sc«€i^kMHfer  ^  ma  /a 
compaft  af ce  les  Wnàmtôem  fwrr^ui* 
8r  qttî  a  confiatcé  ptutourt  tr:atuii« 
crics  5  penfe  ^eee  k  «s  ^tt..)fliie 
^OD  a  eue  jcicji/a  fmm  pwr  <:^.r 
Autenr  ne  ^icm  tne'  oe  ïtrjyc  <k> 
ploraUc  de  (m  Tme  dlt^^s:  Im  >!;? 'M 
echrioiis  ooc  nèîM  te  mwfiiu  Ik  m 
commence  fon  travaii  par  if -(«HHîtua 
d'un  excellent  manuict  t  ot  k  &- 
blfocbèquc  de  la  TiUt  «c'AittiE^W^ 


1^44   Joariffil  li^  Sfià^ans  ^ 

3ui  lui  a  foucnî  un  ^and  ^oi 
c  corrcâl$>(i&thcUreu|cs.  Il  di 
joindre  la  coIkâ^OA  des  .maïuij 
de  Florence  &  de:.c(!.ux  de  Vei 
oft  reu  trouve  deuit  1  dans  ccrcc 
pièrovUlê»  un  )^  U  Bibl^p^hèq^ 

C&fe9:Dpnrtni(;aip54  Mri^.Paroi 
Ifdcicllft  Jui[:.4  envoya  ceUç  de  i 
manufaics  de  la  Bibliothèque . 
pirialê  à  Vienne  Mf  Sdiveigiiq 
eft  occupe  màisii^anc  à:jcQlIfu: 
ner  lesdwaunfiioM^rifs  dp.l)^  Bib 

cbèqiiQ  du  Roî>r.Ai^£^îi,a  Ufi^  < 
pércr  ijiftprès  Çf^  vav^âil  &  la  < 
ièiâtcKçi*  dç  une  d^  itianulcrtrs  , } 
aurons  uae  éditioti?d*Appîca  b( 
coup  plus  çorreâe  que  celles 
ont  ité  •publiée^. 

Pour  donqei  ;t)nc.  idi^e  de., 
travail  y  :Mi)  S^b^eighoeufer .  -.^ 
de  publier  U  Di(r<ttt^tion.  ^qn;  ii 
annoQçonsii  roarpsi^t  la  ^egai 
comme  une  escelleme:  Préface  ï  J 
dition  d'Appien.  Elle  eft  en  foi 
de  Thèfe  &c%  hilic^v:v\ue  dans  i' 


"Août  1781.  1^45 

niverficé  de  Strasbourg.  Elle  efl>  dil- 
tribaée  en  fix  fedions  dans  lefquel* 
les  ii  traite  de  tout  ce  qui  peut  avoir 
rapport  \  Âppien ,  &  donne  une  idée 
de  fies  Ouvrages.  Cet  Ecrivain  étoic 
contemporain  de  Trajan  3  d'Adrien 
ft  d  Antoine  Pie.  Il  étoit  d'Alexan- 
fjrie  &  a  écrit  en  grec  une  H  i  (toi te 
Romaine  oui  s'étend  depuis  la  fon« 
dation  de  Rome  jufqu'à  fon  rems« 
Il  l'a  divifte  par  provinces ,  c*eft^à« 
dire  j  que  dans  chaque  livre  il 
donne  1  Hiftoire  d*une  Province  £c 
de  tout  ce  que  les  Romains  y  ont 
fait.  U  blâme  la  méthode  de  ceux  » 
qui  9  dans  une  femblable  hiftoire  , 
paflènt  brufquement  d'Afrique  en 
Efoagne  »  de-là  en  Sicile ,  &c. 

L'Ouvrage  d'Appicn  contenoit 
Vingt*deux  livres ,  dont  le  premier 
lentcrmoit  l'Hiftoire  des  Romains 
ibus  les  Rois  i  le  fécond  ^  en  Ira- 
liçî  le  ttoificmci  chez  les  Samnites  ; 
\\  quatrième  9  dans  la  Gaule  \  le 
cinquième^  en  Sicile ,  &  ainfi  des 
^tfcs^  en  ^tgne  t  avec  Aimib%l  > 


1646  Journal  des  S^avans  , 
(n  Afrique ,  en  Macédoine ',  tû 
Grèce,  en  Syrie,  chfz  Ici  ParAcs,* 
en  lilyric ,  en  Atabie  ;  de  toits  ces 
livres  ,  il  n'en  relie  que  onze.  Dans 
tinc  fcj^ion  particulière  M.  Schiret- 
ghœu(er  cire  tous  les  témoignages 
des  différcns  Aurenrs  anciens  en  f^f 
îreur  d'Appien  &  de  fon  Onrrage^ 
Dans  une  autre  îl  s'atifache  à  fai^ 
Toir  que  le  Livre  de  ta  guerre  deS 
Panhes,  que  Ton  trouve  (bus  le 
nom  d'Appien ,  foir  dans  les  ma* 
nùfcrits  ,  foie  dans  \zs  imprimés^ 
n'eft  point  de  cet  Eccivain ,  cl'eft'^ 
à-dire ,  qu'il  nVft  p^  fc  même  que 
celui  qu'Appien  a  e^rit  ftir  le  wktot 
fujer  que  c'cft  une  mativaHc  compi- 
lation faite  d'après  içs  Vies  <Ie  Ct^r-* 
fus  &  d'Antoine  données  par  Piutar* 
que.  Il  entre  ici  dans  des  dtfcâffions 
critiques  qui  fonç  impoTtantes  K 
qu'on  lira  avec  plaiitir»  Il  indiqua 
fous  les  différens  i^iïteurs  cités  pa:^ 
Appien,  &  fait  voir  qtié  cet  Ecri» 
f ain  ne  s'eft  point  fcrvi  qe  Phitaxqse. 
On  ne  igetLt  ofi^tTicaixcager  Mt 


Août  1781.  1^47 

wcighowifcr  à  conrinuer  un  tra- 
qui  le  mettra  en  état  de  nous 
ncr  une  excellente  Edition  d'Ap- 
»•  Ses  lumières  &  fcs  connoi  flan- 
dans  l'Antiquité  nous  aflureoc 
fuccès  de  cette  entreprifc  \\\ 

:]  M.  ScWeijghœa&r  a  <!îc  cUos  cette  ' 
mation  que  l'Edition  (fes  Eûcnne  n*a- 
lii  faite  que  cTaprès  an  feul  manufcrir*. 
eu  dépuis  occaiion  de  fe  convaincre  du 
raire>  &  nous  a  prié  de  Tannoacer* 

\  Extrait  d^M.  Jk  Guignes.  J 


.1    ..•  9 


:i 


*¥* 


• 


1648  Journal  des  Sçavans  ^ 

RÈFLEXi  a^JiS  furie  Projet 
Jtunt  Hifioirc  géniraU  de  France , 
adrtffies  à  MeJJîcurs  Us  Auteurs 
du  Journal  des  Sçavans  ,  par  M» 
CAbbi  Carlier. 

ON  lit  à  la  page  17}  du  Mtrcart 
de  France  du  ii  Avril,  l'Ex- 
trait 6u  compte  rendu  ,  d'une  Hif- 
toire  générale  de  la  Lorraine.  Cet 
Extrait  nous  a  fait  naître  les  ré- 
6cxions  fuivantes« 

Il  feroit  intéreiTant  pour  notre 
Nation  >  d'avoir  une  Hiitoire  topo- 

fraphfque  &  détaillée  de  routes  les 
rovinces  du  Royaume.  Non-feule* 
Aem  cet  Ouvrage  manque  à  notre 
Lméiaturej  on^n'a  pas  même  un 
Diâiotmairc  comblett  une  Nomeo- 
clatnsc  exaâe ,  de  toutes  \qs  villes» 
bourgs  &  villages  de  la  France»  Il 
çft  çeftaîn  qu'une  hiftoire  de  chacune 
de  nos  P^oviQc^s  9  traitée  comme 
^e  de  la  Lorraine ,  rempliroit ,  en 
j;r«nde  parôt  ^  Vt  xara  tunt  de  fois 


!>rmé  pour  une  Hiftoire  générale  du 
Loyaame.  Mais  je  penfe  queTexécu- 
ion  de  ce  pJan  doit  rencontrer  des 
ifficulrés  ;  ôc  qu'après  avoir  atreinc 
:  but  où  M.  Durival  eft  parvenu , 
n  travail  aufli  immenfe  laifTeroic 
Dujours  quelque  cbofe  à  deHren 

Il  n'eft  guère  poflible  à  un  feul 
lommede  Lettres  de  connoitre  pat 
c  détail  &  de  faire  le  dépouillement 
le  roue  ce  qui  a  rapport  à  l'Hiftoire 
Icciéûadique  y  Civile,  Naturelle  Sc 
^olitiquc  de  chaque  arrondiiTement, 
our  peu  qu'il  (oit  étendu.  La  dé* 
ancc  ferme  l'entrée  du  plus  grand 
ombre  des  dépots  &  des  arcliives  : 
lufieur^  années  d'une  réfidence  ha« 
itueUe  fuffiroient  à  peine  pour  pro- 
uret'à  un  Auteur  les  connoilT^ncef  * 
.e  tous  les  objets  eiTentiels  à  la'def- 
ription  d'une  feule  Province ,  rcla? 
iveaient  aux  traits  hiftoriques  confi** 
tfés  dans  les.  titres,  aux  produo*' 
locis  naturelles  ,  à  la  population  ^ 
u  commerce ,.  8cc,  Rien  de  plu*' 
arlable  que  les  arrondiffemens  i( 


r 


1650  Journal  des  Sçaraws  ^ 

les  bornes  des  Provinces ,  par  rap^ 
porr  à  la  circonfcription  des  Moa« 
▼ances  &  des  JurifdiftioDS.  Desrai- 
fbns  politiques  y  des  arrangcmensdô 
fucceflSons ,  des  parcages  de  familles  ^ 
des  procès  même  3  enfantent  drt 
changemcns  de  limites  des  difi* 
fions  &  des  réunions  imprévues.  . 

1^  feul  plan  à  Tabri  de  ces  chan* 
gcmens  6c  des  difficultés  que  peut 
tv'ncontrer  Texécurion  d  utie  Hiftoiit 
générale  topographiqae  du  Royau- 
me, feroir  celui  aune  divifion  de  là 
France  par  Diocèfe ,  &  de  chaque 
Diocèfe  en  Paroiflè.  Ha  été. exécuté 
pour  Je  Diocèfe  de  Paris ,  par  M. 
lAbbé  Lebœof,  de  rAcadémic 
Boyale  des  Infcriptions  6c  Belles* 
Lettres ,  en  qiiins^e  volumes  i^-li*  ' 

Ce  grand  Ouvrage  peut  fcrvir  de 
modèle ,  pour  la  diflnbution.  L'Au- 
teur rafTeinble  fur  chaque  ParoilTe 
tout  ce  qui  a  pa  venir  à  fà  connoiP 
fance,  tant  par  le  dépoutUemeoi 
des  titres  qut  par  rinfp'eâion  des 
iieux  9  rclarivemcnc  i  rHiftoirc  Ec^ 


IF 


jottt  17S1.         i6yi 

ftiquc.  Civile  &  Féodale  ;  à 
oire- Naturelle ,  à  la  dcfcriprioa 
apbicjiîe  de  chaque  tcrriroifc 
les  dépendances. 

travail  initruAif,  eftimable,. 
êmc  précieux,  auroit  acquii 
de  perfeékion  ,  fi  l'Aureur  eue 
icrtrela  dernière  main;  mais  les 
lires  des  fix  dernières  années  de 
,  pendant  lefqucUes  il  fie  im- 
r  ce  grand  Ouvrage ,  ne  lui 
renr  pas  de  lui  donner  toute 
:}ue  &  tour  le  fini ,  dont  plu- 
parties  de  cette  Hiftoire  au- 

pu   être    fufcepiblcs.   Telle 

e  cft ,  elle  peut  guider  les  Gens 

ttres  ou  les  Sociérés  qui  au*. 

ie  courage  de  former  une  pa- 

enticprifc  pour  chaque  Dio- 

te  dîvifion  <Ju  Royaume  eft  {«1 
jui  foît  à  Fabri  des  change- 
Elle  fubfîftc  depuis  le  règne, 
-nperçur  Honorius  :  la  divifion 
rand  Diocèfc  en  deux  ou  trois 
>  ne  chainge  tien  à  1  ancienne 


1651  Journal  des  Sfavans  » 

circonfcriprion.  On  ne  prétend  pai 
avancer  que  les  mutations  de  limite! 
foienr  fan*;  e!:emple ,  mais  on  pcui 
aflurer  qu'elles  font  très-rares. 

L'exécution  de .  ce  plan  .  feroit 
facile. 

La  fciile  influence  de  TEvcqucft 
des  principaux  Membres  de  foil 
Clergé ,  &  furtour  des  Qircs  qui  lui 
font  fubordonncs  ;  les  lumières  & 
Thonnêreté,  les  loifirs  même  de  cet 
état ,   font  des  moyens    faciles  de 

farvciiir  au  terme.  Les  Seigneurs  Jcs 
aroiflcs,  inrércflés  à  la  conferva* 
tîon  de  leurs  droits  &  au  bien-être 
de  leurs  ValTaux  ,  peuvent  venir  ail 
fccours  de  MM.  les  Curés*  Un  od 

f>luneurs  EccléHaftiques ,  connus  pal 
'Evêque  pour  être  initiés  datis  Ici 
connoiflances  néceflaires  au  travail  j 
pourroienc  le  charger  de  la  rédaô 
tion  ou  de  la  réviflon  de  Thiftoire  è 
chaque  ParoifTe  ,  par  utl  fejour  fil 
.  les  lieux  ,  fufïifant  pour  conduit 
chaque  defcription  à  fa  perfeâior 
Un  feul  des  quinze  volumes  i 


Août  lySx.  1651 

>ire  du  Diocèfe  de  Paris ,  Icuc 
a  différens  modèles ,  propres  à 
er  leur  travailt 

exécution  de  ce  projet  procure- 
à   notre   Littérature,   en  fait 
oire  9  le  même  avantage  que  no« 
içograpble  retire  des  cartes  dé« 
es  de  rObfervatoire  fur  les  noais, 
portion  des  lieux» 
:s  deux   grandes  entreptifes  fe 
roient  des  fecours  mutuels  pour 
rfeâion  de  Tua  &  l'autre  oojet. 
ais,  dira-t-on,  comment  trou* 
ans  chaque  Diocèfe  un  Sçavant 
éuniiTe ,  comihe  M.  TÂbbé  Le- 
f ,  les  qualités  rcquifes  pour  un 
:avail }  Combien  de  dimcultés  à 
cre  5  celle  furtout  deia  défiance^ 
met  les  perfonoes  les  mieux  inÇ> 
es  de  la  campagne  en  garde 
:ie  toutes  les  queftions  qu'on 
:  leur  faire  &  Tes  lecours  qu'on 
;  leur  demander  ?  Quelle  cqd6i« 
dans  les  archives  tant  publquei 
particulières  »  combien  d'obfttt 
à  vaincre  paur  y  parvenir  l 


^at  aâuci  uw  — 

lit  difGciic  de  trou?  ^a 
s  Sjavans  qui  rcunilTeiil  t(»w- 
■qualités  dont  feu  M-  l'Abb/ 
|[  !i  fair  pleuve  dant  fonbî^ 
lu  DiocèledePaiis.  Maisiltu 
T  pas  impoQIble    d'en  forniff 
Jchaquc  UioctCc,   en  icndut 
■que  Uniarche  qu'il  a  tcnueft 
pthode  qu'il  a  fuivie  pour  arrint 
h  but. 

kcic  méthode,  d'après  lepliB 
'  nous  avioiii  forme  enfanWi 
c  éiè  contenue  dans  un  volume 
1 X.  On  y  auroit  traité  de  la.nu* 
:  de  pcocédei  dans  les  réctiCT', 
,  des  diffî^rcnies  naturel  de  ma* 
Lmens  ,  des  moyens  de  vaincre  Id 
lifficulic:i  ,  de  dépouiller  &  d'anf 
Jtfcr  ies  litres,  oe  connoître  râgS 
H»  bâcimcns,  &c.  bien  emenoii 
i  cct'inarières  n*auroieiiC 
■pas  été  difcutécs  av^c  toute  l'étendiR 
■  Aéc-Hàirc,  pour  faire  un  Sçavantdc 
F  chaque  i^maceui  :  on  U  fcioit  coD* 


Joât   1781..  16  j  5 

;  renvoyer  les  perfonnes  ab« 
it  neuves  aux  Traités  com* 
i  pnr  paru  fur  chaque  partie» 
;  la  Diplomatique  de  Dom 

la  Science  des  Médailles  ^ 
:  Coutuinier ,  les  Fiefs  ^  TA* 
te,  la  Topographie,  &ç# 
ni  de  tous  ces  objets  fur  le« 
n  n'aitpas  écrit ,  eft  l'art  de 
ce  l'âge  des  bâlimens  à  Tinf» 

de  rArcbkeâure.  Feu  M. 
'sëtant  appliqué  à  me  don* 
notions  juQes  fur  cet  objet  » 
ois  offert  t  il  y  a  environ 
\B  ^  à  comporer  fur  cette  par* 
e(j>èçe  d^nftruâion.  Mes  oi« 
t  éxk  accueillies  avec  tout 
dément  poflible.  Mais  corn» 
écutiondcnlandoit  des  firait 
uré ,  de  voyage  &:  de  corre& 
ce  I  je  n'ai  rien  fait  paroître 
iijet»  L'expérience  que  j'ai  aç^^ 
ic;  metea  état 'de  tracer  dêb 
;  iuffifantei:«  jpour  dirigée;; 
le  de  bon  (ens^d^ns  ce  genre  - 
eiiclie*  Cec.Qumge  élémcQp  ^ 


I 


^ 


1656  Journal  ài$  Sf encans  ^ 

taire ,  fans  former  un  Sçavanc  apiNNh 
fondi  d  iDS  tous  les  genres  ^  qu  une 
Uiftoire  générale  doit  embôflèrj 
auroit  au  moins  rayantagt  <l€  mettre 
chaque  Auteur  ï  portée  de  confdtct 
les  perfonnes  les  plut  verftes  dans 
chaque  matière. 

lES Ellipses  di  ta  lêngm 

Uiîm^  fHcUia  Jtunt  îumntêMm 

.  hffê  du  diffinms  mtots  appêlik 

■  PariiiS  dOraifou.  Ouvrage  dcfr* 

,  tiné  aux  jeunes  Humanifte^.  Ftf 

M.  Furgault ,  Pioièflèur  Emerics 

de  lUniverfité  de  Paris.  A  Paxîi| 

'  chez  Nyon  le  jeune,    LibraiiiBi 

:  Place  des  Quatre  Nations.  ly!».' 

•  Avec  Approbation  &  Privilège  <h- 

Roi.  Petit  i/2-8^«  249  pages.  Prix  | 

relié  9  I  liv»  16C 

To  u  T  B  Langue  a  fes  Ellipfes  9 
puifqu'il  y:  tn  »  dans  le  tran* 
cois»  celle  de  touttr  les  laifgues qoi 
le  pique  le  plus  de  régtilarité  tcék 
clarté.  Saoâius  a  raifoh  de  dire  que 

plof 


Jo&t  1781.  rffj7  ■ 
plus  on  laiiTc  de  ciiofes  à  entendre 
en  parlant ,  fans  t]ue  la  claiié  en 
foilUre ,  plus  on  parle  avec  grâce  &t 
avec  élégance.  Tout  expliquer  eft 
un  moyen  fur  d'ennuyer.  La  raifoti 
de  touK  Ëtlipfe  eft  dans  ce  v£is  d'Ho^' 
nce:  . 

JnptdUt  virhii  tajfat  ontrantibus  aurtsi 
Le  larincn  eft  rempli,  commî  route 
langue  qui  a  éré  à  l'ufagc  d'un  peu- 
ple intelligent.  Tantôt  c'tll  le  nom 
fubftaiitif  qin  e/l  fous-entendu ,  com- 
(nc  dans  cette  pbrafe  d'Horace  : 

Vtnium  cfJi  ad  Vijlx 
popr  veneum  erac  ad  adem  Vifl*  ;  Sc  'M 
dans  ces  autres  phrafes  :  ptr  apatum 
fugicnui  i  fous-cntcndez,  campum.  __ 

Milli-' frumtnti  tua  triverh  arci  ctitta/ih 

Ho  X  A  Cl. 

Ibus-entendez  mcdiûirt. 

Scis  ,  Protm.fcU  Ipfe,  nequt  efi  te  fit-  ] 


^K  fi>ut-i 


fsâU^  ^ ksoÉl  fa«i  r—.uiki  JttI 
le  pf.TÉer  via  combc  tlniH  cm 
«ptiioé  dia*  le  fairiM  î    es  n'tl 

I^Mfoan  le  inénK. 

Tant&c  c'en  le  nom  mify 
\t  panicipe  ^  cft  feg» 

Q»*OIKfi/;/ï.lJ9*/«((TlT»    LlTl.) 

fôot'Cncradcz,  ttfùs 

liHfitaiiaum  ftrdaadtt  rttpablie*  fof 
(Salldit»,) 
foiu-cDtcodez ,  idoruam. 

Mutalor  in  hurjt, 

fout-CDtcndcz ,  ^nguUs, 


.Août   1781.  1^59! 

Tantôt  rEUipfe  porte  fur  le  verbr.  [ 

Mime  adjum  quiftci. 

»    Mente  occiDiTC,aJfum  quifiein   ' 
Mené  incipto  defi^trt  viSam } 

fbus-entendez  dectt^  ou  quelque  au-  1 
trc  verbe  (emblable. 

Caïuandg  m  iUum  ? 

Pan  equos  afetnderei. 
B-cctendcz ,  capit, 
t/eque  arma ,  neque  vinut  tegtn 
I  entendez ,  poterat, 
Sllipfes  d'adveibcs. 

t  ftmptr  boaa  ifl  mulîtr  quam  /h  A 
(Plaut..) 

C*cft-a-dîrc,  magis  bona. 

7ibîanon,  utnunc,  Orie/uilcc  vinlla,Mf^ 

haque 


r 


't66o   Jaurnat ittSçavans'i 
fupple,  olim. 

Elltpfcs  de  piépofitions. 

ScloB  l'Auteur  y  dans  cette  phrafc  : 

j4ttlmuiji  U  non  difie'u  aquiu,        ' 

on  fbus>cntuid  ,  apud, 
&  dani 

FUt  itofttm  , 
on  fous-entcnd ,/'/'. 

Elliprcs  de  conjon^ons. 
Ateliiu.ptjus,  projîj ,  objis,  aih'itvUtU 

nifi  qaod  luiii.  (  Ti  k  eiice<) 

c'eft-à-dirc, 

Mtlius  AN pejui  , pro/s  K£  an  ot/ltiSt, 


Hec  fum  adib  infirmh  ,  nuptr  mt  îm  lit- 
tore  vïdim 
c'cft-à-dîre,  JfJM  naper. 
Nmium  ne  crtie  eolori, 
'MhaliguJlraC'idunt,*actiaU  aigre  îtgtu 

il  faut  encore  ,  félon  l'Auteur  ,  (busi 
entendre  dans  cette  phrafc  :  nam  ou 


I[  Mût  1781.  i66ï,J 

Canlamus  yaeui ,  Jîve  quiJurimti 
r'cft-à-dirc,  JîVe  raeui ,  fivt  ijiùd  * 
trimur, 

^Muhit  ilU  bonis  fltbilit  ocddit , 
ffulli  fithilior  quam  libi,  fi.-gUÎ. 

■  cA  fous-^niendu  au  fécond  vert  ^ 
H  peut-ôtcc  qu'tdtm  au  premier. 

L'efprit  eli  icllemcnt  accoutumé 
uxElltpfes,  que,  qudtjuciois  les 
hrafes  elliptiques  font  ptus  ai(è;s 

cnrendrc  que  Celles  où  tour  eft 
xprimé.  Par  exemple  ,  Varro  dotiior 
ffyUij/nCicero.Ccriainemeiicl'efpnt 
,e  defire  tien  &  ne  voit  rien  d'omj* 
[ans  cette  phrafe  ;  mais  ne  feroîc-îl 
45  airêië  un  inllanr  par  cette  autre 
hiafc  qui ,  félon  M.  Furgault ,  en 
ft  le  développement?  yarro  doSior 
fi  prie  ta  ratione  ad  quam  tationtm 
'■oSas  efi  Cicero,  Cette  explication 
le  rappelle-t-eUc  pas  un  peu  ce  vcri 
ilailant  de  M.  de  Voltaire. 

Jue  l'on  expliqae  cncor  peut  ie  t'eatendtet   | 
Ec  Traité  des£Hipfc!cfl  piÉcfdi  . 
Aaa«iij 


l66i  Journal  Jet  SçOVMaâi 
d*uii  Ttiité  fçavant  fur  la  nantie  6C 
l'ufagc  des  HifFèrcns  mots  qui  en-, 
trcnr  dan<  la  langue  Uiine.  Les  îJén 
des  Gumnaitiens  y  font  qyclqilfr- 
fois  combaccues  &  picCjue  loujaun 
avi  c  lucc  s. 

En  Parlant  des  pronoms ,  l'Au- 
teur s'fXjsrimc  aînG ,  nIlU,  feti  i 
■'  «exprimer  la  louange  ;  ijïe  ,  le  mé* 
I  t*  pns  ou  le  Mâmc  ;  comme  Magaut 
!   fi!i£    ^ttxanJtr;   Ferres  y?<;  ce* 
p*pendan[  Huiacc  a  dit  :  » 

Gratas  Altx^ndro  rtgi  magno  fuit  iU* 
Cftxrilm, 


n 

Si 

non  pas  i/lt. 

ctffyiJtChtfL 

baille. 

& 

Vitgi 

z  aa  contraire  a  dît  : 

£.p». 

i^tfui: 

aniari  itii^tts  , 

»»■ 

/a 

mpride 

n  Siimcon 

laudavit  eût  m 

mJK» 

|^l>rép< 


L'Aufcnr  ne  compre  que  quatre 
prépodcions  qui  tégiireat  indidtac- 


idM 


^V  Jo&i  1.7S1.  lg<jj 

^^BfnentracculatiF&  l'ablatif;  Tçavoit 
^*"  ,  Juh,  fubtcr  &  fuper,  &  il  mec 
la  prépofition  pojk  au  nombre  de 
celles  qui  ne  régillcnt  cjuc  l'accufa- 
rif  feiiiemeni  *  elle  régit  l'accufalif 
fans  doute.  V 


Aiiilas. 


1  rtgtid  videnj,  i 


mais  Virgile  dit  dans  la  même  phrafc: 

En  unqtum  fatrioi  long©  port  lempora  jî- 


&  il  dit  dam  la  même  Eglogue  i 
Utfpexit  tamia  fi*  longo  pofl  temporc  v«n£ 

&  l'Aareur,  à  qui  les  bons  Hcrivainjl 
(je  L'Anliquité  font  lî  familiers,  n» 
rignorc  pas.  Il  a  cni  fans  doiire  f 
pcut-êcre  avec  raifon  que  dar 
derniers  «cmples ,  pofi  eft  adverbdi 
&  non  pas  prépotition,  &  que  pour 
&ire  la  conllTUtfïiun  ,  il  faut  cl)re: 
lango  temport pajî ^  6c  non  pas  pofi 
iongo  lemport.  Son  Ouvrage  an- 
nonce la  plus  parfaite  connoifTance 
de  la  langue  latine  ,  Si  peut  encore 
A  aa  aiv 


I 


i^B 


,1664    Journal  dis  Sfavunt  , 

(tîc  utile  à  ceux  qui  la  fçav< 
mieux  ,  bien  loin  que  Ton  uiilit! 
borne  aux  jeunes  Humanifles  à  qilï 
l'Auteur  l'a  modcflcment  dcllini. 
[  Extrait  dt  M.  GaUtard.  ] 

Extrait  des  Obftrvaùons  Miuo* 
Tolog'tqucs  faiics  à  Moatmorvicyt 
par  ordre  du  Roi , pendant  U  inçis 
dtA/a:iy?i,  parie  R.  P.  Coittt 
Correfpondant  dt  CAtad,  Royeit 
des  Sciences, 


NOUS    avons    encore    éprouvé 
comme  en  Mars  &  en   Avril 
des  chaleurs   rtès-fortcs  qui  fe  fonc 

Ifoutenues  jufqu'à  l'ciioquc  de  U 
nouvelle  lune,  alors  l'uir  s'cft  lubi- 
tcrasn:  refroidi  ;  le  vent  itoit  vîf  & 
picquanc  :  ce  froid ,  qui  n'a  duré 
^uc  quelques  jours ,  a  été  fui/i  jur* 
qu'à  la  fin  du  mois  de  chaleurs  eO- 
cor:  plus  forces  que  les  préccdcDtef. 
La  féclicrefle  a  continué  auHÎ  ,  mail 
les  pluies  d'orage  qui  font  furvenucs 
de  tcnis   en    cems    ont  fait    sfaflA-J 


t  lut  venues 


Août  \y%i, 
kn  aux  prodtiâions   de    la   terrpj 
4,  les  orges  épioîent,  les  fil- 
iaux fleuriiToicnr.  Le  lo  ,  les  in- 
^cs  &  l'égiancisr  entroicnt  en  fleuri 
Le  13  ,  les  tofes  blanches  &  rouges 
flcurifToient.   Le  15  ,  on  fervoit  le» 
^fraifcs.  Le  18  ,  la  vii^nc  ctittoic  etî 
^kur.  Le  21,  les  bleds  épioient 
^R  fleurifToiem.  Le  %-},  on  fctyoïc, 
^Êk  guignes.  Le  29  ,  les  tilleuls  cn*:J 
^■ôîcncen  Seur  îlesgcofeiUeiécoient 
■ugc..  >' 

^H  Timpératares  eorrefpondanus  au» 
^mffirtns points  lunaires.  Le  piemiei, 
^P*.  Q.  )  beau  &  doux.  Le  4 ,  (  4'. 
^Mtri  avant  la  P.  L.  iquin.  dejcend, 
^K/'<''^^'t)  chaud,  tonnerre ,  goutr 
^K  de  plivie ,  froid'  le  lendemain* 
^fc'S  ,  (  B.  L  )'  beau ,  doux.  Le  1 1  ', 
^Bbni/Z,  aufi.  )  couvert,  vent  doux-, 
^Blic,  tonnerre.  Le  i:  ,  (_^^^.jour 
^Êpis  la  P.  L.')  beau,  brouillard, 
^Bs-chauH.  Le  15,  (^'O.Q.)  nua- 
^R 1  nès-chaud  ,  pluie,  tonnerre, 
^p-iS ,  (  apogée  &  iquin.  afcend.  ) 
^bv.e]:t;i  chaud,  pluie,  tontieciEk 


1 

:s 

les 

»ic,^| 

m 


r 

I 


1668  Journal  des  Sçavans  f 
Du  t  o  aa  1 1  »  monté  de  6 1  1  lîg> 
Du  11  au  ij  ,  haijfé  àe  x ,  i  lig. 
Du  1}  an  16,  monté ie  i  ,  Il  ])g. 
Du  ifi  au  19,  {•ai£è  èc  1,1  lig. 
Du  19  au  24 ,  monté  de  j  ,  4  lig. 
Du  14  au  1{  ,  haijjé  âz  1  ,  iplig* 
Du  15  au  ili ,  monté  de  i  ^  4  lig. 
Du  l8  au  50,  baijfe  de  l  .  8  lig. 
Du  30  au  3 1  ,  monté  de  i  ,  4  lig.  , 
Le  31  »  à  9  j  h.yo/r,  17  po.  ii> 
8  lig.  Le  mercure  en  général  a  peu 
varié-,  il  s'eft  beaucoup  élevé  les  s 
&  II,  &  fon  abaifTcmcntaété  af- 
fc2  c,-nfidc(ablc  1-s  4  &  8. 

Plus  grande  éUvation  de  l'hygro* 
mhrt ,  4ï ,  7  ■* ,  le  3  1 ,  à  9  ^  b. 
foir-,  le  vent  fiid  oucft  très-chaud  & 
le  ciel  ferein.  Moindre  élévation  , 
S ,  8  ■■  le  20  ,  à  4  |-  h.  matin ,  te 
Tcnt  oueft  Se  le  ciel  couverr  avec 
pluie.  Diférence-i  36  ,  9  ''.  EUv*- 
tion moyenne,   Jo  ,  1  degrés. 

Plut  grande  déclinaijon  de  faf 
guilU  aimantée  ^  ij**  5S'.  MoinJri 
déclinai/on  t  19''  50  les  3  &  4, 
Di^értrict ,  S  '.  Déclinaijon  moyi^^ 


I 


^P  Août  1781.  161 

I  au  matin  ,  13  "  57  16  ";  à  m/i/(' 
I9  "  57'  46  ''.  ;  au  yôiV,  19  * 
^■j'if>".Dujour,  I9'*j7'î9". 
Elle  a  prctque  toujours  été  ftation. 
naitcà  19  **  j8'.  Le  tonnerrt  s'cft 
fait  entendre  Hx  fois  de  près ,  les 
4,  II ,  13  ,  i^ ,  18  &  19,  &  1 
fois  de  loin  les  14  &  ix.  Les  ora- 
ges du  19  &  du  11  onc  été  ttès-con- 
fidcrablcs;  l'éU^ticitc  ratiirellc  i 
été  foiic  pendant  ces  orages.  Le 
mercure  du  baromètre  avec  lequel 
j'avois  fait  communiquer  le  grand 
conduâeur  ,  étoît  dans  une  agita- 
tion continuelle;  il  en  lortoit  fré- 
quemment des  aigrettes  accompa- 
gnées de  fcémifTcmens  ;  il  a  monré 
fubitcmentdcj  lignss. 
^^  Il  cft  tombé  de  la  pluie  les  10, 
^bi,  13,  15,  18  &  19.  Elle  a 
^Riurni  l€,  I  lig.  d'eau  dont  14, 
HJE  lig-  font  tombées  en  trois  jours, 
les  13  ,  IJ  &  lîi.  Vivaporation  a 
été  de  70  lignes. 

Un  pied  de  rhubarbe  ,  rtumpaïm 
matkuïïif  que  j'avois  femé  le  1^ 


^^pôyo   Journal  Jcs  SçayanS  f  " 

^BMars  1777,  a  Hcun  pendant  ce 
^V  mois ,  les  dcurs  Tonr  blanches  à  êta- 
^p  mines.  La  tige  qui  les  porte  a  17 
^K  pouces  de  hauteur,  ks  f^uîiles,  qui 
^K  font  toit  bellts  &  profondément 
^B- découplées ,  onr  11  ponces  de  lon- 
^B  ^ucur  &  16  de  laigcur.  Le  pédi- 
H^  culc  a  lîz  pouces,  la  plante  cH  en 
pleine  ferre  depuis  1778 

Nous  n'avons  point  eu   de  mala* 
'         dies  pendant  ce  mois, 

1^^ 
hOWELLES  LITTÊRMR^U^ 
ANGLETERR  ^H 
SE  LONDRK  '-^^l 
HHhe  Naatical  Âlmanae  ^|| 
A.  ajlionomtcal  Epktmens  for  liit 
ytar  1786.  178  i-  i«-8^  ^ 

Cette  excellente  EphéincrjJe  qaf  || 
■L  Ton  fait  calculer  à  grand  firaUjIM 
^1  Angleteiie  pour  l'ufagc  des  ^^^| 
^■^uciuS}   depuis   17^7  «   fc   tl^^l 


Août  1781.  1^71 

tUellcment  en  avance  tfe  qtiiitrBj 
j ,  ce  que  l'on  dcfiroit  depuis  long}^] 
BIS  pour  les  voyages  dclong  coiirsaj 
»  Maskelync,  Aftronomc  Royal 
^  dirige  ce  travail,  n'a  iJcn  ou* 
ié  pour  en  accélérer  la  publtca^ 
in.  On  imprime  aâucUemcnt 
1  tables  de  la  lime  avec  des  cor^ 
Stîons ,  &  les  tables  auxiliaires  ^lû  \ 
facilitent  le  calcul. 

•^  Scxagefimat  table ,  l'y  MUkatl  1 
ylor,    i»-4*.   j  60   pages.    Prix  ;  I 

"Voici  cncote  un  Ouvrage  aci 
E  l'on  doit  à  la  magnîBcencë  ( 
luvernemenr  &  au  zèle  du  bureau 
i  longitudes  d'Angleterre.  On  y 
ave  le  réfulrat  d'une  proportion 
pt  Içs  termes  n'excèdent  pas  60 
nutcï    pour     toutes    ie;  minutes 
fécondes,  des  tables  d'éi^uatiop 
pont  les  kcondcï  djfiïrenccs  ,  une 
table  niilltlîmale  dc.<i  parties  prc^^  j 
^J>r:cionneUeï,|  adaptéeraux  propâF-J 
tJti/ninmcs  Se  det  fecondç^J 


1 


I 


l    ,   ,,  ,.      .  J 

i6yi  Journal  des  S çavans  t 
par  laquelle  on  trouve  le  réfultat 
d'une  proportion  dont  le  prcmie» 
terme  cft  60  minutes ,  le  fccond  term- 
ine un  nombre  cjuelconcjiie  de  mi* 
nutes  au-deffous  de  60  ,  &  le  troî- 
lïèmc  terme  un  nombr;  cjuelconcjue 
au-dclTous  de  looo.  Enfin  ,  une  ta- 
ble poui  convertit  lesmonnoycs» 
Jtoids  &  mefiirc^  en  feïagefîinaleï 
de  la  plus  grande,  &  récipioquo» 
mène 

\ 
■     Tables  requzjîtetoie. ufed  Wtth tht 
Hautical  Epkemeris.  1781.  173  pi- 
ges in-8".  S:  6^  d'explication. 

Lorfi^uc  le  Nautical  Almanach 
■parut  pour  la  première  toîs  pour 
I767,  on  y  ajouta  des  Tables  aifiî* 
liaires  pour  les  calculs  de  la  lon- 
gitude en  mer.  L'édition  ctanr  épui- 
'léc  on  en  a  fait  une  nouvelle  confi- 
'dcrablement  augmentée  &  qui  tend 
•plus- facile  le-travail  des  Navigatcua 
'qui  ont  l'émulation  de  vouloir  ob- 
■fcrvet  en  met  IcJ  longitudes.  La 
^  méthode  ât  M.  Lyont  &  <Â;ik  delf 


ÏJoùt  1781. 
nnthom  y  font  renJucs  plus  £ 
les.  On  y  en  a  aiouté  deui  aunes. 

On  y  trouve  1»  ubics  qoi  ^rvent^  I 
à  avoir  la  Uticude  par  deux  liaU*.  ' 
teurs.  If  s  tables  des  cbsngcraciu  de 
tlcclinailon  dfS  (întu  naturels  ;  du 
logarithmes  de!  Hnus ,  [argentés  & 
fccantes  ;  des  tables  de  loganib- 
ma  proporrionch  où  le  logamb* 
msdc  3  heures,  cil  nul^  &c  AvtC 
des  explications  déraillcei. 

M.  Arnold  vient  de  iïnîr  quaxre 
montres  matines  pour  les  longiiu* 
des,  pat  des  moyens  plus  fîmplei  ^ 
il  y  a  une  méthode  pour  les  lefTorts 
dont  il  a  obtenu  le  piivîicge  eiciulîf* 

feimotre  phyjtque  &.  mûUcioat^ 
rani  des  rapporti  évident  tnirt 
xènomlnei  de  la  BaguftU  divi' 
natoire ,  du  Magnai fme  &  de  fiiec 
iriciU  ;  avec  des  èdaircijftmens  fur 
^autres  objets  non  moins  impnnani 
^ui  y  font  relatifs.  Pat  M.  T'*'. 
D.  M.  M.  à  Londtes»  fc  fc  trouve 
yPafis»  chez  Didoc  le  jcuncf  ^uai^ 


I 


mru 


1^74  JoUirtal  Jts  Sçawaas  , 
■  des  Au;;Ullini.    1781.  Vol.  ia-i"* 
de  J04  pag.s. 

En  artcndaot  <)ue  nous  fa({îonJ 
connoîtrc  par  un  exfTait  cet  Ouvrage 
qui  mctirc  'oute  l'attention  des  Phy- 
iici:['S  &  d:'$  Médecint^nou!  croyons 
dcvoii  vappelicr  à  nos  IcAcurs  plu- 
teUTi  autrt-î  MÉmoires  du  mênic 
Aucinr ,  (M.Touvcnci)  cionc^ueU 

SiR-î-ims  nous  ont  échappé  >  Si  que 
oivcLK  lire  tous  ceuï  qni  pienncot 
un  grand  iniéiêt  au  progrès  de  h 
Phyfiquc   Se   de  la  Médecine.   Ce* 
Wcinoircs  lont ,  1®.  Iiir  le  Mécha- 
I  cfine  Se  ic  produit  de  la  fartguificjl* 
I  lion  à  Pctcrsbourg,  1777. 

x°.  Sur  lis  fubliancc;  médicamcn- 
tcofes  ou  réputées  telles  du  règne 
animal.   A'bordeau»,  1778. 

j".  Sur  la  nature,  I«  ufagcî  fiC 
IcsefFets de  l'air  &  des  airs,  dïS  alî- 
mens  ?;  des  médicamens  ,  relative- 
ment à  l'économie  animale.  A  Toiï* 
Iloufc,  1780. 
Ces  trois  Mémoires  académiques , 
iclattfsàla  Chimie  Médicinale^ 


»! 


Icmicjues , 

J 


EAoât  17S1.  >^7m 

précctlésd'un  auneà  Mompcllier»! 
1770,  (</e  Corpote  Mucofo y  frcj 
donr  il  fc  trouve  encore  ici  cjiieltjues 
exemplaires.  Ils  feront  bientôt  fuj- 
y\%  6.C  la  publication  de  irois  aunes 
Mémoires ,  également  couronnés 
par  des  Académies  de  France  ou  dc^ 
Pavs  ciraiiger; ,  &  que  nous  avonj| 
déjà  annoncés.  .' 

Le  Mémoire  analiriquc  fur  Iei| 
Eaux  minérales  de  ConirexeviUe  et»! 
Lorraine,  publié  à  Paris  en  i77î  j 
aura  aullî  incefTammcnt  une  fuue^ 
conrcnant  le  tableau  hiftoricjiic  fl£ 
taifonné  des  maladies  chroniques, 
traitées  depuis  cette  époque  par  ces 
nouvelles  Eaux  ,  qui  n  eroicnr  alors 
qu'impaifaîremcnt  connues.  Leur  iap> 
prochemenr  d'aurrcs  Eaux  minérales 
célèbres  Si  très- recomniandab les  , 
telles  que  font  celles  de  PlomhUrei'y 
BoufbanniS  ,  Luxeuil ,  Bains  Ôc 
Bujfang,  toutes  diflFcrentes  les  unes 
des  autres,  la  facilité  d'en  réunir 
ou  d'en  faire  fucecdct  l'ufage  ,  tar>c 
~  uéiicutemcnc    qu'excétieutemem 


\ 


I 


detisoyeni 

mèibo&^Ks  Se  cam- 
•ppfiafalcs  dûs  bien  Aa 
et  maUJks  lottes  fie  coO* 
dormit  EiR  (ai  U  Loi* 
l'une  des  plut  nchcs  Pco«in- 
RoTaoïDc  en  foorccs  rainè- 
falcs,  rattcniion  de  toai  ceui  ^là 
«'occupent  à:  l'art  de  guénr.  Atifi 
ce  but  (Tucilitcpubliquc  a  ;-îl  en- 
gagé le  GouTcrncmenc  î  ptestlre 
en  confiJétation  les  projets  ne  cotn- 
&  d  es  établi  iTcmenl 
pTopics  i  Icfecondcf. 

Toits  rcs  différcns  Mémmtcî  de 
M.  Touvcoellc ,  d»nt  1«  fujcts  font 
Ion  impotrans»  comme  on  peut  en 
jagcr  par  leurs  rides  y  fc  trouvent  ou 
'Je  tiouveront  chez  Didot  le  jeune, 
.j^uai  des  AuguAins.  _ 

DANEMARC  K.fl 

COPEKHAGUS. 

Kyt   Sam/ing    of  dtr   Kongtlif^ 
tltinske  yidenskubtrs  Sehlabs  Ski 


J 


Août  1781.  167^ 

ttr.  Ou  Nouveaux  Mémoires  de  17 
cadcmîe    Royale   de   Daiinemarcfcil 
Tome   l"*^.  A  Copenhague.   lySl^l 
640  pages  /n-4°. 

Aptes  les  douze  volumes  de  l'an^  J 
cicnne  coiktîlion  des  Mémoires  de  1 
l'Académie  de   Copenhague,  donçl 
le  dernier  a  paru  en  1779  ,  on  com>J 
mcncc  une  nouvelle  fuuc;  nous  r 
pouvons  qu'indiquer  les  i'ujets  d^l 
Mémoires  contenus  dans  ce  premier'' 
volume ,  on  jugera  du  moins  par-li 
de  raâivité  de  cette  Académie,  8c 
de  l'ucilité  qu'il  y  auroit  de  le  pro- 
curer une  iraduâion  de  ces    Mé- 
moires. 

I,  M.  Femlcr ,  Mémoire  fur  X'xxvA 
vencion  des  canons  5c  de  la  potjdtf. 

X.  M.  MuUcr,  fuT  le  txma\  \\ 
prouve  que  ces  vers  ne  peuvent  en» 
trcr  dans  le  corps  humain  y  mais 
iju'ib  V  naiflcnt. 

3.  M.  Strom  ,  DefcriptioD  des  vtt^ 
fcâes  de  la  Norvège. 

4,  M.  Kraizenltein  ,  fur  U  StruQi 
achromatique  de  l'ceii* 


l 


tiy^  JoumalJet  Sçavaht i 
'■  j.  M.  Lous ,  Dfcermînation  dé 
ia  polîiion  des  Obfervatoîrcs  de  Co* 
■penhaguc  ,  d'Uranîbourg  ,  &  Je 
Lund  en  Scanie,  cirée  des  Obferv^ 
tionî  de  Picard ,  de  M.  Schcnmatck 
8c  de  M.  Bugg:  ;  voici  les  latitude» 
&  les  différences  de  longitude. 
Tour  ifttonomîque 

de  Copenhague..  {]*  40' 44' 
Siaiion  de  PicatJ  i 

Urauîboutg ïî    î4    t? 

Dame  He  Lund.  ■■•tf  41      6 

€.  M.  Cardcns,  fui  l'oiigine  8C 
les  variations  des  armes  des  Norvé- 
giem ,  fur  leï  fccaux  &  les  monnoyet 
qui  y  ctoienc  en  uiage, 

7.  M.  Siibolt ,  fur  la  manière  de 
traiter  les  mines  de  fer  pour  la  fonte 
des  canons ,  6c  fui  la  manière  de  lef 
jfondrc. 

8.  M.Krarzcnrtcin,  (urladifpofi' 
tion  des  tables  d'Obfcrvations  Mé> 
téorolcigiciucs. 

9.  M.  Spcngler ,  defcription  d'une 
Madrépore,  en  vis. 

10.  M.  RQttbcdl<  fig les  I 


-ii^Hi 


RJ*ât    1781.  l6\ 

,  uméraires  &  les  futures  du   crii 
liiiniatn. 

II.  M.  AMldgaard  ,  nouvelles 
Expériences  taîiet  avec  le  quartz  3C 
l'acide  vitriolitjuc. 

iz.  M.  Holm,  fui  les  pUnres  de 
la  Criptogamic ,  qui  prennent  naif- 
iancc  fur  les  matières  végéralcs  & 
animales,  &  fpécialement  lur  celles 
qu'on  appelle  c!ayaiia  militaris  & 
Ta  m  Mria  fa  ri/iefa . 

13.  M,  Stibolt,  fur  la  nature  de 
la  poudre  &  la  Duâure  des  monicrsà 

14.  M.  Spengler,  fur  quelques 
coquillage^  très-petits ,  trouvés  dans 
je  fable,  du  geuic  des  irochus, 
turbo;  murex  ,  nautîlus,  &c. 

15.  M.  Brunnich  ,  Defcripiion 
d'une  nouvelle  efpèce  de  tiilobite  , 
coquille  folllle. 

16.  M.  Bugge,  qui  a  été  chargé 
Àc  la  direâion  des  Carrcf  du  royau- 
me ,  qu'on  a  levées  &  gravées  i. 
l'imitation  des  grandes  Cartes  de 
France ,  donne  la  dcfcription  d'un 
enoniQnpoitacifpout  tracer  des  n  ' 


I*8»  Journal JeS s f avais l 
xidicnncs,  &  (^c  la  oianicrc  U  plttf    , 
commode  de  Faiic  Us  boudbles  a*Aï> 
penccur. 

17,  M.  MulIcT  dècrir  deux  noo-   ' 
vcllcs  cfpèces  de  monoculcs,  pctio 
infeâes  curieux  qui  habrccnt  fous  lu 
membranes  tranfparenres  de  la  plants 
"appellée  uCricularia  vulgaris. 

lït.  M.  Siihm  ,  donne  l'Hiftoite 
des  habrans  de  la  Chazarie  ou  I^o-    1 
zahc,  peuple  voifin  du  Volga,  qui 
était  puiirant  avant  le  10^.  fiècUi 
{<.  qui  efl:  cependant  peu  cr>n:iu. 

19.  M.  Bugge  donne  des  Obfer- 
Tations  des  fatellices  de  Jupîrei  ^- 
tes  à  Copenhague  par  lui-même  ,  i 
Chridiania  ,  pat  M-  Ricks  &  à  Fri- 
dénk>^haid  ,  par  M.  Vibes ,  pour 
déterminer  la  longitude  de  ces  deux 
villes  de  Norvège.  La  ptcmiète  cft 
à  6'  -jS"  de  rems  de  Copenhague, 
&  la  féconde  4'  4}  ",  Copenhague 
à  11  '  j7"  dcSiOckholm.  Ces  deux 
Lieutenant  ont  déjà  levi  en  Norvège 
1 50  miU?  carrés  &  pendant  l'hiver  ilt 
63nt  des  Obfeivacions  dans  les  viHdJ 


Joue  ly il.         i4tw 

tfai    doivent  fecvic  de  termes  de 
Comparai(ba« 

20«  M.  Arenns  tîmc  de  i'ufage  & 
de  la  détermination  des  (ignés  -f.  8c 
•-p^  dans  quelques  cas  douteux  de  Tal* 
gèbre  &  dis  calcul  diff^rentieL 

zfé  M«  MorvtUe^  de  la  folutioti 
âcs  équations  exponentielles. 

21.  M.  Fabricîus  ^  des  vers  &  des 
snfeâes  que  mangent  les  baleinet 
dans  la  iner  de  Groenland 
-  23.  M«  Bugge  rapporte  les  Obfer* 
varions  qu'il  a  faites  pour  Toppoti- 
tion  de  Jupiter  arrivée  le  1 1  Avril 
î  1  h.  19'  i$".  T.  vrai,  &  plu- 
£eurs^f utres  éclipCcs*  dc^  (atellites  de 
JupiMr. 

%j[:  M;  G^uir  exanTme  le  moyen 
de  fe  procurer  le  plus  grand  effet  de 
Feau  par  le  mouvement  drs  roues« 

PRU'SSE* 

'1 

D  B     B  È  k  t  I   »• 

'Ferriere  Naehrichi ,  &e.  Profpcc* 
Mût,  fibbb 


X  6S  4   Journal  dc^  Sçavans  ^ 

Nous  rendrons  compte  de  cet 
Ouvra^ç  bieq  fait ,  bien  écrit  & 
^ui  nous  paroît  mériter  d'être  cit4 
comme  une  preuve  &  un  exemple 
des  progrçs  remarquables  que  U 
Ch'i^ic  moderne  a  f^\X  faire  à  U 
Fby(îque  depuis  que  ces  deqx  Scieni 
ces  (ont  confpnapçs  ^  o'ep  foQl 
plus  qii'uqç. 

FRANCE, 

P*  A   V  I  G  N  P  Kf 

Traité  (P Arithmétique.  Par  M.  le 
Comte  de  Fortia.  A  Avignon  9  chez 
J.  Aubert  ,  Imprimeur  -  I^ibrairCf 
lylBi.  Avec  Approbatipn  Sç  Per« 
piidion  des  Supérieurs^  //i-S^«  M 

9  E     P  A  R  ï  f . 

Collision  aeàfiémiqUif  9  eomfojeê 
des  Mémoires  ^  AScs  ou  Journaux 
d€s  plus  centrai  Académia  6*  Sé 


'Joui  1781;  16S5 

f  lùtirairts  dt  C Europe  ;  coticer* 
l'Hiftoire  nâtutelle ,  la  Boraiii- 

la  Phyfique  9  la  Chymie  >  là 
Moe^  l^Anàtomie»  la  Mécha* 
:>  iCc.  ha  fis  acctndunt  lumina 
•  Toiiie  (txiènle  ^  de  la  partie 
ôile,  Contenant  la  fuite  de  l'hK- 

6c  des  Mémoires  de  TAcidé* 
Royale  des  Sciences  de  Paris , 
es  &  publiés  par  M.  Robinet^ 
eut  Royal.  A  Paris ,  chez  fE- 
ty  rue  de  la  Harpe  ^  ï  l'ancien 
^ge  de  fiayeux*  A  Liège  ^  che2 
ompteux ,  Imprimeur  de  Mel* 
eurs  les  Etats*  1781.  j^tf  pa- 

i  colleâiort  des  Mémoires  de 
;démie  des  Sciences  étant  (t  vo« 
neufe  &  Ct  difficile  à  acquérir, 
obinei  rend  un  fervicc  aux  Phy* 
is  »  en  continuant  la  publication 
t  abrégé  9  qui  forme  la  collée*  ' 
académique. 

:  tome  fixièmc,  qui  comprend 
années,  dbpuis  1716  jufqu'à 
»  inclufivement ,  n'eft  ni  moins 
Bbbbiij 


i688  Journal  its  Sçét^ans  ^ 

cbe  depuis  long-tenu  à  partager  t9H 
les  HoUandois  k  commerce  dfî 
^icciKs  f  ordonnra  cç  Voyage  poiu 
découvrir  de  nauveUes  i(tes  oii  il  7 
tût  de  ces  produâioni.  Le  Capitaisç 
Fomft  9  qu'on  chargea  de  cette  eipé^ 
ilition ,  s  en  acquitta  avec  autant  df 
^eèle  que  d'intelligence  ;  aprè»  avoir 

£ris  fon  point  de  départ  oe  Balani- 
anean  9  établifTement  anglois  att 
Dord  de  Bomeo,  il  parcourut  te  ta» 
mina  les  Moluqucs  9  la  nouvelk 
Guinée  y  où  il  refta  aflez  long-temii 
Il  en  tranfplanta  des  milliers  d'a^ 
brcs  qui  portent  les  clous  Ac  gérode 
^  la  canclle  ^  enfin  9  il  prépara  di« 
vfrrs  établiffemens  qu'il  étoit  impor^ 
tant  de  faire  connoitre  &  qui  ne 
pourroient  être  connus  par  ta  leâuiç 
d'aucun   des  Ouvrages  publiés  jufr 

2u  a  ptéfcnt.  Le  Voyage  de  M.  de 
agès  9  autour  du  monde  9  dont  oA 
efpère  bientôt  la  publication  9  coo« 
tient  à  la  vérité  beaucoup  de  détails 
fur  cette  partie .  des  mers  de  Tlnde} 
mais  il  eft  encore  manufctit  9  &  nom 


Août  178  !•         1689 

il*en  paierons  ici  que  pour  faire  ob* 
ferver  que  les  Anglois  ne  font  pas 
les  feub  qui  donnent  des  preuves 
d'émulation  »  de  curiofité  »  d'ardeur 
pouf  entreprendre  &  de  courage 
pour  «xéoi ter.  ML  de  Pages  s'cft  at« 
IMché  fanoot  i  connoître  les  Natu- 
tels  du  Pays  9  \  étudier  les  hommes 
Auis  rétat  de  fimple  nature  ;  '&  te 
livre  de  Forreft  contient  ï  cet  égard 
fks  détails  curieux  ^  avec  beaucoup 
de  Planches  qui  mettent  fous  les 
yeux  du  Ledeur  les  ofages,  les  ba^ 
billemcns  8c  la  nangption  de  ces 
peuples  encore  prefqiie  (auvages. 

Ce  Voyage  d  aiUeun  perfeA  ionne 
là  Xjéograpnie  de  cettt  partie  ^e 
rinde  5  &  ôfire  des  découvertes  im- 

forrantes  pour  les  Navigafttirs.  Dans 
'efpacc  de  ^OO  lieues  qult  y  a  de- 
puis Batavia  jufqu'à  Manille ,  on  ne 
pou  voit  pas  fe  flatter  de  cotmoitre 
parfaitement  un  feul  point. 

Les  Hollsndois  ont  jufqu*ici  in« 
duic  volontairement  les  autres  peu<v 
plc$   en  erreur  y   relativement  à  Is 

BbbbT 


l6oo  Journal  des  Sçavans  , 

pofition  des  Moluques ,  aux  bancs 
de  fable  &  autres  difficulrés  de  la 
navigation  de  ces  parages  ;  ils  onl 
fait  de  propos  délibéré  de  fauffes 
Cartes;  le  Capitaine  Forreft  tcâifie 
toutes  ces  Cartes  &  dévoile  \t%  ma- 
nœuvres que  le  monopole  &  Tavi- 
dite  du  (loramerce  avoient  portées 
jufques  dans  les  dépôts  de  la  fciencç 
du  Navigateur. 

D'un  autre  côté ,  il  eft  eflentiei 
aujourd'hui  pour  la  France  d'être 
'  inftruitc  en  détail  de  tout  ce  que  les 
Anglois  entreprennent  pour  s'appro- 
prier le  Commerce  de  tou:es  les 
nations  ^  établir  des  .comptoirs,  & 
fonder  des  colonies  dans  tous  les 
pays  du:  ^mondc  ;/c'eft  ce  qui  a  dé- 
terminé M»  Panckoucke  à  nous  pro- 
curer cet  Ouvrage  y  qui  ne  faifoic 
que  paroirre  en  Angleterre  »  &  qui 
eft  le  feul  où  l!on  puifTe  acquérir  ces 
•connoilTances.  Nous  .n'avons  rien 
'  encore  qui  puific  y  fuppléer  ;  cet  0\> 
vrage  eft  un-  nouveau  fecours  pro- 
curé à  \a  Gto^i^^^Lve  c^ui  a  fait  de- 


Âoûi  I78i«  1691 

puis  quelques  années  des-  pro^ 
grêsiingulierr;  celui  du  Capitaine 
Ck)ok ,  qu'on  prépare  en  Angleterre 
rft'aulG  bien  digne  de  l'impacience 
Bvec  laquelle  on  l'attend  9  &  Nf. 
Panckoucke  ne  tardera  pas  à  nous  le 
proicurer.  On  n*a  encore  publié  en 
Angleterre  quVn  petit  Journal  fait 
fans  doute  par  quelqu'un  de  Téqui^ 
Jrtige.       ' 

•Littnfur  U  Salpitrt^  Uritten  tyyS 
dt  Lima  au  Pérou  ^  par  M.  Domr 
*     biy  ,  Botanijlcm 

• 

'  Sur  les  cotés  de  la  mer  pacifique^^ 
près  db  Lima ,.  on  rencontre  uni^^ 
^ande  quantité  de  falpetre  que  ToÈi 
pourroit  ramaiTcr  avec  la  pelle  Sç 
'dont  on  ne  fait'  aucun  ufage.  Ctik 
principalement  fur  les  tenes  qui  fèrr 
Vent  de  pâturages  &  qui  ne  produif- 
lent  que  de»  graminées  ^  que  ToQi 
trou^^e'  le  plus  abon4aaniien t  de  .c^ 
&\.  Oirên  poutroit  faire  un  comr 
imerce  uâle  pour  l'Efpgne ,  commf 

B  b  b  b  v| 


s69i  Journal  dts  S çmf MHS  i 

on  en  fidc  du  ftlpctre  des  Indefb 
Les  plantes  grailèt  que  Ton  n* 
cueille  dans  cet  lieux  ibnc  toutes  &• 
lées  ;  c  eft  un  fel  marin  qaVUcs  cod« 
tiennent  i  fur  les  montagnes  éloî* 
gnées  de  quelques  lieues  de  la  meti  ces., 
mêmes  plantes  graflfes  telles  que  ks 
Tttragonia  .&  bs  Pcriulaca^  lba| 
également  ialées. 

On  feroit  tenté  de  aoire  que  ce 
ialpêtre ,  dans  les  endroits  où  il  eft 
abondant»  y  a  été  dépoié  par  les 
eaux  qui  s'en  font  cbargées  par  la 
dilTolution.  J'ohferverai  qud  ne 
plciit  jamais  à  Lima  :  les  brouillards 
40fA  cachent  le  fôleil  aux  babitMt  de 
^Juma  9  pendant  (îxmois  de  Tannée  ^ 
fuffifent  à  la  végétation  des  plantes 
particulières  au  pays. 

Les  c6tes  de  la  mer  pacifique 
ont  été  nouvellement  abandonnées 
par  les  eaux  de  la  mer  ^  ainfi  que 
Tinfpeâion  me  paroît  le  démontrer; 
car  les  montagnes  n'y  font  point  en- 
core dégradées  ni  les  volcans  éteino» 
SP  côtes  doivent  être  néceflaircmcnt 


rgées  de  Tel  marin;  il  ne  feroic 
aéraifonoabk  de  croire  que  par 
fuite  du  cems  »  le  fel  marin  peuc 
onvcrttt  en  fiUpitre ,  auoi  que  let 
dtives-^on  a  faites  a  cet  égard 
it  hk  infruâneufef •  Mais  la  Na« 
:  opère-t-elk  ce  changement  en 
de  tems  ?  ou  lui  faut  ilbeaucoup 
méeSy  c^eft  ce  que  rexpéricneé 
rendra*  ^ 

^our  parvenir  à  la  connoiflance 
ce  fait  )'ai  fait  pulvérifer  du  fel 
:in  ;  je  1  ai  mélangé  avec  des  ter^ 
alkalines  &  Tifqneufesy  &  i'ai 
ofé  le  tout  \  rair  libre;  danf 
Ique  mois  je  ferai  la  leflfive  du 
lange  pour  m'aflurer  (i  quelque 
tion  de  fel  marin  fe  fera  convef 
en  (àlpêcre»  il  feroit  peut-être 
I  avantageux  d  arrofer  les  -terres 
c  de  Feau  de  la  mer.  Avant  die 
ilier  mes  conjeâures  »  j*aurois  du 
e  des  expériences  &  m'afTurer  de 
érité  ;  mais  ouifque  mes  travaux 
ofcnt  journellement  mes  jours  Ac 
ibUgent  à  changer  fouvenjc  de 


F 


1694  Journal  des  Sçavans  , 

plimat ,  je  me  fuis  bâté  d*cn.  faire 
part  au   Sçavans   de  l'Europe  afin 

3u  ils  tciite'nt  la  ïnêmc  expérience  ; 
ans  lin  rems  futtour  où  le  Gouver- 
nement François  vient  de  donner  ié 
plus  grands  encouragemens  pour 
augmenter  une  lubftance  devenue 
trop  néceflàire. 

N.  B.  en  annonçant  les  envois 
faits  par  M.  Dombey  9  nous  avons 
parlé  du  qûinoa»  grdioe  que  ici 
Montagnards  apportent  ^"cn  abon- 
dance ail  marché  de  Lima,  &  qui 
peut  le  difputerau  ris  par  fa  bonté^ 
la  qualité  nourriflante  &  mucilagi- 
neufe  ;  M.  Dombcy  y  avoir  joint 
un  Mémoire  fur  la  culture  &  Tulagc 
du  quinoa,  mais  le  Mjémoire  s*e(l 
perdu  en  Efpagne  y  àinii  qu*un  autre 
Mémoire  fur  le  feu  quoa  obferve 
dans  l'eau  de  la  mer, 

Rifitxîor^s  ImpaniaUsfur  le  progth 
réelj  ou  apparent ,  que  les  Scien^ 
ces  &  les  Arts  ont  fait  dans  le 
l8^,  Jièc&  en  Europe  j  &  qtfùn 


Août    1781  1695 

ixammc  principalement  dans  Us, 

Ecrits  des  François  y  à  tuf  âge  de 

V Italie ,  Çf  dans  ceux  des  Italiens^ 

^    à  Tuf  âge  de  la  France  i^  précédées 

,  d^un  Éjjaifur  t explication  hifio^ 

tique  que  Platon  a  donnée  de  fa 

République  &defon  Atlantide  ^ 

&  quon  ri  a  pas  conjidérée  jufqiCà 

prtfent  ;  pour  fervir  dilnttodu^ion 

aux  mêmes  Réflexions  :  CQmepjre* 

niier.  Par  M.  Bartoliy  Antiquaire 

de  S.  M.  le  Roi  de  Sardaigne^ 

de  rAcadémie  Royale   des  Inf- 

^  cripcions  &  Belles-Lettres ,  &c« 

A  Paris.  1780.  in:%^.  de  438  pa^ 

',   ges  9  fans  rAvertiflement  de  16 

;  pages.     '  '        / 

VrofpeSus  de  la  continuation  de  cet 

.  Ouvrage. 

Le  premier  volume  de  cet  Ou- 
Trage  eft  connu  ;  nous  en  avons  rendtf" 
compte  dans  notre  Journal;  aînfi, 
BOUS  nous  difpenfons  de  rapporter 
ici  ce  que  TAuteur  en  die  dans  ce 


i6^6  Journat  its  Sçavans  ^ 

Profpeclus.  Voici  les  objets  qu'il 
doit  traiter  dans  le  fécond  vo* 
lu  me.  Nous  citons  fes  proprçs  pt' 
coles. 

Nous  nous  propofons  y  dit-il  >  de 

fiublict  au  commencement  do  tome 
I  de  ces  Réflexions^  le  Livri  II 
de  cet  Effai.  L'on  y  donnera  le  texte 
le  plus  épuré  du  Critias^  tel  qu*on 
le  trouve  dans  un  très-ancien  Mi- 
nufcrit  de  la  Bibliothèque  du  Roi  » 
te  tel  qu'il  n'a  point  encore  para*  Ce 
Manufcrit  excelle  par  fes  variantes 
elTennelles.  M.  Bcjoi  eut  la  boùti 
de  le  communiquer  avec  ane  pdi- 
teflTe  qni  répond  parfaitement  aux 
i  itcntions  &  à  là  majefté  d'un  Roi 
Froteâ:cur  des  Lettres ,  atnfi  qu'au 
caraâère  de  la  Nation  la  plus  grande 
ic  la  plus  éclairée* 

C'eft  dans  le  Critîas  que  Platon 
parle  ex  profejjo  de  Yljle  Aelamidu 
On  donnera  une  traduâion  françoife 
de  ce  Dialogue  ^  avec  toute  la  fidé- 
lité poflible.  i^près  la  difcuflion  ipi- 
neufc  des  queftions    compliquées 


Août  i7Si«  1O7 

cl'Hiftoire  »  de  Mythologie ,  de  Cbro* 
nologie^  de  Géographie  9  de  Mon- 
iale &  de  Politique ,  qu'il  a  fallu 
préalablement  traiter  dans  le  Livr^  t 
oe  YEjfai  ^  on  tâchera  de  faire «econ^ 
noitre  avec  la  plus  graïuje  clart^ 
dans  le  Livre  II  j  une  relTembUnce 
lirappatite  entre  TAtlantide  &  l'AttU 
que.  Le  Public  impartial  fera  mieux 
en  état  de  juger  (1  Vljlc  Atlantique 
éc  Platon  eft  une  image  poétique  de 
la  ville  d'Athènes ,  de  fa  puiifancc 
âiaritime. ,  de  fes  prétentions  fut 
fEmpire  des  mers,  de  fes  fautes^ 
^  de  fa  décadence*  Ceft  ainfi  que 
r Auteur  de  cet  £^i  tâche  de  fubfti* 
tuer  au  progrès  apparent  un  progrès 
fécl. 

Cette  explication  peut  intérefTer , 
i,  pludeurs  égards  9  même  le  Philo* 
ibphe  qui  confidère  avec  fagacité 
quelques  évènemens  moins  anciens» 

Il  eft  flatteur  pour  celui  qui  mit 
au  jour  en  1780  9  à  Paris  9  lé  Livre  I 
de  cet  Ejfai  ,,  dy  avoir  développé 
Tobjct  politique  Se  moral  de  i'^i« 


1698  Journal  des  Sçavans , 

lantidt  de  Platon  y  de  la  nicme  ma- 
nière &  en  même  rems  qu'à  Berlin  l'il- 
liuftre  Auteur  de  la  Littérature  allt* 
tnande DTojpofoit 9  lorfqu^il  donnais 
plan  d  un  Cours  d'HiftoFre.  On  y] 
marquera ,  dir-il  (p.  73  ,  Êdir.  de 
Neufch. )  «les  bornes  qui  diftin* 
9^  guenc  une  noble  ambition  d'avec 
M  celles  d'une  ambition  démcfurét  t 
»  I  on  y  fera  réfléchir  fur  tant  de 
99  paflions  funeftes  qui  ont  encrainf 
I»  les  malheurs  des  plus  vaftes  Etats  j| 
99  &  Ton  y  prouvera  que  les  Bonne^ 
5>  mœurs  ont  été  les  vraies  gardien- 
99  ncs  des  Empires ,  ainfî  que  leur 
Mcorrnprion,  rinfrodi:élion  du  luxC 
99  Se  l'amour  démeJuré  desrichcffes, 
>>ont  été  de  tout  tcms  les  précur- 
99  fcurs  de  leur  chiite.» 

Le  Réflexion  11^.  que  nous  publie- 
rons dans  le  tome  IF. ,  après  le  Li- 
wrc  ir.  de  VEffai ,  fc;ra  la  continua- 
tion de  la  Réflexion  I^.  On  y  parlera 
de  ïHiJloirc  Littéraire  de  l^JUema- 
gne ,  lelon  les  obfcrvations  du  mê^ 
me  Auteur  de  la  Littérature  alU- 


Août  1781.  1699 

mande  y  combinées  avec  les  rcchcr- 
chcs  de  M.  i^JHe  JirufaUm  ,  &  de 
ceux  que  l'on  a  indiqués,  p.  371 
du  tome  P.  Dans  la  fuite  de  ces 
'Réflixions  ^  l'on  fera  Texamen  de 
rOuvragc  qui  a  pour  titre  :  Monde 
primitif  analyfi  &  comparé  avec  U 
Mande  moderne;  &  Ton  y  examinera 
quel  progrès  la  Poéfie  Lyrique  , 
Epique >  Dramatique  a  fait  dans  ce 
JGèclc  en  France  5c  en  Iralie.  Ce  n'cft 
pas  (ans  raifon  que  l'on  a  fuivi  cetrç 
méthode.  Il  faut  parler  en  premier 
lieu  des  cbofes  premières^  tel  que 
le  Monde  primitif.  Les  premier! 
édrits  furent  ceux  des  Poëtcs. 

Si  Ton  croit  que  la  continuation 
de  ce  EJfai  &  de  ces  Rifllexionsimm 
partiaUSy  accompagnées  quelque- 
fois de  Gravures ,  puifle  être  utile; 
fi  Ton  eft  difpofé  à  favôrifer  TimpicC» 
fion  du  rcftc  de  cet  Ouvrage  ;  noui 
avertiflbns  qu'il  fuffit  d'acheter  le 
tome  l*^  broché  qui  a  paru  l'année 
dernière  »  en  payant  4  livres  au  (îeut 
Jotry ,  Imprimeur  Libraire  à  Paris  ; 


17^0  Journat  aes  yfm 
xuc  de  la  Huchctte ,  f 
Châceler  ;  &  de  s*engaj 
de  pKnJre  an  mcitie  pr 
fiiivuit,  afin  que  l'on 
tien  d'exemplaires  on  i 
Ihçr. 

Plus  ttt  achat  &  ceti 
lêront  promptes ,  plus  j 
ic  tome  II',  paroîtra, 

Prias  ie  VHifioUt  J 
mandts  &  par  reponfi 
ie  la  jeuneHc  ,  avec  i 
attificielle  pour  fixer 
moire  les  principatix  f 
HiftoÎTC  par  l'Auteur  d 
lànce  de  la  Myibolog 
chez  Nyon  ,  Libraire 
'dincc ,  quartier  S.  An 
1781.  Avec  Approbal 
Uge  du  Roi.  Un  vol.  . 
fages.  Prix,  i  liv>  16 

Itinéraire  portatif,  < 
torique  &  g^graphîq 
geui  dans  les  cnvirooi 


Août  xySi.         1701 

auarantâ  lieues  la  ronde.  Ouvrage 
amufanc  &  inftrudlif  pour  les  per« 
Tonnes  qui  veulent  avoir  une  con- 
DoifTance  exaâe  des  villes  6c  villa* 
|es  par  op  elles  pafleiic  ^  des  grau» 
les  rpures  &  chemins  de  rravcrfè 

5ui  y  conduifenc,  dp  la  diftance 
'un  lieu  \  un  autre,  enrichi  d'un 
P^an  de  Paris  ^  de  Cartes  géogra- 
phiques levées  d'après  les  obrerva* 
tions  de  MMi»  de  l'Académie  des 
Çpiences.  Prix ,  3  liy*  1 1  C  relié. 
A  ..Paris  9  chez  le  mçme*  lySi,  Un 
voj.  «i-S^.de  $14  pages. 

.  JSiJloire  dû  la  République  des  L$im 
$ns  çr  Ans  tn  Jfram^^  Année  1780» 

IndoSi  difiant^  &  amtni  mtminiffe  perl^ 

A  Amfterdam;  fc  fis  trouve  à  Patisi 
chez  Quillim  Taîné,  rue  Cbtiftine  ; 
la  veuve  Diiçbcfne  »  rue  S.  Jacques  i 
éc  Erprit,  au  Palais  Royal.  I78l* 
iVi*.  117  pages. 

Jocajli^  Tragédie  en  cin^  afteSiL 


1 701    Journal  des  Sçavans  ^ 

A  Paris  y  chez  G.  Debure  l'améi 
Libraire  3  quai  desÂuguftins.  lySit 
Prix,  1  liv.  8  r.  brochée. 

Difcours  philofophiques  fur  Us 
trois  Principes  ,  animal  ^  végétal  & 
minéral.  Ou  la  Clef  du  Sanâuaiire 
philofophique.  Par  Sabine  Stuart  di 
Chevalier. 

Cette  Clef  introduit  celui  qui  la 
poflède  dans  le  Sapâqaire  de  la  Na* 
cure;  elle  en  découvre  les  iTiyftèrés; 
6lie  fcrt  en  méme-rems  à  dévoiler  ks 
écrits  du  célèbre  Bafilc  Valcntint. 
&  à  le  défroQuef  de  TOrdre  tcf- 
pcûabje  des  Benédiâins  ,  jcn  don- 
nant la  véritable  explication  des 
douze  Cieft  de  ce  Philofophc  ingé- 
nieux. Â  Parisy  chez  Quillau,  Li« 
braire ,  rue  Chriftine  >  au  Magafin 
Littéraire  par  abonnement.  I78l« 
i  vqI.  in- il.  Le  premier,  de  20^ 
pages  &  les  Prélin^inâircs  28;  le 
fécond;  de  216. 

Tout  ce  que  nous  pouvons  dire 
de  ce  Livre  y  ctù,  que  c*eft  un  Ou* 


Août  178  ï.  170J 

'rage  purement  alchimique  auquel 
l  nous  cft  imppffible  de  rien  en* 
ençlrc,         . 

Précis  hiJlori<iut  &  expérimentât 
tes  Phénomènes  éleSriques ,  depuis 
Torigînç  de  cette  tîéçouvertc  jufqa'à 
^  jour.  Pat  M;  Sigaud  de  la  Fond^ 
PrbfHfcur  tïe  Pîiyfîjqué  exnérimen* 
rafW;  Membre  àc  f  Académie  de 
Pfctcrsbôurg ,  de  hi  Soctétc  Royale 
des  Sciences  de  Mantpetlier ,  des 
Académies  d'Angers,  de  Bavière | 
de  V^iladolid,  de.  Florence ,  &c. 
A  Paris,  rue  8r hôtel  Serpente.  1781. 
741'  pagcsr  z>2-8*^.'àvefc  9  platichcs 
çn  caille- douce. 

DiSionnaire  des.  Merveilles  de  U 
fiature*  Par  M*  A.  /•  S^  D.  A  ]?a« 
sis  »  rue  &  hôtel  Serpente.  178 1.  % 
yol.  i/3-8^*  Tun  de  493  pages,  rauî> 
«re  de  476,  Prix.,  7  i.  iq  f.  brodré; 
.'  iSious  rendrons  compte  en  détail 
^  ces  .deux  Ouvrages  intércHans* 

ffïfioire  unmrfèlU  depuis  /r  ewn^. 


tjOJ^  Journal  des  Sçdvansl 

mcnccmcm  du  mondé  jûfqi^à  fri* 
Jtnt  ;  compolie  en  anglois  par  une 
Société  de  Gens  de  Letcxt  ;  nouvel* 
lemenr  traduite  en  firançois  par  une 
Société  de  Gens  de  Lettres  ,  enrichie 
de  figures  8c  de  cartes.  Tom.  ^XVII 
&  XXVIII.  A  Paris,  chez  Moutard» 
Libraire  de  la  Reine  «  de  Madame 
&  de  Madame  la  Comteife  d'Ar- 
tois, rue  des  Mathurins,  hôtel  de 
Quny.  i78i«  Avec  Approbatioo 
&  Privilège  du  Roi.  x  vol.  1/9*8 ^ 

La  Michaniquê  OfptiquU  aux 
^Ans.  Par  M.  Bcrthclçi  ^  rue  Xaiib 
tonge  9  au  Marais. 

Kous  avons  déjà  annoncé  la  fouf- 
cription  de  M.  Berrbelor,  pour  un 
recueil  de-  machines  intéreiTantci 
Le  premier  volume  eft  prêt,  &  le 
iecbnd  paroîtra  9  à  la  fin  de  Tannée  ( 
mais  comme  cet  Ouvrage  à  été  pea  : 
annoncé ,  l'Auteur  a  cru  devoir  pro- 
roger fufqu'au  mois  d'^Aout,  la  b^  • 
culte  de  (oufcrire  ,  fiirtout  ayant  été 
lux-même  en  retard  par  une  mala* 

diçi 


'Août  178 1.1  170Ç 
Zé  Le  Roi  cft  au  nombre  3ef  Souf- 
ipteurs  de  M.  Benhclot,  &  c'eft 
ic  récompcnfc  naturelle  de  fes  ta- 
ns &  de  fes  tratauz  dans  la  mé- 
aniquci 

Mémoires  concernant  direrfes 
méfiions  JtAfironomie  &  dt  PhyfL- 
1^  9  lus  à  TAcadémie  des  Sciences  « 
ir  M.  le  Monnier^  de  la  même 
cadémie^  à  Paris,  de  llmprime* 
e  Royale ,  66  pages  in  4^,  avec 
Fures. 

Llntroduâion  de  ce  Livre  con- 
cDt  dÎTerfes  confiîlérations  pour 
rablir  que  Tobliquité  de  réclipti* 
ue  n  a  pas  diminué  bien  fenfible- 
icnt  depuis  1^72,  &  qu'on  ne 
onnok  pas  aflez  la  réfraâion  en 
iver  pour  s'alTurcr  de  cette  dimi* 

tltîOB. 

Le  prenner  Mémoire  a  pour  ob«^ 
»C  la  metiire  des  hauteurs  par  le 
noyen  du  baromètre, >&  la  pente 
le  la  Seine,  qui  eft  d'environ  14 
oifes  de  Paris  à  Rouen ,  quoi  Qh*nu      j 

jioût^  C  c  c  c  ^ 


l 


r!  rav>îo«^::t  eaço»' 


5^t  ç«j^^  ^^ 


fcc  «*■ 


*''''  vi.^*  ^"^ 


aï»* 


Gtfl^^ 


tffjt»» 


A 


^pr.>*fi* 


Août  178 1.  1707 

dît  1c  Gros  y  &  de  Louis  VII ,  iur- 
nomcné  le  Jeune,  depuis  Tan  1060 
jofqu'en  1180.  Par  des  Religieux, 
Bénédiâins  de  la  Congrégation  de 
&  Maur.  A  Paris,  chez  la  veuve 
Detaintj  Libraire,  rue  du  Foin  &c. 
1781.  Avec  Approbation  &  Privi- 
lège du  Roi. 

.  Nous  rendrons    compte  de  ceC 
Ouvrage. 

J^/ofpt3us  des  Mémoires  chronologie* 
éjuis ,  pour  fervir  à  PHiJioirc ,  du 
Ftxin  &  du  Pinftraisn 

La  Situation  des  deux  Vexins ,  & 
de  La  partie  du  Diocèf^  de  Chartres  , 
uppellée  Pinferais,  en  ret>d  THiG 
^aire  ncceflairemetit  intcteflante. 
"Ces  Provinces  ont  for  nié ,  pendant 
^lulkufs  fiècles  vUi^petit  Etat  difiinâ:/ 
«le  la  France  &  de  ia  Normand:ie  ^ 
«i^i  a  c\ï  les  Somteifain^pareicuHir s; 
klés  par  un  6mple  honF^mage ,  pat 
Kc  Gmg  on  par  des  f|?airés ,  tantôt 
M|vcclcs  Rois  de  France,  tantôt  avec 
/  ^C  c  c  c  i| 


lv\C^' 


.>^q;sc-.* 


■«u 


(W*^ 


<,wH> 


.«?!', 


l'",  ol"'  .*'"'  4i>"°V".\i<i«i'":  , 


WO»' 


Août  1781.'  1709 

tes  &  traités  enrreies  Rois  de  France  j 
de  Navarre  &  d'Angleterre.  Le  règne 
de  Henri  IV,  &  la  guerre  des  Prin- 
ces fous  Louis  XIV  ,  y  offrent  auflS 
des  faits  dignes  d'sivoir  place  dans 
les  annales  de  la  Monarchie* 

La  plupart  de  ces  cvcnemens  i 
ignorés  ou  enfevelis  dans  Toubli , 
éroient  épàrs  &  comme  perdus  dans 
une  multitude  de  volumes.  Perfonnc  , 
juf€|u'à  préfent ,  n'avoit  entrepris 
de  les  rapprocher  fous  un  feul  point 
de  vue;  d'en  démêler  rcnchaînc- 
znent ,  les  caufes  &  les  refTorts  ;  de 
leur  donner,  en  un  mot,  la  liaifoh 
qu^ils  ont  naturellement  avec  THif- 
toire  générale.  C'cft  ce  pian  qui  ft 
trouve  exécuté  aujourd'hui  dans  les 
Mémoires  chronologiques  qu'on  fei 
propofe  de  donner. 
.  L'Ouvrasse  forme  deux  vplumes 
i«-4^.  Le  premier ,  A^Hifloire  ;  le 
fccond  ,  de  Preuves. 

L'Hiftoire  eft  diftribuéc  en  trois 
X^ivres:  le  premier  embrafle  les  rems 
les  plus  reculés  1  julqu'en  1204.  L^e. 

C  c  c  c  iij 


17  to    Journal  des  Sçavans  ^ 

lecond»  depuis  1204,  jufquà  pré«' 
fcnt  ;  le  troifième  cft  réfcrvc  pour 
des  daails  parricujiers»  t}ui  n'ont 
pas  pu  trouver  place  dans  les  deux 
premiers. 

Chaque  Livre  cft  divifé  en  Cha- 
pitres. Le  premier  Chapitre  du  Li- 
vre premier,  en  forme  d'Introduc- 
tion ,  contient  le  Plan  de  TOuvragc, 
les  limites  du  territoire  qu'il  embraflCf 
&  tour  ce  qu'on  a  pu  découvrir  foc 
le  Vexin  &   ic   Pinferaissi  fofqti'è 
Charle magne.  Dans  les    ChapitfCf 
fuivans,  on  voit  lucceflivement  ce  . 
qui^s'cft  paifc  depuis  Charlcmagnc 
jufqu'à  Charles  le  Simple  ,  fous  le- 
quel les  Comres  de  Mcullcnt  &  dtt 
Vexin  ont  commencé  d*êrrc  hirU'y 
tains  :  St  depuis  ce  teins ,  ju'qu'i 
rextin(5lion   de  ces   Comtes    &   de 
leur^  dcfcendans  mâles.  On  rapporte 
les  diverfcs  opinions  fur   leur  ori* 
gine.  On  établit  leur  fuccejffzon  chr<h 
nologiqucy  leur  généalogie  ,  leurs  al- 
lianccs  ;  Tctat  de  leurs  liomaines  tC 
Seigneuries  ;  de  raccroUTenrenc ,  des 


Août  t7>î.         1711 

/ifions    &    réunions    ftfcceflivcs 

*clles  ont  éprouvées  ^  jufqu'a  leur 

rfaice    réunion   à   la  Couronne* 

B  rend  compte  de  leurs  établiflcS 

rus  religieux  &  politiques;   des 

tdations  de  MonafihtSj    ChapU 

s^  Egli/is ,  Hôpitaux  :  on  donns 

lifte  des  Officiers  cipiis ,  mUital* 

i  doatefiiftus ,  par  eux  établis  ;  tels 

te ,  Aumôniers ,  ChahtêlierÈ  »  Càà» 

faites^  Màrkhauit ,  ChamUUans ^ 

maillirs ,  Echunfans ,  VMturs^ 

^rtfiitfS  ^  Queux  9  Eittyirs  ^  Mari* 

asè»  Jes»  Logis  ^  Pages  ^  Sèeréiai» 

j  Triforiê^Sj   Baillis  f   P rêvât f,^ 

ayeurs ,  &c.  Barons ,  Chevaliers  , 

pj7âtt;r ,  &6,  On  y  parle  des  Tri^ 

naux  qiLJls  ont  créés  :  des  Guei^ 

dans  Icrquelles  ils  ont  part),  àh 

leur  chcF,  ou  comme  alliés  :  dra 

V1///5  auxquels  ils  ont  eu  part*  A 

tête   de  chaque  Chapitré  j  font 

ivées  les  Armoiries  des  Comtes  & 

leurs  femmes  ;  &  dans  lé  cours 

l'Hiftoire ,  leurs  Tombeaux ,  tés 

eaux  qu'ils  appofoient  au-  bas  de 

C  c  c  c  iv 


1 7 1 X  Journal  des  Sçavans  ^ 

leurs  Chartes,  rcmprcintc  d'une  it 
leurs  Monnoits ,  &  A*utï  Sceau  très- 
bien  confervé,  reprcfentant  d*ua 
côte  les  doui^  Pairs  de  Uur  Comti^  , 
&  fur  le  revers  la  figure  du  Chtfit  J 
ce  TribunaL  On  a  placé  aufli  des  J 
4Êrbres  généalogiques  à  chaque  race, 
&  aux  branches  particulières  qui 
fembloient  le  demander.  On  donne 
.  cnfùi;c  Térat  &  fucceflion  chronqr 
logique  des  Vicomtes  qu'ils  ont  eus 
dans  les  différentes  Villes  de  leut 
dépendance  ,  comme  à  Chaumoni, 
Mante  ^  &c.  ;  &  en  particulier  IV 
rigine  ,  généalogie  ,  Alliance  ,  Ar- 
moiries &  Sceaux  des  yicomtes,  & 
des  Sénéchaux  héréditaires  de  lAtuU 
lent  ;  la  feule  Ville  de  Vcxin  qui  cft 
^it  eu  de  cette  efpèce.  En  un  mot| 
on  ne  néglige  rien  de  ce  qui  peut 
avoir  rapport  à  la  vie  &  au  gou- 
vernement de  ces  Princes. 

Le  deuxième  Livre,  contient  pa* 
leillcmcnt  \dL  fuccejjion  chronologie 
que  i  jufqu'à  nos  jours  ,  des  Reines, 
Princes    &    Princejjes^    du   Sanj 


( 


Août  1781.  1713 

Kby^!^  &  autres  Seigneurs  qui  oit 
poilédé  ces  Comtés  en  douaire  >  oTi 
9ppanage  ,^par  don  ,  engagement 
ou  échange  :  &  le  lécic  des  évinc" 
mens  remarquables  qui  sy  font  paf- 
fés  pendant  qu  ils  en  ont  joui  :  leurs 
Armoiries  •  Sceaux ,  &c. 

Le  troifîème  Livre  contient  un 
Chapitre  particulier  pour  chacune 
des  Villest.dc  Mcullcnt,  Pontoifc, 
Beaumontfur-Oife  »  Chaumont  ^ 
Magny  ,  Mante,  Montfort  -  l'A- 
maury,  PoifTy,  &c.  »  dans  lequel 
on  réunit  ce  qui  peut  avoir  trait 
aux  Origines  ^  Eglifes  j  Abbayes , 
Châteaux  ,  Tribunaux  ,  Familles  , 
Sec.  ^  autant  qu'il  a  été  podible ,  le 
Catalogue  des  Abbés ,  Prieurs ,  C/z- 
r/j^  des  Grands  Baillis  y  leurs  Zi^/it- 
lenans  Généraux ,  Avocats  &  PrO" 
cureurs  du  Roi ,  Gouverneurs ,  C^- 
pitaineSy  JjiaireSy  Prévôts ,  &c.  Scc. 
Une  diflcrtatipnparticulière  fur  i'^r- 
zhidiaconé  du  Vexin  François  ^  6t 
Grmnd'Ficariat  de  Pontoifc  y  où 
l'on  trouve  un  fyftême  tout  nouveau 

C  ccct 


tyi4  Jour/iai  Jes  Sçavans  , 

fur  l'origine  de  ccrrc  Prclatarc  fin- 
gui  ièrc  en  (on  cfpèc^.  Un  DiSion^ 
nains  concenanr //i  Nomtnclatutt^xîv 
verfcile  des  lieux  anciens  &  modei* 
nés  9  même  jurqu'aux  plus  petits 
Hapicaux  des  deux  Vexins  ,  du  Pin* 
ferais  &  des  environs  :  avec  des  no* 
tes  fur  quelques-uns ,  &  renvoi  aux 
endroits  où  il  en  cft  parlé. 

Ces  Mémohrey  ne  font  pas  telk* 
ment  circonfcrics  dans  ces  bornes 
qu*il  ne  s*y  trouve  ,  quantité  de  faits 
qui  appartiennent  aux  Provinces 
voifines,  Beauvoffts,  Vcnnandois, 
Valoir?  &  a  litres  cantons  dcPicarcfic; 
aux  ViJHtfs  de  Hbcrdan  ,  Dteax , 
Maintenon  ,  Epernon  ,  CharncSt 
le  Mans ,.  &c, . . .  Les  Comtes  du 
Vexin  ayant  poffédè  quelques-unes 
de  CCS  villes  ,  ou  des  terres  confidc* 
rablcsaux  environs  ^&  entretenu  des 
liaifont-étroites  avec  ccu»  qui  ta 
gouvernoient.  La  Normandie  plo* 
que  tout  autre ,  où  iis  poflèdoicnt 
des  domaines  titrés  &  immenfes»/ 
Accuçe  UT\t  i^Uce  confidéraUe.  Les 


Ifîlies  de  Gizors ,  Vcrnon  ,  Andcly, 
Pady,  Ponieaudcmcr,  Bcaumonc- 
Icr-Roger  ,  Briofnc  ,  Monrforr-lbr» 
Riflc,  &c.  y  trouvcronr  la  fource  de 
leur  biftoire  ancienne.  Il  n'efl:  pas 
inrqu'au  Berry ,  au  Poitou ,  à  la 
Flandre  y  à  Y  Angleterre  &  à  la  Terre» 
Sainte  qui  ne  foumiffcnt  des  Anec- 
dotes enennelltmettc  liées  au  plan 
àc  ces  Mémoires. 

Le  Clergé ,  la  Noblcfle  &  les  Of* 
ficiers  de  Jufticc  de  la  Province  y 
trotiveront  (&  fuircout  dans  le  Re- 
cueil des  Preuves  au  nombre  de 
loœ  environ)  des  monumens  qui 
leur  appartiennent  :  Dixmes ,  Fon" 
dations  ♦  Patronages  ,  Fiefs  ,  Mou* 
ifances,  Généalogies ,  Armoiries  ^  Sc 
Sceaux  des  anciens  Barons  &  Che^ 
valiers  ,  gravés  *,  oa  décrits  j  Loix  , 
Coutumes  y  Tîtres^y  &c.  On  s'eft  irrr* 
pofé  k  loi  de  n'avancer  aucuii 
fait  fans  en  fournir  la  preuve.  Lcl 
autorités  font  cirées  en  marge.  Les» 
fource»  dans  lefquelles  on  a  piiîté  iioni 
dc5  Otigin0uxoQ  cxtiaifs  aurheficK 

C  c  c  €  V| 


1716  Journal  de$  Sçavans , 

qucs  de  Chartes  ,  Cartulaires  y  Re^ 
giftrcs  dt  la  Chambre  Jcs^ Comtes, 
du  Tréjor  des  Chartes  ,  de  diverfes 
Abbayes  ,  Monafiires  ,  Bibliothk' 
ques ,  Dépôts  publics  ^  Cabinets  par» 
ticuUers  ,  Hijioires  Latines  ,  Fratt* 
çoifes  j  Romances ,  Angloifes ,  ma* 
nujcrites  ou  imprimées. 

Outre  la  TabU^Sctmmaire  dei 
Chapitres ,  on  a  fait  une  Table  Al- 
phabétique des  noms  de  lieux  &  de 
perfonnes ,  au  nombre  de  plus  de 
I  zooa  y  avec  le  renvoi  à  la  Charte 
où  il  en  efc  parle.  Elle  eft  H  décaiflée 
que  y  foie  que  l'on  cherche  par  le 
nom  ou  l'urnom  Ats  perfonnes  ^  ou 
ptir  celui  de  leurs  Seigneuries  ^  on 
rafTemble  en  un  moment  tout  ce 
qui  a  rapport  au  même  obîet. 

Cet  Ouvrage  eft  le  fruit  des  loi- 
firs  d'un  Magiftrat  qui  occupe ,  de- 
puis plus  de  quarante  ans ,  la  ptc* 
mière  place  dans  l'un  des  Tribunaux 
du  Vexin-François,  Des  Membres 
diftingués  d'un  Ordre  Religieux  & 
fçavant  ïota  \vi^é  utile  &  même  eft 


Août  1781.  lyry 

fentiel  pour  THiftoire  de  France  & 
de  Normandie.  C'eft  d'après  leuis 
fuffrages ,  &  avec  ragrémenc  de  M* 
le  Garde  des  Sceaux,  qui  a  bien 
voulu  agréer  que  l'Ouvrage  parût 
fous  fes  aufpices ,  qu'on  fe  décer« 
mine  à  mettre  au  jour  ce  qui  n'avoic 
été  entrepris  que  comme  un  délaffe- 
menc  &  dans' la  vue  de  ratis|;aire  un 
goût  particulier  pour  l'étude  de 
l'Hiftoire. 

Les  débourfes  font  le  feul  objet 
de  la  foumiflien  que  l'on  propofe* 
Ils  feront  afTcz  confidérables  relati- 
vement aux  gravures,  aux.  notes ^ 
aux  citatiotis  marginales ,  à  la  paC'* 
rie  typographique  qui  fera  foignée, 
&  à  l'étendue  des  volumes  qui  for- 
ment environ  1100  pages;  aufli-tot 
que  le  nombre  des  Sounii (lions  fera 
ia&ùnXf  on  commencerai  impri- 
mer ,  &  Ton  ne  tirera  qu'un  fort 
petit  nombre  d'exemplaires  au-deU. 

On  ne  demande ,  quant  à  préfcnt, 

Su^unc  fimple  foumiffion  de  pren-- 
le  les  Exemplaires  lorfqu'ils  paroi; 


1718  Journal  des  Sçavan$ , 

front  9  à  raifon  de'  24  Hv.  chacun  f 
le  prix  ne  devant  erre  payé  que  lof* 
de  la  livraifon  des  deux  volumes. 

Les  pcrfonnes  qui  defireronr  de 
foufcrire^  enverront  leur  foumîflioâ 
à  Belin,  Libraire,  rue  S.  Jacqoes, 
à  Paris ,  franc  de  porc,  ou  la  re« 
mettront  entre  les  mains  des  perfon* 
lies  qui  cp  feront  chargées  dans 
chaque  Ireti. 

Lors  de  la  livraifon  ,  on  en  don* 
nera  avis  »ux  Soumiffionnaires^  dont 
la  Lifte  fera  imprimée  à  ia  têre  de 
rOuvrage,  lefquels  voudront  bien 
feire  paflcr  le  prix  de  la  Soufcrip* 
tion  ,  ftanc  de  porr,  à  la  per* 
lonne  qui  leur  aura  été  indiquée: 
&  indiquer  eu:>mênics  là  vofc  paf 
laquelle  on  leur  fera  parvci^ir  Ici 
Exemplaires  de  la  manière  la  plul 
commode  &  la  moins  comeufc  pout 
eux. 

^  Ltttîts  de  M.  de  Voltaire  a  M, 
F  Abbé  MoujUinat  fon  Trcfofur  y 
frites  dcçïii»  17 j  6  jofqu  e»  174*  y 


Août  i7Rr,         iTif 

penchant  fa  retraite  à  Cirey  »  chez 
Madame  la  Marquifc  d.i  Châfclcr> 
&  dans  lefquel  es  on  voit  quelques 
détails  de  (a  fortune  ^  de  fcs  bien- 
faits; quelles  furent  alors  fes  études^ 
fes  querelles  avec  Desfontaines,  &C» 
Publiées  par  M.  l'Abbé  D  *  *  *.  A 
îa  Haye  \  8c  fc  trouvent  à  Paris,  chez 
Moutard ,  Imprimeur- Libraire  de  là 
Reine  ,  de  Madame  &  de  Madame 
la  Comtefle  d'Artois  ,  rue  dct  Ma- 
thurins  ,  hôtel  de  CJuny.  lySi^»» 
in-S^.  244  pages >  &  les  Prélitni- 
flaires  20. 

Quoiqu'il  ne  s*asiflc  goèrcs  daits 
CCS  Lettres  que  de  détails ,  de  côm- 
miffions  &  d'afFaires  domeftiques  > 
tout  ce  qui  fort  de  la  main  <te  M.  de 
Voltaire  cft  toujours  précieux ,  noa^ 
feulement  comme  reftes  d'un  grand 
homme  y  mais  encore  par  ce  talent 
enchanteur  qu'il  avoir  de  tout  diJrfc 
avec  un  feti ,  uhe  grâce  ,  un  piquane 
(qu-i  n  étoicnc  qu'à  lui ,  &  qui  dorf- 
nenr  du  prix  ;Hix  chofes  ks  plus  iil^ 
difPércntes»  Oo  apprend  daiUcite 


1710  Journal  des  Sçavans , 

dans  ces  Lettres  plufieurs  anecdotes 
ci»ieuies. 

Mélanges  tirés  d^une  grande  Bir 
tliothique,LctzrtS  Cinquième  Suite  . 
delà  cinquième  Paicie  de  la  Lec-> 
ture  des  Livres  françois.  Romans  du 
icizième  ficelé ,  Se<aions  1 1®.  i&  iz*. 
Chez  le  même  Moutard.  Avec  Ap- 
probation &  Privilège  du  Roi. 

Le  mérite  &  rutiJité  de  cet  Ou- 
yrage  font  connus, 

Obftrvanons  importantes  far  /*tf- 
ménagtmtnt  des  bois  du  Roi  ^  &  de 
ccUjf  des  Gens  de  main  morte  &  des 
ParticulieiSn  Ouvraj^e  qui  peut  être 
utile  aux  Officiers  d'Eaux^  ,5c  Forêts, 
&  à  tous  propr-iétaires  de  bois.  Par 
un  Officier  d'Eaux  &  Forêts.  A  Ve^ 
dun  ,  chez  François-Louis  Chrifto- 
phe  ,  Imprimeur-  Libraire  ;  .  &'  fp 
trouve  à  Paris ,  chez  Delalain  k 
jeune ,~  Libraire  ,  rue  S.  Jacques. 
1781.  Avec  Approbatipn  &  PcrmiÇ- 
/ion.  Petit  i/3-^°.  88  pages.  Prix, 


-«»*< 


Août   \j%i.  I711 

Thiâtft  de  Société  ;  par  TAureut 
du  Thédifê'^  Cufagc  des  Jeunes  Fer» 
formes.  A  Paris  ,  chwZ  M.  Lambjrc 
&  F.  G.  Baudoin,  Imprim.- Li- 
braires ,  rue  de  la  Harpe ,  près  S. 
Corne.  1781.  Avec  Approbation  & 
Privilège  du  Roi.  1  voL/V8^.  Le 
premier  de  540  pages  ,  le  iccond  de 
480. 

Il  fuffît  de  ce  titre  pour  rccora- 
xnandcr  l'Ouvrage.  On  doit  tout  at* 
tendre  de  t Auteur  du  Théâtre  à  L'tu 
fage  des  Jeunes  Perfonnes  ,  furtouc 
dans  le  même  genre.  Nous  rendrons 
compte  le  plutôt  qu'il  nous  fera  pol^ 
fible  de  cette  nouvelle  produâion* 

Voyage  pittorefque  de  la  Grlce* 
J)ixicme  Cahier.  Chez  Tilliard , 
Graveur  9  quai  des  Augudms  ;  & 
Barbou  >  Imprimeur ,  rue  des  Matbu- 
xins.  Prix  9  ix  liv. 

Sermons  de  M.  tJbbé  Poulie  ; 
Prédicateur  du  Roi ,  Abbé  Commen-^ 
dataire  de  Notre-Dame  de  Nogeni^ 


17^1     Journal  dis  Sçavafis  j 

Seconde  Edition.  A  Parîp^chcz  Mé^ 
rigoc  le  jeune,  Librairlf^-'^uai  des 
Auguftins ,  au  coin  de  la  rae  Pavée# 
1781.  Avec  Approbation  &  Privi- 
lège du  Roi.  X  vol,  in-ix.  L'un  de 
3616  pages 9  &  les  Préliminaires  3^} 
l'autre  de  3  35.  Prix ,  relié ,  5  liv. 

Quinti'Curci ,  de  la  P'it  (FAlcxdrt^ 
Jre  ;  avec  les  SuppUmens  de  Jean 
Freinshcmius  ^  en  latin  &  enfran^ 
çois.  Par  M.  Mignoi ,  Abbé  de  Scd* 
lières ,  Confeiiler  au  Grand-Confeilr 
A  Paris,  de  l'Imprimerie  de  Mon- 
sieur. 1781.  Se  trouve  à  Paris, 
chez  I.cclctc  &  Legras  ,  Libcaires, 
quai  des  Auguftins.  Avec  Approba- 
tion 2:  Privilège  du  Roi.  1  vol 
i/2  8**.  I/un  de  621  pages,  &  IcsPW 
liminaires  i^*,  l'autre  de  547. 

Traité  complet ,  théorique  &  pi 
tique  de  C Education  des  AbcilL 
avec  la  manière  de  les  élever  ,  de 
multiplier ,    &  d^en  tirer  un  p\ 
corjjidérable  ;    précédé    du    Po 


Août  1781.  1723 

italien  de  Jean  Ruccllaï ,  imité  de 
Virgile  ,  fur  ces  mêmes  InfcfteJ^ 
traduit  en  François,  avec  des  Nor«^* 
Par  M.  Pingeron.  A  Amftcrdam  ;  ic 
le  trouve  à  Paris  ,  che7  Lamj ,  Li- 
braire »  quai  des  Auguftîns«  178  F. 
in  II.  }6o  pages  &  les  Préliminaires 
23.  Prix ,  1  liv.  lof*  broché. 

Eloge  hifioriqui  de  Suger  ,  Abbé 
de  S.  Denis ,  Régent  du  Royaumt 
fous  le  Régne  de  Louis  VII ,  dit  It 
Jeune  ^  Roi  oç  Fratice.  Par  G.  M. 
D.  C. 

Si quA  vldfbtinvr  cafu  non  dt&a  tatini » 
Jn  quâfcriMai  barbât  a  terra  fuiu 

À  Amflcrdam,  1779;  &  fe  trouve 
à  Paris ,  (bez  Mcrigot  le  jeune  ,  an 
coin  de  la  rac  Pavée,  in  8^«  3  x  pag* 
Prix  9  1  liv.  4  L 

Nouvelle  comité  obfervieà  Paris.  • 

M«  Mc^hain  ,  Aftronome  du  D6» 


1 


1714  Journal  des  Sçavarti  j 
pot  de  la  Marine  ,  a  découvert  le 
a8  Juin  au  foir  une  nouvelle  comète 
dans  la  confliellation  de  la  grande 
Ourfe  \  elle  reiTembloit  à  une  né- 
buleufe  y  ayant  une  armofpbère 
de  deux  ou  crois  mitiuces  de  largeur, 
un  noyau  peu  diftinâ,  mais  quieft 
devenu  un  peu  plus  brillant  au  bout 
d'une  quinzaine  de  jours.  M.  Mé*' 
chain  a  calculé  les  élérhen^  de  cette 
comète  fur  fes  huit  premiers  jourt 
d'obfervations  ,  ndDud  afcendant  1 
deux  fignes  ii  degrés  j8'«  Incli* 
naifon  ,  81  **  48  .  Pcrîhdie  ,  7 
fignes  28®  5^',  diftancc  périhélie 
O3  7758;  elle  a  paffé  par  fon  pcri« 
heJie  ,  le  7  Juillet ,  à  z  h.  23  ',  tems 
moyen;  fon  mouvement  eft  direA» 
Cette  orbite  ne  reiTcmble  à  aucune 
des  66  que  Ton  a  calculées  jufqu  ici» 
Elle  n'a  point  été  vifible  à  la  vue 
/impie.  Les  Aftronojnes  l'ont  obfer» 
vée  depuis  que  M.  Mechain  leur  en 
a  donné  avis, 

La    comète   découverte    par  M. 
Herfchel ,  à  Bath ,  le  1 3  Mars  K 


^oât  1781.  1715 

^^pnt  nous  avons  parlé  .à  la  fia  de. 
notre  premjei  volume  de  Juin ,  a 
jifparu  Je  ili.Mai,'dan3  les  javons 
du  folcil;  00  attend  foo  retour  au 
matin  pour  pouvoir  continuer  les 
D)}fpivatibns  &  détcrminet  Us  élé- 
niens  4c  Ton  orbîtCr 


A    F   I    S. 

On  trouve  chez  la  veuve  Du> 
chefne.  Libraire,  me  S.  Jacques, 
iParis,  la  Synopfis y  du  quatrième 
iFolume  des  AHa  SanSorum ,  du 
îiois  d'Oâobrc  (  ie  cinquantième 
]e  la  coilcAion)- publié  par  MM. 
ïuvskens,  de  Byc,  de  Bue,  Ghe^ 
juierc  &  Hubens;  ilemy  le  catalo- 
me  des  Médailles  de  S.  A-  R.  le  Duc' 
chartes  de  Lorraine ,  qui  feront 
rendues  à  BruiceUcs  au  mois  de  Sep*  ^ 
:en)bre  ptocbaio. 


t7%6 


JLmm-^mm 


TABLE 

DES    ARTICLES    CONTENUS 

dans  le  Journal  du  mois 
d*Aoik  1781. 

T/'o  YAG  s  ianf  Us  mers  de 
V    rinde.  Par  M.  U  Gemil.  15^9 

Leur  es  édifiâmes:  &  curieufes  écrites 
des  Miffions  étrangères  ^  ^  5^<> 

Shakefpeare  ,  traduit  de  Car%yl<Às. 
Far  M»  U  Tourneur.  I  jyi 

Pkyfique  du  Mondt^  dédiée  au 
Rqi.  Far  M.  le  Buron  dk  Mi^f'.vet[ 
&par  M.  Gouffitr.  •  59' 

ReciHuhcs  chimiques  fur  CE  ta' n. 
Pur  MM.  Payen  &  Chalard.  1 604 

C Apolffoitiqi^  &  lis  Prefcrp- 
ilansde  TtrtuUienn  Par  M*  Cjtbbé 
de  Gourcy.  I  g^i 

Codex  Alexandrinus  manufcrip* 
tus  Novi  Tejlammti ^  ^c.         16x6 


17^7 

Excrcltationcs  in  Appii  AUxan^ 
drini  Romanas  hiporias,  1 641 

Réflexions  fur  U  Projet  ctutiâ 
Uijloirc  générale  de  France*  *     164S 

Les  EUipfes  de  la  Langue  latine; 
Pi^  Af.  Furgaule.  1656 

Extrait  des  Ohfervations  Météo'* 
rclogiques.  1 66  \ 

Nouvelles  Littéraires.  16  fo 

Fin  de  la  Tabl«» 


L  E 


JOURNAL 


DES 


SÇAVANS, 

POUR 

ê 

VANNÉE  M.  DCC.  LXXXU 


SEPTEMBRE. 


A    P  A  R  l  Si 

Au  Bureau  du  Journal  de  Paris,  rue  de  Grenelle 
S.  Honoré,  prés  celle  du  Pélican. 


M.  DCC.  LXXXI. 
AVSC  PRirilSGB  DU  HOU 


N 


AVIS. 

C/jv  s^abonnt  pour  U  JouRNAl 

DES  SçAVANS  au  Bureau  du  Jour^ 

nul  dt  Paris ,  rue  Jt  G'rtnêlU  S. 

Honoré  ;  &-  c^cjl  à  taàrtjft  du  Dl* 

rcSeur  de  ce  Journal  ^qt^il  faut  en* 

.  voyer  les  objets  relatifs  à  ceh^  des 

Sçavans.  Le  prix  de  la  Soufcription 

dt  tarmie  f^^  tS  JUv»^  p^t»  Paris  ^ 

&  de  20  liVf  4f  pour  la  Province  f 

foit  in-ïi  Ofi  iÔ-4®.  Lç  JoURKAl 

DES  SçÀVAKS  eficompofé  de  quot 

êor^e  Cahiers  ;  U  en  parole  un  cha* 

que  mois  ^  &  deux  en  Juin  &en  J)(^ 

membre. 


LE 

JOURNAL 

DES 

■SÇ  A  V  ANS. 

SEPTEMB.  M.  DCC  LXXXL 

S àP MOC  L IS  Tragedla  fepum 

"    jCÛm  inurprttatiotit  làtini^  &fcha^ 

•     liisvetmiuis  acnwis.  Editionem 

euravit  Jpan.  Cafrperonnier ,  Rt^ 

gMS  B'Miot.  Cufios  ,   Rtgld^  Infm 

cripu  Acadtmi^  Socius ,  Régi  iS 

LeSor ,   fi*  Graca  Lingua  Prc^ 

fefor.  Eo  defanSo ,  edidit ,  Noias  p 

Prafaticfum  J^   iniictm  adjtcît 

Joan.  Francifc.  Vauvillicrs ,  Rci- 

pus  LeSofy  &   Grœcce   Lingux 

Profijlor.  Paris.  Apud  Jacob.  Na^ 

tal.  PiiToc,    yiduam  Pcfgtnc, 

Stpumbn.         'Ddddi) 


A  VI  s. 

vJ  N  s^abount  pour  U  Joui 
DES  SçAVANS  au  Bureau  du 
nal  de  Paris ,  rue  dt  G'renê^ 
Honoré  ;  &-  c^cjl  à  tadrcffc  d. 
rcSeur  de  ût  Journal  j^iCil  fa 
voycr  Us  objets  relatifs  a  cel 
Sçavans^  Le  prix  de  la  Soufcr 
de  tannh  ^fi4c  iSJiv»  p^u^  i 
&  de  20  liVf  4/1  pour  la  Prm 

foit  in-ii  ou  iff-4®.  Le  Joui 

DES  SçÀVAKS  eficompofé  c 
ior^e  Colliers  ;  il  enparoît  «. 
que  mois ,  &  iUux  en  Juin  &e 
timbre. 


V.. 


I 


LE 

JOURNAL 

DES 

JSÇ  A  V  ANS. 

SEPTEMB.  M,  DCC  LXXXI. 

S  àP  H  oc  LIS  Tfagedia  ftpnm^ 

'    tum  interpretatiofii  tàtin^  &fcho^ 

*     liis  veterïius  ac^navh.  Éditioncrn 

curavit  Jpan.  Ctpperonnier ,  Rt^ 

çut  Bibliot.  Cujlas  ,   Rcgi(g  Infm 

çrîpt.  Acadtmi^  Socius ,  Rigi  ^s 

'''    LeSor ,    &  Graca  Lingua  Prc^ 

ftffbr.  Eo  dtfunHo  ^  cdidu ,  Notus, 

Prmfdtiùfum  JSt  miictm  adjtcît 

Joan.  Francîfc.  Vauvillicrs ,  Rct 

glus  LeShfy  '&  Gmcct  Lingi/a 

Fro/effor.  Paris.  Apud  Jacob.  Na^ 

taU  PiiTot,    Viduam  pcfainti, 

Stpumbn.         'I>dâc{fj 


itlcl»-. 


Septembre  1781.        1735 

C'cft  du  moins  le  jugement  qu'en 
porte  M.  Vauvilliers  qui  a  vu  cette 
Edition. 

Pendant  que  M.  Capperonniet 
s^occupoit  de  fon  projet ,  on  vit  pa« 
roître  en  diÀFérens  endroits  des  Ou- 
vrages ,    où   de   fçavans   Critiques 
produiHrenr  ou  de  nouvelles  leçons 
fournies  par  des  manufcrits ,  ou  de 
nouvelles  explications  de  plufieurs 
paiTages ,  tant  de  Sophocle  que  d'au- 
tres rogres  tragiques.  Alors  TAca- 
déraicien*,  perfuadé   que  l'Edition 
projettée  ne  réporidroir  pas  à  l'attente 
du  Public,  crut devoirjy  joindre  des 
Notes  fur  les  Textes  les  plus  diffi- 
ciles de  Sophocle.   Ce  nouveau  tra« 
vaii  fut  fouvent  interrompu  par  d'au* 
très  occupations  littéraires ,  &  pat. 
des  infirmités  ;  deforte  qu'il  n'ctoii . 
pas  fort  avancé  9  lorsqu'une  mort! 
prématurée  enleva  M.  Capperonniet' 
a  la  République  des  Lettres  [ij. 

[1]  Dans  TEIoge  de  M.  Capperonnîer, 
(Tom.  40  desMémoires  Je TAcadéoiré des' 

Ddddiij  » 


1734  Journal  des  S çavans  f 

Sollicité  i  plufîeurs  rcprires  par 
les  Libraires  intérefTés  ^  M.'  Vauvil» 

•  ■ 

Belles  Lettres,  p.  i^*)  M*  Dopoy  ,  tpè$ 
avoir  dit  que  le  texte  du  Sof  hdcle ,  avec  h 
vcrfiou  latine  &  les  (choliesgrecqaesj  écofC 
imprimé ,  &  qu'il  n*y  manquoic  que  la  der« 
niére  feuille  qui  s'écoic  perdue ,  ajoute  qu'oa 
avoic  trouvé  quelques  noces  dans  les  paj^'eil' 
derEdiceur^  &  funouc  un  Lexique ,oyLiûic[ 
des  mocs  &  de»  ezpre(Gous  dont  le  Pohe  à" 
iàit  ufage  »  qui  a*efi  pas  achevé.  Ces  dcf^ 
niers  mots  exigeât  uneexplîcatioo.  Tous  kl 
termes  de  chaque  lettre  fooc  écrits  trèf-aeH 
tement  fur  des  quarr-és  de  papier  mis  en  IbKflèq 
li  ne  s'agit  que  de  les  roetcre  au  net ,  travii 
dont  an  pourroit  Ct  difpenicr,  qoeiqnell» 
Capperonnier  l'ait  entrepris  lui- même  1 1-' 

pouITé  jufqu'au  mot  iXec(poç^  en  235  pgi' 
in-4^. ,  parce  qu'il  (bngeoit  ((frieufèmeBti 
publier  fon  Sophocle  lorfque  la  morireiK 
leva.  Quant  aux  Noces ,  H  avoitdéjaes*' 
trait  de  quelques  Auteurs  celles  dom  il  vol* 
loit  faire  u(àge  en  y  joignant  Ùl  Criiiqf* 
Ceft  i  ratiut  fia  à  ca  travail  que  fe  tMr 


ÊA, 


liets  n'a  pas  pu  fe  fefurer  à  leui* 
prières.  Afin  de  rajeunir  en  (]uelque' 
forte  cette  Edition ,  il  s'éioît  aa- 
bord  propoft  Biiiqueni''nt  de  re- 
cueillir les  ebièrvations  que  les  piu4 
fçavans  Critiques  ont  faites  ,  pour 
corriger  le  texte  d'âpre  leurs  cpnr 
feâureS}  on  avec  le  fccours  des  ma- 
nufcritSj  n'y  ajoutant  de  fa  main 

3u'une  briéve  explication  des  en- 
roits  les  plus  difnciles ,  avec  l'indR 
cation  des  variantes  ^ue  peuvent 
fournir  les  manutcrlts  du  Roi;  En* 
fuite  il  a  poné  fes  vues  plus  loin  j 
avant  remarqué  que  ces  S^avans 
cbanceluieni  quelquefois  dans  leura 

Cuirelpto  ie  Jette  qae  Ton  fils  s'éioii  chargi 
J'acqiûtter.  CuliivanE  avec  foin  les  betireu- 
icc  Jifpolîtioiu  ^u'il  tcnoit  de  la  Nature ,  il 
CooTaltoii  fur  Ton  objet  les  Sfavans  de  Paris , 
àc  ceux  des  pays  ^traagars  ,  avec  qui  it  ^[«it 
en  corrcrpondance  i  lorl^u'un  ^vèneinenc 
tiiae&c  mit  &aàCa  jouis  6c  i  do*  cTp^' 


173^  Journal  des  S ÇAvans i 
opinions ,  ou  même  en  aboient  it 
ttès-differentes  fur  plufieurs  objets 
ielati&  ï  la  langue  grecque  9  les  ver- 
bes y  les  rems  >  les  mœujs  ^  les  pani- 
cuies^  les  dîaleâes,   la  profodie, 
les  verbes  ,    de  verborum  m  divtrfis 
vocibus  potefiatt  ^  de  umporumr^ 
tione^  demodorum  diferimint^  àî 
particularum  uju^  de  variis  oratk* 
nisformis  &Jiguns  9  de  diaUSomm 
finibus  )  devTofodm  ac  meirorum  b* 
gibus.  11  a  donc  pris  le  parti  de  foa* 
mettre  ces  opinions  à  un  nouvel  exa« 
inen ,  même  les  fiennes  qu'il  avoit] 
auparavant  jugé  très  -  certaines ,  de 
lire^  dans  ce  defTcin,  non-feuiemeor  '; 
Sophocle»  mais  d'autres  Ecrivaiitf' 
grecs  ,  furtout  les  Poètes  ,  &  de  K" 
cueillir  les  pafTages  propres  à  jettef 
une  vive  lumière  fur  les  objets  dif- 
eûtes.  L'Edition  de  V Œdipe  Roi^ 
donnée  par  M.  Brnnck  ,  lui  a  mon- 
tré  plufieurs  leçons  qu'il  avoit pro- 
pofées  dans  fes  notes  ,  &  que  rÉdi« 
leur  a  tirées  des  manufcrits  du  Roit 
Il  loue  le  travail  de  cet  habile  Edi- 


Septemhn  1781,  1757 
tetir  ;  mais  il  voudroît  pouroÏT  \t 
louer  davancagc.  Les  failtcs  qu'il  a' 
fem'aïqucçs ,  &  doncqurlques-unc* 
ô'nc  déjà  été  corrigées  dans  les  autres 
Vûlunles  publiés  par  M.  Brunck ,  né 
Hoivcnt'  pbtnt  nuire  à  la  lépuration 
du  (çavaut  Editeur;  il  ne  faut,  à 
(on  avis ,  les  attribuer  qu'à  la  préci-> 
pttaiion  ,  V^i'^'''"''"  inbtto ,  qud,  < 
Jhpius  qaam  Vtlim ,  offindit  v'ir  6* 
ingenitijagaeiffînias ,  o*  omni  irudU 
tionis  copia  inAra^i^amsi 

M.  Vaiivillicis-,' en  relevant^-dn 
fautes  échappéçs  \  Valckenaer  ^ 
Toup,  Mufgrave,  &  à  d'autres  qu'il 
regkrde  corpme  les  maîtres,  fe  com* 
tiare  mddcfteniént  au  roitelet ,  qui 
fur  1^'dos  d'tinaigle  peut- porter  fes 
Regards' plus  loin  ;  &  déclsrrtf  qu'il 
fè  verra >  fans  furprife,  fans' bonté 
Qc  lâns  douleur,  conigé  lui  même 
par  tin  homme  plus  inl&uit ,  tmtn- 
'idafi  tnt  a  doStore  non  mirabor  mt\ 
tortjcius  i  ntc  finuMiam  mutart  Jo-i 
imr  trit  aut  pudor. 
~     Tels  feront  toujours  les  fcnrimeni 


A»     Vol»'      \\c» 


,s\» 


oit'"- 


CIO  s» 
qot  h 


.b.««°' 


Sepumirt  fjêu  if  jj 
Comme  c'eût  été  une  etitrrprift 
àe  longuB  haleine  de  réformer  par- 
Toutla  verlîon  latine,  M.  Vauvillicf) 
s'efl:  bomi  à  en  foire  une  nouvelle 
dans  les  endroits  où  l'eireur  lui  k 
paru  grave  ;  il  a  même  ajouté  des 
cxpttnîoDS  françotfes  ,  quand  il  A 
cru  que  le  latin  pouvoir  laincrqticK 
que  iquivoque.  Il  s'cft  peu  arrêté  à 
ce  qui  concerne  l'Antiquité  j  l'étant 
beaucoup  occupé  de  la  langue  gtec^ 
que  &  de  tout  ce  qni  pouvoir  ferf  le 
a  l'intelligence  oa  i  la  correâtô& 
d'une  infinité  de  paflâges.  Il  lur  k 
fallu  donner  de  l'éiendnei  certaint^ 
notes  1  peur  expliquer  des  difficulté^ 
qui  fe  préfentoienr ,  afin  que  I;  lec- 
teur ne  tùz  pai  obligé  de  t^coatir  1 
di^Tcns  endroits  ;  &  même  urie  ttf* 
ble  dei  Editions  donc  il  s'efl  fervi  ', 
fera  utile  iceùi  qui  voudront  véi> 
fer  les  citations-.  Il  n'a  pas  cm  dcvûit 
tàppeller  ce  que  Dacicr,  Boivin', 
SMet ,  Dupny ,  ont  écrit  fur  Sq^ 
phocle,  parce  que  leurs  obfervàtîorn 


1740  Journal  des  SçavanSf 

A'xZ'ïl  9  peut  les  confulcer  :  non  quoi 
ex  eorum  obfcrvationibus  non  fini 
multa  cgregia  petcnda ,  fed  quia  gal^ 
lico  ftrmoncfcripta ,  facile  ommbus 
confulcnda  patent.  L'Auteur  veut-il 
donner  à  entendre  par  -  là ,  qu'en 
écrivant  fes  notes  en  Jatin ,  u  n  a 
écrit  que  pour  ï^%  François  ? 

Pour  donner  une  idée  du  travail 
de  M.  Vauvîlliers  ^  nous  allons  par- 
courir les  diiférens  objets  dont  nous 
venons  de  dire  qu'il  s'cft  principale- 
ment  occupé  ;  èc  nous  commence- 
xons  par  fes  remarques  (ur  remploi 
des  tems  dans  les  verbes. 

En  quoi  confifte  ,  chez  les  Grecs» 
la  diflFerence  des  aorifies  au  parfidt 
ic  au  plufque  parfait?  C'eft  une 
qucftion  fur  laquelle  les  Grammai» 
riens  fe  font  partagés.  M.  Vauvîl- 
liers entreprend  de  prouver  ,  contre 
M.  Valckenaer,  que  la  différence 
eft  la  même ,  dans  la  langue  grec- 
q^ue,  que  datis  Ja  nôcre^  encre  y  W 
ait  &  jt  fis  ;  deux  tems  qui  pcu- 
vcDC  quelquefois  s'employer    l'un 


i 


\ 


Septembre  1781.       X741 

pour  Tautre ,  mais  toujours  fuivanr 
une  loi  confiante.  Âinfi ,  chez  tes 
Grecs,  \t  paffe- parfait  emporte  tou- 
jours un  rapport  au  tems  préfent  ^ 
c'eft  à-dire  au  tems  dont  on  parle  , 
de  manière  que  Taâion  ou  le  fait 
qu*il  exprime  fubfifte  jufques  à  ce 
tems-là.*  Par  confôqucnc  on  ne  le 
trouvera  pas  employé  pour  désigner 
la  naiflance  d'un  homme  mort.  Pin- 
dare,  pour  ifaire  entendre  qu*un  en- 
fant de  cinq  jours ,  lamus  ,  vivoic 
encore  au  tems  dont  il  parle ,  ne  le 
fert  pas  de  l'aorifte ,  mais  du  parfait  ; 
^parce  que  Taoriflie ,  par  fa  nature  » 
défigne  feulement  le  paffé ,  fans  rap- 
port à  un  autre  tems  C'eft  par  ce 
Êrincipe  que^  fuivant  M.  Vauvil- 
ets  9  fe  trouve  décidée  une  ques- 
tion chronologique  qu'un  paifage 
de  Thucydide  >  au  commencement 
de  ion  5^  Livre ,  a  fait  naître  entre 
Scaligcr ,  Pctau  j  Dodvell  &  Cor- 
(ini.  Ainfi  Tcxpreffion  de  THiftorien 
fixe  répoque  de  la  célébration^es 
^eux  Pyrhiques  à  la  uoifième  wbée 


174^  Joutnal  des  Sçavans  ^ 
A%  chaque  Olympiade  ,    &    non 
à  la  féconde ,  comme  Tavoic  ctu 
Dodvell. 

M.  Vauviliîers  va  plus  loto^  & 
prétend  que  les  aoriftes  par  eux-inc- 
mes  délîgnent  moins  le  rems  de  lac* 
tion  ,  que  fon  paflage ,  ipjtus  trafh 
fitum^  lans  rapport  ni  au  préfenrni 
au  futur ,  à  moins  que  ce  rapport  ne 
foit  tiré  d'ailleurs  ;  j'ofe  aum  direi 
9:oute-t*il  »  qu'ils  n*ont  pas  même 
un  rapport  déterminé  au  prlUrit  : 
ce  qui  fait  que  Thucyd  de  &  Ho- 
mère les  employoient  quelquefois 
dans  le  fens  du  (iirur.  Enfuire  il  at- 
taque Topinion  de  ceux  qui  fourieft* 
nenr  que  les  aoriftes  grecs  défîgtienf 
Vhatieude  (taglr^  &  produit  deS 
paflages  d*Homcre,  où  ,  loin  de  voif 
cette  habitude  ou  coutume  ,  il  y  ap« 
perçoit  le  contraire  :  hanc  collegi^ 

runt  doSrinam confuéiudinem 

ntmpt  agendi  aorifiis  grach  txprimu 
Quod  ut  omnino  aboUatur  ^  &c. 

S'il  nous  eft  permis  de  nous  ex« 
^liqîfet  àuffi  fur  ce  pôlns^  ûouscjrid' 


V 


Stpumhn  178 1.       1745 

gnons  qu'il  n'y  ait  ici  quelque  mal«* 
entendu.  Quand  on  dit  que  \tt 
aoriftès  grecs  défignent  l'habitude  ^ 
Tufage  9  ou  même  les  vertus ,  la  piro^ 
priété  d'une  chofe  ,  foutient-on  pa« 
reillement  que  jamais  ils  ne  s'eno- 
ployent  dans  le  fens  àvLpTctirit?  On 
at^ra  tort  :  pui(qu11  y  a  une  infinité 
d'exemples ,  &  M.  Vauvilliers  en  9 
remarqué  plufieûrs ,  où  les  aoriftes 
indiquent  aes  rems  pafles.  Mais  veué- 
pn  conclure  de  ces  exemples  que  ja* 
mais  {z%  aorifles  ne  défîgnent  lliabi^ 
tude,  ni  les  qualités ,  les  propriété^ 
â'unechofe?  Nous  ne  croyons  pas 
cetre  conféquence  jufte ,  parce  qu'elle 
eft  démentie  par  une  niulritade 
d'exemples  que  d'autres  ont  dëjà  ob-, 
fervés.  Bornons  nous  à  quelques  uns 
tirés  des  hiftoires  diverles  d'^iClienJ» 
Xiv.  I.  Quand  cet  Hidorien  park 
des  chiens  d'Egypte ,  qui  ont  cotf» 
cume  de  fe  déudtérèr  dans  le  Nil , 
en  courant ,  parce,  qu'ils  craignent 
d'être  dévorés pa/ics  crocodiles^  Ji 


^ 


1744  Journal  des  S çavans  f 
pcreunt ,  &Jîtim  nihilominus  rejlin^ 
guunt.  Ces  trois  pttftns  (ont  expri- 
més par  des  aoriftes.  II  dit  ailleurs 
Gue  le  renard  marin  ne  redoute  point 
1  hameçon  y  parce  qu'il  s'élance  K 
coupe  le  fil ,  avant  que  le  pêcheuf 
retire  fa  ligne ,  illa  profila ,  &fiini' 
culum  ûbradit  ;  ce  font  encore  deux 
aoriftes.  II  raconte  enfuite  que  lei 
tortues  de  mer  laiiTent  leurs  oeu6 
enfouis  dans  la  terre  pendant  qua- 
rante jours  :  après  qUoi  elles  re^ien* 
nent,  crcuf'ent  la  terre  ôà  elles  crou« 
vent  leurs  petits  formés  &  prêtsâlef 
fuivrc ,  tfodiunt  urram;  ç*eft  encore 
un  aorifte.  La  piquure  de Taraigoée 
apfdléc  phalange  j  ne  fait  point  Je 
mal,  fi  on  mange  du  lierre,  morfis 
nihil  affert    detrimenti  ;    iEIiéû'fc 
fcrt  encore  ici  de  Taoriftc.  Les  chè- 
vres fauvages  ,  étant  bleflees ,  man- 
gent auffi-tôt  du  diûame  ,  &  le  trait 
tombe ,  conftfiim  com'idunV  hithm 
àiSamum  ;  ce  préjent  cft  éxptirtic 
par  un^aorifté.  Souvcnrles  cyg^ucsft 
Datcent  9  &  Te  donnent  là  'înort'fid* 


Septembre  1781.  1745. 
smcnr,  alttr  alurum  pcrimunt 
;  voilà  encore  wn  prèfcnt  défi- 
,r  un  aorifte. 

cbap.  54  du  Livre  V  des  Ani- 
>  il  décric  la  manière  dont  la 
e  du  léopard  a  coutume  de 
e  les  (înges  en  Mauritanie* 
!  couche  (ur  le  dos  fous  un  ar« 
s*enfle  le  ventre ,  ferme  les 
retient  fon  haleine ,  en  un  mot 
morte.  Les  (înges  qui ,  monrés 
:s  arbres ,  Tapper^oivent ,  fc 
cnt  à  fe  rejouir  de  la  mort  de. 
inenii  ;  mais  auparavant  ils  de- 
nt le  plus  hardi  d'cntr'eux  pour 
cr  du  fait.  Celui-ci ,  d'abord 
; ,  vient  doucement  9  tourne  à 
je  diftance ,  va  &  revient  à 
rntes  reprifcs  ;  enfin  ,  devenant 
:onfîant  9  il  s'approche  affez 
pouvoir  obferver  fî  les  yeux' 
)uvçrts,  &  n  Tanimal  refpirc. 
[u'il  paroit  fans  crainte  &  fans 
r  9  \z^  fînges.  defcondent  à 
,  entourent  l'animai  ;  fàutenc 
i  9  font  mille  fîngeries  ^  miUe 


Septembre    1781.       1747 

^uitur  fape  ea  futuri  prateriti  ^  non 
^lunquam  prafentis ,  faepijjime  plup^ 
^uam  ptrfecli  vim  foriiri.  Car  cette 
3îorion  du  priftnt ,  &  même  du  fu* 
^ur  y  ne  vient  que  de  la  torce  qu'a 
Souvent  TaoTiflie  d'indiquer  la  qua^ 
-lité,    foit  acquifc,  foit  naturelle  5 
^  une  chofe^  ou  Teffet  dont  cUî  cft 
ordinairement  fuivic  ou  accompa- 
gnée. Ain(î  au  vers  167  d'Ajax,  le 
*iot  v7roJ'liO'Av%ç  n*cft  bifcn  rendu  par 
î^«i  tlmuerant  perjirtpunt ,  qu'autant 
SM'à  la  notion  à\x  plufque  parfait  fa 
J^int  celle  du  caradèrc  de  timidité 
lï^ropre  aux   oifcaux   qui  redoutent 
5î^turcllcmcnt  le  vautour ,  même  ab- 
nt.  Ceft  pourquoi  >  dans  \t  pre- 
ier  pafTage  d*i£lien  9  on  traduiroit 
al ,  fi  9  au  lieu  àtfanamur  ,  pe^^ 
^unt ,  rejlirtguunt ,  on  meaoityi- 
"^^^ti  funt ,  periêrunt  »  rejlinxerunt  ; 
l^^rcc  que  ces /^r^r/riis  ne  dcfignent 
l^^  par  eux-mêmes  l'ufage  que  THif- 
F'Orien  veut  exprimer.  On  peut  dire 
J^^anmoins  que  les  Latins  ont  en 
^^^clque  forte  imité  les  Grecs ,  puif- 


'!,■«"" 


H" 

Vil"'"-' 


it?»' 


i^'<."'* 
.«.«""^_ 


jorte  gr^^ 

.    'CToit  in»  7 

^««Picsparci!/   *?*  '""Hi/er  J 
loiif.-  )    ^ '"^^guonrcncon"'** 

'°^^«Wn5   A"*"    vers 
f  vers  de  JM„.-    "'«^'"c  qu'au 

''/'^--i>c^}?/:;,';'<>'><fûtr., 


.t|uc  Lciic   CIL  lift    lurcc 

cule  fi«,  qu'elle  fup 
du  verbe  i^iCutd'At ,  ou 
autre  fcmbUble»  C'eft 
près  ridée  que  femblc 
5chohafte  ,  nt  quîd  €Vi 
mais  M.  V.  obfcrve  de  | 
particule ,  de  même  que 
^a  l'indicatif  9  lui  donne 
fubjonâif ,  ce  qu'il  pto 
paflages  de  Platon.  Il  i 
contre  Topinion  de  Ml 
Brunck ,  que  les  parti 

auffi  bien  avec  le  pre 
^fubjonâif  qu'avec  le  fu 

tl  difrtire  oareillrm^nr 


'Stpttmhn  \')%\t  1751 
|u*on  peut  voir  dam  U  note  fur  le 
'crs  57  de  rEltôre.  On  verra  encore 
lU  vêts  1 3  3  ^Trachin  ,  comment 
.1  prend  ,  contre  M,  6tunck>  la  d6* 
'enfe  du  Sçho  iafte  ,  ^ai  remartjue 
jue  les  Anciem  appliquoicnt  quel* 
3uefoisau  même  mot  deux  antcles, 
run/v^o^z/irautrert/ari/^  Comme  - 
M.  Brunck  avoir  prononcé  qu'il  faU 
[(Mt  ne  pas  voir  en  plein  ^our ,  pour 
adopter  une  idée  pareille  0  qui  ell  « 
à  ion  ayis ,  de  la  plus  grande  ineptîe« 
\ntptiJlima  ^  il  a  fallu  aufld  lui  prou« 
ver,  par  une  multitude  d'csemples» 

gu'elle  eft  très-fufb.  M.  V,  rend  donc 
1  penlée  d&  Sophocle  par  ces  mots, 
quam  ^tùdtm  ijlam  fouuntt  vicij^- 
fudinem  u  femptr  animo  fpiranti 
rtiintn  vtlim.  C'eft  au^  le  fens  que 
le  Ttaduâcui  François  des  Traçai- 
niennts  avoir  prélènté.  n  Âus  dou* 
trieurs  .de  la  privation  fuccèdent  les 
»»plaillrs  de  la  jouiflance.  Tel  éft 
t*  l'efpoir  que  vous  devez  nourrit 
t*  dans  verre  cœur.  »  '       ,         • 

M.  LcDB^  ,  dans  un  Ecrit  publié 


7  5  2    Journal  des  Sçavans  ] 

ar  M.  de  Villoifon  dans  fes  NcM 
iir  Longus  y  a  coi^atcu  rexifteoi 
de  Vaoripe  fécond  chez  les  Grec 
doârine  nouvelle  contre   laquel 
s*élève  M.  Vauvilliers^  pour  foureu 
celle  qu'avec  Euftathe  ont  adopri 
tou^  les  Grammairiens.  S'il  eft  vrai 
dit-il ,  que  ce  qu'on  appelle  aori^ 
fécond  n'eft  qu'une  efpece  du  ceni 
imparfait  j  par  quel  prodige  eft-i 
arrivé  que  les  Ecrivains  de  cous  le 
(lècles ,  &  en  quelque  dialeâequec 
foie ,  ne  l'ont  jamais  employé  dansl 
notion  du  véritable  imparfait  ^  ma 
dans  celle  de  ïaorUle  ?  Qu'on  cor 
xncnce   une  phrafe  par  ces  tno 
toutes  lesjois  qu'il regardoit /Ai 
nécefTaircment  ajouter  un  impa 
ilvoyoit^  jamais  un  prétérit  il 
ou  il  a  vu.  Tel  eff  certaine 
l'ufage  chez  les  Grecs  ,  çomm' 
nous.  Or,  cet  imparfait  n'' 
mais,  chez  les  premiers,  c( 
nomme  ^on^t  fécond. 

Voyons  une  autre  forme 
un  exemple  eft   tiré  de  J 


Septembre   178 1.        1753 

Pélops  que  Neptune  aima ,  apris  que 
Clothon  teût  retire  de  la  chaudihre. 
Cet  exemple  renferme  la  comparai- 
fon  de  deux  aâions  palTées  ,  donc 
Tune  9  précédé  Tautrc  :  or ,  la  pre- 
mière ,  dans  aucune  langue ,  ne  peut 
£rre  exprimée  par  un  imparfait  ^  ex- 
cepté certaine  cas  où  il  s'agir  d'indi- 
quer la  proximité  des  rems  &  des  ac« 
tions ,  comme  quand  on  dit 9  comme 
y  entrais  ilfortoit.  Partout  ailleurs  , 
les  Grefcs  n'emploient  qu'un  mot  qui 
répond  à  notre  prétérit,  pourdé(î- 
gncr  la  première  des  ad^ns  9  &  ce 
xnot  cft  fouvent  ce  qu'on  appelle  un 
aoriite  fécond  ,  qui  par  conféquenc 
n'cft  pas  un  imparfait.  Ces  obferva- 
tions  nous  paroilTent  très-juftes. 

Mais  il  n'en  faut  pas  conclure  ^ 
comme  le  remarque  encore  M.  Vau* 
villiers  y  qu'il  n'y  ait  aucun  cas  où 
Y  imparfait  ne  puiffe  occuper  la  place 
d'un  aorifte.  Car,  comme  on  die 
fort  bien  en  françois  ;  notre  armU 
cccupoit  la  droite  de  la  rivière  ^  les 
ennemis  fe  rangeaient  en  bataille  futf^ 

Septembre.  £  e  e  e 


5  4  Journal  des  Sçavans  , 

gauche  y  on  trouve  auHi  une  inl 

rc  d'exemples  pareils  dans  les  Eci 

ains  Grecs.  D*où  il  conclut  que  \ 

>runck  n  auroit  pas  dû  mettre  u 

lorifte  au  vers  377  de  TOrcfte,  a 

lieu  d'un  imparfait.  Celui-ci ,  pou 

foatenirfon  opinion,  prétend  qu'ai 

trement  on  feroit  un  folécifmc  parci 

à  celui  d'un  François   qui  diroir 

c^itoit  encore  un  enfant  que  C/ytcfn 

nejlre portait  dans  fes  bras  ,  lorfqu 

je  quittois  le  palais ,  &c.  Mais  on  lu 

fait  obferver  qu'il  n'y  a  point  de  fo 

lécifme  daot cette  phrafe,  ni  en  frai 

çois ,  ni  en  latin  j  ni  en  grec.  La  Fo 

taine  a  dit  : 

La  jetine  Iris  a  peine  achevoic  cette  hift 
Que  Tes  loears  avouoienc  qu*ua  cheaii 

gloire, 
Ceft  l'Amour. 

Plante  dit  dans  TAmphitryon 
illi  pugnabant  maxime  ,  ego  i 
gicbam   maxime.    Les  Grec* 
nilTent  une   multitude    de: 
femblablc^. 


Scpumbrt   1781.        17Ç5 

On  trouvera  encore  beaucoup  de 
bonnes  obfcrvarions  fur  la  quantité 
des  fyllabes  &  fur  la  mcfure  des  vers  ; 
&  il  eft  d'autant  plus  néceilaire  d'y 
avoir  égard ,  que  Ja  profodie  des 
Anciens  ne  nous  eft  pas  bien  connue» 
Comme  nous  ne  fâilons  que  balbu- 
tier, pour  airàfi  dire,  en  prononçant 
le  grec,  nous  devons  ctrc  très-rcfcr- 
vés  dans  nos  jugemens  fur  la  prolb- 
die  des  Grecs-  C'eft  la  remarque  de 
M  Btunck  :  nos  y  ^uigraci  vix  bal» 
butimus  y  cautos  cffc  decct  judicium 
de  profodiafcrentes.  (Orcft.  1010.  ) 

11  eft  vrai  que  TAuceur  fait  cette 
obfervation  fUr  le  verbe  Ijvvcè ,  dont 
il  prétend  que  la  féconde  fyllabe  fe 
trouve  brève  dans  le  vers  d'Euripide  , 
tandis  que  M.  Vauvilliers  foutienc 
que  les  deux  premières  fyllabes  de  ce 
mot  font  longues.  M.  Brunck  avoit 
jugé  que ,  dans<»âep«4t>;^;i ,  la  pénul- 
tième'brève  étoit  contre  l'analogie  ; 
&  M«  Vauvilliers  montre ,  au  con- 
traire ,  que  rien  n'cft  plus  conforme 
aux  \o\i^  mêmçs  de  l'analogie  »  puiG» 

£  e  e  c  t  j 


175^  Journal  des  Sçavans  % 
que  la  règle  générale  cft  qu'une  pc- 
nuicicme  longue  au  préienc  d'un 
verbe,  devient  brève  à  Taorifte  fé- 
cond ,  &  par  conféquenc  dans  tous 
les  mots  dérivés  de  ce  tems-làt 

Martial  envioit  aux  Poètes  Greci 
la  liberté  que  leur  laifToit  leur  pro^ 
fodie  :  auUi  trouvc-c-on  fréquem- 
ment des  fyllabes  longues  chez  les 
uns  ,  &  brèves  chez  les  autres.  Ainfi 
la  première  dans  ^paTpo^  eft  longue 
chez  Homère  ,  &  brève-  chez  les  At«r 
tiques ,  qui  par  conféquent  écrivent 
^cep?^.  Il  en  eft  de  même  de  la  pre^ 
mière  de  aViet ,  &  de  ««tXoV  qu'rlo* 
mère  fait  longue,  &  que  les  Poëtei 
Attiques  font  brève.  Une  fyllabe 
brève  •demeure  brève  devant  une 
confonne ,  &  même  une  double  con* 
fonne  :  aind  on  trouve  la  première 
brève  dans  cV^fV ,  eV'  &  même  la 
pénultième  dans  «xopf ç-or  au  vers  i  ix 
de  TEleâre  de  Sophocle ,  où  M. 
Brunck  a  eu  tort,  félon  M.  V. ,  de 
mettre  aKo^iïov  ^moi  inconnu  ^  voccm 
\ulHus  graçi  fcriptoris  auSoritaié. 


•  Septembre  1781.  17*^7 
jlrmaïam.  Ces  obfervations  gramma- 
ticales ne  paroîcionc  pas  minutieu- 
fes,  quand  on  envifagera  les  confé- 
qucnccs  qui  doivent  en  réfulter,  & 
la  rcfervc  qu'elles  ne  peuvent  man* 
-  qucr  d'infpircr  aux  Grammairiens 
.  qui  manient  les  anciens  textes. 

Une  aune  qucftion  ,  peut  -  être 
^ntoins  imposante  en  elle-même ,  par* 
tage  les  aeux  fçavans  Ediieurs.  Le» 
Foëces  Attiques  )  forces  par  la  diffi- 
culté de  la  verfifîcation  ,  fupprt' 
ment-ilï  quelquefois  Vaugment  au 

frétérit  ï  M.  Brunck,  qui  (outîent 
affirmative ,  allègue  des  raifons  SC 
des  exemples,  in  utroque,  ut  miki 
vide'ur ,  parumfilix  ,■  dit  à  ce  fujet 
M.  Vauvilliers,  qui  eft  pour  la  né- 
~  gative.  Celui-ci  infirme  fans  beau- 
coup de  peine  les  raifons  produites 
far  Ton  advetfaiie ,  &  cet  adverfaJre 
ui  fournit  une  excellente  méthode 
pour  fc  débartaflcr  de  quelques  cxcm' 
pies  qui  l'incommodent.  C'cftdc  dire 
que  ces  partages  font  altérés  &  qu'il 
faut  les  corriger.  Voilà  un  argument 

E  e  e  eiii  


fl  75  s  Journal  des  Sçavans  ^ 

ou  du  moins  une  rcponfc  ad  homU 
Tjcm.  Il  faut  bien  que  M.  Brunck 
sVn  contente  ;  car,  comme  on  ne 
manque  pas  de  i'obfervec^  héfite- 
Toit-il  lui  nicme  de  faire  u(age  de 
cette  reflburce,  s*il  en  avokbefoin 
pour  foutenir  une  opinion  qui  lui 
paroît  certaine  ?  hlum  ipfc  hafiia*  • 
TU  CL  Brunck  j  fi ,  iis  qua  certa 
trcdit  tantillum  ob fiant  ?  C'eft  un 
point  fur  lequel  on  fait  qu'il  n'cft 
point  (crupuleux. 

Mais  fi  la  queftion  »  dont  il  s^agit, 
n'cft  pas  d'une  bien  grande  impor* 
tance  en  elle-même ,  on  voit  alTez 
qu'elle  peut  le  devenir  dans  le  cas 
préfent ,  relativement  à  des  Editeurs, 
qui  ,  imbus  des  principes  de  M* 
Brunck ,  fe  permettront  d'inftret 
dans  les  textes  qu'ils  publieront 
des  leçons  aflforties  à  leurs  idées  « 
fans  y  être  autorifés  par  de  bons 
iranufcrits.  Chacun  de  Ton  coté  en 
retranchera  ce  qui  ne  s'accordera  pas 
avec  fes  opinions ,  &  Ton  verra  réa- 
Jifc  lapoJogue  du  Chauve  à  qui  une 


Septembre  1781.  i7î9 
femme  avoit  arraché  les  cheveux 
blancs ,  une  autre  les  cheveux  noirs  , 
canos  putlla  ,  nigros  anus  evellerat. 
(  Phœd.  II.  2.  ) 

A  ce  fujet  nous  préfenterons  une 
réflexion  qu'on  pourra  trouver  aiTez 
jufte  )  n  l'on  conddère  jufqu'où 
s'cft  déjà  portée  la  licence  de  quel- 
ques Critiques.  C'eft  qVun  tems 
viendra ,  s*il  n*eft  déjà  arrivé  ,  où 
les  bons  Editeurs  des  anciens  Ecri- 
vains feront  réduits  à  examiner  foi^ 
gneufemenc  toutes  les  éditions  pré» 
cédentes,  pour  les  débarraflcr  ab- 
folument  de  toutes  les  leçons  con- 
jeâurales,  &  pour  n'admettre  dan$ 
les  leurs  précifément  que  les  leçons 
qui  fc  trouvent  autorifécs  par  quel- 
que manufcrit  digne  de  foi.  Cen'eft 
3ue  par  un  travail  de  cette  nature,  qui 
evicnr  de  jour  en  jour  plus  pénible  & 
plus  rebutant ,  qu*on  peut  déformais 
avoir  toute  la  certitude  poffible  de 
pofl^der  les  écrits  des  Anciens  ,  tels 
qu'ils  font  fortis  de  leurs  mains.  Il 
s*y  trouvera  fans  doute  des  paffages 

E  e  c  e  iv 


Sçavans*       ^^ 


'""iir  ^^'T^' 


0 


cn^e^^^ 


Âa 


>< 


^ 


Ï^'^°n..i°^U  tct^^^  -  ^.'on 


vtna 


àe  s 


ÊVv^'^^^.^^l'G^at"^' 


*îr 


.  Sepumhre  1781.       ij6x 

Histoire  du  Bas-Empire ,  tn  com* 
mtnçant  à  Confiant irt'^U'Grandm 
Par  M.  le  Beau ,  Profeflcur  Emc- 
tirc  en  l'Univcrfité  de  Paris ,  Pro* 
feflcur  d'Eloquence  au  Collège 
Royal,  Secrétaire  ordinaire  de 
M^  le  Duc  d'Orléans  &  ancica 
Secrétaire  Perpétuel  de  TAcadé- 

•  mie  Royale  des  Infcriptions  & 
Belles-Lettres.  Tom.XXI  &  XXIL 
Continuée  par  M.  Ameilkon,  de 
la  même  Académie,  Bibliothé- 
caire &  Hiftoriographe  de  la  ville 
de  Paris  y  &c,  A  Paris ,  chez  la 
Veuve  Defaint ,  rue  du  Foin  S. 
Jacques  j  Nyon  Taîné ,  Libraire  , 
rue  du  Jaidînet^  quartier  S.  An<« 
dré-des-Arcs ,  près  Tlmprimcuc 
du  Parlement.  1781.  Avec  Ap- 
probation &  Privilège  du  Roi. 
^  vol.  m-ii.  Le  premier  de  496 
pag,  le  fécond  de  53^* 

LA  mort  de  M.  le  Beau  ,  arrivée 
avant  qu'il  ait  pu  achever  cet 
Ouvrage,  en  a  fufpendu  l'inipicf^ 

Ëeacv 


i 


tj6i  Journal  des  S favans  ^ 

£on.  Il  a  fallu  recueillir  ce  qu*il] 
voit  avoir  rafTemblé  pour  la  C( 
siuation  »  &  l'on  n'a  trouvé  en.o 
que  le  premier  &  les  deux  tier 
environ  des  deux  volumes  que  ) 
annonçons.  M.  le  Beau  n'a  îaifl! 
cuns  Mémoires  pour  la  fuite  ; 
M.  l'Abbé  Ameilhon  s'eft  cbarc 
publier  ce  qui  refte  de  M.  le  G 
&  de  continuer  TOuvrage  jufqi 
fin ,  tel  quM  avoit  été  projetré; 
ce  qu*ii  exécute  aujourd'hui.  1 
du  fécond  volume ,  depuis  la 
3  90  9  eft  entièrement  de  lui. 
lent  aifément  toutes  les  diffic 
qu'il  a  dû  éprouver  dans  la  c 
nuation  de  cet  Ouvrage.  M.  le 
avoit  lu  toute  la  Byzantine  >  & 
fervoit  dans  (a  mémoire  tous  les 
qu'il  devoir  employer  &  les  d 
qu'il  devoir  y  joindre^  ce  qi 
caufe  qu'il  n'a  rien  laiffé  qui  | 
diriger  fon  Continuateur  ;  il 
revoir  tous  ces  Hiftoricns  du 
Empire,  qui  fonr  remplis  de  ( 
&  de  loties  difcours  ennuyeux  ^ 


Èepremhrc  I7§t.        I^Sj 

biner  &  concilier  leurs  contradic- 
tions ,  &  les  voir  comme  M*  le 
Beau  \ts  avoir  vus>  pour  donner  à 
cette  continuation  le  même  ton  fic 
y  joindre  la  même  critique  &  les 
nicme.s  recherches  que  nous  trou*^ 
vons  dans  Ton  Ouvrage.  M.  TAbbé 
.Amcilhon  a  fenti  toutes  ces  diflicul* 
tis  ;  il  fe  propoie  de  les  applanir  ic 
de  Te  conformer  en  tout  à  Ton  ma* 
dèle.  Si  le  Continuateur,  dit -il  » 
n'ofe  pas  fe  flatter  d'atteindre  à  la 
force  &  rélégance  du  ftyle  de  foti 
illuftre  prédéceifeur,  dumoins peut  il 
promettre  qu'il  mettra  dans  les  ré* 
cits  de  Texaâitude  5:  de  la  clarté  ^ 
qui  font  les  deux  principales  qua- 
lités de  THiftoire.  Ceft  un  engage- 
ment qu'il  ne  craint  point  de  prcn* 
dre  avec  fcs  Ledeurs. 

Le  premier  des  deux  volumes  que 
nous  annonçons,  &  qui  eft  tout  en- 
tier de  M.  le  Beau ,  commence  à  l'an 
1 104 ,  aux  règnes  de  Baudoin  &  de 
Théodore  Lafcaris,  Les  François  ve- 
'noicnt  de  fç  rendre  maîtres  de  Con^! 

£  e  e  e  v j 


^'^z:^^^Zi^ 


4'"»='     «ÏÊ»?' 


Cvicc" 


;«■«' 


''ù^:'^ 


4e  "' 


»*?'.„,  te  c<o*°,;,e* 


.  Sepumhrt  1781.  176J 
qui  l'avoienc  fait  pTtfonnier,«  Il  étoiE 
MafFablc,  libéral  *  julc^  lîmple, 
»*  vrai  y  fans  déâance ,  aimant  mieux 
>*ctre  trompé  que  d'ulcr  lui-même 
»  de  tromperie  ,  cbaftc  jufqu'à  fe 
»  rendre  viâime  de  la  chaitetCi  mo- 
»  dcdc  &  fouâxant  fans  peine  la  con- 
»  tradition  ....  Il  traitoit  le  peuple 
M  avec  humanûé  &  les  Grands  avec 

>rhonneuc Invincible  dans   Ta 

»»difgrace  ,  il  fut  aullî  grand  dans  la 

Hprifon  que  fui  le  tiône Sa 

»morc  prematuiéc  fut  un  malhcut 
-M  irréparable  pour  l'Empire  de  Con,r- 
tttantinople  Sx.  un  pronoAic  de.lk 
*»  courte  durée  ,  parce  que  Baudoin 
»  n'eut  pas  le  tems  de  l'affermir  fui 
M  de  folidcs  fondemens.  m 

Henri  Ton  frère  avoit  été  procla- 
mé-Empereur pendant  fa  piifon  ; 
i^iioii  un  Prince  aâif  &  férieus  qui 
s'occupoit  des  affaires  du  Gouverne- 
ment. Tandis  qu'il  faifoic  la  guerre 
aux'  Bulgares  qui  avoient  fait  pri- 
fonnier  Baudoin  ,  Théodore  Laf< 
caris,  qui  jufqu'alois  s'étoic  con- 


StpUmb'e  1781,  1767 
Cooftantinoplc.  Henri  mourut,  en 
1 116  1  cmpoifonné  fuiv^iii:  1.-5  uns 
par  fa  femme  ,  fi:  {ntvant  d'aune* 
par  1«  Grecs. 

L'Empire  François  ne  lubfldoii 
que  depuis  douze  ans  >  &  la  mort 
de  Hcnii  fui  le  commcnccmenr  de 
fa  décadence.  Ce  Prince  ne  laifTunt 
point  de  pofténté  ,  les  Binons  s'aï- 
icmblèrcnt  &  élurent  Pierre  de 
Courienay,  Comte  d'Auierre,  ^uî 
avoir  cpoulè  en  fécondes  nûces  Yo- 
laod,  fœur  de  Baudoin.  11  écoir  Ris 
de  Pierre  de  Fiance  &  petit-(ïls  de 
Louis  le-Gros.  Il  paici:  de  Fiance 
avec  fa  tcmmc  &  fes  entans ,  alla  i 
Rome  &  delà  à  Brindc^ ,  d'où  une 
flotte  vénîticanc  le  tranfporta  devant 
I>uras ,  dont  Théodore  d'Epire  vc- 
noir  de  s'emparer.  Pierre  aCHégca 
cette  place  ;  mais  ayant  abandonné 
le  fïégc  ,  6c  coDciniiant  fa  route  à 
rraveis  l:s  niontagnes  d'Albanie  ,  il 
fut  fait  prilonnier  par  Théodore; 
ce  <^ui  excita  une  nouvelle  croifade^ 


dcviDii  Yoland  ,  fa 
étoit  partie  avant  lui 
à  Conflaniinoplc  &  y 
chéc  d'un  fîls  nommé  ! 
gouvetna  t'Empiie  & 
après  lailTanr  onze  c 
Icfauels  il  y  avoît  qii 
Robert ,  fils  de  Picrr 
en  marche  pour  ferem 
tinoble  ,  où  il  arriva 
ionn£  en  il2l.  C'éc 
fans  Riérite,  qui,  par 
Ton  efprit  &  par  fon  pi 
perdit  tous  les  fruits  à 
fcs  deux  prMécefTeuri 
Baudoin  fon  trete ,  < 


Septembre  1781.    -  1769 
<]es  Bulgares  i  dans  refpérance  cjue 
le  père  delà  Princcflc  fcroit  le  Pto- 
tciàcDr  de  l'Empire  ;  mais  tous  les 
Suffrages  fc  réunirent  en   faveur  dé 
Jean    de  Biiennc  ,    Comte   de    la 
Matche ,  c]ue  l'on  appella  de  Rome 
pour  gouverner  l'Empire,   à  condi- 
^tion  qu'après  fa  "régence  on  lui  don- 
ncioit  le  Royaume  de  Nicéc.  Ar- 
livé  à  Conftantinoplc ,  il  tut  regardé 
comme  Empereur  ■■,   mais   pendant 
"fou  règne ,  cette  ville  fut  fur  le  point 
d'être  prife,  &  le  jeune  Batidoîn 
repalTa  en  France.  -Jean  de  Brierme 
mourut  peu  de  tems  après ,   &  Bau- 
doin revint  à  ConAantinoplc  &  prit 
'oflcffion  de  l'Empire. 

Ce  fut  pendant  (on  règne  que  les 

logols  devinrent  (îpuiflans  en  A  fie, 

que  leurs  armées  pénétrèrent  juf- 

l'en  Europe.  M.  le  Beau ,  pour  taire 

nnoître   Genghiskan  leur  Prince 

fes  fucceffeurs ,  a  confulté  les  Ou- 

ges  les  plus  exaâs  que  nous  ayons 

ce  lujcc ,   comme  il  a  fait  dans 

c  ce    (jul  concerne  les  Piinccs 


877^  Journal  des  S 

Orientaux  donc  il  a 
i  parler 

"  Ce  même  Baudoi 


P 


• 


I 


«  ■ 


perdit  enfin  Conftant 
François  avoien:    oc 
J  7  ans  trois  mois,  rr 
•   '    '  ••  M.  le  Beau ,  avoicni 

\.  »  drc  cette  furperbc  v 

j  I*  t'fon  de  leurs  mœur 

5  «•  de  leurs  maîtres  les 

[  !•  méprifables.  Mais  f 

^.  »  rent  perdue ,  corrij 

f  »  Crc  &  gouvernés  { 

;"  ••  capables  de  créer  i 

«>  reprirent  l'avantage 
»  qucurs  ....»>  Cinc 
çois,  car  il  ne  faut  ps 
de  Brienne ,  occuper 
Conftantinople,  Bai 
[  conquête  &  n'eut  pas 

furer.  Son  frère  Hem 
fage  &  vaillant,  qu 
gner.  Pierre  de  Coui 
mais  à  Conflantinop 
chemin  &  mourut  er 
fils  Robert  ^  qui  ne  i 


1 


ïS"  i  """«"Bon  L   '*""•  P»«i 

'»""trdel,°    ''2."'"'°'.'= 
'=•."»»  établi.  A?  ^"""'«i- 


•     t 

f 


■  I 


liront  :  les  Turcs 
leurs  montagnes  ; 
Europe  &  s'cmparci 
tinoplc  &  de  tout 
ncment  juftifia  la  pr 
M.  le  Beau  ,  con 
dit,  a  continué  Th; 
loguc  jufqu'en  127 
M.  rAbbé  Amcilho 
concerne  ce  règne 
que  Michel  mouru 
par  quelques  divifio 
entre  \ts  Grecs  &  le 
ci  ,  à  la  faveur  d 
Michel  avoit  taite  i 
même  la  prife  de 


Septemhre  178  r«       ^77  5 

ui  habitoienr  fur  fes  bords;  ils 
t  les  plus  habiles  marins  &  les 
ches  Négocians  qu'on  connût 
:n-Europc.  Ils  s'élcvçrcnt  bien- 
non- feulement  au-deffus   de$ 
icns  leurs  anciens  rivaux ,  mais 
e  au  •  deffus  des  Grecs  leurs 
tireurs  i  &  ils  en  croient  venus 
tel  degré  d'infolencc ,  qu'ils 
fèrept  audacieufemerir  le  Bof- 
de  Tbraçc  &  entrèrent  dans 
nr  Euxin  fans  daigner  rendre  à 
»ereur  les  honneurs  accourûmes, 
crcèrent  long-tems  la  piraterie 
être  mer ,   &  menaçoienc  do 
te  de  nouveau  Çonftantinoplc  ; 
:omme  on  fc  difpofoitde  paffcr 
de  répce  tous  ceux  qui  éroicnt 
cette  ville  ,  ils  implorèrent  la 
:nce  de  Michel  qui  leur  fit  gta- 
k  les  condamna  à  lui  payer  ^ 
forme   d'^ipende,  une    grofle 
ne  d'argent*   Les  querelles  de 
rien  excitèrent  également  des 
>lcs.  M.  l'Abbé  Ameilhon  a  dé- 
>pé  tout  ce  qui  fc  fit  pour  par-? 


\éo^«S"^  o'        ce  ît« 

V.  Fn  ï*°*  '     i™*.  A 

Son  Bs  An  .^, 

•  .«  Monalwtc 

^°"na  ?Abbè  An^^ 

^°rc  t  acbatnc. 
?^-con-cc^E 

ton  "èB^s .  » 
icin  û^  ^a  ^^ 


//7l 


Stpltmhre  1781,  1775 
fa^Tciftion  des  hommes  ;  qu'il  fc  diP 
(ingua  dans  fa  jcuncfle  par  une  con- 
duite &  par  des  aâions  qui  le  rea- 
doient  digne  èa  diadê'nc  ;  mais 
Qu'il  ae  fut  pas  plurôt  moncé  î\u  le 
H'ône  ,que  toures  les  vcrrusfjiiifëm* 
bloicnt  r^  avoir  appelle  commencé' 
rent  à  s'éloigner  de  lui,  &  ne  tardi* 
■cnc  pas  à  être  rcmplacé<.-s  par  c^ 
padions  violentes  qu  enfante  l'imbi- 
fion  armée  d'un  grand  pouvoir,  & 
en  mème-rems  parrouï  les  vices  des 
petites  amcs,  la  rufe,  laperfidJe,  la 
fuperftition,  llientôt  ce  Prince  >  qui 
-itoir  né  pour  faire  Je  bonheur  &  Ici 
.délices  qe  la  nation ,  devint  le  bout* 
-fcau  de  fon  pupille,  leperftcutcur 
^^Iç  fes  parens  &  le  tiran  de  fcs  fujetl, 
■X^i&.  akifique  M.  l'Abbé  Amcilhon 
"ZalTemble  à  la  fin  de  ce  rigne  tout 
les  principaux  traits  qui  peuvent 
fctvir  à  nous  faire  jug:r  du  caraâère 
.de  Michel  PaléoJoguc,  comme  M. 
le  Beau  a  fait  à  l'égard  de  tous  les 
Princes  dont  il  a  donné  l'hiftoire. 
Cette  «dditioti,  peu  confidénble  ) 


ï77^  Journal  des  S çavans; 
la  vcritc  9  tait  efpérer  que  la  fuite 
répondra  à  l'Ouvrage  dbnc  elle  eft  il 
continuation. 

[  Extrait  de  M.  de  Guignes.  ] 

Lettres  édifiâmes  d-  curieufis 

écrites  des  MiJJions  étranginu 
Nouvelle  Edition.  Tomes  X,XI 
&  XIL  A  Paris ,  chez  Mérigoc 
le  jeune 9  Libraires  quai  des  Au- 
guftinsj  au  coin  de  la  rue  Pavée^ 
178 1.  Avec  Approbation  &  Pri- 
vilège du  Roi.  3  vol.  i;z-i3k.Ie 
premier  de  404  »  le  fvccnd  de 
420  9  &  le  troifième  de  448  pag*  - 

L£S  MiflSons  de  l'Inde  offrent 
un  vafte  champ  à  notre  curio- 
(ité.  Ce  pays  autrefois  ii  connu  par 
fcs  richeflcs  &  même  ,  à  ce  que  l'on 
prétend  ,  par  Tes  lumières,  neTécoic 
des  Europérns  que  de  nom.  On  ne  ' 
pouvoit  s'y  rendre  que  par  la  Met 
Rouge ,  &  alors  il  falloit  que  les  | 
maîtres  de  l'Egypte  le  permiflent; 
on  pouvoit  aum  y  aller  par  terre  1 

mais 


Stptemhrc  1781.       1777 

mais  c^%  voyages  étoicnc  rares  &  peu 
d'Européens  y  pénétreront  avant  les 
quinze  &  feizième  fiècles  de  TEre 
chrétienne  ,  que  les  Portugais  dou« 
blèrenc  le  Cap  de  Bonne  Efpérance. 
Cette  découverte  importante  ouvrit 
les  Indes  à  tous  les  Empereurs  ^  &  fie 
tomber   le    commerce  de  la  Mer 
Rouge.  Les  Portugais  firent  de  gran- 
des conquêtes  dans  les  Indes  9  &  y 
iormèrent  divers  établilTemens.  Mais 
ces  nouveaux  Colons ,  prefque  tous 
aventuriers  qui  n'avoient  d'eftimable 
que  leur  bravoure  ^  ne  refprdèrent 
point  afTez  les  ufages  &  les  préjugés 
pationaux  ;  ils  attentèrent  plus  d'une 
fois  à  la  liberté  y  à  Thonneur  &  à  la 
vie  des  Indiens  :  aufli  ces  peuples 
çonçurent-ils  dès-lors  une  haine,  un 
mépris  9  une  horreur  qui  s'eft  con- 
fervée  &  qui  dure  encore  contre  les 
Européens  qu'ils    confondent   tous 
indiftinâement  avec  les  Portugais  , 
d'autant  plus  que  ceux-ci  ne  font  pas 
les  feuls  dont  ces  Indiens  ayent  à  (e 
plaindre. 

Stpitmbn^  lllt 


jaii  iiFcnc  puicT  en  c 
ciirs  premières  ezpédit 
xètem  bientôt  rémulatii 
ptiJirc  des  autres  natio 
lopc  \  mais  l'intéiêt  & 
empêchèrent  [a  Pomiga 
Us  journaux  de  leurs  V' 
tintai  on  effaya  de  Imt 
commerce  C  lucratif.  H  ; 
1 6*-  Ciècie  plufieurs  aflbc 
aller  à  la  découverte  , 
PuifTatices  paivinicnt  i  i 
établi  iTemeot  >  foie  au3 
Portugais  ,  foit  aux  dipt 
CCS  qui  régnoicnc  daps  < 
l^es  François  s*y  rendiien 


Se  y  6rent  l'acquifitloi 
chery  &  de  quelque!  a 
dans  le  Bengale  K  fur 


Coromandel. 

Louis  XIV  s'occupa 
ctiYo^ei  des  MiQionnai 


S^ttmhte  1781.  i77> 
d'entretenii  diez  1»  François  qui 
itoteat  dans  l'Inde  l'amour  de  la 
Religion  8c  de  la  vertu  ,  &  depoitet 
chez  Icf  Indiens  les  lumières  d< 
l'Evangile.  Des  MiŒonnaires ,  ani- 
més du  dcfîr  du  faluc  des  âmes  8C 
habiles  dans  les  fciences  de  l'Europe, 

f attirent  en  afTcz  grand  nombre* 
iufieurs  ,  après  avoir  lempli  leurs 
-  fonâioQS  apoftoliques ,  s'inftruifî- 
zem  dans  la  langue  &  les  ufagcs  des 
Indiens  ,  &  fc  mirent  au  faii  de  leurs 
fciences  &  de  leurs  mœurs.  Ils  corn- 
polcrcnc  des  Mémoires  ,  dans  leA 
quels,  rendant  compte  de  leurs  mit 
fions  8c  de  leurs  travaus  apoftoli- 
ques ,  ils  nous  iollruifcnc  en  même- 
tenu  des  mœurs ,  des  ufagcs  &  de  la 
religion  des  Indiens.  Mais  il  le  faut 
avouer ,  éclairés  comme  plusieurs 
d'entre  eux  l'étoienC,  îlspouvoient 
août  donner  des  connoillances  plus 
'atisfaifantes  fui  l'hiftoire  de  ces 
lays  y  qui  nous  cft  abfolument  tn> 
onnue;  nous  n'avons  pas  encore 
le  fîmple  table  chronologique  des 


'.  » 


;    * 


Tcillc  lifte  de  Princes  ^ 
idée  des  pays  où  ils  < 
avec  les  époques  exaâc 
de  la  durée  de  leurs  règn 
troirr.t  à  porrçe  dç  jug< 
table  antiquité  que  nou 
tnbuer  aux  Indiens  ,  & 
blirions  plus  dç  fyftçr 
qucs  fur  ce  iujct.  Le  i 
nous  faifonsaux  Miflion 
également  fur  pluficurs 
pécns  qui  ont  voyagé  d^ 
&  qui  ont  négligé  ççttc 
qu'il  en  fpit ,  nous  n*ayo 
aobligarions  aux  Midii 
nous  ont  procuré  fur 


L 


Septemhre  1781.        1781 

on  les  continuera  dans  les  volumes 
Tuivans.  On  a  placé  à  la  fin  tout  ce 
qui  concetne  les  ifles  de  l'Inde  » 
telles  que  Manille  ,  les  Philippines  » 
&c.  afin  de  ne  point  interrompre  les 
Mémoires  qui  ont  rapport  à  Tlnde 
proprement  dite.  Comme  on  n*a  in- 
féré dans  ces  trois  volumes  aucune 
rtouvdfe  pièce ,  nous  croyons  pou- 
voir ne  nous  pas  arrêter  plii<  long- 
tems  fur  ces  Mémoires  qui  font  con« 
Âus  par  la  première  édition. 
[  Extrait  de  M.  de  Guignes.  ] 

Éloges   funèbres   de 
L^  1m  pà  RAT  RI  CE  Reine. 

NotJs  allons  réunir  dans  cet 
Extrait  tes  divers  Éloges  de 
f Impératrice- Reine,  qui  nous  fonc 
parvenus. 

Oraison  FuNkÈRE  de  Tris^ 
Haute ,  Tris-Puifante  &  Très^ 

•  Excellente  Prinçiffe  i  Marie-Thi^ 
rife ,  Arcfuduchwt  d^ Autriche  , 

Ffffiij 


.venus  ont»  ^^^^^ 

'"'^'nn  à«  ^.'^' dfe  ou  ^  *°^ 
tuotvon  "    <    ^itfc  o . . 


.  Stpttmhrt  1781.  i9?j 
commandent  ï  l'Eloquence ,  qui  ne 
pcrfuadent  peifonna  &  qui  ne  mon- 
tient  que  l'abus  de  la  louange  « 
ytiin  jHppUmtnt  é*  la  doultur  fUi-. 
tliqut ,  dit  encore  M.  de  Bloii.  ' 

V.  Mais  loifque^-feloQ  le  laiiga^ 
»  du  Prophète  ,  les  Anges  de  la  Paix 
»  vcrtênt  dis  larmes  amèrcs  ;  que  Ici 
»  Pauvres  8c  ks  Orphelins  deman- 
Mdeiic  des  conlolsteurs ,  &c  que  le 
»  Peuple  entier  réclame  la  Merc  de 
via  Patiie,  n'efl-elle  pas  mieux  louée 
»dans  les  cabanes  &  les  places  pii^ 
tt  biques,  que  rians  les  palais  8c  dant 
»  nos  temples } ...  L'Impèiattice  n'a 
wbelQJn  ni  des  Orateuts ,  ut  du  fe- 
1»  couis  du  maibrc  ou  de  l'airain  ; 
»eile  lepofe  dans  les  cceurs  de  let 
«fujets,  comme  dans  un  afylc  plus 
»i  l'abii  des  injures  ^u  tems.  Un 
M  tombeau  de  gazoa,  les  larmes  des 
w  femmes  &  le  fouvenir  des  bom- 
»  mes  :  voU^  comme  les  ancier  s 
wGetmains  bonoroienc  les  mânes 
»  les  plus  illuftres,  Ct  n'eft'  plus  ni 
M  à  TAutridie  ni  i  l'Empire ,  c'cft 
Ftffiv 


17S4   Journal  des  Sçavahs^ 

»  au  Monde  qu'elle  appartient  ;  clk 
»cft  devenue  notre  héritage  com- 
»  mun ....  L'Hifloite  feule  pourrait 
>»vous  la  montrer  tome  entière  « 
»  parce  que  THiftoire  fait  s'affranchit 
>»de  notre  fauflè  dignité  &  de  nos 
»  froides  délicateflcs  ,  pour  sarrc- 
*»rer  à  des  dérails  (impies  &  fami« 
»liers.  »  En  effet,  ceux  quimcii- 
tcnt  une  Oraifon  Funèbre,  feiont 
encore  mieux  loués  par  rhiftoirCf 
&  ceux  à  qui  Thiftotre  ne  fera  point 
favorable ,  ne  méritent  point  d'Oral- 
raifon  Funèbre. 

Malgré  la  beauté  du  morceau 
qu'on  vient  de  voir,  ce  font  moins 
encore  de  grands  morceaux ,  de  ma- 
gnifiques tirades  qui  rendent  ce  Dif- 
cours  recommandable  ,  qu'un  cer- 
tain nombre  de  traits  ingénieux  »  de 
mots  heureux  &  d'un  grand  fcns'i 
tels  que  ceux  qu'on  va  voir. 

En  parlant  des  Hongrois  «il  efti 

^n  dit  rOrateur ,  une  Nation  qui  n'a 

H  pour  hidoire  que  des  révolutions. 

)#  Ces  peuples  écoieoc  rarement  tran« 


StptemTfre  17^1.        178  c 

•> quilles  &  fournis,  parce  qu'ils 
>»étoicnt  fouvent  allarmés  pour  des 
i^^rivilégcs  que  leins  Souverains 
>^cencoienc  toujours  ou  d'anéantir 
>  ou  de  reftrcindre.  La  Reine  con- 
ît firme  ces  privilèges;  elle  foup- 
»  çonne,  dit  M.  TEvéque  de  Blois»' 
1^  qu'il  y  a  plus  (ouvent  des  opprî« 
>»  niés  que  des  rebelles ,  &  elle  eft 
H  fûre  que  la  fidélité  eft  dans  le  cœut 
y>  de  fes  fujets  ^  parce  que  la  juftice 
)»&  la  bienfailance  font  dans  le 
H  ficn.  »  Voilà  des  traits  d'une  'élo«* 
quence  qu'on  peut  appeller  utile  & 
qui  doit  être  mife  dans  un  rang  di& 
tlneué.  En  voici  encore  de  fem« 
blables. 

L'Empereur  Charles  VI ,  père  de 
Mar ie-T  hérèfe ,  avoir  fait  entprifon* 
ner  quelques-uns  de  fes  Générau)c , 
auxquels  on  rcprochoit  des  fautes 
que  la  défiance  ou  Terivie  avoienc 
taxées  d'infidélités  \  Marie -Tfaérèfe 
règne)  ils  font  libres.  «  Elle  aime 
»  mieux,  dit  rOratour^-  croire  au 
n  malheur  qu'au  crime  ^  &  en  mon*; 

Ffffv 


17'  ^    Journal  dts  Sçavans , 
n  tant  fur  le  trône ,  il  lui  cft  doux 
>>  d'annoncer  qu'elle  croit  navoii 
»que  des  fujets  fidèlçs.  Elle  n'en 
I»  aura  jamais  d'autres*» 

En  effet,  ces  mêmes  Honeroify 
fi  fuipcâf  à  fcs  ancêtres  ,  ^eviiirenc 
ta  plus  lûre  refTourçe  dans  ce  mo- 
ment de  crife,  où  9  aban4onnée  par 
fes  amis ,  pourfuivie  par  les  cnnemii 
&  fes  parens ,  dépouillée  de  rAuni- 
cbé  9  forcée  de  s'enfuir  de  fa  capi- 
tale ,  tenant  fon  fils  dans  fes  bras  1 
elle  fe  mit  avec  cet  augufte  eu&nc 
entre  les  mains  dccette  Nation gi* 
nérèufe  j  qui ,  dans  un  traniport  de 
aèle  &  de  reconnoiilànce  9  .fe  dé« 
voua  fur  le  champ  pour  elle.  «  La 
I» Heine»  dit  à  ce  fujet  rOratcnr» 
M  vient  d  apprendre  à  tous  fesfuc« 
»  ceiTeurs  qu  il  y  a  plus  de  reflburCes 
i»dans  la  fierté  d'un  peuple  libre  | 
p  que  dans  la  ctaiuce  de»  efclaves  ; 
9t  qu'on  avoir  plus  Ictivent  occupé 
f^  les  ancêtres  de  icd^r  sutorité  que  de 
I»  l'amour  de  leurs  fujets  »  parce  que 
M  ceux  qui  les  entoUrcDt  onc  quel- 


Stptemhre   1781.       1787 

»  que  fois  plus  d'intérêt  à  \zs  faire 
>»  obéir  qu'à  les  faire  aimer.  >» 

Aimons  &  encourageons  les  Ora- 
teurs Chrétiens  qui ,  dans  la  chaire 
de  vérité  >  difent  de  ces  vérités-U» 
Sachons  gré  encore  à  M.  TEvêque 
de  Blois  aavoir  averti  tous  les  Rois 
que  Taverfion  même  q^u^Hs  peuvent 
témoigner  pour  la  «flatterie,  n*eft 
»  qu'un  moyen  de  la  rendre  plus  dé* 
»»  licate ,  &  qu*en  des  mains  habile! 
9#le  menfonge  (ait  imiter  jufqu'à  U 
»  francbife  &  l'ingénuité.  >» 

Mais  tout  Chrétien  ^  tout  Cin 
royen ,  tout  homme ,  doit  une  re? 
connoiflance  étenielle  à  M.  TEvêque 
de  Blois  ,  pour  avoir  (î  bien  ei^pxu 
mé  au  milieu  de  la  guerre  le  vceu  de 
paix  ,  le  dernier  vœu  de  Marie<n 
Thérèfe,    le  vœu  de  Thumanité. 

a  Que  les  Médiateurs  qui  arrêtent 
i^  la  fureur  des  combats  »  s'emprelTenc' 
1^  encore  plus  de  les  prévenir  •  • ,  •  • 
»  Puiflc  la  poftérité  ne  point  corn- 
»  prendre  que  les  armées  ayent  été 
w  les  arbitres  des  Rois  1  &  puifTc  l'unie 

Ffftfvi 


178S  Journal  des  Sfavans  i 

»  vers  leur  donner  des  juges  comme 
»  ils  en  donnent  eux-mêmes  à  leurs 
»  fujets  ! . .  •  •  Les  Conquérans  frap* 
Mpenr  la  terre  de  ftérilité  ;  les  PacH 
»  fîques  la  couvrent  de  verdure.  Que 
»de  villes  à  refrufciter  de  leurs  cca« 
n  dres  >  dc^déferts  à  convertir  en  piaf* 
w  nés  fertiles ,  &  de  colonies  qui  vont 
I»  ailleurs  chercher  un  nouveau  ciel 
j»  &  une  nouvelle  patrie  •  •  •  •  •  Ré- 
»  jouiffez  -  vous ,  ô  trop  heureulè 
M  mère  !  votre  fils  eft  digne 3e  vous; 
»  vous  lui  avez  appris ....  à  n'cfti- 
»  mer  que  les  lauriers  qu'on  peut  dé- 
»porer  fur  nos  autels ....  Il  voudra 
M  tous  les  jours  3  utile  Conquérant , 
M  remporter ,  à  votre  exemple  ,  de 
»  bienfaifantes  viâoires  fur  la  bar- 
>»barie  &  la  ftérilké.>t 

Oraison  Funèbre  de   Trh" 

Haute  j  Trh-Puiffanu  &  Tris» 
ExcclUnu  Prinufft  Marie-^Thl' 
rift  y  Archiduehejfê  d^ Autriche , 
Impératrice  Douairière ,  Reine  iU 
Hongrie  &  de  Bohême^  Pi^ononcée 


Stptemhrt  178 1.  1785I 
dans  la  Chapelle  du  Louvre  le 
Tcncrcdi  l*'.  Juin  1781  ,enpré- 
fence  de  MeHIeurs  de  l'Académie 
,  Françoife ,  par  M.  l'Abbé  dt 
Boijmonti  Ptédicatcut  ordinaire- 
du  Roi»  Abbé  CommcndatBiie' 
de  Grétain  ,  &  l'un  des  Quarante' 
de  l'Académie.  A  Paris  ,  che£ 
Demonvillc  *  Impiimctir.LibraÏTe 
de  l'Académie  Françoife ,  rue 
Ghriftinc.  1781.  Avec  Privilège 
du  Roi.  in-4°,  64  pag. 

TexK  :  Aceiditt  genut  &  audit*  ;  Sf  p»j 
puli  Mttndiu.  Aui'iM  fin» 
{fpUnitudo  ejus, 

Ifàicc.  }4.  T.  I. 

Divîfton:  MaTie-Th^iéfe  offerte  j  l'Eu- 
rope K  i  foo  Peuple. 

A  l'Europe ,  dont  elle  fut  l'ad- 
miraiioD.  A  foa  Peuple  ^ 
«loDi  elle  a  été  Ildole. 

La  gloire  de  Marie-Tbérife, 
juÂifi^e  AMK  yeux  des  Sa-* 
ges ,  par  le  grand  caraâji«S 
^u'cIleluia^Cfceodrc.    - 


2 

^^^^^Pri.  1  ADUC  UC 

1  templir  deux  grai 
qui  nailToicdc  f 
que  faifoit  naître 
ionnellc.  I-es  ta 
porté  à  rAcadèra 
firmes ,  accrus  p 
tcîicurs  encore  p 
mément  par  les  ' 
de  M.  le  Dauphit 

'              Louis  XV,   l'av 

'  lonn  tcms  au  ran 
illuftresqucréloq 
indépendamment 
ilevoit  à  i'Epifco 

i  oùronaiiiioi[&  ■ 
foit  les  talcns.  C 
attente  que  M.  l\ 
vient  dercpondr 
qUE  nous  De  poi 
que  par  d:  long' 

i^^     citations. 

Stptanhrt  ij%'..  1791 
Il  falloir  d'abord  annoncer  le  ru- 
jet  pai  le  trait  <]ui  le  dirtingué  de 
tous  les  autres.  L'Auteur  va  luî-tnS- 
me  expliquer  ce  que  oous  ne  faifoni 
ici  que  défigner.  / 

H  La  cendre  des  Rois,  qaelsqti'ili 
f»  foienc ,  eft  toujours  rerpeâéc  :  vi' 
n  vans  ,  on  les  trompe  ;  morts  ,  OQ 
I»  les  loue  ;  c'ed  la  dernière  des  Sat: 
t>  terics  auxquelles  le  trône  les  a.conr 
t*  damnés  :  tant  le  nom  de  Rai  p 
M  fatal  à  la  vérité  ! ....  Ici  ce  n  éfl 
»  ni  l'ufage  ,  ni  ta  bicnfîtance ,  ni  le 
Hicfpetfl  national  ,  qui  cômmandç 
M^ina  penfce;  c'eft  votre  admira* 
«tion  qui  m'appelle  au  tombeau  de 
KMatie-Théièlci  c'c(ï  ii  l'enthou- 
H  tiafme  public  que  j'obéis.  Un  peu? 
^  pie  étranger  i  Marie-Théièfe ,  ud 
M  peuple  qui  n'a  point  vécu  fous  fcs 
hIoIx^  que  dis-je  ?  un  peuple  qui 
M  l'a  combattue  ; . . . .  c'eA  ce  même 
H  peuple,  rruni  aujourd'hui  autour 
»  de  l'on  cercueil  >  qui  reclame  foi^ 
>»  éloge ,  éloge  digne  d'elle  fans 
n  doute ,  paice  que  ce  peuplcne  lui 


179*  Journal  des  Sçavans  ^ 
»  {loir  que  la  vérité.  Les  RoyanmeS 
y^  étrangers  font  la  po(l£rité  pour  M 
MRois.>» 

La  premiète  Partie  commence  pir 
ine  parafe  donc  le  fonds  cft  tres« 
philofophique. 

f<  La  gloire  >  cette  grande  erreur 
^dc  tous  les  fîèdes;  cepreftigequi 
bétonne,  trouble  &  domine  la  rai- 
n  fon  \  ce  fantôme  chargé  de  pal* 
>>mes  &  de  deiiil  »  tour-à  tour  objet 
H  d'idolâtrie  &  d'exécration  ,  d'en- 
H  thoufiafme  &  d'horreur  ;  cet  être, 
»  en  un  mot ,  dont  tout  le  monde 
>>  parle ,  que  peu  de  Sages  ontconnUi 
>>  les  Rois,  les  peuples  vont  le  con* 
»  noître  :  Marie-Thérèfc  %  en  prenant 
»  fa  place  dans  l'opinion  des  hommes, 
itva  fixer  enfin  l'idée  de  la  gloire.» 

Nous  eflimons  trop  &  l'Auteur  8c 
rOuvrage  pour  nous^borncr  à  les 
louer  ;  nous  ne  favons  fi  la  critique 
trouvera  une  logique  allez  exaâe 
dans  les  termes  de  cette  phrafe;  dans 
les  termes ,  car  le  fens  en  eft  très». 

e  U  ttès-beau  j  mais  enfin  rêcre 


Septembre  1781.        1793 

que  les  Rois  &  les  Peuples  vont  con- 
noîcre ,    la    gloire  véritable    donc 
Marie-Thérèle  va  fixer  l'idée ,  n'eft 
point  une  erreur  de  tous  les  fiècles  » 
un  preftige  ni  un  fantôme  ;  une  mê- 
me cbofe  ne  peut  être  littéralement 
un  fantôme  6c  un  être  réel  ;  cette 
petite  contradiâion  dans  les  termes 
vient  de  ce  que  l'Orateur  a  trop  at- 
tendu à   s'expliquer ,  comme  il  le 
fait  le  moment   d'après ,   par  cel 
mots  :  «  les  hommes  célèbres  ne  fonc 
»  pas  les  grands  hommes  ,  la  celé- 
j^^brité  n'eft  pas  la  gloire.»  Peut- 
être  falloir  -  il  commencer  par  dire 
nettement  :  «  la  gloire ,  cette  grande 
M  erreur  de  tous  les  fièclcs,  ce  pref- 
Mtige ,  &c.  Ce  fantôme ,  &c.  n'eft 
>»  pas  la  gloire.  Cet  être  dont  tout  le 
I»  monde  parle  ,  &c«  les  Rois ,  les 
»  Peuples  vont  le  connoître  ,  &cc^i¥ 
Le  refte  de  ce  morceau  nous  paroîc 
il'une  grande  précifion. 

a  J'appelle  une  grande  ame ,  celle 
M  qui ,  fur  le  trône  ,  fe  montre  tou- 
»  jours  ce  qu'elle  doit  être  »  fe  mo« 


179*4  J^^^^^^  ^^^  SçayanSf 
nài&e  (ans  efForc»  fe  plie  fatisvio* 
tilence»  cherche  le  bien  plus  cpt, 
HTéclat;  (impie  tout  eniemble  & 
$f  magnanime  »  fenfible  &  jufte ,  élc* 
fi^vée  &  populaire;  celle  enfin, qui i 
»  toujours  préfenre  à   tous  fes  (l^ 
H  voirs  9  diftingue  d'une  vue  ferme 
M&  fûre  la  vertu   de  chaque  mo* 
^  ment ,  le  mérite  propre  à  chaque 
H  (îcuation  ,  &  s*y  porte  d'un  mou* 
Hvement  libre   èc  uniforme»  fans 
n  rien  affbiblir  &  fans  rien  exagérer» 
H  Telle  fur  Tamc  de  Maric-Thcrèfc^ 
M&  vous  la  verrez  plus  grande  en- 
Mcofc  par  tout  ce  qui  n*étonnc  pas, 
»que  par  tout  ce  qui  femblc  avoir 
»  le  droir  de  furprcndrc  &  d*éblouir.)f 
Ce  qui  nous  nappe  le  plus  dans  ce. 
tableau  >  c'eA  remploi  toujours  heu» 
teux  des  traits  caraâériAiques;  tout 
eft  propre  à  Marie-Thcrcle  ,  &  tout 
le  monde  dit  :  cejiellt.  Point  de  ces 
éloges  qui  s'appliquent  à  tout  &  ne 
peignent  rien  ;  pas  un  traii  vague ,  pas 
un  mot  fans  flgniâcation  preciie ,  il 
ce  n*eft  peutrcirc  (car  nous  cher- 


m 


Septembre  175 1.        1795 

chons  à  être  fcvèrcs)  cette  demi- 
ligne  :  fe  modifie  fans  effort ,  fc  plie 
Jans  violence. 

Hatons-nous  de  voir  Marîe-Thé- 
xèfe  fous  la  main  du  malheur  SL 
d'entendre  un  grand  Orateur  parler 
dignement  d'un  Dieu  redoutable^ 
mais  bon ,  qui  éprouve  les  Juftes 
quand  il  paroîtles  accabler.  La  po* 
litique  vulgaire  vient,  félon  Tufage  y 
d'amener  la  guerre  fur  les  pas  de 
rinfidélité  ;  la  Pragmatique-fanÛion 
quiairuroit  à  Marie- Thérèfe  la  fuc* 
ce(C(3n  de  la  Maifon  d'Autriche  ^ 
cfl:  à  peine  fignée  qu'elle  eft  violée  : 

«  Quoi  !  ces  padics ,  ces  fcrmens  y 
M  cette  foi  jurée  •  •  • .  Politiqqes  fan- 
»  guinaires ,  je  ne  vous  juge  pas  ,  le 
M  Ciel  a  prononcé  :  laiflons  ce  re« 
)»  doutable  arrêt  dans  les  profondeurs 
»  de  TEternité.  La  Religion  peut  gé,- 
H  mir  dans  fes  ian<5iuaires  ;  mais  elle 
M  doit  au  fecrec  des  Roi^  l'hommage 
M  du  (ilence  :  ce  qui  lui  appartient  ^ 
»c'eft  le  droit  d'obferver  jufquei 
>»daQs  i'égaremeuc  des  confeils  hu-^ 


179^  Journal  des  Sçavafis  , 

»  mains  ,  la  trace  de  cette  mair 
>»  veraine  qui  domine  tour. 

»  La  voilà.ctcndue  cette  in^ 
»ble  main  fur  la  tête  de  Marie* 
»  rèfe  • .  •  •  Elcve2-vous  ,  Rcii 
>»  fortunée  3  )ufqu'à  la  haurei 
»  cette  grande ,  mais  terrible  lc( 
»  Fuyez  ces  murs  où  la  prof] 
»  pouvoir  vous  amollir  ;  fuyez  j 
»  montrez  vous  fans  fuite,  fai 
^mêe,  dans  le  (îlence  auguil 

»  malheur Au   milieu  < 

M  pompe  des  Cours  ,  Dieu  pa 
»  tous  les  Rois  par  ce  pouvoir 
yf  il  cft  la  fource ,  par  cet  éclat , 
w grandeur  mcnie  qu'il  réflcch 
»rux.  yox  Domini  in  virtuu 
»  Domini  in  magnificennâ. 
»  trop  fouvent  méconnue  !  Le 
»de  la  gloire  &  de  la  magnifi 
»ne  fait  que  des  ingrats.  Ici  3 
»  de  trône  ,  plus  d'hommages , 
>»  d'honneurs  :  c^eft  le  Dieu  jal 
»>  feul  grand  ,  feul  immuable , 
»  reftc  feul  ;  c'eft  lui  qui  cnvir 
M  Marie  •  Thérèfe  de  deuil  & 


Stpttmhn  i-jZi.  1797 
»  firoi .....  qui  l'inflruit  par  des 
«coups  de  ronncrrc!  Deus  Majtf- 
»  tâùs  ïnionuit.  >* 

Arrêtons- nous  ici  à  coiifidéret 
combien  cette  application  heureufe 
3c  l'Ecriture  Sainte  ajoute  àl'Elo-- 
quence ,  combien  elle  la  rend  impo- 
fante ,  comme  lui  elle  imptime  un  ca« 
ra(5lère  d'infpiratidn,  comme  elle  la 
niarijuc  pour  ainfî  dircdu  fceau  de  It 
Divinité.  Obfcrvons  cjuc  M.  l'Abbé 
de  Boifmont  femble  avoir  ,  d'une 
manière  particulière,  ce  génie  de 
l'application  &de  l'allégorie.  On  (e 
Souvient  encore  de  l'emploi  heureux  , 
^droîc  &  en  quelque  forte  prophc- 
tique,  qu'il  nt  dans  l'Oraifon  Fu- 
nèbre de  Louis  XV  ,  d'un  paflage 
_  d'Ezechiel  qui  fembloit  annoncer 
des  révolutions  alors  defirccs  dii  Pu- 
blic :'  Infusa,  fuper  îrturftcioiUlos 
ut  TCvlvifcant ,  &•  accejferunt  oj/a  ad 
àffa  unumquoJque  ad  junauram 
fuam.  Suivons  le  morceau  de  l'Orai- 
fon Funèbre  dé  Marie-Théièfe  que 


1 79^    Journal  du  S$av£nî  i 
nous  examinions  ^  nous  y  trouve 
rons  encore  de  beaux  exemples  d*al 
Icgorie. 

iiDieu  épuifera  les  prodiges  poui 
»la  confoler.  Cette  voix  route*puif 
»  fance  ,  qui  ébranle  les  fphères,  va 
M  retentir  en  la  faveur  fur  les  borcis 
H  de  la  Drave  &  jufqu^aux  déferts  de 
>»  rEfclavonie  :  f^ox  Dominl  cêfh 
M  cutUntis  dcfertum.  Elle  va  rafTem* 
>»bler  ces  efcadrons  agiles,  donc  le 
M  choc  eft  aufli  imprévu  qu'impé- 
M  tueux  :  Fox  Domini  prapanmii 
n  ccrvos^  » 

De  CCS  deux  traits  d*allégorie ,  le 
premier  eft  impofant  &  fublime 
comme  tous  Izs  précédens;  le  fé- 
cond eft  un  petit  rapport  qui  ne  fe 
préfentoit  pas  &  qu'on  a  cherché  \ 
c'eft  de  l'clprit.  Mais  voici  une  dct* 
nière  application  qui  reprend  le  ca» 
raâère  majeftueux  de  toutes  les 
autres  : 

«  De  cts  contrées  barbares  partira 
s»  la  foudre  qui  doit  écrafer  la  Poli^ 


Sepumhrt  17S1.       1799 

tîquc  ,  le  Génie  &  le  Talent  :  Vox 

Domini    concutientis     dcfcrtum  j 

commovthit  dcfcrtum  codes. 

C'cft  amener  âvec.la  plus  grande 

loquence»  &  annoncjcr,  pourainfi 

lire ,  par  la  voix  des  Prophètes ,  ce 

^eau  moment  dû  Marîe-Thérèfe  fe 

émet  avec  fon  fils  entre  les  mains 

les  Hongrois. 

«Mânes  de  Ferdinand  ^  de  Léo« 

►  pold  &  de  Charles  VI ,  ranimez^ 

rvous  !  Suivez  votre  augude  fille  à 

»  travers  ces  campagnes  fumantes  en« 

core  des  feux  de  la  révolte  ^  que 

l'abus  de  l'autorité  avoit  allumés  % 

fuivez-là  au  milieu  de  ces  Diètes 

que  ropprefiion  avoit  rendues  fi 

'ormidaDles  :  tout  a  changé  \  fe$ 

)ienfaits  ont  devancé  fes  larmes  9 

c  fes  larmes  ^  plus  puiflantcs  que 

3S  nombreufes  armées  »  vont  don» 

et  des  appuis  &  des  vengeurs  à  ce 

ême  fceptre  infulté   dans   vos 

ains.  Ah  !  vous  avez  ignoré  que 

teconnoiifance  nationale  eft  le 


00  Journal  des  Sçavan^  ^ 

plus  généreux  de  tous  les  fcnti- 

mens. 

H  Peignez -vous,  Mcflieurs»  !a 
♦  Majeflé  fans  appareil ,  le  Malheur 
^fans  découragement,  la  Fermeté 
»fans  orgueil ,  les  Grâces  fans  foi- 
»  bleiTe  \  un  augufte  enfant  penché 
^«>  fur  le  fein  d'une  mère  attendrie  | 
nfouriant  à  fcs  farouches  admira- 
Mteurs:  hélas!  il  ne  connoiffoitpas 
»lc  prix  de  ce  terrible  momenttnc- 
»  préfenrcz-vous  une  foule  de  Gucr» 
»riers,  Tœii  enflammé,  le  cœur 
»  palpitant  d'audace  &:  de  pitié...* 
>>  L'émotion  paflc  dç  rang  en  rang; 
»un  refpcd  religieux  femble  en- 
»  chaîner  tous  les  efprits.  » 

Ici  l'Orateur  rapporte  le  difcours 
de  Marie -Thérèfe  aux  Hongrois» 
difcours  dont  nous  avons  aonoé 
plus  haut  la  fubflance. 

>9  A  ces  mots  tous  les  cœurs  fc 
»»  brifent  \  on  ne  délibère  pas ,  onfc 
^i  padionne  :  ce  n'eft  pas  la  fidélité» 
••c'eft  l'enthoufiafmc  qui  cntraînct 

»  L'amout 


j 


Scpumhrt  1781.        1801 

M  l 'amour ,  l'admiration  ,  rivrcflè 

«>  va  Ëaiirc  le   (crmcnc  du  dcmir  i 

M  cous,  la  main  étendue  lur  leurs 

••  armes  ,  ne  forment  plus ,  aux  pieds 

•«dç  Marie •  Théi èfe  »  qu*uoe  feule 

»>>iâlme  dérouée  ••••  •  Mouroor^ 

•»  ^'écrient  ils ,  pour  notre  Roi  Ma« 

■•  ric-Thérèfe  !  Mùriamur  pro  Rcgc 

mnojlro     Maria    Thtrcfid.     Mon* 

>roDs  !  ••  •  •  cri  fublime  i  «  •  •  •  Ils  né 

M  difenc  pas  :  marclions,  allons  conW 

i^baccre«  Ces  gradations  lentes  d'un 

t»  zèle  méthodique  »  leur  ame  em^ 

i>brafée  ne  les  connoic  pas;  elle 

^firancbirtous  les  interralies  ;  ils  ne 

f»^  voient  que  lambrt  ;  kar  dernier 

••  imipir  eft  leur  offirande.  Mourons.» 

.    Portrait  du:  Roi. de Ptuâc* 

.    •■  Confidércs  le  lion  du  Nord 

•  qui  s*éveille;  Ces.regtfds  ardeos 

«^iemblent  dévorer  la  proie  que  la 

?>  Fortune  lui.  maiocnie  :  Génie  tinp*» 

m  tient  de  s'offirir  i  la  Renommer  ^ 

>>  vate  »  .pénétrant  y  esjdfé  par  1^ 

^maUieur^  &par  ci$  ftcttcguianm 

•m  (ecrets  mii  déroocnc  imfhi^dm 

S€pi$m(r€.  GgSS 


iSùx  JouMoldisSçénNÊmSf 
»  mtnt  à  Itf  gloire  certains  ètret  pri« 
?  viJé^s  qu  elle  «  choifis  r  fc  ^  ^^i' 
9  fie  précipiter  iur  ce  tbfiacre  fan- 
f»  glane  avec  une  puifiànce  m&rie 
4*pat  de  f ooguef  combkiatfbiis 9  de 
m  des  tabns.  aggrand»  par  la  r^ 
»ftexiofi  &  la  prévoyance  ;  Soldat 
m  &  Général ,  Cooquéraiil  &  Polf- 
«>  tiqoe ,  Miniftre  Se  Roi  ^  ne  ccm* 
anoiflant  cf autre  &fte  que  cekit 
••d'une  milice  tMMobreufej  Urule 
9»  magnificence  digne  dxku  trooe 
••  fondé  par  les  armes;»  Je  le  ?ois , 
^auffi  rapide  qtte  ipefuni  dans  fcs 
•9aioavemens,  un»  la  force  delà 
V  difçtpUne  à  la  force ide  f  exemplei 
••  communiquée  à  tout  ce  qui  Fap* 
fs  proche ,  cette  vigueur  ^  cecce  Sam« 
w  me  inconnue  katcikedes.faomflKS9 
^ue  la  Nainre  ^voit  cachée  datni 
fcs»;  marcher  à  d^ucileitrnmi* 
^pbcs  ^  diriger  lui-m^mc  $fwcc  ait 
ait  tous  les  cbupa  qu^  pp<*^  i  «<^ 
j»  qucf  cetsôoe  çhaocciaorifiiir  teqad 
:^.  Marie  -  Xbérèfe  èft  ^ppnjh ,  ea 
^  déiacbot  bsufqoeaîcMvr  naia» 


Que 

ton 


Stptembn  1781.       i8o} 

i>  les  plus  féconds  ;  &  >  s'élevant 
Mbicnrôt  au-deflus  de  l'art  mêrn^ 
H  par  la  fctmecé  de  ce  coup-d'œil 
9»:qâe  tien  ne  trouble  »  montrer 
«t  déji  te  feaer  de  ces  reffources  qut 
»»  doivent  étonner  la  Viâoire  mé- 
at me,  &  tromper  la  Fortune  lorf- 
m  qu'elle  lui  fera  contraire.  «• 
^  Parallèle  de  ce  Prince  &  de  Marie- 
Thérife. 

••  Avec  quel  regipet  Màrie-Thé- 
tt  lèfe  Voit  le  cours  tranquille  de  Ç% 
^  fagcâe  iui^ebdu  par  le  tumulte  & 
»i  Tcniporteflient  de  )at  guerre  !  It 
trvit  j  ce  Hér<E>s  que  Târt  de  vaincre  «( 
•^iretidif  fi  f  edoHtable^  Kr  que  le  feûE 
t^art  de  régner»  qu'il  h^tpbs^'niornir 
«y- connu ,  pouvoir  rendre  fi  célèbre. 
M  Je  vois  parfont  fes  lauriers  m^kt 
•»attx  palmes  de  Mfarie^Théréfe..',.' 
X  L'ineyicable  Frédéric  ^eft  parrout» 
**  préMètff  toUi  i  ^  fépire.twit ,  trouve^ 
•^le  tTîtfikii;faè^bS'(bsGén(rans  n'U^ 
»*pirto»venr  qoe  HiqmîBatîon' &  Ip  ' 
»><dékfpoft  ;  c^cft  la  fd^ drc  qui' 'filU*' 
>»l^è'f8ir'à*iiDpdlrl  l*«utre  9c 

CggSH 


l8o4   Journal  dês' S f avaiu  ^ 

i»  porte  en  tous  lieux  le  ravage  & 
i»  reffiroi.  Macie-Thérèfe  »  immobilo 
m  au  tond  de  Ton  palais ,  préviear  » 
m  déconcer.te ,  arrête  tous  \c%  mou« 
m  vemens  d'un  ennemi  qui  fêmble  fo 
^  mulûplier  &  fe  reproduire  :  c*cft 
«f  une  colonne  majeftueufe  qui.fba- 
«•tient  feule  un  édifice  immenle* 
n  dune  quelques  ii)orj[:eaux  détachés 
M  par  la  violence  des  fccouflès^  n'c? 
^-Dranienc  point   la'  (olidicé*   Le 
n  malheur  &  U  gloire  font  partagést 
(  Obfervons  en  padant  quç  voill  en 
^eux  mots  rtiiltQirf  4ç  tQUte$  les 
guerres;  quelque  gloire  pour  quel* 
qpes  per£pînn9gcs  ;  bes^ucoup  de  mal- 
ibeur  pour  tous  ;  m^is  ^ifTqns  parlet 
l^Oratçur  facré,  )  o{{éli|S!  au  mcH 
V!  ment  pu  je  parle ,  cette  af&cufe 
4>  gloire  agite  encore  les  Nations. 
•^Pourquoi  les  derniers  ePprits  do 
f?>  NI.^rif-Tbi^èferPe.  fç  répandent-ils 
9>  pas^  fur  les  deui;  h^tfph^ri^s }  Ils 
••  çalmeroient  les  mers^  tous  les  pprts 
«i's'piivriroient  à .  i'indûftriç  &  i  la 

^Ûbercé,  Mlûs non/;  foiilcyes^ftlii- 


r\ 


«•  ccan  d:  viï-rrt  puiflanr:  niair:.  qu  j. 
S3  dcriznnt  unt  Darri«ic  iniurniaui^- 
i»  blc  à  DOS  efforts ,  &  frpartrz  putt? 
«•  jamais  deux  Mondes  qui  n?  (l  r^p- 
nprocbent  que  par  ia  turcurfrliâ  Lié* 
••pidité.» 

Mais  le  morceau  je  pius  èiuqutrnt 
&  le  plus  phiioropmqut  O'.  et  L#u- 
cours  ,  uti  morceau  pouT  it^uei  jcs 
talens  du  fiècîe  paOc  nauroieD:  pas 
fuffi  prut'Cttc  uns  les  iumieres  ou 
(iccle  préfcnt  ^  c'cft  celui  ou  l'Otë^ 
teur  repiéfcDtt  Maric-Toértsic  ic  ic- 
fufant  à  coures  i«  Douveautei  urù-> 
lanres ,    mais  dangeieufes  ,    reior- 
manr  fa  Nation  lans  airéier  tn  iicr 
le  caraâèrc  liatioual  9  iiouvanr  uau» 
les  déveioppemens  mémt:^  ut  ce  w»- 
laâèrc  babiiement  dirige  ,   ivui  iws 
snovens  de  corriger  îes  auu'  »  cl  amc- 
licrer  toutes  ks  partjci  oc  .'  Aoiiu^ 
niftratioD  ,  de  xeodre  cnfu  ics  ^cu» 
pies  beuTcua:  9   utiique  i/ut   oc  touc 
D3D  Gouvcmemeni. 

M  Qu'on  cxaiie  cei  Souvecaiù^  i^ui 


■I 


•l  -} 

II 


* 


%  806  Journal  des  SçawàMM  i 

Hcntrrprennrnt  de  commander  a  h 
•Narure  &  au  climat ,  qui  décom 
»  pofent  une  Nation  pour  l'élever 
nqui  portent  au  milieu  d'elle  dei 
j»  arts  étonnés  de  ne  trouver  que  de 
j»  reflorts  8c  des  habitudes  qui  leu: 
n  rcCftent  \  moi  ,  je  louerai .  raatie- 
nThérèfe  d'avoir  fcnti  qu'il  y  a  un( 
j»  tnduftrte  »  un  mouvement ,  on< 
»  raifon  de  chaque  pays ,  qui  f  ornu 
»  l'empreinte  originale  des  Nations^ 
I»  &  entretient  dans  les  efprits  am 
I»  forte  d'unité  morale  ,  pciacipe  à 
n  toute  prorpérité  dians  un  Gonver 
»  nement.  Je  la  verrai  avec  tranf 
Hport  dominiint  un  (iécle  qui  do* 
^minoit  rour,  fe  reftifet  à  fon  bril 
»lant  délire,  repouiTer  fa  fauili 
>»  opulence,  &  »  planant  comme  l'a*' 
itgle  au  dcHus  de  racmofphère  pau 
n  (iblc  de^la  Germanie  »  y  verfer  un 
>»  chaleur  féconde ,  qui  développ 
pf  ôc  met  en  aâiviré  fes  forces  natu 
»  relies.  Elle  ne  fe  diflimule  pasqu 
»les  éclairs  de  cette  lumière  me 
H  derne  qui  étincelle  de  toute  part 


;r' 


H  ptuvcnt  éblouir .  des  yeux  <]ue  la 
^  NacufC  «  faits  plus  ftgcs  que  pccr 
>»çans»  plus  arrêta  que  curicQXj 
#>  que  les  pfemiers  fondcmens  de  la 
n  raifon  humaine  »  pofés  &  atfei mît 
n  par  la  maîa  du  Tempi  dans  det 
I»  têtes  froides  &  tfaoquûles ,  nepett« 
m  veiît  être  ébranlés  fans  péril  \  que 
p  tout  alliage  eft  dangereux  ; ,  qae 
»  ces  précendiiet  découvertes  ».  donc 
f»les  autres  climats  s'enorgueillit 
m  fent  »  peuvent  ^  en  anélant  aux  pro» 
u  duâions  nationales  des  Tues  étra»» 
u  gers  9  altérer  le  fol  même.  &  le 
>»  corrompre  :  elle  (ait  enfin  que  la 
I»  marche  de  refprit  germanique  eft 
>»  d'autant  plus  ferme  qu'elle  eft 
•  moins  précipitée  ;  qu'il  n'adopee 
^  rien  par  légèreté  I  qu'il  ne  quitte 
n  rien  par  inconftance  ,  &  que  le 
i»mal  pourroit  devenit  invincible 
»  s'il  i'établiflbit  par  des  progref- 
H  (ions  lentes  &  fourdes»  •«  •  •  Ah4 
n  que  le  luxe ,  que  l'efprit  nouveau^ 
»  dont  k  poifen  circule  comme  i'aic 
ff  dans  toutes  les  parties  de  TEuropt.» 

G  g  g  g  iv 


1 8o8    Journal  des  SçavàM , 

H  trouve  un  mur  d'airain  qui  s*o{f* 
#»  pofe  à  CCS  funeftes  conquîtes  ;  que 
I»  routes  CCS  (utiles  &  laboricufes 
n  manies ,  reproduites  ic  perpétuées 
M  par  notre  infatigable  frivolité  > 
H  (oient  profcritcs  par  d'inflexibles 
n  loix  ;  qu*aucune  nouveauté  ftérile 
#»ne  côntrafte  avec  l'habitude  ;  q  e 
#  rien  ne  trouble ,  rien  n'étonné  f 
M  rien  n'éblouifTe  :  utilité  >  fimpli- 
n  cité  ,  voilà  toute  l'étude  de  la  vie 
I»  de  Marie-Th<*èfe  ,  &  tout  Tcm* 
n  ploi  de  fes  forces.  Peuple  refpec^ 
I»  table  ,  ah  !  ne  nous  enviez  pas  let 
9»  inquiétudes,  les  élans ,  les  fongeSf 
hIcs  fourmens  de  notre  foible  6C 
^^ambirieufe  raifon-,  laifTez-nousnoS 
»  paradoxes,  nos  fyflêmes,  nos  v^^ 
#*nités9  nos  erreurs,  nos  efforts f 
»  nos  fuccès  même ,  &  gardez  vol 
>f  pailibles  vertus.  >» 

Qu'on  ne  s'y  méprenne  pas  $ 
c*cft  à  force  d'cfprit  philorophiqiie 
qu'on  parvient  à  dire  de  (î  belles 
chofes  contre  l'efprir  philofGphique  ; 
mais  il  n'eft  pas  encore  certain  que 


^ 


Septtmbre  lySl.  1S09 
la  Philofophic  &  le  Luxe  ayenc  un 
même  iniÎTêt  &  que  Icuis  caulc» 
fbi:n[  pareilles.  Beaucoup  de  Pbiio- 
fophcs  déccAcQtlc  luxe  comme  une 
fource  de  vices  &  de  fcrvitudc ,  8c 
ce  fom  ceux-là  que  les  eraicmis  de 
la  Philofophie  cftiment  &  hatlfenc 
le  plus. 

\t  plaific  de  citei  de  beaux  mor- 
ceaux nous  cQtraïue.;  nous  ne  let 
avons  encore  pris  que  dans  la  pre* 
mière  Partie  ;  &  la  .  fcconde  ,  qui 

fieint  l'AdminiUratioD  &  qui  déve* 
oppe  le  caraâèie  de  Marie-Thciâfe  » 
eft  la  plus  intérefTante  •■,  il  ell  vrai 

Qu'elle  forme  un  toile  dont  il  eft  plus^ 
ifficile  de  détacher  des  parties  fana 
leur  faire  tore,  &  par  cette  railba 
plus  encore  que  par  la  néccflîté  de. 
donner  des  bornes  à  cet  Extrait» 
nous  en  citerons  peu  de  chofcs.  Nous. 
pouvons  du  motos  prélcntcr  ce  mor-r. 
ccau  qui  eft  comme  le  précis  &  le. 
zKultat  du  grand  tableau  ,  Se  où. 
l'Orateur  femble  voler  fur  la  furfacc 
des  olùets  au'il  vienr  d'aoDtofondu:. 


1 8 1  o  Journal  dis  Sçapaàs  ; 

M  Ingrats ,  qui  ccniurez  fi  légère- 
n  ment  les  Rois  »  favez  vous  ce  qu'il 
s»  en  coûte  pour  vous  rendre  heu* 
n  rcux  ?  tandis  que  dans  Tabondance 
H  &   dans  la  paix  vous  jouiilcz  do 
H  votre  tranquille  inutilité?  tandif 
H  qui  vos  jours ,  vos  polIeflSonSy  vo^ 
»  héritages    font  protégés  ;    tandis 
)9qué  pour  vous  un   fommeil  que 
là  tout  Uvorife^  fuccède  à  des  plai- 
)9  (îrs  que  rien  tkt  trouble  i  les  bons 
I»  Rois  veillent.  Chaque  jour  Marie* 
n  Thérèfe  devance  raorore  par  le 
M  travail;  tout  eft  calme  dans  foo 
9f  Empire  :  elle  feulo  eft  agitée  :  elle 
n  fibule  craint ,  prévoit,  doute  j  s'm« 
Inquiète;  ennemis ,  voifins,  alliés 9 
nfùjets  >  confcdiraiions  ,  traités  ,1a 
»  paix  du  dehors  >  la  fûttté  du  de- 
j»  dans  9  elle  einbrafle  9    elle  fou- 
n  tient ,  elle  afFermit  tour  :  nulle  dif 
»  traâion  ,  liulle  trêve ,  peu  de  coc 
i^folations  ,  encore  nioins  de  pis 
nfus...»  Répondez  :  qui  de  vou 
ni,  ce  prix  9  voudroit  être  Roi?  ' 
•bienl  ce  prix  qui  éloiiM  ym  / 


SipUmift  Xjtï.        iStl 

>bles  amcs^  n'eft  que  la  jufte  nie^ 
»»(ure  des  devoirs  de  la  Souvcrar- 
•»  ncté.  Tombez  donc  aux  pieds  de 
»  Marie-Tbérè(e ,  te  pardonnez  aux 
•ffoiblcflès  des  Rois»  h- 

Nous  poutons  encore  parmi  tomes 
Ici  qualités  qui  diftinguent  Marier 
riifièie  9  en  obferver  en  panicuiîcc 
anc  ^  qui  donnoic  du  prix  \  coates 
les  autres. 

I»  Connoiflez  Macîe-Tbérèft  tcaite 
»  entière .  •  •  •  Religion  faitite  i  e(^ 
^.ce  à  rafpeâ  dcvos  autels  que  |*o- 
»  ferai  louée  Tare  de  plaire  )  Oui^ 
t  vou»  n'en  rougiiez  point.  Cette 
»»  fingularité  %  Marie*TbérèIe  la  C0fi*> 
•^facre  :  tant  il  étoic  de  fa  deftifiéc 
w  d 'attachai  à  tout  le  cafaâèrc  cte  k 
#  grandeur  &  de  la  vertu  1  Cet  art  fi 
n.Trivole  fooveiit  dans,  les  leiTortS) 
Il  il  méprifable  duis  .fcs .  motifs ,  à 
»  criminel  dans  fbp  objet ,  Mafie» 
m  Tbérèfe  en  'avoir  fait  l'>rt^  de  k 
w  Vérité  qui  fe  communique  ,•  fan 
n  de  la  Majefté  qui  fe  cache  f  l'ait 
màc  ia  SewyeiaiMté  qui  encbaise  A* 

Ggggvj 


âSil  Journal  des  Sçavans  ^ 

»f  qui  veut  qu^on  l'oublie.  Peignn< 
«  vous  ce  (aciie  épanchcment  aun< 
f»  ame  franche  &  noble  9  qui  vico 
»  le  placer  auprès  de  la  votre  ;  Cet» 
m  grâce  qui  pare  la  raifbn  ,  adoucii 
M  le  refus  ,  embellie  ta  faveur }  cetc< 
M  fenfibilicé  ,  qui  femble  èttz  d'i» 
W  telligence  avec  votre  amour-propn 
»» pour  cboifir  laccent  qui  le  flatte 
f>  le  plus  ;  cet  intérêt  tendre  qui 
^  ftggrandit  à  vos  yeux  vos  propres 
H  avantages  »  &  vous  rend  plus  àkek 
"iiiou  vos  plaidrs  ou  vos  fuccès«^,«i 
5»  Vous  n'aurez  encore  qu'une  fbibk 
»  idée  (  permettez-moi  cette  ezprcf 
»»fîon  )  de  la  magie  de  Marie-Tb/ 
i»  rèfe ....  Tous  iz%  Etrangers  d 
>f  vtnoient  (es  fujets  »  tous  (es  fuv 
>^  étoient  Tes  amis ,  &  dans  ces  d 
»  niers  la  fidélité  étoit  une  adorât 
>»&  un  culte.  Diiu  du  moin 
y^  Marie  Thirife  ,  s'écrioit  un  de 
»  Officiers  percé  de  coups ,  diu 
^>  que  Je  meurs  fans  regree^  pu 
»/V  meurs  pour  elle.  » 

Le  craie  de  llnfcriptûm  de 


témiS,  monurrïrr-  '*w ...-"..'.  <■  .. 
▼J:ioirc  du  îMa^tr-iii  Lac  .  l  .. 
rccoanD'.ilanc:  c?t-^i.  :>ji:  -ler.!--  .  t 
legs  lai:  par  iVi^nt-  littrisii  ^  :  n;- 
méc  9  vicimrst  i-ervcr  •  r  iiii/it:rii  >.  L: 
legs  prépait  £.  i*  mur;  o-.  rAim«r£^ 
thcc,  qu:  anivt  oan^  Lt  Oiiiou-.  «*. 
moment  i^  piu  piui.*?.  r  icauu^t?' 
le  régie:  dt  !  avoi:  priaut. 

Si  j  ^cnr  abrège: ,  uyii?  2iou^«:>itt 
DOns  de  tfanlcr.'::  j:  i-.  ;<t£/<c«j.  ui 
Conieil  de  Tiexoit  ^.  i:  ;.«iiii.«'^<i  u\ 
Mahe-Tbérelt  «vec  *«.  K-iii*.  L.i*.- 
berL  nous  m  oevou:  p«.  '^m  lii^ii'. 
oublier  d'i&ôiQiier  te  f:;^.;..4ui- 
comme  deux  iie:  \.-^\xi  i^^u.  ^i  :  ^^^0 


Tnse* 


*eai  qu;  ont  emenci.  A..  :  Aus^c 
Je  Bci&ncmt  piuDoutc:  tt  I>;t'..utfi:  ^ 
peuvent  dire  &  ceux  iju  r.  ei.  m/:*- 
noifiem  les  btautéi  <\i»',  y^'  ^  #w 
tore ,  ce  qu  Eictinti  oilur  4  vcicr 
qui  admirtiienr  ^  x^iaxij^w.  ^c  t/i^ 
mofthene  comxt  au       ^»e  JêtPé^-àé 

donc  fi  VQUl    ttt^àt^     Uéê^igO^     àèL^ 


s8t4  JoumalMiis  SçÊVaàs  i 
Boifmonc  (nous regrettons  de  n'a^ 
voir  point- d autre  terme)  |i*eft  pat 
moins  éloquent  que  fa  compofirioa; 
Toujous  varié  -avec  intelligence  # 
toujours  heurcufcment  adapté  aus 
dx>(ès  f  il  iait  reiTortir  icir  beautés  8i 
difparoitre  les  défauts.  La  ieâure  j 
nous  ne  devons  pas  le  diflimnler  ^  a 
&it  appercevoit  des  taches  9l  des 
ombres  que  rOratcur  avoir  fa  dé* 
guifer.  NousA^cn  rapporterons  poiot 
ici  d'exemples  ;  nous  aîraéns  mieu^c 
cffrir  des  oeaucés  qui  ii*appaiticn* 
ncnt  qu'à  M.  TAbbé  de  BoifoioAt  f 
que  des  fautes  toujours  trop  ailées  h 

trouver  partout Mw   non  f 

nous  nous  trompons ,  les  défauts 
Blême  de  M«  l'Abbé  dé  iBcéfmonC 
font  d'un  genre  à  part  »  de  peu,  dé 
gens  en  font  capables  ;  ils  tiennent 
a  un  excès  de  nneilc  &  de  déltca-^ 
tefTe  '»  c'eft  ce  que  les  fots  appellcnc 
irop  dPefprit&c  Ce  que  les  gens  d*un 
goût  févère  appellent  manière ,  tour- 
nure, recherche;  mais  il  y  auioit 
beaucoup  peutrlire  à  ilt^M  fi» 


Stpttmhn   1 78 1       1 8 1  ç 

tout  cela  9  &  ,  par  exemple ,  ce  trait 
que  quelques  Cenfeurs  ont  critiqués 
KCtf  ncji  pas  mourit  tn  effet  ^  ccfifê 
ff  cacher  dans  fa  gloire  >»  »  eu  le  plus 
grand  eâFcr  au  débit  &  paroît  encore 
'-Êiblime  à  beaucoup  de  bon»  jugeSr> 


*> 


MSS  jii  itun  £lflge  hiftorique  de 
Marie  ->  Therije  ,  Archiduchejfê 
^  Autriche ,  Impératrice  »»  Douai'^ 
riire  >  Reiru  jipafl<Uiqiu  de  Hûiê^ 
grie  &de  Bohême  ^  Prince£e  fote^ 
verairu  des  Pays-Sas^    £af  14 

..  OD4deèrtèiy$KQ^         i 

• 

A  BrMxdUcs^^cbez  J.  Vaa4en  Bei^ 
gben  ^  Imprimeur  4^  feue  Soii 
Aitcflè  Royale  >  1^  de  U  Magde^v 
laine.  1781.  Avec  Privilège  de 
SaMajefté.  Et  fe  trouve  à  Paris  ^ 
chez  Mérigot  le  jeune.  Prix^  1  JU 
4f.i>2-4^36pag. 

Ce  Difcouts  ^  comparé  fuitout  M 


I  s  I  ^  Journal  des  Sçàvahs  ^ 

•précédent ,  ne  mcrite  cfFcftivcmcn' 
que  ce  titre  modefte  à^Effai  ;  il  pa 
roit  même  être  d'un  Auteur  à  qui 
l'art  d'écrire,  du  moins  en  François . 
n'eft  pas  familier  \  mais  il  cootieni 
des  traies  oui  tonr  eftimercet  Aureui 
6c  aimer  Marie-Thérèff >  En  voie 
un,  par  exemple  y  qui  méritoit  d*êm 
(Eonfervé. 

«lElle  eft  morte  cette  Soufc- 
if  tàine  •  •  •  •  qui  alloit  dans  la  cabane 
If  d'une  infortunée,  que  les  inBrmi- 
iPtés  de  Tcxtrême'vieilleflre  avoicnt 
I» empêchée  de  venir  au  pied  de  foi 
H  trône  recevoir  un  gage  annuel  d< 
If  fa  piéré  &  de  fa  bienfaifance 
$9  vous  av€[gémid€  ne  m^aveirpoini 
p  vue  y  lui  difoit  cette  grande  Reine 
H  &  je  viens  vous  voir.  ^ 

[  Extrait  de  M.  Gai/lard.  ] 


.    Stptemhri  1781.  '    iSi^ 

^KJ  T  X  qv  E  dts.OficiaUtis  ,\oM 
Traita  de  U  JuTÎffliâion  de  toutes 
Icf  Coûts  EcclcfîaftiQues  » .  Gia- 
tieurtt  8c  Contcntieufes ,  fiiivaoc 
les  nouvelles i-cix  du  Royaume» 
où  l'on  traite  :        _  .       . 

1°.  Des  Perlonnes  qui  ont  diott 
4'excrcei  cette  Jun(diâion  par 
elles-inêmes  ou  par  leuis  Ofiiciqri  ; 
de  rinflitution  &  des  Quali'és  ' 
des  OlTîciaus,  Vice  Gérens ,  Pro* 
moteurs,  &  de  Icui  deHiturion} 
comme  auHÎ  de  rËTablifTcment  te 
Fotmatioa  des  Chambres  Ëccl^ 
fiaftiques  >  Diocifaines  &  Souve* 
raines. 

1**.  Dç  la  Compfience  &  du 
Pouvoir  des  Juges  o'Eglife  futlcS 
Perfonncs  laïques. ou  ccc'iTafli- 
ques^  &  fur  les  chofcs  Ipiiiiuellcs 
ouccclélîaftiques,  fifclesadicns 
pcrrotinclies  des  Clercs  eu  matière 
civilj,  &  cnfuite  de  la  Compé- 

:    tence  des  Chambres  Ecclélîaft> 


tlil  Jmamatdis  ■SpmfUg , 
x\  Des  B^la  prdaim  fit 

El  <fEglife,poàt  rinÉniAiMft 

•ok  CdÉiiièailiiMMi%4iBrSi(^ 

4*;  Dte  lU^cs  «c  lia  -FomiKt 

«ète*  ft  tes  PkôcttlàM^^iii  fiât 
Mppns  8c  ptttfCuiièRt  wk'Ofi* 
dkJmt  fie  aux  àatià^TdlHnlia 
Eccléfitfti^iies  :     ,^  ' 

Où^Foo  rapporte,  «  qiifV 
MTcics,  les  formules  c?e*  aâesJei 
Procédures  fur  ces  diftîrcuces  ioKt 
tières  »  fuiyaoc  if Utdooânpce  de 

Par  &u  NL  rAbbi  A^f^i 
Doâear  de  Sprboime  ^  ^  iM 

;  par  de  fçavan  Jarificobfiilres't^ 
d'iiabilei  Prâ^itient V  -ttéiîcffitel 
ceux  qfii  jeseimiç  dtf  kmSMlti 

^  daiu  les  Ofictsijcfe  OU  (ii«fi# 
Chambrés   EcdéftW^w»  »";if 


«île  Wjuget  ftcuÛm ,  8r  «iKicii 


CaoeiUo  LéUiknt/mi^  4**^>  ^*-  <% 
i»iï.  , 

Q<Utte  vQbiniei  £«4%  lie  plus  dfe' 
509  pa^csclucun.  Prix,  10  tW. 
brochés  Oc  ^'4  liv.  reliét  ^n  4eu^ 
Toliiisei.   A-  Patîi  ~».  xbn-  tiMXf  % 

près  la  râeGIt-leGlNr,  à  l'Ea 
pinncci  Lapone,  libraire.,-fiff 
des  Nojreis,  Vis-ivis  S^.Yvcs^  ft 
Prévôt, Tuc de  la  Harpe ,  près  iê 
Pfaice  S.  Micbeli.aE  à-Dijon ^1 
chez  Bidaut  «  Libnûe,  Place 
Royals,  . 

P  R  E  U  1 1  R    E  X  T.  R  A  K  T>  ' 

L'iTEVot/Eique  ron«doni- 
née  au  frontîrpice  oa  titre  it 
Ouvrage  dont  nous  allou  donliet 
ne  idéc.>.&i£roit  ^li}ue  poiK  <à 


tSxo  Journal  des  Sçavahf^ 

faire  connoitre  Tobjcr ,  ou.  au  h 
tous  les  difFérens  points  dont  il  t 
Mais  c^Traité  qui  contient  q 
alTez  gros  volumes  in-j^^.  &.  ^ 
le  firuit  de  quinze  années  detra 
mérite  dctre  connu  plus  pai 
lièremenr.  Ce  n'eft  point  ^  air 
rcur  avec  raifon  y  comme  on  ] 
roit  l'imaginer  à  la  première  in 
tion  du  titre  ,  un  de  ces  Ecrit 
lémiques  ou  de  conrrov:r(e  de 
à  faire  revivre  ces  célèbres  cou 
tions  qui  ont  divifé  en  diff 
tems,  en  France  9  le  Sacerdo 
l'Empire  >  les  Pontifes  &  les  M 
trats  y  au  fujct  des  limites  des 
PuifTanccs  ;  il  a  été  compofé 
un  dedein  bien  oppofé  ;  on  a  i 
vue,  au  contraire.,  de  coupe 
d*airacher ,  sM  étoit  poflible , 
cine  qui  a  produit  des  fruits  (i  ai 
&  d*écarçer  à  jamais  les  caufes 
4>cca(ions  de  ces  divifîons  toi 
affligeantes  pour  des  cœurs 
tiens ,  &  trop  fpuvent  funefti 
bien  de  la  Religion  &  de  Téta 


Stpumbn  178 1.       18  II 

ur  remplir  cet  objet  &  aiTuref 
toujours^,  àuranr  qu'il  cft  pbf* 
p  la  concorde  du  Sacerdoce  & 
l'Empire  »  (i  defirable  dans  uoi 
unie  tcès-chrécien,  en  écartant 
trepriies  réciproques  de  Jartf- 
m  »  TAuteur  a  formé  le  def- 
cn  fuivant  les  vues  de  TAf- 
bêc    générale   du    Clergé    de 
»  de  rédiger  Un  ftyle  &:  une 
liiè  méthodique  pour  les  Offi* 
es ,  conforme  aux  Loix  &  à  lé 
prudence  des  Cours  fupéifieures* 
ne  s'eft  pas  attaché  à  faire  fut 
Lie  queftion»  conime  il  parotc 
en  étoit  très* capable  »  des  di& 
ions  profondes  -,  Ion  intention 
de  joindre  rexpofirion  détaillée 
îgles  d'une  pratique  ihftruâive 
héorie  des  principes  fut  là  muU 
le  queftions  qui  lonc  recueillies 
litées  dans  ion  Ouvrage;  ili 
»  en  conféquenéb ,  fe  borner  nh^ 
irement  à  expoifèr  fomaiâiiriri 
!»  fur  chaque  queition  partlcu- 
9  les  difpoficiotis  des  toit^  kt 


&8ii  Journal dîs'Spt^anSf 

difficultés  qui  fe  font  piéfcntècs  ixA 
leur  exécution  ,  les  dècifioni  fa 
Cours  fupérieures  intetvenues  \  ce 
l^ict  9  &  les  maximes  ou  les  prétça- 
tions  du  Clergé  à  cet  égard» 

Ce  t)  eft  donc  pas  ici  un  Ouvrage 
purement  dogmatique  ,  .maïs  QÔ 
Ouvrage  d'inftruâion  »  de  pradqoc 
&  de  détail  des  formes ,  deftiisé 
principalement  à  înftruire  les  X\^ 
icns  Officiers  des  Cours  d'Eglife 
dans  les  diverfes  Provrncesdu  Roya» 
ipe«  UAuteur  die  ,  avec  mifimt  <{» 
leur  éloigbement  des  feeoiks  aboB- 
daus  de  la  capitale ,  fc  f a  difecte  ià 
bons  livres  fur  cette  mottèsr,  Ici 
Ddettent ,  nuilgré  eux  ,  daos  k  étale 
^éceilkc  decomfnettrefcéqcicmideDt 
des  fautes  daos  l'exeiace  de  Icucf 
fondions  »  &  de  donner  fieu  \  ^ 
appels  comme  d'abus  fur  leCqueblcf 
ÇvSîques  fent  iattmés,.  &  dofnrrdfet 
trop  ordinaire. eâd'akéret  ïmàxm  fi 
préciçuiè  des  £véquè&  avec  les  pn* 
miers>  Magiftr«u,  &  qriri  leor  dft  fi 

^tÇpiCllt.^.  Û((attV«nt  tCGDSWBBI^ 


À  pat  les  Cipîndùmrtl»  nos  R ti»  » 

t.  ChaïkmagBc,  de  Louis-le-D^ 
>nnairc,  &c  &  Atnt,  lu  OrdoD* 
nicet  poftéiiaun. 
Ce  tnvati ,  comme  on  pevt  h 
ùtf  itok  toinà-la  fiiis-fic  nès-im- 
Ktanc  &  tiis-niceâsire.  - 
Ai'^wddc  fon  imporTance^eUc 
1  bien  (erébk.  Qàoi  de  plus  im« 
nrw»,  en  effet  j  que  de  fournit 
',■  de  &ctUiet  MX  OfiicicTS  de  la 
LiiHdtâio»  Eccléfiafti^ue ,  daM 
}Ute  i'6teBdue  du'  Royaonief  lit 
KTfen  d'exercer  learcfenâiont  d'ii»« 
ianiète  oHlfbiine  aux  Loîi  &il« 
DàfpiadcnDC  dasr  Court  fopénctnea^ 
.Ncâ*ilpas  «ifli'tvès-^iniponaiie 
our  ces  Juges  ,  atnfi  qae  poar  la 
suiqoiUtté  publique  ,  <v  éwref  dans 
Mt  procéme  &  Jeun  jugemcns  la 
éfau»  ,  les  vices  St  tes  :-T-^gulan^ 
ai  finrwcat  ttop  fôovent  de  matUn 
niaspsk.  connne  tfabus^  appels 
ai  :,  le  tfOuvatu  bien  fondés  ,  «n* 

ttoMStm  foo-antoàti-*  AtMd»» 


tSi4  Jout n'ai  des  Sçavaris^ 

vent  »  par  une  fuite  natUixlle  ^ 
cîpline  Eccléfiaflique  »  '  au 
préjudice  de  la  Religion  ? 

Enfin ,  n*cft-il  pas  encore  n 
portant  pour  le  bien  de  cetre 
Keligion  &  pour  celui  de  1 

Îme  les  Juges  iecuiiers ,  conn* 
ur  chaque  objec  &  fur  chaque 
don  relative  ai  la  pratique  de 
rifdiâion  Ecclcfiaftique  o 
ticufe  9  rérendue  de  cette  Ju 
tion  &:  les  bornes  qui  leur  fon 
crites  à  eux-mêmes  fur  cette  mi 
puiflent  éviter  avec  foin  toute 
prife  fur  les  Juges  d*£giife ,  S 
gner  aux  Evêques  ^  à  qui  le  dé 
eft  confié ,  tout  fujet  de  plai 
àt  réclamation  ? . 

D'après  ces  réflexions  don 
venons  de  donner  une  idéeabi 
TAuteur  parle  des  OfficiaUti 
femonte  à  leur  origine  ;  au  i 
de  quoi  il  établit  que  fi.  par  ïi 
langueur  Sc.prfifque  d*inaâi 
rlles  font  depuis;  bien  du  tcm 
cft  conté  4c  :  ici  :  .croitf  inudli 


t^.^trf  /.-• 


o*.:  îciicr    U'*-     A* 


'? 


i-ruii'i**"'  ••* 


C  1^  r 


♦^  »••  ••-  » 


Ajn*:  iBr¥ii«f     -»»*!»         ""»« 


V  «•  ^«  •  ' 


•••• 


»    •>     .«   ir 


r 


.-T 


? 


tSi4  Journal  dts  Sçavoiis  y 

vent ,  par  une  fuite  nacu.xUe ,  \xMî' 
cipline  Eccléfiaflique  »  -  au  grand 
préjudice  de  la  Religion  ? 

Enfin ,  n*cft-il  pas  encore  très-im* 
portant  pour  le  bien  de  cette  fkinte 
Religion  te  pour  celui  de  l'Etat» 
lue  les  Juges  iecuiiers  »  connoiilànt 
ur  chaque  objet  &  fur  chaque  quef* 
tioo  relative  k  la  pratique  de  la  Jo^ 
irifdiâion     Ecclcfiaftique    conteu^^ 
tieufe  9  l'étendue  de  cette  Jurifdic» 
tion  &  les  bornes  qui  leur  font  prel^ 
crites  à  eux-mêmes  fur  cette  matière^ 
puiflent  éviter  avec  foin  toute  entre* 
prife  fur  les  Juges  d'Egiilè  ,  &  épàv^ 
gner  aux  Evêques  ^  à  qui  le  dépôt  en 
cft  confié ,  tout  fujet  de  plainte  & 
îde  réclamation  ?.. 
}    D'après  ces  réflexions  dont  nous 
venons  de  donner  une  idée  abrégée^ 
rAutéur  parle  des  OfficiaUtés»  & 
femonre  à  leur  origine  ;  au  moyen 
de  quoi  il  établit  que  (l  par  Tétat  de 
langueur  Scprefque  d'inaâion  o& 
^Ues  font  depuis ihien  da  tcms  ^  cà 
^vsark  dc.Vti  tt^sûsÀVssaûlei^  on 


j^«ù^^ 


Septembre  lySi,        iSij 

doit  penfer  bien  aurrcment  en  fé 
rcporranc^à  lecablifTemenc  de  ces 
Tribunaux  £cclé(ia(liques  ^  &  en 
téfléchiiTant  aux    i^rands  avantages 

2u*on  en  a  retiré  dans  les  différens 
ècles  de  l'Eglifè  pour  la  Religion  ^ 
Tun  des  principaux  appuis  des  Em* 
pires. 

-  Après  avoir  établi  »  d'une  manière 
très'lçavarte ,  rutiiité  de  fon  Ou- 
vrage ,  il  en  démontre  la  néceffité  ; 
te  pouf  y  parveiïir,  il  fe  fait  une 
objeâfon  que  voici  :  ««  On  s'imagi- 
^nera  prutetre,  dit-il,  que  quel* 
<•  qu'avantage  que  l'Eglife  &  TËtat 
«•.puflenc  recueillir  du  rétablifTement 
••'des  Officiàlités  dans  leur  état  pri«' 
••  mitif  9  il  n*en  eft  pas  moins  vraF 
•»  que  notre  :  travail  eft  fuperflu  8c 
••  iurabondant»  &  qu'un  nouvel  Ou« 
•>  vrage  lur  ces  matiàrès  étoit  peu 
^  néc^flàire^  On  s  aùtorifera  même 
n  peuC'Stre  du  gtandîiombre  de  li- 
ft vres  que  tioùs  avons  fur  les  ma*' 
••tièires  eccléfiaftiiques ,  donc  plu- 
m  fieurs  ont  traité  alTez  au  loni^  <ki 


lSi6  Journal  dêS  Sçsvdns  , 

m  règles  &  de  la  pratique  de  la  JtH 
m  riipnidence  Ecdëfiaftique  conceih- 
m  cieulc. 

•*  Pour  détruire  ce  préjugé  »  qui  ^ 
«dit  il,  pourra  être  aflfez  commua 
a»  de  la  part  de  ceux  qui  n'ont  qu'une 
»>  connoiiTance  luperficielle  de  ces 
a»  ferres  de  matières ,  &  pour  con* 
«  vaincre  nos  Ledeilrs  qu'il  'n*exi(« 
wtoie  îufqu'aujourd'hui  mcun  Ou^ 
n  vrage  qui  pût  pleioemeot  Catis(aii9 
M  nos  beioins  à  cet  égard ,  il  eft  né-> 
m  cellkif  e  d'entrei  dans  quelque  dé» 
M  rail  U-defllii  s  &  <lc  parcourir  fonu 
«  mairemcnt  les  différens  Ouvrages 
m  connue  (îir  ces  matièrea  «  Se  pu* 
«fhliés  en  France  depuis  fC)rdon« 
Mnance  de  i^éj.  On  peut  les  ré- 
«  duire  en  deux  clafiçs  ;  Jei  uns  ont 
»*  eqibrafC  toutes  les  maôèfes  cano« 
«iniques,  ic  ont  traité  avec  ^Skt 
Zà^iKnà,^  celles  d«  la  Jurifdîâioa 
#>  Eçdéiîaftiaue  çoatcmieufe;  les. 
«•  autres  Te  loiu  bocnés  i  cet  objet 
m  uni<}uç  qu'ils  oqt  Cf^iié  iSki  mx 

«flqngaeçftd^^;  mtfsaikstta» 


Scpttmbn    1781.       18171 

»>m  les  autres  ne  peuvent  fatisfaire. 
»  izs  defirs  2c  les  befoins  du  Clergé» 
M  &  du  Public  à  cet  égard.  >• 

Les  principaux  Ouvrages  de  la^ 
première  claflfe  que  notre  Auteur 
examine  &  juge  y.  (ont  :  le  Jus  Ec* 
dtJUfiicum  de  Van-Eipen ,  les  Loix, 
EccuJîaJliquiS  de  d  néricourt ,  les 
Mémoires  dur  Clergé  ^  la  Jurifpru-- 
dence  Canonique  de  RoulTeau  delà. 
Combe  9  le  Traité  de  F  Abus  de  Fe-. 
vrec  9  les  Infiitudons  Eccléjiajiiques 
de  Gibert^  le  Traité  des  Bénéfices  ou 
du  Droit  Ca/^oniqùe  de  Goard ,  nou* 
vclle  Edition  en  7  vol.  i/i*4^..  la 
Théorie  &  Pratique  du  Droit  Cano* 
niqui  I  par.  le  Père  .CabafTur ,  d9 
l'Oratoire  î  les  D^nitions  Canoai-i 
fueSf  arec  les  Notes  de  Pcrard 
Caftel  (  le  Journal  des  Auditnces  y 
Bc   le  DiSionnaire  des    Arrêts  de 

Briiloil*  .       . 

Ceux  de  .la  féconde  clafle  »  en 
moindit  nombre , .  fe  réduifcnr  ,. 
pour  les  modernes  ,  à  ceux-ci  :  le^ 
"  d$s  Procédures  civiles  .&  dts^ 

Hhhhij 


i8i3  lounud  Jes  Sçawams 9 
Proccdufts  crimintlUs  Jts  OffiâaË» 
tés  y  par  Deicombcs  ,  Grcmcr  \  li 
Pratique  (U  la  Jurij^diSioa  Ecdifâf" 
siqtu  voiaatain  Sr  comentûmfi  y  pot 
Docailê ,  Officiai  de  Coodocn  ;  le 
Parfaii  Procureur  des  Ojpcialiiis  mis 
xia  Sn  du  Nataif  ApofioUqmt  de 
Brtzncr  j  tome  x ,  in-^^.  ;  le  Parfaii 
Procurturdss  Offiôaiieés  &  le  Traiii 
éas  Campmncu  Ecdàfiafifuts  da 
tieur  Horry  »  Notaire  Apolloliqae , 
X  rai.  iit-4^.  -,  &  enfin  ,  la  yêriiaJUê 
Pratiqua   dvila  &    criwmntUi   diS 
Cours  EccUfidMquas  ^  imr^.  Paris  « 
168  ) ,  par  Auoouz. 

Nous  avons  cm ,  d'aptes  FAiH 
teur  I  devoir  rapporter  les  titres  de 
tous  ces  Ouvrages  y  &  rendre  par- là 
un  (èrvice  à  tous  les  jeunes  Avocats 
qui  (è  deftinenc  plm  particulière* 
ment  dans  cette  nohleprofcffion ,  i 
rétude  des  matières  Elcdéfiaftiques 
&  du  Droit  Canonique  »  en  leu  (ai- 
lant  connoître  de  nom  les  Auteurs 
qui  ont  traite  de  ces  matières ,  & 
que  foo?ent  ils  ne  coniiilteroientpts 


f\ 


7  Septembrt  lySx.       1S19 

fkiite  de  favoir  leur  exiflence.  Nous 
ne  rapporterons  point  le  jugement 
fommaire  que  notre  Auteur  porte 
de  chacun  de  ces  Ouvrages;  c*cft 
dans  fon  Livre  qu'il  faut  le  voir; 
ipsiis  comme  M.  d'Héricourr  eft  un 
Aàteor  très -'connu  j  trè$-eftimé& 
sflèz  moderne  ^  nous  croyons  devoir 
f  ranfcrire  les  propres  paroles  de  l'Au- 
teur à  ce  fujcr. 

4<  Les  Loix  EccIéfiaRiques  d'H^ 
MÎricourr,  dit-il  9  Q  Ouvrage  très* 
^  èftimable  eo  lui-même  )  peuvçnc 
9f  être  un  peu  plus  utiles  aux  OflS* 
9>ciaux  que  rOuvragc  de  VanEC» 
»pen;  mais,  elles  ne  fauroicnt  leur 
»  luffire  pour  la  pratique  ni  même 
>»  pour  la  théorie  ,  parce  qu'elles  ne 
>»  renferment  que  quatre  ou  cinq  cha» 
»  pitres  relatifs  aux  procédures  Se  à 
9>Ia  pratique  des  Omcialités^  qui  , 
I» quoiqu'excellens  en  eux-mêmes, 
9>he  peuvent  être  qu'une  relTource 
M  tnfuffifante  pour  les  OfEciaux  dans 
»»le  détail   des  a£^ires  qu  ils  font 

Hhhhiij 


«1830  Journal  dts  s fOVMMS  ^ 

»  obliges  cl*inftiuixc  &  de  ji^er  jottf- 
»ncUtfiKor»if 

On  voie  par  ce  pafiagr  de  nom 
Auccur ,  qo*il  rend  )uftîce,  à  ceoi 
doDf  il  juge  les  Uttviagcs  ^  &  duc  ce 
B*cft  ni  la  jaloufic  ni  Telprir  de  cri«i 
tique  qui  loi  diâc  fes  jugcratas.  U 
-difcuce   tous    les  aurrct  Ouviaj^ 
.«VL'c  la  même  imparrialité  ;  &  noai 
rihortons  ceux  de  nos  Leâeurs  t^ui 
ibnc  dans  le  cas  ,  ou  par  le  niiaii- 
têre  dont  ils  tout  chargés  9  ou  par  ti 
profeifion  d* Avocat  dansJcs  fon^ 
tions  f clacives  à  cette  partie  9  de  lira 
avec  attention   cet  Ouvrage^  très* 
ififtruâîf  pour  le   fond  (k  funguc 
très  utile  aux  Officiaux  par  tes  îbi^ 
mules  qu'il  contient  ;  ce  que  Ton  ne 
trouve  pas  d'une  manière  «  à  beau<* 
coup  près  ,  (i  didaâ<que  dans  les 
autres  Ouvrages  que  nous  avons  ci* 
tés  y  non  pas  que  pluûcurs  d'entre 
eux  n'ayent  très-bien  approfondi  les 
mariètesEccIéfiaftique^  &  n'enayent 
parlé  très•fçavammem^  mais  parce 


Stfimhri  178t.'    tSji 

qu^iis  ont  écrit ,  pour  la  pluparr, 
avant  les  Ordonnances  de  1667  ic 
1670  }  que  depuis  que  leurs  Ou* 
•vrages  on^  j>aru  ,  il  a  été  rendu  un 
•noaibre  ini|ni  d'Arrêts  qu'ils  n'ont 
^as  pu  par  coniéqoent  rapporter  , 
ic  qu*cnnn  aucun  d'eutn'a  donné  la 
formule  des  diffêrens  aâcs  de  pro- 
cédures &  de  iugemefls  appuyés  des 
jaifoos  ic  de  la  dilcuflSon  des  prin- 
cipes &  des  droits  de  la  Juftice  Ec- 
clefiaftique  ;  ce  que  Ion  trouvera 
parfaitement  dédùlC  'dtai  rcWvrage 
que  nous  annonçons  aujourd'hui. 

Nous  rendrons  compte  inccfTam^ 
snent  du  plan  de  TAureur  pour  le 
fonds  de  fon  Ouvrage  &  de  la  ma** 
nière  donc  il  Ta  traité  ,  autant  que 
les  bornes  de  nos  Extraits  pourront 
le  permettre.        - 

[  Exlraii  d$  M.  CdqUtUy    dt 
Chaujftpitrn.  ] 


# 


H  h  h  h  iv 


C 


J)J  s  SERT  JETIONS  fur  U 
fhioni  des  Conùtts ,  qui  ont  con^ 
€Quru  au  Prix  propofi  fur  VAtOM 
'  dimit  RoyaU  dts.  Sdtnct^.  &  Bti^ 
Us^Ltttres  dt  Prujfc  peur  tannh 
1777 ,  6*  adjugé  en  iJjS.  Pnbliécs 
avec  la  pertniffion  A:  rAcadénrtc. 
A  Ucrecbe  ^  chtz  Barrhclerny 
Wild.  1780.  239  pag.  i/2-4 
avec  figures. 


• 


L' A  C  A  l>i  M I E  de  Berlin  pro- 
pofa  pour  le  prix  qu'elle  dévoie 
.décerner  le  3 1  Mai  1 774  i  la  qucf- 
.tion  énoncée  en  ces  termes:  Ptrfec^ 
iionncr  les  jnéthodts  qu*on  employé 
pour  calcuUr  Us  oibïtes  dis  Comités 
d^apris  les .  oh/eryations  ;    donner  ^ 
Jurtout  ^  des  formules  générales  & 
rigoureufes  qui. renferment  lafolutiom 
•   du  problème  ou  il  s^ agit  de  déterminer 
Jf  orbite  parabolique  Jtune  Comité  par 
ie  moyen  de  troi^\obfervationSj   & 
en  faire  voir  Pufage  y  pour  réfoudre 
ce  problème  de  la  manihe  la  plus 
^^mple  6»  la  jplus  ixaUe. 


Scpumhn  ijiim       183) 

L'Académie  fur  obligée  de  rcmct- 
re  le  Prix  à  1778.  Enfin,  dans  Ton 
ifTemblée  du  4  Juin  1778 ,  elle  par* 
agea  ce  Prix  »  qui  étoir  devenu  aou- 
ile,  encre  deux  pièces,  &  accorda 
*Acceffit  à  deux  autres.  On  \^$  a 
»ubliécs  dans  Tordre  oii  elles  avoienc 
;fé  proclamées» 
.  La  première  eft  de  M.  \r  Mar« 

Îuis  de  Condorccr.  Une  folurion 
ireâe  du  problème  paroiflTanc  im*- 
>raricable  ,  il  en  a  cherche  une 
iutre  }  ^  il  a  obfervé  que ,  s'il  fup- 
>oroit  une  quatrième  obfervatioti 
ïxaâei  très-peu  près ,  &  qu*il  cher-' 
:bât  à  &ixe  pauèr  Torbite  par  ccf 
)uatre  obfcrvacions  »  il  auroic  toutes 
.es  inconnues  par  des  équations  U« 
léaires.  Le  travail  de  l'élimination 
rtant  encore  très*long  f  il  a  confi- 
1ère  Torbitc  comme  reâiligne  ;  alors 
A  méthode  analytique  eft  praticable 
5c  donne  à-peu-prâ  la  poficion  dut» 
3lan  de  Torbite  cherchée. 

M.  le  Marquis  de  Condorcet  s'eil 
9ropo(è  dans  ce  Mémoire  de  n'cfs-s- 

Hhhhv 


]f34  Journal  des  Sf  avons  ^ 
ployer ,  pour  trouver  une  prcmiSve 
orbite  approchée ,  qu'une  nouvelle 
obfcrvacion  qu'on  (uppofe  <lifi¥rtx 
très-peu  de  ce  que  l'orbite  détermi- 
née par  les  autres  obfervarions  don- 
neroit  pour  le  mène  inftaArou  le 
même  lieu.  Cette  tuppofif ion ,  qu*on 
-peut  faire  toutes  les  lois  qu'on  a  plu5 
d'obfervations  que  d'indéterminées  p 
eftplus  commoat  pour  la  pratique 
qu'aucune  autre  méthoiie. 
:  Mais  TAureui  crai£(nanc  que  cette 
méthode  ne  fût  pem^être  trop  Ion* 
goe  pour  être  adoptée ,  il  en  expofe 
une  antre  par  laquelle ,  ayant  trouvé 
l'orbite  reâilignt  à^peu^prèsparcinq 
obfervattons ,  Se  regardant  cette 
l^ne  comme  une  rangent  e  de  Tor- 
bire  parabolique,  il  trouve  pour 
cette  orbite  une  première  approxi- 
mation de  laquelle  on^  petit  en  dé- 
duire une  autre  aiiffi  approchée 
qu'on  voêidra.  On  pourra  fe  con- 
tenter de  trois  obfervations  rigoiH 
leufes.  Il  fufira  d'avoir  lc$  autres 
à  ^  peu  -  près*  Si  IW  croît  pouToit 


Septtmhn  1781.       lS)5 

(e  pafler  de  cette  précaution ,  il  fau- 
dra quatre  obfervarions  esades; 
mais  il  vaudra  mieux  dans  la  praci- 
que  &  pour  des  raifons  tirées  tant  de 
la  faculté  d'obrervcr  que  de  la  fureté 
de  la  méthode  9  faire  enforte  de  n'a» 
voir  befoin  que  de  trois  obfervattons 
tx^ftes.  On  aura  donc  par  cette 
méthode  une  valeur  des  élémens  de 
l'orbite  parabolique  ;  ils  ne  difïére» 
font  de  la  vérité  que  d'une  iqQaotfié 
inappréciable  pat  les  obfervarions  ; 
c'eft  tout  ce  qo^on  peut  defiret, 
puifque  l'orbite  paranolique  n'eft 
pas  elle-ificme  une  orbite  rigoureufc. 
M,  le  Marquis  de  Condorcct  cfae^ 
cfae  enfuite  un  moyen  de  connoîrre 
fellipte  la  moins  allongée  qui  puiâê 
cadrer  avec  les  obfervations  9  &  la 
période  ht'  plus  courte  que  puitie 
avoir  la  Comète.  Toutes  ces  me* 
tbodes  font  analytiques  y  ce  qui  les 
tend  auils  fûits  que  peuvent  1  erre 
des  méthodes  approchées  v  on  pcit 
même  les  regarder  comme  luresab« 
foiiimem  9  puifqu'il.y  a  ,  brfqu  oa 

Hhhhvj 


c 


1836  Journal  dis  Sçavans , 

cherche  ces  approximations  fucccf» 
fives  f  des  moyens  de  coonoîcrc  Ter* 
rcur  iorfcfu'il  y  en  a  9  &  de  la  cor- 
riger. 

Il  a  cru  devoir  joindre  à  cet  elTaî 
Uû  travail  fur  les  perturbations  des 
Comètes,  quoique  l'Académie  n'eue 
rien  demandé  fur  cet  ofa^et  ;  il  l'a 
traité  avec  le  plos  de  généralité  qu'il 
a  pu  9  &  les  méthodes  qu'il  ezpofe 
font  telles  »  que  ^  pourvu  que  les 
forces  qui  aglflènt  fur  une  comète.& 
les  diftances  des  forces  qui  exercent 
CCS  forces  ,  ne  Ibient  pas  tn.même^ 
tems  comparables. cntr.elljes^  on  aurc^ 
le  mouvement  de  la  Coipètè.  Une  de 
ces  méthodes,  eflvtiouv.ellef  l'autre  a 
été  déjà  publiée  (  par  l'Auteur)  dans 
les  Mémoires  de  l'Académie  des 
Sciences  de  Paris  pour  1769;  il  a 
ajouté  fur  l'une  &  l'autre  méthodes  » 
pluHeurs  réflexions  qui  tendent  à  tn 
prouver  la  légitimité  &  Tufàge.  On 
voit  dans  la.  première ,  que  l'on 
peut  y  dans  tous  les  cas  9  réduire  à 
(quinze  le  nombre  des  éqiiwons  al« 


'  •  > 


Septembre  1781.         1837 

tronomiqucs  que  les  perrurbarionf 
exigent ,  &  que  les  autres  équations 
qui  ont  lieu  pour  Ats  approxima- 
tions plus  exaâes  font  dépendances 
deceiles-ia. 

-  Dans  cette  Partie,  l'Auteur  n*a 
cherché  que  des  réfultats  généraux  , 
&-méme  dans  la  première  qui  éroir 
le  principal  objet  de  Ton  Mémoire  \ 
6c  pour  ce:qui  regarde  la  détermina- 
tion de  l'orbite,  il  a  cru  devoirs'ar- 
fêter  au  point  où  il  ne  refte  plus 
qu'à  opérer  (ur  des  fondions  nimié* 
YÏques  ou  à  faire  des  éliminations 
linéaires. 

Dans  la  féconde  Pièce  couronnée , 
M.  Tempelboff^  Officier  d'Artil- 
lerie, donne  une  méthode  aifez  (îm-. 
£le  pour  nrouvcr  la  pofition  de  l'or* 
ite  par  des  obfervattons  peu  éloi- 
gnées entr  elles ,  &  il  en  donne  Tap- 
Slication  à  la  Comète  de  177 1.  Son- 
iémoire  renferme  à-la- fois  le  mé-!  ' 
rite  de  la  Géométrie  &  celui  de; 
l'AftroiiQftiiG  j  qui  fait  une  fcience 


^838  Journal  dt$  Sçavâns^ 

i  part,  dont  les  régies,  le^  difi« 
cultes  ,  les  befoins  ,  ne  peuvent  être 
bien  connues  de  ceux  qui  s*ôccu* 
pent  uniquement  de  la  Gfométtie. 

M.  Hcnnen  9  dans  la  première 
dés  deux  Pièces  qui  ont  tmVAcctf^ 
JU ,  établit  une  mérbode  indireftc 
fondée  cependant  finr  des  fonuolef 
algébriques ,  pour  rroorer  upe  orbite 
par  trois  obiervarions  ;  il  pro{A>(ê 
d^abord'drs moyens  pdurtiouver  le' 
lieu  de  la  Comète ,  o»  les  diftaficef 
du  foleil  à  la'  terre  &  à  la  Comètr 
fent  prefque  égales  ;  bu ,  s^il  n'y  aF 
point  d*obrervarions  faites  «mi  en^ 
^rons  de  ce  lieu  ,  il  donne  une  autre 
méthode  poiir  trouver  à«'peu^prj^ 
une  diftance  géocentriqoe. 

Moyennant  une  diftanee  de  la*' 
Comète  à  la  terre  &  au  foleil  »  M.* 
Henncrt  cherche  une  autre  diflance' 
par  le  fecours  c^iine  formule  peu. 
compliquée  pour  un  intervalle  de 
huit  bu  douze  jours/  » 
-  Avec  les  deux  diftaaces  hélioceii-^ 


Sipttmhn  lySi.       1^)9. 

triques  &  rtnglecom^>ri$ ,  îl  cherche. 
\t  tcms  dans  leauel  le  fcAcur  para* 
boliquc  a  été  décrit* 

Comme  le  ternis  calculé  ditfière 
prefque  toujours  du  tems  obfcryé^^ 
il  recomipence  lé  calcul  de  la  fc* 
conde  &  de  la  rroi/îème  opération  ^ 
en  augmentant  ou  diminuant  la  pre«^ 
mière  diftance  9  fçlon  les  circonf* 
tances. 

Il  choifit  la  plus  exaâ?  dc^  hypo- 
thèfes  moyennes ,  par  laquelle  il 
détermine  le  lieu  du  nœud  &  Tin*, 
dînai  fon. 

Il  établit  enfuire  trois  hyporhèfesi . 
Tune,  où PincUfiaifon  &  iejîeu dit 
ntEud  font  tels  qu*ils  ont  ^cé  trouvés 
par  Topérarion  précédente  *,  dans  la 
lèconde ,  îl  change  la  valeur  du  lieu  » 
du  noeud  ^  félon  certaines  règles 
conlervantVinclinaifon;  enfin,  dans 
la  troifième  hypôthèfe  il  fait  varier 
rinclitiaifbn  confervant  le  lieu  du 
noeud.  Par  ces  trois  hyporhèfes  il , 
calcule  le  lieu  du  périhélie ,  le  pa- 
ramètre 8c  le  lieu  du  palTage  aopé* 


1 


tt40  JoMrnat  des  Sçavans  ^ 

fihélic  Ayant  aind  difftrcns  rcfiil-. 
nrs  du  nœud  de  rinclinairon  »  il  en 
cire  les  correâions  qu'il  faut  appli-' 
quer  aux  cinq  élémcns  de  rorbite 
parabolique.  M.  Hcnnert  fait  Tap-. 
plicacioD  de  fa  méthode  ï  la  Comète 
de  1779  ;  enfin  il  examine  ce  quil 
&ut  faite  pour  réduire  l'orbite  para- 
bolique à  une  orbite  elliptique. 

Mais  c'eft  dans  la  féconde  Pièce . 
que  M.  Hennert  traite  fpécialcmcnt 
cette  queftion.  Il  examine  d^abord . 
les  méthodes  données  par  Ic^  Géo* 
mètres ,  Sffpécialpmenr  celle  de  M* . 
du  Séjour  ;  il   propofe  des  équa* 
rions  plus  Amples,  &  il  explique 
deux    méthodes    d'approximation, 
pour  trouver  les  rapports  de  trois 
diftances  d'une  comète;  après  quoi  il 
donne  des  méthodes  propres  à  cor- 
riger les  élémens  de  l'orbite  qu'on 
connoît  à  peu  près  ,   en   fe  fervanc 
de  la  vraie  hypothèfe  elliptique. 

Newton ,  dans  la  quatrième  Pro- 

fofition  du  troiHème  Livre  de  fes 
rlncspes  >  avoit  ébauché  une  mé<  ^ 


f\ 


Septembre  1781.       iZj^i 

kÎc  pour  corriger  Torbitc  parabo- 
ue  \  &  cette  méthode  a  été  per* 
lion  née  par  M.  Euler  ^  qui  en  a 
c  ulage  pour  torriger  rorbite  pa-* 
)oliquc  dans  (on  Ouvrage  intitulé  9 
\eoriaPlanetarum  &  Cornet  arum  ^ 
pour  corriger  l'orbite  elliptique 
ns  les  Recherches  fur  la  Comité  dé 
6^.  L*cfprir  de  cette  méthode  rc- 
rnt  à  ceci.  On  prendra  trois  ob«' 
vat  ions  différentes  de  celles  fur  le& 
elles  la  théorie  de  la  Comète  ap« 
>chéc  a  été  établie.'  L*on  fêta  trois 
'pothèfcs  fur  h  longitude  du  nœud 
l'inclinaifon  de  Torbite  ;  on  dé^ 
'minera  les  diftahces  de  la  Co« 
ète  au'foleil >  les  anomalies  vraies 9 
uires  des  feâeurs  relativement  aut 
>is  ob  fer  varions  9  pour  en  déduire 
i  tems  dans  lefquels  ces  aires  font' 
crires.  Si  ces  rems  ne  difFéroienc* 
s  des  tems  obfervés  ,  l'orbite  feroic 
aâej  mais  comme  cela  ne  peut' 
lères  arriver  9  il    faudra    former- 
MX  autres  hypothèfes ,  &  en  dé-' 
lire  9  delà  même  manière  que  danr 


r 


&  Ih  C«^.  as  < 


Septembre  1781.       184) 

"ne  font  pas  afTcz  exaâes  ;  il  vau< 
mieux  déduire  dircâemenr  de  d^ux 
ilémens  corrigés  les  trois  ou  quatre 
antres  élémcns  félon  la  méthode 
même  9  fur  laauelle  toute  cette  re- 
cherche eft  fonaée*. 

Lestnécbodes  de  M.  Hennert  font 
appliquées  li*  des  exemples.  &  l'on 
Toir  qu'elles  font  géometriaues  ^ 
iîmples  &  commodes  ;  il  choiiit  les 
procédés  indirefts  lorfqu'ils  font 
plus  fimples ,  &  il  nous  lèmble  qu'il 
a  raifon.  Enfin  y  le  Recueil  dey  Pièce^ 
que  nous  annonçons  »  contient  de 
tous  les  genres  de  méthodes  \  celles 
de  M.'  de-  Condojrcct  font  une  ana- 
lyfe  plus  traofcendante)-  celles  de 
M.  Tempclhoff  font  une  analyfc 
plus  applicabk;  celle  de  M.  Hen« 
nert  tiennent  encore  à  l'analyfe^ 
inais  elles  fe  rapprochent  davantage 
des  méthodes  employées  par  les  As- 
tronomes \  l'Académie  de  Berlin  ne 
Eouvoit  faire  mieux  que  de  les  pub- 
lier toutes  pour  le  progrès  de  la 
fcicnce  des  Comètes. 


Comète 


Kâ^m^, 


;  Herfchel,   le  13   Mars^  t^  ^ 

i  continue  d'obferver  avec  (oin  à  F 
ii*ait  pas  paru  avant  les  travaux  < 

.  nous  venons  de  rendre  compte  1 

1  préfcnte  en  cfFct  un   cas  très  G 

]    i  lier  6c  qui  ne  s*étoit  pas  encoi 

!4    [  fert  dans  les  calculs  des  Corn 

'^i    \  fon  mouvement  a  été  très- petit 

j  il'y  avoit  quatre  cordes  &  q 

i  mrcs  de  paraboles  diffërcnres  > 

r  \  deux  aUez  proches  du  iolcil  &: 

I  'i  trèséloignés.  Chacune  des  quati 

j\    '.  rabolcs  fuffifoit  pourrepr6fcntc3 

l\    [  tervale.des  trois  oblcrvations 

Ci'.  TAbbé  Bofcovich  a  compofô 
fujet  un  Mémoire  qui  fera  fans  < 


Septembre   I^Sl.       184; 

mécbode  s'appliquera  à  Act  obfcr- 
irations  éloignées  de  pluHcurs  mois  9 
par  la    (ÎoidIc   rérolurion  de    crois 
triangles ,  lorfque  la  Comète  aura 
ité  plus  obfervéc  à  Toccidenc  du  fo« 
Icil.  M.  de  la  Place  a  auffi  fait  un 
Mémoire  fur  le   même  fujet  ;    «u 
jtfte ,  cette  Comète  ne  pouvant  man- 
ûuer  d'être  vifible  pendant  plufîeurs 
années ,  on  aura  tout  le  tenis  d'ap* 
profondîr  la  fingularité  qu^elle  pré- 
fente. En  attendant,  M.  Méchain 
en  a  découvert  une  autre  le  18  Juin 
dans  la  grande  Ourfe ,  dont  le  mou* 
Vement  eft  plus  rapide ,  &  dont  Tor* 
bite  a  été  plutôt  déterminée  ;  elle 
iera  la  66^.  des  Comètes  connues 
jufqu'à  piréfcnt.  Le  28  Juin  au  foir  » 
elle  étoit  à  145  ^  d'afcenfion  droite 
&  à  ^3^  de  déclinaifon  boréale  9 
i-peu^près  le  3  Juillet»  à  i S )  ^  d*af« 
cenfîon  droite  ,  &  à  5  3  ^  de  décU*: 
li^ilon  ',  M.  Méchain  cft  occupé  à 
calculer  les  élémens  de  fon  otbicc^ 
Î^Extrait  de  M.  di  la  Land$.'\ 


^•^    «.  •  •  k 


'  ifttfK.  1781.  tot^i^  **^8%  '  ". 


CB  n'eft  point  id  un  Je  tét^lU^^" 
Sf  rcs  d'Artthmédqtie  ordftiattra^ 
lift;  l'on  lépère  des  t%lel  triradteè. 
ihnpriœécs  déjà  fous  cent  fermes  &S^ 
flh«ntes  :  rAiiteuriTélèf  e  à  dcif  tfaiéo«' 
fies  neuve»  &  chcfcbc  à  le-  fifigr^^ 
tié  nouvelles  routes  :    «  rAiitli»^. 
méti^itte  ordinaire  «  dit<*S  ^  viCwKÀi. 
toujours  paru  une  (ciencé/incomf. 
plète  :  oolîgé  de  m'arrèibr  «prêt; 
avoir  appris  rAddition,  I»  Multt-> 
plication  9  t^  leurs  opérations  invet» 
ftsy  fétois  étonné  que  IkpuîffiinéiéiF 
iîon  me  préfeotat  tantdedmcultés^ 
&  auçuii  Mathématicien  ne  m*ei 
expliquoit  la  raifo9.  L'AIeèbre  tsCpl 
fioit  un  ^rand  nombre  cn^pératidf 

3ui  n'étoieot  en  aucune  manière 
évcloppemeot  de  celles  ^ue'|*iivr 
ifei  dSÉhs  rAtuBméâque.  J 


Sepamln  17X1.       114^ 

tables  de  Logarithmes  m'eflFrayoicnC 
par  leu^  loogueur  Se  la  difficulté  de 
leur  compoiîtion.ellesm'humilioienc 
eace  que  l'étois  fâché  de  ti'avoir  pas 
la  faculté  de  faire  faos  elles  les  opén  >• 
tions  d'an  degré  plus  élevé  que  la 
Mttlriplicafion.  La  Géométrie  &  le 
Calcul  tnfinicéfimal  m^offroient  des 
diâîcultés(àns  nombre&  des  rapports 
dont  l'Artchmétique  n*avoit  donné 
aucune  idée.  Je  me  fuis  replié  fur  mes 
principes  8c  j'ai  cherché  à  les  géné« 
ralifer,  mes  recherches  ont  eu  un 
fiiccè&qui  a  été  au-delà  de  mes  e(« 
pérances  9  &  j'ofe  croire  qu'elles  pour* 
fontcttc  utiles  aux  Mathématiciens»*» 
,  Par  exemple  ».  TAureur  voulant 
fcndrç  la  Multiplication  auffî  aifée 
à^taire  querAdditioo,a  imaginé  une 
numération  dans  laquelle  ks  chiffre» 
qui  compo&nt  f exoreffion  d'un  nomii 
bte  repréfèncent  des  parties  de  ce 
liomhie  qui  doivent  être  multipliée!' 
ies  une  par  les  autres  ;  alors  en  éai-« 
mat  fttcceffivcment  chacun  des  pro«' 
allies  paiticb  à  coté  les  uns  âetbi^ 


(oc-   1 


•       -1  -a 


te 


t  aeiot  j§tK  ^  Quùxiut  iuz  éi,  eu. 
w  a&ima^  Qmmc  !'Ouviagc  r  a 
pair  èîé  t»pi|jÎ!p  &  qitc  ^édition 
o^^t^  épiiîiBtj  M.  MagcUafi  a 
Oj  la  pobc  flc  iûit  un  Abrégé  ^ic 
:s  Pri&dpes  &  ic  cette  ThaaMÉji^Bi 
Stftcmtiu  ttii    '    . 


H>f> 

<^ti  JoHTftU  ,  qui  M  p 
.  iL^^il  .ic  Mémoires  8c 

Il    1 

"■■'"^ 

ut  être  a(! 

;ui  cflèbf. 

M.  Me 

■  (crvJCc 

[H  '  > 

rnocc 

-1   D( 

m 

-unie  ; 

■m 

xtriel 

■  Stpttmbrt  I  -?  • 

1 

de  la  nouvtlit  c-^v.: 

nièrc  plus  ttît::  :     . 

»    »• 

aillée  que  r  c  .  •     i       • 

', 

d.  Il  diftingjî  .«  .:-«.. t.. 

î  ,ou  la  quér:  •*   :  . 

> 

:ç  ptopr:  a  ccàc  -    -- 

- 

iltur  Jftnfu.'.  .    '  .     .. 

■ 

jmcntaiie'    et    '  .    , 

ulcctransf^  j  '»-    -    -    - 

- 

s  indiqiitr*  ,    ' 

uilibre  conir  i  L-l  ...  • 

»ir;   il  cta:^.  .   c;;.-    . 

1 

« 

■ 

ais  cornnït  I^ti  r..w:..    ■. 

i&abftra  '  -  law...  w 

* 

fimpitn*:: 

Si  ïo"    prv-r  "1  : 

tiaofFcc  i  :c  •  lî 

« 

■ 

3*^  dti  tcicii^i^u.-  '.    -' 

• 

.  àiacoïâgc-ifc...  I . 

'  1 

IJ^  i  rr**  s  n  -'-.-  ^ 

.' 

us  d'eau  a  't.     ,    .    .'• 

•  '* 

^0  ^  1  C^  (j  ^.  .*^,    •'.         ,. 

!..    ,..., 

IIS  de  V^  M  - 

-■  '  •  v<.>' 

HI  C4».t  ^   ,'-^.-  î    -  • 

fi 

hciciif».*//^»' -—-»*'  •     . 

^ 


Aoi 


à  ^^'^tU^o  *<i\1*1  AT^* 


ttO 


oVk 


\ei 


StpUmhre  î^Si;       làjj 

chaux  d'étain  contient  onze  fois 
moins  de  feu  que  Teau  ,  Tair  arnio& 
phérique  dix-'huic  fois  plus^  &  l'air 

^phlogiftiqué  quatrc-ving^içpcfbk 
plus  que  l'eaUé 

M.  MagcUan  obfetve  que  la  di& 
fêrencr  ttixtt  la  chaleur  fpécifique 
dSin  corps  âuide  ic  celle  du  même 
;torps  dans  un  érar  folide  ^  eft  très« 
^nfidéirable.  De  l'eau  à  5701  decba» 
.  leur  étant  mêlée  avec  de  la  glacé 
piiée  y  l  parties  égales ,  le  mélange 
cft  auffi*tôt  i  la  congélation.  Les 
Difciples  du  Doâeur  Black  appel* 
lent  chaleur  launtt  ou  cachée,  cette 

Crtic  de  feu  mie  Teau  a  de  plus  que 
glace.  Le  Dodeur  Irwine ,  Pro- 
fefleur  de  Philofophie  à*  Glafco'T^ 
pcnfe  que  l'eau ,  dans  un  état  de  va* 
I  peur  j  poflede  encore  plus  de  cette 
chaleur  latente,  M.  Black  dit  que 
la  chaleur  fpécifique  de  la  vapeur  eft 
àt  3  50  degrés.  Il  7  a  des  Phyiiciens 
iqui  prétendent  qu'elle  en  a  400  de- 
grés de  plus  que  foùS  la  forme  d'eau  ( 

c'cft  le  fentiriMsac  du  Dodeur  Le(Ue» 

1»  •  •  •  •  • 


^S^^s.^^:^^ 


ti^V»?^^^  ^ 


f    \ 


rcfpire,  ÇcjTffi  ^9<ljcinc:  Jjaroîc  (  M. 
qu'une  pfppQiidgD'd'ËMçlMc^ 

recevoir  le  phlogiftique  \  m%f\^ft 
cni'il  k  dégagç  (1^$  «rps  îfîfl«mmâ- 
dIcs. 

^ilprd  M^h^n  'fof  Im  prîpâpcs  de 
l'iÊleariçîté,.     .^. 

4».  JU  dcfpîf  tLpn  ^ff  fhfSno- 
inètfe$  Ici  plu^  prpj^rcs  4  çpi  cicpé- 
jriencfj. 

Doâeur  Black  d'Edimbqufgf.,  avoic 
fait,  dès  1757  9  la  découverte  dé  la 

gnagede  M.  ^nn;  maUs'oçcupilpc 
à  la  pfriçjflipnncr  tji  filepi;^,^  \W 
été  deyaoçé  par  la  f^g^cif^  U  If  s 
xecbercb^^  disiMp  ^Ucl^  t-of*  %  ij^à 
vu  bkn  (iqtf^  Joig  dap^  rhi^QÎrc*4!?s 

Sciences  les . Anglp^  wvcqdiqwf  fe» 
4écpijycKe«,  des'  ^^sgtp^jmmK  i  -  û 

1 1 1  i  |1V 


Scpumhre  1781.        1857 

tout  il  retrouve  la  plus  grande  ana- 
logie. Les  animaux ,  les  végétaux  , 

•  font  formés  de  folides  dans,  lefqucls 
'  circalcnt  dhffercns  fluides.  Ces  flui* 
"  des  nourrîiTent  les  folides  &  leur 

donnent  de  raccroiflement  :  &  ce* 
pendant  les  mêmes  iolides  ceilent 
d'êtres  folubles  à  l'eau.  Cette  info* 
lubilité  leur  étoit  nécéflajtey.puîP* 
qiie  ce  font  eux  qui  donnent  oc  la 
'confiftance  à  ce»  belles'  machines. 
Elle  vient  de  la  limphe  glurineufe 

2ui  ne  fe  diflbut  point  dans  ce  fluide* 
)ette  limpbe  fe  dépofe  par  lames  ^ 
^ar  petites  couches  y  Se  forme  le  riiTu 
cellulaire,  qui  compofp  toute  la  par* 
ffe*fiftlide  des  corps  organifés.  Entre 
•ces  lames  eft  dépolée  une  autre  efpèdt 
'de  limphes  qu'on  appelle  gelarineufd»' 
Celle-ci  n*aahère  point  au  tiflti  cei« 
Ibiairé,  &  peut  en  être^iépatée  par^ 
}t  méytn  «de  iVau^,  fans  ajrércr  pour 

•  àitifi  mre  le  cbmpofé*  La  Nature  en 
'scéfoYb^  elle-même  une  pari;iéty  «bec 
*les  anîmàiik  cnaflades  :  cp  qui  ed  ki 

nâi»  de  U  inaigreur'qui  «çcoropé; 

1 1 X 1  y 


•giie on ^«  fintlcf  gniTcs  ScloiimHS 
4BaUici»  Od  tfoave  4ioë  miîâeaie 
iUifianoc  daof  let«»«  Ccft  kor  ten^» 
-aiil  petit  égtkioQDr  erre- 4cfrfpcîc 
'4dam  k  ois^  de  ntUdié.  Cette  ten  e 
«eft  od'^ompoft.^  <cnf  calcaire  & 
rdlKide  pb<»fpfaMk|iic :»  qui  y^eil 
«èsafaoMam»  Ofe  f  timve  i^. 
4ca|KaM>  dmfnfix$i  \%H'fV^  £cr<  « 
4bimniii^A«0mr.^  k  tkii  ifc  k  pHo- 
tné  AmOàÙM  ^  cars  itiftKttiHa 

/  L'Ancrar  fiffis  ^wkm  «to  difiî- 

ki^  jfloar  il  «amîbe  k  9Mu^  4^ 
«liiit  lo  joialfk»  ^'0i;<>nt  f^irik^ 
CbiÉiilk»  .  modonM*.   |t  ;f*«uaci\e 

wiliftércsi .  pu,.  Qh  /  Xiqu^fiifr  foqt 
compoficii  d*<Mi»  «ik  W^  9  ii*âir  & 
nile  ^  t^-NamrQt»  fcép^ré  qpus 
•«s  pnQf:t|>ei  j  l'çWi  A  Ik .  «wa  fivit 

':ce  n'cft'ptsrfciikqfifW  ^fif'  cpmmmi 

.4c  rai!nioiph)èrrV«i#  4mi»'k«4}|^ 


Sipttmhre  .17S1.'  tSf9 
,  tant  d'aboncUnce  dans  Ton  fçin>  La 
.  marche, de  k  Nat^te  eâ-bien  a4- 
_  iniiiblc  ï  cet  cgar^nlA  picfcocc  des 
apiniWJij  U5cxiUUirons.pu[Tid9Sj8c 
Siipér^u  pÛogiftiauent  Cngulièce- 
m^oc  l'ail*  ic  lenaent  impur;  Ut 
.  vi^f ^tux  abforbcDC  ccraiT,s'appto« 
.prient  çc  phlogiftiquc  pour  en  tor- 
..lïtçr,  des  Icls  &  des  huiles  :  &  bien- 
^  rôfle  r^fldfnt  déphlo^iftiqut  U  Jt  « 
iloDC  excès  de  phlogiÂique  chez  les 
aninutux,  dont  ils  fc  d^^arf^iTcnt 
iàoscçHe,  &  lei  végétaux  au  contraire 
,  en  ^^^orbent  cpatinue^lcmcuç.,  Ce 

.feu  qui  ^  coipbiije,  [vm:  le  ^VÎde 
.  élcâsitjjWf  fie  pfvl'Éli^pidç  :ia 
iBmi&fi^ 

M'  P>  *  HRC  Qpipipp  p9^if)il{âre . 
.  fiiricsi^^jçsâqiiruijZj  «ijnepai^îc 
■  MfVf  pit*n,  qu'jon  pil(Ic,-fie  |\as 
.  ft  Adawue  Àtf^iixi,  fmipuws.  Le 

„  «  cil  ^oçftïuit  pofiHiv  t^tis  \^  ,9'Bft* 
,  P>  nps  -qui  piépiiçqi  upe  lH)")f  M/Ç  /<^' 

I  i  U  vj 


'  Ade  h >îè /'fli^ riibàyenwnt  (fe  Al 
'  ^foitt'  iséàdSoPlm^  htft'vM  «afiJe. 

*  •>:««  feia  rii-fo»u-tâ  i|aoDB.ét  CRHI 

•  •âontellefutléVk&^iiepsat.êtte 
<  »  rëii"^  là*1mikièfe  ;  lè^Ktt^MkttW» 

.    ^  ■fckiiÉ'^1  failli!  Am,  *  '■''■    "  —  >•-»:> >i   ^; 

.^'piniiiiinniw  oc  icots  «icHwjuHftnfc 

'  ••  lék ;  l%{fitr > l^ntda-vtn ^mâft 
-  animale  de  Dippel.  •>  Il  txfaiir  ^bê 
'  n' 'nature  âe  ces'  éfptitr  appfbcKè 
'  beaocoop  de  celle  de  fe^t -lig- 
nai avec  lequel'. iCcltti'd-  a  la;  ptfas 
erandéttâiilofrie.  iCei^eut'  dprits  !b> 
iiiieoc  tei^âiMât  fur  It  ctfqftiià- 


•  r     .* 


icfit  leiiir  aflaf^£  la  force  &  de  la 


Septembre  1781.       18^1 

tUé  eft  mou  &'lâche  ;  fa  fibre  s'em« 
pâte;  les  qualités  intelleâuellcifouf- 
irenc  également*  «  Les    Eunaques 

'  À  (ont  les  plus  vils  des  hommes.  1» 

M.  D.  penfe  que  la  reproduâion 
des  drres  vivam  eft  une  crpèceMe 
criftallifation.  La  même  force  (}oi 
ïapprocbe  les  partiss  delà  matière 

' incmmée  !  pour  former  les  belles 
criftallifations  minérales ,  les  deti- 

~  drites  j  les  artères  de  Diane ,  réunit 
également  les  élémcns  de  la  mi« 
tiere  vivante  des  liqueurs  proliô* 
qnes.  De  cette  réunion  eft  formé  le 
TOtiis.  i<LeS  vers  >  les  ceu&  ^  ne  font, 
nfuivant  Jui,  qu'éloigner  la  diffi- 
n  culte  :  ou  il  faut  des  germes  em« 
H  boites  les  uns  dans  les  autres  de- 
i^  puis  le  premier  individu,  ou  ces 
»»  germes  font  produits  parles  forces 
Mvitale^.  L*abfurdo  de  la  première 
Wopiniôn  eft  Vifible.  D'ailleun  on 
I»  tîe  peut  rendre  raifbn  de  la  reflète- 
^  blànce  confiante  quM  y  a  entire  tés 
9>parens  &  les  enfans.  Ceft  un  ftlis 

'  ^^u'on  ne  doit  pas  perdre  de  Ytkt 


c 


i%6i  Journal  JesSfava 
p  Chaque  peuple  ,  cbaqi 
itfoD  génie  pïtciculier  & 
itble  ploi  ou  inoins.  R 
m  dite  que  les  gcrnus  l 
M  duit  dei  forco  vitalei 
ndatioiu  fpontanécs  .a 
viiouidliui  beaucoup  d 
du  premiei  oidre  «  oç  li 
pouvoir  s'expliquer  que 
.  Callifarion. 

PalTant  cnfuiie  «ut, 
trices  qui  animent  Içs  c 
ici,  l'Auteur  crqit  çp 
.  troii  principales  -qui  xi 
le  mouvement  dans  ,çe^ 
. chines;  l'aâion-^  réi^ 
lides  ,  .la  dilatation  Sf. 
.de  iair  intérieur  qu'flJ 
ncnt ,  &  enBn  l'aâiOD 
capillaires.  Il  fait  voir  t 
grands  animaux  l'a^titMi: 
a  la  plut  gtande  éof  rgi 
.  ventent  du  ctsui  &:de 
,çp  ne  peut  paf  plus  { 
Qu'on  en  ju^  pai  la  n 
«K  i  uouvoUf  fie  U) 


r\_ 


Septembrt  1781.        186} 

immenfesqui  (^  préfenrent  de  routes 
parts*  Ce  mouvement  eft  une  luire 
de  rirritabiiité ,  donc  l'Aufeur  ad  * 
mec  l'cxiftence  dans  toutes  1  es p^tvrs 
du  corps.  Uair  intérieur  que  la  vi- 
ciffitude  continuelle  de  chaleur  fie 
du  poids  de  Tatmorphèrc  cendenfc 
<&  dilate  alternativement ,  vicn^  fou- 
Jager  la  force  du  corur;  enÇn  9  dins  If  s 
extrémités  des  vaitFeaux  la  force  <m\ 
Élit  monter  hs  liqueurs  dans  :Vs 
tuyaux  capillaires  doit  beaucoup  sui- 
der. Chez  Tinfeâe  ^  Tair  paroît  joufer 
un  beaucoup  plus  grand  rôle,  i^a 
tiaturélui.a  donné  des  vaifTeaux  p^r- 
.ticuliers  noipmés  trachiiS  ,  pour  Ja 
circulation  de  ce  fluide  ^  ils  accona- 
pagncnt  tou^  jes  autres  vaiiTeau^  , 
&  ,  pat  leur  mouvement  continuel» 
.  folltcitet^ la  circulation  desliqueurs 

3ui  y  font  .contenues  ,  &  que  jH^ps 
cure  les  forces  motrices  des  iali4cs 
ne  pourroient  feules  ofki^u  £Â@n 
dans  les  végétaux  lén  découv re»:lc 
même  appareil  des  tracjbees  ,  i^Ài 
-i^^i^  Tau  eft  ca  jeu»  JU  p^iocit 


t 


iiéA  Jot^nàt  des  SçÉ^ams , 

'pale poiflbtice  monice.  VihCeût  le 

'  fipproche  4oiic  bc«uc6up  dir  vé^ 

tm  '*fêt  (èà  àrganiâiciofi  :  auffi  cto 

*ir0foiii  noiif  qudqt»  çfpècer,  ooin- 

-  Hie  ft  poifpe  9  fc  ireprodtlie  de  la 

'tnêne  manière  que  les  V£g£ratizw 

Vil  gitad  anunal  qu'on  codpercAt 

*  ifeô  demftMt  mort  iSc  chaqne  pâi^ 

'  1$e  dô  voUpe  f^rend'vte,  cdmaïc  an 

-Ifégfral  dont  on  vdit  faire  des  boâ- 

fores.  M.  'D.  prend  occafioir  de  cts 

idées  pour  aâf  oàner  Técheltç  de  la 

'  narure.  U  tklie  de  fuivrc  toutes  les 

'  nuances  qu'elle  obferve  en  partant 

'  du  prraiier  ordre  des  ahimaux  juC- 

3u  au  dernier  végétal  ^  6t  il  finir  en 
ifant  :  Kles  poH^es  dVaa  douce 
'  »f  ont  une  orgahrlàtiôti  tbùre  di£Fé« 
>»  rente  de  celle  des  autres*  i(ttiniaux« 

4 

#  &  fe  rapprochent  beaucoup  plus  di 
i^v^étal.  N*y  auroir-il  pas  des  W 
'  #gé'tdux  organifîs  dhflR^èmmcnt  di 
^'  n  autres ,  &  adprocbarit  frhis  du  no 

i^'niral}  ce  Kroit  coim>rme  à 
'  '  irmarchc  dé  la  nature,  i»* 
*'•    iToutàf  <£r  %écttlatio&s i  i? 


t 


s 


Septembrt  1781.       'tti^ 

quelles  plulîeurs  aufrcé.Phyficficnè 
&  Naturaliftes  ftiodcHits  fc  foht  li- 
vrés avec  complaifance  «  ainfi  .oue 
M;  dcPk  •  Mcthefi  c ,  T06 1  aiÇû^cm^t 
fort  BellbsV  niais  qûcttoiï  ijyrea* 
^oàcèllds  »  tatit  quVUes  ht  feroAt 
as  appuyées  fur  le  gramJ' nombre 
lobferyarioDS  exaâes,  fie  et  iaiii 
tiTeutiels:^  néceflaires  pour  couvain* 
tré  & fiibjugu&r tièsbèns cfprits ,  ic 
^ùïît  nos  cohnôiuahces  font  iuCoit 
fièlpignéèi?  '  ; 

HtMOtR  S  PhyJùiM$  .&  MidU 
jcinal,  moniri^nr  dés  rapports  M* 
dcifis  i/ifri  les  phénomènes  dt  Aç 
Baguette  divinatoire  ,  du  Magnl'- 

fne  &de  PEUSficiti  ;  avec  dh 
laircijfemens  fur  Vautres  oi^ 
^  jets  non  moins,  imponans  qui  y 
font  telatifi,  Par  M.  T  *  *  * ,  Dofc» 
teiir  en  Médecine  de  MontpèU 
fier»  &d'  A  Lotf dres  ;  &  fe  rrbuf e 
^:4  Pa^is,  cflici:  Did^  le  |c^. 


i>  ' 


■'rir«o^tf«''"r?i  ton" 


Stpumhn  1781.^     i8$7 

certains  individus  de  refpèce  hy* 
maine  9  qui  (bnc  or^^anifés  de  m^« 
nière  qu'ils  (entent  Timpredion  df  s 
oaux  fouterraines ,  furcouc  latjT- 
j^u  elics  font  courantes  9  non-lèulf- 
ment  par  les  naouvemens  que  fs^ic 
une  baguette  de  coudrier  qu  ils  ricn« 
ncnt  dans  leurs  mains  ou  fur  leurs 
mains  9  mais  encore 'qvri«  comme 
un  certain  BUton ,  qui  a  donné  lieu  ï 
rOuvrage  de  M.  Thouvcnel,  n  oot 
]>as  b^foin  de  baguetre  pour  ièn^it 
rimprcflion  des  courans  d*eau  fou^* 

terrains.  L'Autcur.explique  cette  Im» 

Sreflion  9  vraiment  iurprenante  par 
es  écoulemens  du  genre  éleârique 
ui  ont  dans  le  corps  dc^  fourcUrS 
es  aboutifTans  principaux  &  dérer* 
minés  y  des  émçnâoircs  particuliers  ; 
il  y  rapporre  la  .Médecine  prccendae 
magique  8c  empirique  des  attouche» 
mens  ,  exercée  de  tous  les  terna^  daçt 
r^rt  vétérinaire  >  &  aufli  fur  le9 
hpn^mes  par  quelques  adeptes  j|  hs 
maux  Se  pouvoirs  raufTcment^répu tés 
prcfligieux  où  hors^e  nature.  En  Ufi 


F 


l 


taiot  1  upafott  que  M. Thouvcni 
'  m  Ueu  de  nier  1é  réalicl  de  ces  (ïi 
'  ëemme  pftfqae  tous  les  Phitofop! 
'Phyâctem  »  tr*eft  ^  éloigné  tt 
'  «dmetire ,  8c  crotc  c|û'oti  pelK 
*  explÎQùdr  pa!r  Fiftion'  dès  tnatîj 
'*  éieânques  ;  tnarghérit]ues ,  &  d'i 
"très  fluide^  peut-être  encore  p 
'fiibtit)les'&  inconnus^  pirte  i 
'lèun  effets  iic  font  potilt  fenfit 
'dans  le  cours  ordinaire  descbo(( 
'-  &  ne  le  deviennent  goe  fti  on  c 
cours  dé  certaines  chconfiaoces  » 
ne  fe  rcncohrent  que  J^êxi!%'  àçÈ 
rares  &  extraordinatrei.'  Le  jphè 
mène  dcs/ouniérs^  que  lAui 
regarde  «  d'après  fes  propres  obi 
varions  &  expériences»  coaime 
tiéremcnt  cçYrain  &  avéré  »  cÛ 
cet  ordre  9  &  peut  répandre  ,  i 
▼ant  lui  9  de  nouvetlès  itimières  d 
les  fciencesnârurelles. 

Dans  là  féconde  feftion  , 
Tbouvehrl  expofe  en  détail  toi 
kJl'^obferVarions  Se  çzpériences  q 
a  faites  luimêmefur  le  nond 


Stpttmhft  1781.        18^9 

Bjfton  I  &  par  [«(quelles  il  a  acquis 
la  convid^ion .  la  plus  inrimc  de  la 
realiçé  dé  l'avion  des  eaux  fourer* 
faines  fiir  ct%  homme  extraordmairc 
&i,run  des  plus  étontis^ns  fourciers. 

3')l*oh  aie  encore  vu.  UAuteur  ne 
ôpne  dasis  cerce  feâion  aucuoi 
é^IaircifTçmenc  Tur  la  pçrfonne  de 
cç  fingulicr  individu;  comme  oq  , 
doit  pourtant  être  curieux  de  le 
cophpirrç  çn  lliapt  lc5  fait9  furprç* 
Dans  qui  le.  cpncernent,  voici  ce 

39e  nous  avons  trouvé  à  Ton  fujec 
ans  la  troifième  fcâion  »  qui  con« 
tiçnt  les  rapports  9^  certificats ,  &c. 
dés  autfcs  Oblçryatcurs  de  ^Ician^ , 

'#Ceft  un  pauvre,  pfiy fan  qu'on 
«iliiTe  n^être  ni  impoitcur  ni  cbarla* 
tap  9  &  4^^  ^*^  çertainen^ent  fl^$ 
refprit  d*êt.rç  ni  Tun  ni  l'autre.  Il  t 
été  élevé  par  chiite .  dans  une  dc$ 
Çhartreules  du  D^upbiné  ^  2^  vbiçi 
comment  ce  taiept,  (î  ç*en  eftun  p 
dit  TÂuteur  de  la  tcUclpn)  lui  a 
t^cpnnu.     .      '  .    . 

0  A  lagé  de  fept  ans ^  portant  le  ^ 


i 


iff  70  '  JomMl  ià  SfWMÉ  p 

dfcer  i  âk^  DbvriéW;  il  féRt 
pfcrre  o&'  Ik  fifirte  lé  prit  :  les  oû^ 
Wiets  r«yftttt  ^c  mettre  à  "' 
d^  •  là  fiévirt  c^  ;  iJ  YçtoL.^  ..^. 
pfufieun  teprilb  fut  li  ^etre  9  tcm?;  ; 
jéms'h  ûi^tt^^On  facôtitii  ctm^^ 
hUttAtt  m  t^rieur  èe  ladite  ÇIicp*  ' 
tntiQfj  qui  VÀdloc  bàrlm-iofèmen^ 

▼6Hf  mpétifctité.  com^îtiiétt  mût  k  ^ 
^f  ,H1  fit  etèon»  l^itt  ift  ménëi, 
irsy  tïoim  iifiè  ibtarce' doi V  i  '^^l 
-qix*t>fi^  àflUrè  i  l'fttifete  ée  h  tcla-  ' 
tiôti,  faîr  moâdfé*«DJb(iYdKtbititt' 
inèqiih.  \         ' 

€[&«);;  Ibhf  Ic$  rqftôrts  qti]  foi.  dod*  ' 
niéfit  («  propriété  ide  eo*nôîrreiqi!àh4 

y-aft  ftfr  rcau:çoatt[t!te . . . .  f  wr  il  "^ 

fatlt  flagelle  ftfît  cbaraWé)'  Untf  feT 
ir^  tie  bâgt^te  qoe  bout  fads&he 
1<$  .fpéaâraiirrsri  qijdqoi'cfeèeé  de 
bAîsMvrtr'cfcTôît  r  vèrd  ôii  fëè  •  cda 

Tl)ouvci\e\  9L  (u\t  Us  obièrvïâi>ns  6:  ' 
rlpétlétitki  <^ùVt«u^^àiL:.^ 


Sepumbrc  1781.       1871 

\t  lefqucll^^  nous  rcirvoyoïis  à 
i'Gtivragc  mém^  'Noiu  lious  Icrvî- 

^^11 'i^ultfMicbr ,  ^ôlif  ^n  donner  une 
idet^'.de  iVgpiWitt  qui  cft  a  larêtc 
dé  tr^feâioti  9  coAme  nous  avons 
fiiit  en  grande  [partie  pour  la  prc« 

^niiéfe.  ,  î 

'  M.  TbôUvcnçi  a-  obfcrvé  que  ce 
fMr  dt^  fyniptiiDes  nerveux  ,  fpaC*  * 
lAoÂiAtieis  8t  corivulfifs'  qui  s'excU' 
reht  latii  tti  individu  tôrpiîU  ^  com-  - 
itie  n  le  nonnme ,  par  la  préfence  de 
l'eau  j  tfiais  non  de  toutt  eau  fbii» 
têrraitte,  non  par  l'eau  (iiperficielle;^ 

aue  *lés  mouvtfmem.  de  la  baguette  t 
d^ïi  b6is  qùblconqité  9  fe  fônt  fut , 
fa 'doigta  éi  {\xt  ctctt  àt^  siiitrts 
pit  Ibni  feul\iteoudbemenf';\<^aè  la' 
râtltiôn  direâe ,  c'eft-4-dirê  â*ar^ 
rièrc  en  avant,  dé  cerre baguette  fur 
fOh  axe,  itidiquêle  fo^^er  &  le  trajet'^ 
db  fbtitëél  ;'  qp(t  la  ^dtation  'rétto« 
gradh  /dans  l^ldignetiièV^  ,dç .  :cef  • 
1  Jj^es ,'  fui\^aiic  tàné  ligner  queîcon;^ 
qm ,  iildfmrànt  Ie)ir  profbndéaV,  <lft  ' 

le'phènbmène  te'  plus  i^tL^x;  ^' 


.  _  .Mf    -'■•.    ~  *.■»'- 


1871  Jotttnal  dis  S'çaVam  ,  ' 

«ne  merveille  phyfique.  M.  ThoU* 
▼cncl  pcnfc  qu'cUc  [lent  l  l'cleari- 
ciic  tcrrtfttc  ,  (poficivc  &  négative) 
dont  les  iraînces  d'c%|i  lotit  les  coD' 
doreurs ,  comme  dans  L'acmofphêre, 
fif  qui,  fe  com^uniquanr,  mercn 
jeu  l'élcdriciré  animale.  Il  a  fait  dcï 
ifolemcns  physiques.  &  lies  iUSns 
chimiques,  quio;itliJfpcnduIcs  moi> 
?ejneiis  du  corps  &  ceux  de  Ja  ba* 
,  guette  ;  il  îpdiquc  les  expérience* 
qyi  rcftenc  à  faire  pour  mieux  cont. 
later  ia  çaciuc  des  émanations  avec 
le  méchanilmedc  leur  opêraTiun  lui 
ic's  fourciers  &  fur  leur  baguette. 

'.Dans  It'croifièmc  Ic^ipn,  ^, 
Thouvcnel  araflcmblé  tous  kspfOf  , 
cès-vçfbaux  ,  rapports ,  certificats  Sç 
autres  pièces  jultifîcativ'és  qm  lui  ont  ' 

a|^i&'nij^ia;v'i)Uitjï  adre^  dans. 


•  Septembre  1781.       i?7j 

rime  qu'il  a  acquifc  lui-même  par 
fes  propres  obfcrvations.  On  trouve 
ftuffi  dans  cette  fcâion  des  faits  ana* 
togucs  obfervés  fur  d  autres  indivi- 
dus tourneurs  de  baguette  »  qui ,  die 
TAutcur»  font  Se  feront  plus  com« 
snuos  qu'on  ne  pente  ;  mais  la  plu» 

Strt  fubaltemcs  &  loin  de  yaloir 
ieton  :  il  réiuke  de  pluficurs  de  ces 
Kiftoires  »  que  les  talens  de  ces  tour* 
Beurs  s'exercent  »  comme  on  Ta  dir^ 
depuis  loogtems,  fur  les  mines  & 
fiir  les  métaux  ainfi  que  fur  les  eaux. 
L*Aureur  tire  des  conftquences  & 
fait  des  appUcatiotis  du  talent  de 
tes  hommes;  ii  l'appelle  un  vrat 
don  f  te  indique  fes  connexirés  qu'il 
regarde  comme  toujours  plus  évi- 
dentes &  plus  Dombreulès  «  avec  lea 
phénomènes  éleâriques  &  magné« 
tiques. 

Les  Hiftoires  ,  Atteftations  8C 
Certificats  qui  le  trouvent  dans  cette 
tioifième  Seâion ,  font  en  trop  grand 
nombre  pour  que  nous  puifljons  en 
&ire  mention  ici|  voici  (eulemeoi 

Si/amkfH  Kkkk 


iSt4  / 


s*ax  axSos.  Je  ammi ,  4»  M»  C  « 


tous  ceux  qoi  rawiimicac  ^  ag6 
dTarriroB  loimuc<ipq  ans,  fim- 
pic  de  xnQOBS,  pJdB  de  eaBdeur 
&  tKS-înftxiRt.  Je  fâgpis  d^ignoier 
&  traité  &  je  lai  padaî  de  jSn», 
coomie  d'an  impoAeur  de  1  «&2ce 


Septembre  i7%u       1875 

•>  Vous  vous  trompei;  1  Monfieur, 
nie  dit- il ,  ]e  le  connois  beaucoup  i 
c^c  un  honnçic  homine  aue  fefti« 
me,  &  )*ai  les  mênies  lenracionf 
que  lui.  Sortez  de  Terreur  où  vous 
êtes  :  la  haxlté  de  connoîrre  leÉ 
(burces  êft  un.  don  particulier ,  que 
nous  tenons  Bleion  ,  &  moi ,  de  la 
Providence  ;  Jacques  Aymar  Se  Pa* 
rangue^  Tont  eu  comme  noui^ 
niais  ils  en  ont  abufé  d'une  manière 
bdieufe.  Confidcrez ,  Monfîeur ,  que^ 
le  rôle  d*un  bas  impofteur  ne  con- 
vient poitit  à  mon  état  »  ni  à  mon 
cïiraâere.  Ne  doutez  donc  point  jp 
je  vons  prie  »  die  ce  que  )e  vais  vous 
dire.  Nous  avons  ipùvent  opcré, 
ÈUton^  Se  moi»  dans  les  mêmes 
lieux»  6c  il  e(l  à  naître  que  nous  ne 
nous  foyons  pas  rencontré  dans  les 
ponts  lous  lelquels  paflent  des  eaux 
courantes  ;  nous  ne  pouvons  nous 
tromper  à  cet  égard.  [ 

•*  Quant  aux  profondeurs  ^  une 
infinité  de  circonftances  peuvent 
Dous  induire  en  erreur*,  &  ]e  con* 

Kkkkij 


s 


1876  Journal  des  Sçavans  i 

viens  que  fur  ce  point  ^  BUion  t. 
plus  d'expérience  que  moi.  Vous  re« 
MxixjL  9  Monfieur  9  le  mouvement 
le  U  baguette ,  comme  un  tour  de 
gibecière  ;  détrompez  vous  ^  elle 
tourne  réellemenr.  Je  vous  proreftc 
que  quand  je  fuis  fur  une  fource  8c 
que  je  tiens  une  branche  d'oHer^ 
snef  poignets  font  forts  ;  fai  beau.lt 
ftrter  ,^  elle  force  U  réfiftançe  que 
je  lui  oppofe«  Blceon  fe  trompera 
quclquctois  ,  quand  il  affignera  les 
profondeurs^,  parce  que  les  fenfa-» 
rions  que  pôus  éproqvons  ^  varient  | 
félon  la  grolfeur  du  courant,  & 
j'ajoute ,  fclcii  fa  rapidité.  Mais ,  i^ 
coup  lûr  ,  il  ne  fe  trompçra  jamais 
fur  rexiftcpce  de  l'eau.  Je  p'cntre- 
prendr^i  point,  Monfîeur,  de  vous 
expliquer  pour  quoi  je  fens  Témana- 
tipn  des  eaux  fouterraines ,  ^  pour 
quoi  vous  ne  la  fentes  point  ;  peut 
quoi  les  eaux  ftagnantes  m'affeâent 
beaucoup  moins  ;  pour  quoi  uqe 
;riviete  çtoduic  des  fenfàtions  fnoins 


i 


.  Squtmhr*  1781.  1877 
les  4^  la  terre;  pour  quoi  une  fource 
ÇO  Montant,  rïic  donne  un  mal-aile 

3aé  je  ne  puii  fbutenii ,  tandis  qu'ea 
cfccodatic  *  je  la  fuis  fans  me  fati- 
Suer,  je  fixais  que  dans  la  chaîne 
es  caufcs  Sx.  des  cfTets ,  il  eft  des 
points  marqués  par  l'Être  fuprëme  , 
OÙ  la  Pbilofopbie  &  l'igoorance  fe 
confondent.  Le  fait  exifte ,  je  ptotK 
vcrai  à  quiconque  en  doutera  ;  mais 
j'abandonne  les  laifonnemcns  à  des 
gens  plus  fçavans  que  moi.  Ccthoa- 
nêtcrncur,  ajoute  M-  C,  n'ayant 
befoin  de  rien  ,  rend  fes  fervices 
gratis  f  &  il  en  rend  beaucoup  ;  il  a 
eu  le  défagrcmcnt  d'être  cité  de- 
vant fon  Evcque,  comme  forcier, 
par  dps  Prêtres  montagnards,  qUÎ 
croyorent  aux  forciicg».. .  JVus  la 
'(àtisfaâion  1  dit  encore  M.  C. ,  de 
le  voir  travailler  &  laifonncr  avec 
BUton^  en  qui  il  paroît  avoir  une 
grande  confiance  >  &  qu'il  regarde 
comme  plus  habile  que  lui. 

"Autre  fait-Uncdemoiftllr  de  la 
même  paroiire.    appelles    Ciuirt^ 


M.  C.  tcuTc  B.  Te  trouvant  »  il  y  • 
fDviron  vingc  ans,  iffiic  dans  Ion 
jardin ,  tomba  en  défaillanœ.  Quel- 
que tems  après  »  il  lui  arrita  la  mê« 
me  chofe  «  ainfi  chaque  fois  mfcUc 
fc  mcttoir  au  même  endroit.  On  lui 
a  dit  à  la  6n  ou*elle  avait  le  don  de 
découvrir  les  (ources  ,  elle  prit  pour 
lors  une  baguette  qui  tournoit  pat- 
alitement  bien.  Elle  s'en  jeft  isxsi 
afTcz  avantagi  ufemc  nt  pour  elle  flC 
afTcz  long  rems  ;  mais  un  certain 
Mifiionnairc  l  apparemment  peu  ivS' 
truir ,  lui  fît  promtrtre  de  ne  point 
s*cn  fervir ,  ce  c^uMlc  a  obfervi  te- 
ligicufcmcnr.  Elle  n*tn  éprouve  pas 
moins  les  mêmes  fenfations  lorf- 
qu'clie  eft  fur  les  fources.  Voici  (on 
certificat.  Je  foufli^iée  cerriiîe  >  que 
sn*érant  trouvée  caiuellement  fur  une 
fource,  j'éprouvai  des  fenrations, 
des  révolutions  étonnantes ,  lufqu'i 
évanouir  :  ce  qui  fit  préfumer  que 
î'étois  fur  quelque  iburce ,  &  ayant 
pris  une  petite  verge ,  elle  tourna 
atre  mes  mains  »  avec  là  même  fàr 


^ciKté  ^oV^ttc  MKoir  pu  faire  oante 
^les  a'un  Sourder  \  8c  ayant  con- 
timié  dan»  la  fuîte  de  faire  des  re- 
cherches »  j'éprouvois  toujours  les 
snimes  fenfartons  »  ic  opérois  avec 
fiiccès.  J'attcfte  de  plus ,  que  depliis 
vingt  ans  »  quoi  que  je  ne  taffe  plus 
ufàge  de  ce  don  Q  y  ayant  renoncé 
dans  une  MifflSon)  féptouve  toujours 
les  mêmes  fenfarions  loifque  }e  nie 
•frouTc  for  quelque  fource.  En  fei 
de  quoi  ai  ligné  le  préfent  j  a  Sm 
JtaKûn  H^y^i ,  le  lo  Avril  1781. 

Cl.WLCh***- 

Nous  nvonschoifi  ces  deux  Hif* 
toires  entre  beaucoup  dautres  parce 

2ue  ceux  qui  en  font  le  fujet  ^  ne 
>nr  point  le  métier  de  fourcier  ,  de 
tourneur  de  baguette  pour  en  tiret 
aucun  bénéfice,  &  quen  cela  elles 
Jbmblent  ^mériter  plus  de  confiance 
^ue  les  autres. 

On  a  dû  s'appercevoir  que  dans 
ces  Hiftoires  TAutcur  n*a  mis  aux 
noms  propres  que  des  lettres  iniria- 
ks}  il  en  a  ufé  de  même  pour  toa* 

Kkkkiv 


'  t 


I' 


1 1 


i' 


|8S#  JoufMt  Jês  Sça^ans  f 

CCS  les  autres  ainfi  que  poof  les  ce 

tificats  Se  atteftations  ^  oitVoTï  trou 

parrout  des  lettres  initiales,  av 

des  points  8c  des  étoiles.  M*  Tha 

venel  dit  à  ce  fujec,  «que  quoi  q 

le  nom  des  perfonnes  fe  trouve 

toutes  lettres  dans  le  Mémoire 

M.  C.  &  dans  fa  correfpondanc 

cependant  dans  la  crainte  d*cn  c 

Iboligcr  quelques-unes  9  il  a  cru 

t  devoir  les  citer  que  par  des  inic 

.  les ,  mais  en  laiflam  fubfifter  en  < 

fier  le  nom  des  lieux  où  fç  lont  ( 

tes  les  épreuves •••  d'autant  qu 

I  matière  de  Phy/ique  i  les  npm& 

.  I  font  rien  aux  faits» 

,  \  Nous  oblerverons  à  ce  fujet ,  c 

311  and  il  s'agit  de  faits  ,  qu'ils  foy^ 
e  Phy()que  ou  de  toute  autre  efpè 
;  f  .les  noms  de  ceux  qui  les  atrcft< 

:  I  comme  témoins,  (ont  toujours  n 

\  I  eircnticls  à  connoître  ,  parce  qu 

^  .  influent  beaucoup  fur  les  motifs 

.  croyance  »  &  que ,  furtout  dans  i 
.  affaire  comme  celle-ci  ^   dans 
.quelle  on  ne  peut  guère  ^voir 


^ 


Stpumtn  17S1.  1S81 
xaifôn  de  ne  le  potDt  nommer  en 
aiteftant  ta  véiité  ou  ce  qu'on  croit 
£trcU  vérité,  M.  TbouvEncl  turoic 
obtenue  bellement  la  permiQîoa 
d'impiimer  ou  toutes  lettres  les  ooms 
de  prcfque  toutes  les  perfonnei  qui 
lui  ont  communiqué  &  certifié  Ici 
£itis  qn'il  rapporte  >  &  celaauroic 
&it  un  bien  nicilleui  effet  que  Icf 
lettres  initiales  ,  les  points  8c  les 
étoiles  qu'on  rencontre  à  routes  les 

Pages  de  fa  troifî^me  Sci^ion.  Nous 
exhortons  donc  à.  réparer  cet  incon- 
vénient dans  une  féconde  édition  , 
la^aclle  probablement  ne  fe  fera  pas 
beaucoup  attendre  i  caufe  de  la  nn- 
cularité  de  la  matière  6c  de  l'incS» 
ict  qu'il  a  fçu  y  répandre. 

A  l'égard  du  fond  delà  chofe,' 
DODS  croyons  que  le  mieux  dans  des 
t^jets  comme  celui-ci  ;  c'eft  de  ic 
tenir  égjlement  éloigné  de  la  crédu- 
lité  aveugle  de  la  plupart  des  igno* 
rans  »  &  de  l'incrédulicé  quelquefois 
trop  préfomptuGulc  de  ceicains  Sça- 
■       '     ■  KkkJtv 


1  îii    Jùurhal  des  Sçavams , 

vans,  &c'eft  k  parri  au(]uel  nous 
nous  en  tenons. 

[  Extrait  de  M*  Maquer.  ] 

EXTRAIT  des  Obfervations  Mi* 
téàroiogiqucs  faites  à  Montmo^ 
tency^  par  ordre  du  Roi^pendant 
U  mois  dé  Jvin  lySi ,  par  le  K. 
P.  Cotte ,  Correfpondant  de  tAca* 
dimiè  Royale  des  Sciences. 

NOUS  avons  al  pendant  ce  mois 
quelques  jours  <{é  grandes  cba; 
leurs  f  mais  en  général  elle  a  été  rno* 
dércc.  Il  y  a  eu  même  dc;s  jour$ 
froids  9  qui  ont  encore  concouru 
avec  répbque  du  quatrième  jour 
après  la  nouvelle  Lusr.  Les  pluies 
cnt  été  abondantes;  elles  ont  fait 
changer  la  campagne  de  face  ;  elle 
eft  charmante  &   promet  la   plus 

Jurande  abondancti.  Oi?  a  commencé 
e  1 1  à  couper  hs  foins  ;  les  feiglcs 
Ibnt  prefque  murs  ;  lç%  fromens  jau* 
Âilfcixt  \  le  vct\ai^  tft  uès-^ros  y  tout 


,    r- 


S^umhe  1781*       1883 

cft  avanci.dc  pf^  d'un  mois.  Le  3  , 
les  avoines  épîofcnc  i  laz  de  terre  9 
mais  les  ploies  les  ont  fait  poulTer  ; 
on  lèrvoic  les  fihres  de  marais  &  ït% 
cèdres  iiâriTer.  Le  10  ^  les  châcei* 
gners  écoienc  en  fleur.  Le  1 2  ,  on 
n*emendoic  pl«s  le  r.^flîgTioJ.  Le  11  9 
on  voyoic  ou  raifin  de  MégdtUint 
mûr.  Le  17  ,  on  femMC  les  groletlics 
\  gnippe  9  &  les  abricots  le  30. 

itmphaturti  comjpondanu$ ûux 
Mffinns  pinni$  luméùres.  Le  pre- 
mier »  ^iqidnoxi  dtjundûnt  fy pl^ 
figit^  ocan,  très  chaud.  Le  1  » 
( 4^.  jour  arami  la  P.  L.")  Idtm , 
tonnerre  au  loin»  Le  69  (P.  £.  ) 
-^  nuages  9  firoid  ,  thangijfunt  marfué. 
Le  8  >  (  lumfi€C  atfflrai  )  couvert  » 
pluie.  Le  10 y  .(^4^. jour  après  la  P. 
Z.  )  converti  Le  1  )  ^  (  /?.  Q.  )  cou- 
•  ¥err ,  pluie  y  .frais.  Le  14 ,  (^apogée  ) 
'  couvert ,  petke  pluie»  Le  1  f ,  (  é^juia. 
afcendant)  couvert  9  chaud.  Le  1 7  » 
(4** Jour  avant  la  N.  JL.)  nuages. 
Le  II,  (^. -t.)  couvert,  pluie, 
tDonerie ,  lems  à  U  \>lu\t  >  cKat^;5r. 


I SS4    Journal  des  Sçavans, 

mtni marqué.  Le  22,  Ç^luniJl.borJ) 
couvert»  pluie.  Le  25»  ^.  jowt 
aprïs  la  a.  L.  nuages ,  pluie ,  froid  9 
changement  marqué.  Le  18 ,  Î^P.  QO 
Ç^équinoxe  defundant  &  périgée) 
beau  9  chaud  9  grande  élévation  du- 
baromètre  »  changement  marqué.  Le 
}0  ^foleil  apogée  )  beau  ^  chaud* 

Température  de  ce  mois  Sans  les  an' 
nées    oà    les  lunes   tomboient  Us 
mimes  jours  qu^en  lySi.  Quantité  Ji 
pluie.  En  Î694,  15  ^lig. £0*170)1 
15711.  En  17249 19 -£•  Et)  174 S» 
1 1  ^  lig.  En  1 7^2  j  température  ttàr 
.  lèche ,  jours  .très-firais.  Plus  grâné^ 
chaleur f  13  \  le  15;  Moindre  à^ 
Uur^  10  \  le  21.  Chaleur moyennh 
269  o"^.  Plus  grande  élévation  M 
haromitre  >  17  po.  ^  >  ^  lig.  Moiadtê 
élévation  27  po.  5  , 6.  lig.  le  9.  EU' 
dation  moyenne  y  17  pb«-  7  »  7  ligi 
/(9iifrj  de  pluie  ^  7.  De  vrzr/^  2.  De  tmir 
nerre ,  4. 

En  1781.  Vents  dominons ,  {uàr 
•uefty  nord  &  fud.  Ce  dernier  fut 
/ortie  IX.  Pùtsgrandf  chaîner^  2jj 


i- 


Stpumhn  X7Si.       i^tf 

Me  2  I  ^h.  foir»  le  vent fud-oueft 
le  ciel  en  partie  fercln ,  avec  ton^ 
rre  au  loin.  Moindre  chaleur  »  8  ^ 
''le  26  a  4  ^  h.  matin ,  le  venc 
ird  &  le  ciel  ferein,  Diffirtnc^\ 
1,9^.  ChaUuf  moyenne  du  mois  « 


I  ^ 


Plus  grande  élévation  4u  mercure, 
po.  3  9  7  lig.  le  29  5  i  1  ^h.  f oÎF^ 
vent  nord  &  le  ciel  en  partie  fe- 
n.  Moindre  élévation ,  17  po.  6  » 
i.  les  6  »  7  &  8 ,  le  vent  fud-oueft  9 
nd  &  le  ciel  couvert ,  avec  pluie 
tonnerre.  Différence^  9  9  o  lig« 
!dvae.  moyenne  ^  au  matin  ,  17  po. 
>  6  lig. -,  à  midi,  27  Po.  9 ,  7  lig.  ; 
foir,  27  po.  9^  8  lig.  Marche  du 
romitre.  Le  premier ,  à  4  h.  mai. 
\  po.  O  9  O  U.  Du  premieer  au  89 
igi  de  6>  o  lig.  jDu  8  au  13, 
jmé  àt  4  9  o  lig.  Du  13  au  14  > 
i^  de  1 ,  8  lig.  Du  14  au  18* 
mté  de  2 ,  8  lig.  Du  18  au  22  ^ 
ijje  dc^j  7  lig.  Du  22  au  23  » 
9nté  de  I  >  7  lig.  Du  23  au  24^ 
iffédtl,  5  lig.  Du  24  au  29  ^ 


•8S6  Jourfud  des  SçavMns  ^ 

monté  de  8 ,  o  Itg.  Da  29  au  3O9 
baijli  de  1,  5  Hg.'Le  50  9  à  9  h. 
foir  9  18  po.  i  yX  lig.  Il  D*a  eu  de 
grandes  variations  çn  defandant^ 
que  les  5  &  30  ;  &  en  maniant  y  qub 
le  it.  Celle-ci  a  i(( confidérable & 
a  concouru  avec  trois  points*  lunaire 
oui  avoienf  lieu  ce  même  jour.  (  P* 
V*  P^^^S^  ^  cquinoxê  dtfctndant.  ) 

Plus  ffondt  Ulvation  du  fhyginh 
mitre  y  42 ,  9  *■  le  i*',  à  9^h./oir^  le 
Vênr  oued  très- chaud  èc  le'cie|fc- 
rein.  Moindre  iUvation^  89  oh*  le 
^1 1  à  '4  \  h.  matin ,  le  vent  nord* 
oueft  Ôc  le  ciel  couvert  avec  brouil- 
lard Différence  ,34,  o  **.  Eléfai. 
moyenne ,  14 , 4  deg^  ' .       ' 

Fitis  grande  dictindîfon  de  taî» 
guille  aimantée  ^  lo^  10'  les  I3  Ac 
30.  Moindre  déclinaifon ^  l^^^^. 
Différence ,  \x\  Déclinai fon  moy. 
au  mat.  10  ^  o  7^;  )t  midi ,  20  • 
o'  42'S  ^y^  foir  y  20^  o'  II.  Du 
jour\  20  ^o'  I  j'^  Elk  a  prefqufc 
toujours  été  (lationnaire  à  ledcg.» 
tjcepté  ks  13  >  289  29  &  30.  i«^ 


Sêfttmirt  tySi.  1S87 
là  vadatïob  eflliya  qtid<]ucs  penur* 
bâtions,  M.  fan  Suvtrdtd  me  mande 
de  Franker,  par  fa  Iccttc  du  6  Juin, 
que  Ici  aiguilles  varient  ppu  H  ^iK 
ieut  maiche  kxoxi  régulière  ;  il  ajoute 

S' fue  la  tichercfTc  eft  exceflllve  àm»  . 
on  pays  comme  elle  l'a  éîÉ  ici. 
Le  tonttrn  s'cft  ^t  entendre  dé 

Î'rèsJeS},  7,9,  II  &  14;  &dil 
oin  ,  les  1 ,  1 1  &  l).  'lS;s  carilloi.s 
élcâtiques  fe  font  fait  eVitendre  les 
7,  9  >  II ,  11  &  l4,ru[toutlei4^ 
pendant  plus  d'une  beute  ;  il  tom- 
boit  alors  une  petite  pluie  d'orage  I.e 
16  ï  10  h.  matin  &  a  6  h.  foîr.  J'ai 
obfcrvé  un  Âii/o.autoar  du'fpleiU 

Il  cA  tombé  de  la  pluie  les  3  ,  4i 
ï.7.8,9,ii.  I3.ï4»iï.ii» 
%4  0c  15.  Elle  a  fourni  31,  9  lignes 
^ead.  VivaporatioB  a  été  de  71 1 
O  lignei. 

"    Nous  n'avons  eu  aucune  maladip 
pendant  ce  mois. 

Rifulmts  dts  trois  mois  du  Prin* 
temps,  Vtnts  dominanSt  noid  flc 
HQid-eft,  Plus  grandi  chaîna,  15  i, 


foir,  17  po.  10,0  iig. 
17  po.  9  >  1 1  Iig. 

Plus  grande  élévation 
mitre  y  4;  ,  7  deg.  Moim 
Moyenne,  17,  «'./*/« 
tliaaijoà'ie  CaiguilU  aim 
10'.  Moindre ,  i  j  **  j  o  '. 
au  matin f  19"  58'  20' 

Tiajour,  19*  j8'57".  ( 
f /bw  ,  4  po.  8  f  )  lîg.  £1 
i£  po.  y  ,  o  Iig.  Di^crt^ 
o  «  7  Iig.  Nomhre  des  joi 
34,  Couverts t  19>  Dex 
De  vM/ 1 1  j .  De  /)/uic  ,  : 
wr/ï,    18.   TyéleSriciti 


Scpumln  wjZu      1889 

rxcepté  les  foins ^  &  très-avancées. 
Maladies.  Aucune.  Quelques  coque- 
luches fur  les  enfans  ^  en  Avril  ;  au* 
çiin  n'eu  eu  mort.  , 


KOUrÊLLES  LITTÉRAIRES. 

P  ft-U  S  S  E. 

DE    Berlin. 

/OHANN  Bgrnoulii  V  Sar^m 
lungy  &c.  ColU3ion  de  Noi4r 
velus,  littéraires  ^  année  iySi.  417 
pages  9  avec  figures. 

Nous  avons  annoncé  dans  notre 
Journal  de  Janvier  cette  CoUeâion 
de  M. .  Bernoulli  3 .  dont  il  y  a  déjà  • 
deux  volumes  \  elle  contient  des  dé* 
rails  iptéreifans  pour  les  Sciences  || 
la  Littérature  y  la  Géographie  ^  la 
Politique.  On  trouve  dans  ce  fécond  * 
volume  la  figure  du  Maufolée  élevé 
à  l'honneur  du  célèbre  Aftronome 
Hévélius  mort  en  1687;  une  No* 
tice  de  quelques-unes  des  Ifles  Ai\;* 


SS90  Journal  dê$  Sçavans  » 

tilles;  des  Mémoires  pofthames  & 
LambeR  &  Solzer,  Académicien 
de  Betltn  ;  une  Girte  de  la  Route  ^ 
Berlin  à  Svedc  ,  &  auaes  ol^eci  i» 
léreflànt. 

ESPAGNE. 

D  s   Madrid. 

La  Mufiea  ,  Paima  p9r  &•  Tkô» 
ênas  de  Yriaru.  En  Madrid  conjw 
perîor  Pirmifo;  in  la  imprtma  tyfj^ 
t66  pag.  II9--6*.  avec  figures» 

Ce  Pocfiie  didaâique  ,  eftimé  en 
Efpaghe»  eft  encore  remarquable 
par  la  beauté  de  TEdition  &  des 
Gravures  ;  TEdition  fuperbc  de  Sal- 
lufte  avoir  déjà  fait  connoirre  le  dé- 
gré  de  pêrfeâion  auquel  Tlmprimerie 
•  été  portée  en  Efpagne  ;  l'Ouvrage 
que  nous  annonçons  en  cft  une 
preuve  frappante ,  ainfi  qae  TOu- 
trage  furvant. 
•   ■       ■  > 

El  ingeniofo  Dan  QjuixôU  dt  la 
Mancha ,  èompue|lo  f  ot  Miff/al  dt 


tj» 


■'■.  1 


Septanhe  1781  1991 
Ctrvanus  SaaveJra  ;  nuova  EJilioà^ 
€omgUa  por  la  Rtal  Aéadtmia  Efi- 
panola.  En  Madrid  por-  Don  3 oa" 
quin  Ibarta ,  Impnfordi'Camara  dt 
S.  M.y  deia  Rtal  Academia.i-jSo, 

aTot  ia  4".  avec  beaucoup  àt 
gares. 
Cette  belle  Edition  de  Don  Qui- 
cliotte  cft  un  modèle  de  Typogfj^ 

Ïihtci  on  ne  peut  fe  laHct  d'agmir.i^ 
a  beauté  des  caradères  ,  dti  papUi 
it  de  l'encre  >  qui ,  même  dans  lôs 
belles  Editions  de  BaskdVtlle  ,  d'«[^ 
pioche  pas  de  celle  ci. 

ITALIE. 

*Ç  B     P  A  R  H  B. 

Opett  di  Ànu  RaffatUo  Herigi^, 
l9.PutortdtlUMatjIadi  CailoUU 
Jt*  di  Spagna. ,  &c.  Pubtieatt  da  D, 
Guifippe  Da[ara.  In  Parma  dtUa 
Stampuia  Realt.  ij8o.  1  vol.  in<«t*. 

Cana  Max.  Editio  nîttdïjjîma  & 


i 

\ 


ov- 


t^ 


îAt> 


1 


a* 


{A^^ 


itfni^ 


iti 


^çHS- 


V^^Y 


o-v^^' 


SS5* 


hi 


iepttmhrt  17^1.       189J 

Journal  de    Septembre    1780 ,    le 
Programme  des  Prix  propofés  pat 
la  Société  HoUandoife  des  Sciences, 
établie  ï  Hàrlenu  Dans  fon  Aûem* . 
blé^  du  II  Mai  178 1 ,  elle  a  adjugé 
le  Prix  fur  cette  Queftion  :  CHip^.. 
ioirefournit^clU  des  preuves  confia^ 
tiés  &  authentiques  du  tems  précis  de 
f  origine  des  anfes  de  Mer  au  Textlè 
Qùtlsfont  UsprincipàùxChangemens 
qiiilsontfuUs^  Et  quelles  en  ont 
Jti  lei  confiauenus  par  rapport  ail 
Zuider-Zee  &  â  ffe  ,  ainji  quâ  tim 
gard  des  côtes  &  des  digues  le  long 
dcecs  eaux  ?  Le  Mémoire  qui  a  mé^î 
itté  le  Prix ,  étoit  celui  qui  àvoit 
ppur  Deyife  ;  In  ipfa  quoque  tnaris 
$hconJlantia  cert(e  leges  motus  de*, 
prehenduntur.  A  l'ouverture  du  billet 
on  a  trouvé  le  nom  de  M.  A^  Ypey  ^ 
célèbre  Profcffeur  de  VUniverfité  de 
F)raneken 
'  La  Société  n'a  reçu  aucune  Ré-Ï 
jjonfc  'fiitisfaifante  \  la  Queftion  oro- 
po(ee  un  1779  »  pour  être  rcloluç 
uvantrannéc  iji  1 1  QucUcs  font  Us 


t  S94  Jounud  des  Sçavanf  ^ 
êûùfis  pour  UfqutUts  on  a  ahéih 
donné  U  Comm€rc€  dirtS  de  Hùli* 
iàniû  L*on  propofc  de  nouveau  cette 
Queftion  pour  1785  »  avec  un  Prix 
cEbuble  : 

Jufquà  quel  point  peut  "on  di* 
terminer  CHiJIoirtmnaturtUë  de  tAt^ 
rhofphire  de  notre  Patrie  ,  en  corn* 
parant  Us  Obfervations  Métébro* 
logîquts ,  faitts  à  Zwarunbwrgf 
é^ic  celles  des  autres  endroits  ?  Le 
but  de  cette  Queftion  eftjparticuliè- 
Tènaent  de  fayoir  :  i^«  Quels  font 
lès  changcmens  de  tems  plus  ou 
ifloins  conftans  &  uniformes  ^  quo  * 
Ton  obferve  en  di£ferens  lieux  Cl  en 
cfifferentes  faifons  y  quand  la  .pefan* 
tèur  de  rAtmofphère  augmente  ou 
diminue  ^  c'cft-à-dlre  que  le  baro- 
mètre monte  ou  dcfcend  \  de  même 
cfu'après  les  changcmens  du  degré 
de  froid  ou  de  chaleur  j  ainfi  que  de 
la  force  &  de  la  direâion  dès  Vents* 
1^.  Si  les  changemens  du  rems  & 
«Tes  Vents  ont  quelquefois  un  cours 
régulier  dans  ce  Pays?  3^.  Quelle 


.  S^uioht  1781.  îSçf 
cft-rinfluetioc  des'  SShieatet  pon- 
dons de  '  l%7ljlae-  'i  en  égard  ?  4". 
Quel  cil  le  rapport  entre  lei  difl%- 
ccdtei  dédiiMi[(K»  de  l'aiguille  û. 
inantéç  &  U$  cliangemem  du  temsè 
f  <*.  Quellec  font  les  Règles  état» 
■«lei  qu'oo  peut  déduire  de  ca  Ob- 
lervatioM-f  A:   (êlon  Icft^uellci  Otf 

Eoutcoir  prévoir  1  avec<}uelque  vnii4 
imblaiice^  dam  certains  cas,  aa- 
changemeot  prochain  du  teins  ?  -La 
Sodeié  deûre  >  qu'on  ajoute  '  H  ce 
detniei  «tticle  les  wnres  Signés  Se 
^Koomènes,  s'il  7 tn  a,  qui  pré4 
tièdeni  8c  dénotent  le  plui-comma* 
qéroeK,  dans  notre  Patrie  ,  les  di-i 
Tccs  changemens  détenu  ;  Se  artcnd- 
Wiéponfeav^lafinde  1784. 

Les  Mémoires  leront  reçus  jufqn'à 
U  6n  de  17S}  j  pour  li  Queftioo 
f jivaâte  : 
•  Qtte  Joit-on  ptajir  de  la  Gt*ià^ 
tion ,  ^mpliifitun  Philttfopktt^  tant 
atciens  qttt  modérais ,  ont  admif^ 
CfMw  Us  Etns  tuturtls  ;  &  yti/f u'i 
quel  foint  pouvons-nous  pa^uùt  Je 


1896  Journal  dès  Sçavans  i 

nous  affunr  iU  la  réalité  Je  (M  \ 
Çradationj  &  de  f  Ordre  que  U  ' 
Nature  y  obftrve  ? 

Suivant  la  fondation  de  M»  M* 
tolas^Cuillaume  Kops  ^  un  4es  Di^ 
scâeurs  de  cette .  Société  »  on  pror 
pofe  la  Qufftion  fuivute  pour  y 
scpondre  avant  Tannée  1783  : 
-  Peut-on   dcurmintr  par  quelque 
f^le  de  théorie  ,  confirmée  par  tex* 
périehce^  la  vitejji  des  Eaux  cou* 
rantes  à  toute  profondeur^  &  par 
eonfiquent  la  viuffe  moyenne  dans 
ehaque  profil;  ou  fitut^il  avoir  uni* 
cément  recours  à  des  expériences 
pratiques?  Et  quelferoit,  en  ce  cas  ^ 
là  machine  la  moins  fujette  à  des  in^ 
convéniens  »  Jtaprïs  des  expériences 
Jiifisfaifantes  ^  qui  pourroit  fervir 
en  toutes  occafions  à  découvrir  les 
divers  degrés  de  vélocité. 
»  Pour  la  Société  des  Sciences  & 
Arts  de  Batavia»    on  propofe  la 
Queftion  fui  vante  »  dont  on  attend 
la  ftéponfc  avant  la  fin  de  Tannée 
1786: 

Quels 


Septemhrc  178  !•       1897 

Quels /croient  Us  Moyens  les  plus 
prompts  &  les  plus  efficaces ,  d'in^ 
iroduire  &  de  rendre  CUJagc  de  la 
Langue  Hollandoife  parmi  Us  Mar- 
iais ,  Us  Javanois,  les  Cingalois  6^ 
i^  Malatars  ? 

Les  difFérens  Courans  du  Texet^ 
fiurcout  au  MarsdUp  ,  approchent  de 
plus  en  plus  des  digues  &  des  autret 
ouvrages  ,  6c  les  aiFoiblif&nc  à  me<- 
(ure  que  les  profondetirs  augmen^ 
'cent  : 

'  Yauroit'il  moyen  &  qtulsftrount 
'Us  plus  efficaces  ,  He  détourner  'des 
côtes  Us  Courans  cideffiis  mention^ 
mes ,  ou  de  préçaueionner  Us  digues 
contre  le  danger  de  leur  effet ,  ainfi 
^ue  contre  les  fuites  redoutables  de 
V augmentation  des  Profondeurs  ? 

La  Société  a  droit  de  préfunner 
oue  ceux  qui  répondront  à  une  Quefi 
tîon  de  (\  grande  importance  >  don« 
lieront  une  delcription  claire  &  dé« 
-taillée  dris  Ouvrages  qu-ils  croiront 
jséceiTaires  au  but  indiqué  ^   aini^ 

gej^itn^ié.  LUI        ^ 


lS9t  Jmarmâl  iu  Sça^MM  p 

^*iiQe  éf alutîon  des  fitais  que  Texti 
pKion  esigeroic 

En  s'adreflàot  quelque  tems  S^ 
iptnce  aa  Secrétaire  de  cçcte  Société  t 
iXs  recevront  tons  les  c coièîgtieiiieni 
ê(  <<nis  Içs  lecoori  oéceflktres  à  la 
Recherche  de  cet  objet,  de  m^mo 
que  les  ËiGUitisnéceiEafcsipoar  faiie 
tfes  ezpéfieoççs  pratiques  fi^c  les 
lieux. 

Les  Mémoires  (èront  reçus  jufi» 
qu'au  l^^  la^vier  lj%%.  11  y  «une 
Médaille  d  or  pour  Prix  d*honneur  ^ 
te  une  gratification  de  fept  cent  fio- 
fins  En  cas  qu'un  fccpnd  Mémoire 
fût  jugé  digne  de  VAcctffii^  6n  pro- 
met a  fon  Autçuf  une  M^aille 
d'argent  &  cent  duc^tqn^  ^  faifant 
crois  Gçnc  quin7e  florins.  Qn  ctfre 
en  outre  à  ceux  dont  les  Mémoirçs 
.auront  mérité  la  MédaUte  d  qr  & 
d'fîgent ,  de  les  indemnifer  dct  firais 
Wiis  prpuiicront  ^voir  â^ts  ppqr 
|pndc(  les  Profondeurs  omiK^iir  Êûrq 
des  rcç|»Qr^es  &  des  ^péf^ç«. 


Septembre  1781.       1899 

Les  Quertions  propofccs  dans  les 
Programmes  prccéacns ,  fur  les 
Plantes  des  Colonies,  far  ranalo* 

Sic;  (Ur  l*Education ,  &  fur  les  Eau^e 
e  Batavia  3  fiir  les  Satellites  de  Ju^ 
{^iter^^fùr  les  difivrentes  efpèces 
d^Air,  fur  les  Brouillards  9  otir  ét^ 
Indignées  dans  notre  Journal  de  Sep- 
tembre 1780.  LadreflR;  eft  à  iC^ 
Vander*Aa ,  Secrétaire  delà  Société  j, 
ï  Harlem* 

SUISSE 

x>  £   G  s  M  à  V  s. 

\ 
t 

'  Du  Déptactmeni  des  Mers.  Q\\ti 
Duvillard  fils  &  NoufFèr  ,  Impri- 
inrur«-Ubraires«,  i  jj^  8  8  pag.  iii't\ 
avec  fi^utes.  > 

Nous  iivoiis  ài]ï  eu  ôccafion  de 
yuUn  {tes  €ahien  que  M.  du  CarJ« 
publia  dcjpuis  deux  ans  (ur  la  G>(t 
teogonieritsf  (c. trouvent  à  Paris  •; 
chez  Quiliau  «  Libraire ,  rue  Chri^ 

Llllii 


1909  Journal  des  Sçavans  ^ 

tinc,  au  Magafin  Lirtcrftirç  établi 

{pur  les  Lci^ures  par  abonnement» 
.e  prix  eft  de  30  f,  pour  chacun. 
Le  premier  eft  intitulé ,  4u  Di- 
vlaumcnt  des  Mers,  M.  du  CàrU  y 
explique  cinq  c^ufes  principales  qui 
lui  paroiflTcnc  pouuer  leptemene 
toutes  les  mers  vers  le  pôle  aviftrai« 
X-esautrçs  Cahiers^  favoir  :  le  2% 
traite  c(es  Çom^tçs^  *p6us  favonî 
annoncé  dans  notre  Journal:  le  3% 
de  la  Lumière  Zodiacale  :  le  '4*.  du 
Soleil  :  le  5*.  (Ju  Syil^ipe  Plancrairc; 
le  6*.  de  là  Géographie  Phyfiquc  i 
le  7*.  des  Météores  locaux  :  é/i  le  8*, 
des  Armofphères,  Il  en  paroîcra  )uf* 
qu'au  nombre.de  feize  ,  qui  fer-pnc 
î^nnoqcés  fuccefliveipenc 


^MirHoms  de  ia  Société  établie  q 
Genève  pour  t encouragement  des 
jirts  &  de  r Agriculture^  féconde 
Partie.  Gençvc ,  de  l'impirimerie  dç 
Ponnapt.  i^^So.  170  pages  m- 4^.  Eç 
fe  trouve  à  Paris,  cncç.  J[onibçrC  1 
fils  C44ct  ^  rue  P^upjiiii^,  ' 


\' 


'Sipte/iitre  tyfi.'  t^Qt 
Or  trouve  flans  ce  volume  un 
Précis  hiiVori<)ùe  fur  les  nouvelles. 
Opjfatiorts  de  la  nouvelle  Société^ 
depuis  quatre  i  cibq  ans.  qu'elle  e({ 
établie ,  fur  lel:  fccoitTS  qu'elle  a 
donnés  aux  Ané  ,  fur  les  belles  ac* 
rions  qu'elle  a  lécotnpenlees ,  fut 
les  établllTemEns  qu'elle  a  corfiracn- 
cés.  Les  Ménioircs  que  ce  volume 
renferme,  font  (ur  les  Echappemcnst 
Its  Engrenages,  la  féparacion  de 
ï'or  éi  des  fcoties  ;  fUr  les  Prés ,  fut 
Icï  Morts  &  Mariages,  &  des  Ob- 
fervarioMî  Météorologiques  faites 
rp  1778  >  par  M.  Marc-Auguftt 
Pjàet. 

F  R  A  N  C  E. 

DE     P  A  R   1  C. 

Traité  des  Evictions  &de  Id  Gam 
rintie  fotmtlle ,  dans  leqHCLfont  rra- 
duires  &  difcutécs  les  Loix  rorîiai- 
nts  du  Digcftc  &  du  Code  fur  cetrc 
tnatiêie  :  avec  U  ccnFérence  '  âes 
L  U  1  iij 


içoi  Jdum^  Jks  Sçavam  i 

CouniineSy  des  Ordonnances»  ^ci 
Arrêts  notables  de  France  ^  &  let' 
Syftêmcs  loutcniis,  à  cefujet  »  par  les 
plus  fameux  interprètes. des  Droits, 
romain ,  &  françofs.  Dédié  à  Mon- 
feigneur  Hue  de  Miroménil»  Garde 
4es  Sceaux  de  France.  Par  M.  Ber^ 
thclot  ,  Avocat  au  Parlement ,  & 
Doâeur  aggrégé  de  la  Faculté  de 
Droit  de  Paris,  i  vol.  in^i'i.  A  Pa- 
ris ,  chez  Lotcin  le  jeune ,  Libraire  ^ 
XK€  S.  Jacques  »  vjs  à-vh  la  rue  de 
la  Parcbcminerie.  1781.  avec  Ap* 
probation  &  Privilège  du  Eoi» 

Ohfcrvations  fur  Us  Loîx  irîmU 
mile  s  dt  France.  Par  M.  Boucher 
d^ Argis  ,  -CoufeiJler  au  Cbârclcté 
A  Amfterdam*)  &  le  trouve  à  Par- 
tis ,  chez  le  Bouaber,.  Libraire  ^ 
quai  de  Gèvres  9  au  coin  de  la  tra- 
ycrfc  ,•  près  le  Pont  Notre- Dame# 
1781.  Vol.  /«•xi.  Prix,  i  liv«  4«. 
f.  broché  >  1  liv. .  16  f.  relié» 

.  Confinnct  di^  l^Mdit  diS   Priji- 


StpumBte  lySt.  190} 
Maux  du  mois  iAoût  lyyy  9  rcgil^ 
tré  en  Parlement  9  le  II  Aoûc^  Sc 
de  la  Déclaration  du  19  Août  1 77 8« 
re^iftrét  le  premier  Septembre  lui* 
vant ,  avec  les  Ordonnances ,  Editt 
&  Réglemens  ftit  cette  matières 
Par  M.  Z>.  n.  R.  A.  L.  P.  du  B. 
de  Ch*  en  Th« 

C^fiJUtmlones  yrimîpum  fut  iptomH 
^Uimquam  me  dijffSmuiarèptêrkbniétu. 

L.  T 1.  Cod.  de  Jar.  le  fiiâ.  igôo» 

Se  trouve  l  Paris  9  cbex  Lam^f  »  Li« 
braire,  quai  des  Auguftins ^  lySo* 
Un  vol«  i/2«24. 

f^ue  its  ÊnPirofiS  di  JHoriâgm 
dûTis  le  Perche ,  d  après  un  tableau 
de  M.  Leprince ,  Pl?intre  du  Roi  dt 
Confeiller  en  ion  Académie  Royale, 
Gravée  fous  la  direâion  dt  M.  Ma& 
buelief  ^  Graveur ,  me  dèi  Ftâncs- 
Bourgeois)  ptès la  Placé  S.  Mièhel» 
Dédiée  à  M.  Marchai ,  fils ,  Ecti^ 
Bome  général  du  Clergé  dé  France* 

tflliv 


f  904  J^vnat  Jès  SçavéMSi 

Cette  Eftampe  prifente  Une  c^ 
banne  f  un  marais^- un  pont,  un 
berger ,  des  troupeaux  ,  d^  canards  ^ 
on  cbitn ,  un  payfage  très  cham- 
pêtre ;  un  peu  noir  ,  mais  qui  pro^ 
duit  un  effet  pittorefque  &  qui  con« 
trafle  avec  un  ciel  nès-bien  rendn^ 
On  fait  que  dans  le  même  canton 
•ft  la  célèbre  Abbaye  de  la  Trape  » 
coniiuc  par  Tauftériré  de  la  vie  qu'oi^ 
y  mène  &  par  le  ûte  iauvage  01! 
die  eft  fituéc. 

• 

Effal  fur  ta  Minéralogie  Jei 
Èionts  Pyrénées  ;  fuivi  tTun  Catà^ 
loguc  des  Plantes obfcnées  dans  cent 
fhaint  de  montagnes  :  Ouvrage  cn« 
xichi  de  beaucoup  de  Flanches  &Ç 
de  Cartes.  A  Paris,  chez  Didor  \z 
jeune,  Libraire,  quai  des  Auguf- 
tins  ;  Alexis  Jombert  le  jeune  ,  Li- 
braire ,  rue  Dauphine;  &  Eiprir^ 
Libraire^  au  Palais  Royal.  17S1. 
in  4^,  de  34^pag. 

Nous  rendrons  compte  de  cet 
Ouvrage  important  qui  a  du  occa« 


Stptîmlré  1781.       190  j 

fiônner  de  grands  travaux  &  de 
grandes  dépenfes,  &  que  TAcadé-- 
mie  des  Sciences,  fur  le  rapport  de 
MM;  d'Arçi ,  Lavo'fier  &  Dcfma-' 
ibers ,  a  jugé  digne  de  parole  rr:  fous 
fon  privilège. 

Defcription  &  ufages  des  Bar§^ 
mitres \  Thermomètres ,  &  autres  'Inf^ 
trumens  météorologiques.  Par  M« 
Goubert^  Ingénieur-  &  Conftruc- 
teur  dlnftrumcns  de  Phyfique ,  &c« 
1781.  A  Paris,  cfiez i'Aureur ,  tue 
Dauphine ,  yi.«  à  vis  la  rue  Contref* 
carjpe  \  6c  •Tomber f  le  jeune ,  Li** 
braire,  rue  Dauphine.  Brochure 
in-S^.  de  48  pag?s  Prix ,  I  liv.  4  f. 

Ce  petit  Ouvrage  ,  quoique  très* 
abrégé,  aura  runlité  de  donner  une 
idée  fort  claire  de  la  conftruâioti  SC 
des  uiages  des  Inftrumens'  înétcoro^ 
-logiques  ,  même  à  ceux  qui  ne  foivc 

2ue  très  peu- itiftriïits  en  Phylique. 
*omme  l'Auteur  eft  non-feulemenc 
un  fort  bon  Praticien ,  mais  qu'il  a 
auifi  des  .coonoillanci^s  théoriques  | 


1  fat  Journal  du  S f  avons , 

il  (c  propofc  de  publier  dans  pen  i 
un  Traîré  complet  &  fort  éccadu  ic 
fart  de  conftruire  ces  (brtes  d'Inf* 
vuincos ,  &  on  oe  peut  qiiç  Texhor* 
m  à  exécuter  ce  projet  }.e  pliii 
promptement  qu*il  lui.fcia  poffibk» 

En  attendant  >  on  apprend  dans 
la  Brochure  que  nous  annonçons  2 
bien  cboifîf  les  Inftruaiens  météo* 
fologiques^  &  k^  m^oictrede  sco 
fervir  pour  faire  de  bonnes  obiet* 
«▼adons. 

Comme  on  eft généralement  con- 
vaincii  préfemeroenc  de  Ti  mportaJice 
de  ces  tortes  d*ob(ervarioRS ,  &(}a'^ 
rft  utile  qu'elles  (c  mul» plient  àt 
plus  en  plus^  TAuteui  annonce  qu'oQ 
trouvera  chez  lui  tous  les  inftrumeos 
dont  on  a  befoin  pour  les  faire ,  ^^ 
la  conftruâioo  Ja  plus  exaâe  &  ^^ 
plus  commode  ^  &  enfin  à  un  p^^^ 
notablement  inférieur  à  celui  qu^^^ 
x>nt  eu  jufqu  a  préltnt. 

On  trouve  auffi  chez  le  (îcur 


jbert  f   des  feuilles  tcnites  tracé  ^. 
|ty.ec  des  blancs  ^  poui,  jin|ci,iiç        * 


-     Septembre   1781.       1907 

ob(ervàtiom  météorologiques  Je 
chaqae  mois  >  du  prix  de  1 11  v.  4  f. 
pour  Tantiéeé  Elles  font  commodes 
en  et  qu'elles  épargnent  du^em^^ 
tmc  partie  de  la  peine  d'écrire ,  te 
qu'àvec  très-peu  de  foin  elles  fot^ 
iment  des  tablesatrès*|ptopres  0c  en 
bon  ordre* 

DiSionnain  uniytrfd  dis  Scîth^ 
€€i ,  Morale ,  EcBnàmiqut ,  Potlii* 
que  &  Diplùmatiàut ,  on  Bibliôtbè* 
que  de  l'homme  dT!tar  te  du  citoyebt 
mis  en  ordre  &  publié  par  M.  R^i* 
mt  9  Cenfcnr  Ro^al.  Tùme  XIX.  A 
Paris ,  rue  de  la  Harpe  »  ï  Tancien 
Collège  de  Bayent.  1711.  739  pt- 
gcs  i«-4*. 

Ce  dii  neuvième  vôltinle  t  para 
avec  le  dix-huitième  au  mois  de 
luillet  ',  Its  articles  le^  plus  étmdus 
font  ceux  de  Ferme ,  Frtme*  géné- 
rales,  Fief,  Financent  Fonds  de 
terres ,  &  (urroat  France  ;  ccr  arti- 
cle ,  qui  a  plus  de  100  pages,  traite 
4es  îmèièts  politique^,  du  rote«, 

Llllvi 


1 908  Journal  des  Sigavans , 

tnercc,  &  des  revenus  de  TEcati 
qu  on  évalue  ici  à  63 1  millions  y 
compris  les  parties  qui  font  aliénées 

i>our  toujours.  Cette  importante  Col*    i 
eâion  doit  avoir  30  volumes;  &     1 
comme  les  matériaux  en  font  déjà 
raflemblés  ,  les  derniers  fc  fuccéde* 
ront  rapidement  :  depuis  deux  ans 
.  on  en  a  publié  douze  ;  &  il  y  a  pea 
de  volumes  in-j^^.  auffi  fourms  de 
matières  que  ceux  de  cet  Ouviage; 
i'i  fuppofant  les  pages  pleines ,  elles 
cooricnnenr  1580  lettres  ;  ce  qui  fait 
environ  18  cent  mille  lettres  parvo- 
.  lume,  au   lieu  de.  13  ou  14  ceiit 
mille  que  contiennent  ordinairement 
les  volumes  in  4^.  en  caraâère  S« 
Auguflin  y  d'une  bonne  grofTeur. 

'Hijloire  des  Droits  anciens  &  des 
Prérogatives  &  Fianthijes  de  la  vilU 
de  S.  Quentin  j  capitale  du  Verman^ 

.  dois  en  Picardie  ;  contenant  l'hif* 
toire  abrégée  de  cette  villes  de  ion 

.  état  ancien  ,  progrcflif  &  aâuel  \  de 

fon  iliuftriùop  dans  tous  les  tcais 


r\ 


\  •*■. 


Septemhn  1781.       1909 

&  dans  tous  lesgenr.cs  ^  de  fcs  ComrqB 
héréditaires;  de  fa  Charte  de  Com- 
mune ;  du  Siège  qu'elle  a  foutenu 
contre  les  Eipagnols  ,  &  par  lequel 
ftUeaf^uvé  la  France-,  des  Sçavans 
qui  lui  ont  fait  honneur  y  &c.  avec 
lanalyfe  du  Procès  fur  le  Franc- 
Àleu  ,  jugé  à  fon  profit  par  TArr^c 
de  1775»  Ouvrage  compolc  &  prc- 
fcnté  à  Meffieurs  les  Officiers  Mu)- 
nicjpaux ,  par  M.  Louis  Hordnt  ^ 
Geur  dt  FUchin  ,  Avocat  au  Parle* 
lement  &  Honoraire  aux  Çonfeits 
in  Roi.  A  Paris,  chez  Defaintju- 
nior ,  I  jbraire ,  qudi  des  Au^uftins; 
k  à  S.  Quentin  ^  chez  F.  T.  Hautoy  ^ 
[mprimeur  Libraire  du  Roi.  Avec 
Approbation  &  Privilège  du  Roi* 
I  vol  in  8^.  de  508  ^ages* 

S.  Quentin  jouit  de  l'exemption 
ibfolue  de  tous  cens  ,  lods  Se  ventes 
Bc  redevances  féodales  pour  les  mai» 
Tons  &  héritages  fitués  dans  la  ville  > 
Fauxbourgs  bc  échevinage.  Ces  pri» 
iriléges  ont  été  attaqués  au  Conieil; 

il  a  fuilu  faiic  des  tccbctchçs  fux  Icut 


1910  Journal  d€S  s çavûnt  f 

origine-,  c'eft  ce  qui  aconctuitrAo* 
tcur  a  rmflcmbler  en  un  corps  dlût 
toirc  tout  ce  qu'il  a  pu  trouver  fn 
ce  fa}ct ,  &  en  former  l'hiftoire  q« 
Bons  annonçons.    Outre  ce  quek 
cirrc  indique  9  on  7  trouve  une  def- 
criprion  géographique  de  la  Picstf^ 
Jie ,  rancienneté  de  hi  ville  de  S. 
Quentin  ^  (es  divers  noms  ^  la  fbo- 
dation  de  fes  Eglifes  y  des  difiétcfls 
Ordres  Rcligieui  ,  la  part  que  its 
habirans  ont   eue    aux    difiereotes 
guerres  du  Royaume  ,  le  CommctcC) 
la  Légiflation ,  &  tout  ce  qui  />cûr 
concerner  lliîftolre.  On  y  a  joint  la 
Charte  du  Roi  Philippe  Augufte  Ai 
Tan  1 195  f  coûfirmative  de  laCoiti* 
tnune  de  la  ville   de  S.  Qucntit* 
Cette  Pièce,  qui  eft  en  latin ,  eft  ac- 
compagnée d'une  Traduâion  ftaft* 
f  oilc  avec  des  Notes. 

Otfiryation  £  un  Arbre Jtnpi^u 

Il  y  a  au  chSteau  du  village  de 
StaiD^picsS.Deiiis^  unPêc^xtB 


JSiifUmhn*  178  t.  w    1911 

âtfpalier/^  i|tt*on  teg^tde  comni?  uni* 
S^*'  Cet:tTl9^rç  a  qtiafante  pieds  de 
#ûM^  fifT  i}iiin«i  meds  de  bauc  »  fans 
jif^ifef  aàcmi  vi^i  ce  qui  fait&t 
HCenr  pîc;4*  carrés  defutface.  Il  rap- 
ine jatipic  commune  »  douze  cent 
diea;  U  cndofiocfoic  même  dap 
f rage  4  mais  ou  le  dégarnit  pàuc 
;.W  trait'  en  ibîtplûs  t>eaiL  Cic 
liqrkftn^a  aucune  maladie  ;  il  eft  des 
Jgluia  vigoureux.    Le.  Jatdinier  a  fu 
^fUj^buer  la  (èye  unîfbr  mémcut  paf* 
^feOHt;   il  a  garni  le  lîonc  &  ks 
'ipèrei  jbranches  avec  des  bourlers  de 
jlK^k  ^  de.  crainte  que  la  chaleur  du 
^WSa'en  dilatSr^rrop  la  lève  &dc 
'£tt  des  efpSces  d^éruprions.Çet  arbte 
'  9wM  Vf  oit  quarante  ans  i- peu-  près  \ 
,iléft  expoft  au  ludrud-at.  Le  iôl 
4fe  ScaiQ  eft  argiUeux  ^  tirant  un  pm 
fiir  la  glaife.  Ce  Fol  Cjft  profond; 
les  aibrts  à  noyaux  &  à  pépins  y 
Yieonent  admicaulemcpe  bien. 

Cette  obfervation  efl  tirée  de 
i'Ottvrage  de  M.  Buc*hoz  intitulé:. 


t 

1911  Journal  des  ^çavaris^ 

uns  ajptcb  ,  ou  Journal  des  trois 
Règnes  de  la  Nature ,  vofume  du  }6 
Avril  1781.  La  partie  de  1768  à 
1779 ,  s'imprime  aâuellcmenr  \  on 
publie  les  deux  premiers  volumes. 
Ccr  Ouvrage  qui  conricnr  5}  vo* 
lûmes,  &  qui  a  commencé  en  176S9 
ta  une  efpèce  de  Répertoire  pour  les 
Sciences  ,  &  un  Livre  de  Bibliothè- 
que plutôt  qu'un  Journal  ;  on  cti 
peut  juger  par  i*crudition  &  par  le 

grand  nombre  d'Ouvrages  de  M. 
uc'hoz,  pour  lefquels  en  foufcrit 
chez  l'Auteur,  rue  de  la  Harpe i 
vis  à-vis  la  Sorbonne.  Maisfparfe 
Numéro  14,  du  I5  Juillet  1781  , 
il  paroîf  que  ce  Journal  va  ceffer, 
ou  plutôt  qu'il  fera  rçuni  à  Vkijioire 
générale  &  économique  des  trois 
Règnes  y  qui  paroît  par  Cahiers  ,  &C 
dont  les  quatre  premiers  font  déjà 
publiés.  Soit  in-jblio  yïoM  in-H^., 
cous  les  deux  mois  M.  Buc'hoz  don- 
'  liera  20  feuilles ,  Se  tous  les  fix 
'  mois  il  y  aura  une  feuille  détachée 
iA  fujec  des  principaux  Ouvrages 


3 


'  Septemhrc  1781.        19IJ 

ui  ont  paru.  On  aura  les  1 20  feuilles 
e  l'année  pour  24  liv« 


■ 

•Difcours  prononcés  dans  tAca^ 
âimit  Françoifc^  le  Jeudi  1^  Juilleê 
tySi  ^  à  la  Réception  de  M.  dt 
ChamfoTty  Secrétaire  des  Comman* 
démens  de  S.  A.  S»  Monfeigneur  là 
Prince  de  Condé.  A  Paris  ,  chez  De- 
monville  «  Imprimeur- Libraire  de 
TAcadémie  Françoife,  rue  Chrit 
tine,  aux  armes  de  Dombes.' /;2-4^« 

43  pag«- 

f  Carte  générale  du  Cour  des  Pleu^ 
ves  y  des  Rivières  &  des  principaux 
Ruijeaux  ce  la  France;  avec  les 
canaux  a3uelUment  con^ruits  à 
tufage  de  la  Navigation  intéreure  dU 
Royaume^  dédiée  à  MM.  les  Inren- 
dans  du  Commerce  ,  par  M.  Du* 
pain-Trid  ,   père ,    Géographe   du 

Roi,  de  Monsieur  ,6c  du  Dé*^ 
partemenrdcs  Mmes.  A  Paris,  Cloî- 
tre Notre-pame,  tue  de  la  Maf« 


l^ij^  JountdtJesSçapMnSf. 

ttikm  1  feuilles  ^  papier  grand  Aigle* 
prix,  j  livres. 

Poar  itencfrë  davatirage  rmitité 
€le  cette  Carte  ^  on  a  marqué  la 
Villes  &  les  Bourgs  riverains  «  les 
Chemins  de  communitaàotl  ,  iM 
Ponts  principaux ,  8c  même  îesP6nls 
où  quelques  Rivières  comAientent  i 
Çtre  navigables.  En  1641  Samfoli 
publia  une  Carte  à<^peû-près  feffî- 
Diable ,  mais  moins  étetidue ,  moitis 
parfaite  &  par  conféquenc  moini 
utile* 

Hijloirt  unîvêrfelU  depuis  U  cêtn^ 
mtnumtnt  du  Monde jufqu^àptlfviii 
compofèe  en  angiois  par  une  Société 
4c  Gens  de  Lettres  ;  nouvellement 
traduite  en  François  par  une  Société 
de  Gens  de  Lettres  ;'cnrichie  de  Fi* 
gures  &  de  Cartes.  Tom.XXX*,  Con- 
tenant l'hiftoire  des  IndicnSy  des  Cbt« 
nois ,  des  Efpagnols  j  des  Gaulois  5  & 
^ux  Difrertations  fur  la  manière 
4ont  l'Amérique  a  été  peuplée  ,  U 


Sepumhre  17S1.       191  j 

(br  l'Indépendance  des  Arabes.  A 
Paris  y  chczMouurd,  Imprimcut- 
Libraire  de  la  Reine ,  &c.  rde  d(;t 
Matburins,  hôtel  de  Cluny.  «781. 
Avec  Approbation  &  Privilège  du 
Roi.  Un  gros  vol.//a-8^.  de  j  8  ï  pag. 
&  les  j^rëliminaires  18. 

Les  Soufcripreuifs  qui  n'ont  point 
encore  renouvelle  leur  ioufcriprion 
pour  les  Tomes  ^XXI  &  fuivans  ^ 
Ibnt  priés  de  la  renouvcller  inctl* 
faxnmenc ,  afin  de  recevoir  le  XXXI?« 
M  commencement  du  mois  pror» 
cbaiiL 

1 

Élogtdc  ChûHts  itSaimt^Mauu^ 
JDuc  di  Mantaufier ,  Pair  dt  France ^ 
JSoitvermur  du  Dauphin  ,  fils  de 
homs  XÎV.  Difcotirs  oui  a  rem- 
porté le  Prix  de  TAcademie  Fran« 
(oife ,'  en  r78 1  ;  par  M  •  Garau 

Jimtil Tair  de  la  Cour  ft  r<»n  ToufBe  infeAi 
yrUtéra  dé  fon  corar  l'aimable  pureté. 

Voit.  H<nr* 

 Paris,  chez  D^monville  ^  ImgrU 


1 9 1  o  Journal  des  S  gavant  9    . 

near- Libraire  de  TAcadémie  t^raû' 
çoife ,  Tue  Chriftîne  »  aux  armes  à% 
Dombcs.  1781.^-8^.  5ipag. 

On  trouve  chez  le  même  Dcmoa- 
villc  le  Difcours  qui  a  obtenu  VAî^ 
ctjfit  y  &  donc  la  Dcvife  eft  : 

J*iraj  i  la  Coar^  &  f y  dirai  la  vétitit 

Montaujitf  lui-même» 

X'Autcur  eft  M.  la  Crcutlc ,  Avocaf 
au  Parlement.  Le  Difcours  eft  ^% 
^iicme  format  &  du  même  noisbrç 
de  pages  que  le  précédent.  , 

féivres' acquis  dU  Fàndf  di  MM;  leS 

Frères  Etienne  ,  Librains ,  quiji 

trouvent  chei  Nyon  l'aîné  j   ru€ 
du  Jardinet. 

Penfées  reçue! l/ies  Je  ÛHiftoiréAn^ 
tienne^  &  du  Traité  des  Etudes* 
Par  M.  Rollin  9  i  vol.  i/i- ii.  3  livf 

Enfans  élevés  félon  tordre  de  la 
Nature.  Par  M.  Fourcroy.  in-iii  % 
îiv.  J  f.     ' 


Stpttmht^  1781,  1917 

Ouvrages  deM.  Dupuy  yfçavoir: 
Trjjîrttclions  d* un  pire  à  fonfils.  | 
vol.  tn-ii,  1  liv.  <o  f.  • 

InfirûZion^  dun  pin  ,à  fa  fille. 
te-ji.  %  liv.  ip  f. 

Dialogues  fur  Us  Plaifirs.  in'  1 1» 
^  livres. 

Reflétions  fur  ramifié»  h'tz^ 
2  iivrest 

^  Maximes  de  la  Chaire^  &  Dlfi 
foùrs  académiques.  Par  te  P.  Gai^ 
rtics.  1/2- IX.  X  liv.  f  f. 

Dialogue^  des  Mor$$\  avec  um 
Ricuei^des  Fables  &  morceaux  d^Hif; 
$oî>e  ;  fait  pourCiducmiori.  Par  Mb 
de  FénéloD.  m-ix  x  liv.  10  (• 

Dictionnaire  portarif  des  beaux 
Arts  y  &  de  tout  ce  qui  y  a  rapports 
Par  M.  Lacombe.  in*%^m  5  liv. 

Lettres  choijies  de  M  Fléchier.  % 
vol.  //2-ix,  5  liv. 

Théorie  desSonges.V^xlA*  l'Abbbi  ' 
Richard,  i/^-ii.  iliv.  10  f. 

Huetiana  ,  ou  Penfées  diverfes  de 
M-  Huer,  Evêque  4'Avraoches.  in-\  %^ 
%  liv.  10  ft 


19 î^  Jourà.  dtsSçav.  Stpim  I7ti« 

MJuCaiiûif  ^un,  JMtn^^  Sùgnm9 
in  11.  1  liv.  10  C 

m 

N,  B.  L'Edition  de  Sophœle, 
4Qnt  on  voirU  premier  Extrait  dans 
ce  Joitroat,  &  qui  fè  trouve  c(ie« 
pcAiiiçt  y  rue  duf  oin  ;  Dcburei^quai 
des  Auguftins  ^  Nyon  Taînét  nie  du 
Jardimt 9  fe  vend \%  liv.. en  feuilles, 
ic  48  Hv.  les  deux  volumes  reliés 
avec  fîlet^'or.^  Edition,  d'une  hciiè 
exécution  typograpliique  y  &  daii* 
tant  plus  pricteule  quMte  n*^  f  li 
poduit  plus  de  50a  aeo^iw^  ^ 


\ 


■*    —    • 


•9>» 


TABLE 

DES    ARTICLES   CONTENUS 

dans  le  Journsl  du  mois 
de  Septembre  1781. 

O  ^  17J1 

Hifioln  du  Bat  -  Emptrt  ,  tik 
tommtngaat  à  Con^arUio'U-GranJ^ 
Par  M.  le  Btau.  17^1 

Lturt$  édifiantes  &  euritu/es  écrius 
du  Mijîons  Jtrangires.  1 77C 

Eioges  /unions  de  l'Impiratriu* 
Rtine.  1781 

■'    Pratîqiu  des  OffeuUUis.  5-c.  1 8 1 7 

Dijftrtaùons  fur  la  Tkiorit  iâS 
Comhts,  iSjx 

Traite  £  ArUkmitîqtt*.  Par  M.  i» 
Comte  dt  Fonia.  1846 

EJaifurla  aouveilt  Thtorit  d» 
Feu  iUmtiUMtt  &  df  Ut  CkaUw  dis 


19^0 

Corps.  Par  M.  H.  Magellan,    i  (4^ 

yucs  phihfophiquts  Jur  fOrguid* 
fation  animait  &  végétale.  Par  M. 
de  la  Maherie.  1856 

Mémoire  Phyfique  &  Médicinal, 

1865 

Extrait  des  Obftrvations  Météo^ 
fologiques,  l88l 

Nouvelles  Littéraires.  1S89 

Fiu  de  la  Tablt* 


^ 


/